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Concert de l'Académie des Beaux-Arts de Lyon, 1759-1772

Répertoire des Programmes de Concert en France

Concert de l'Académie des Beaux-Arts, 1759-1772

Michel Hild sous la direction de Patrick Taïeb

 

Description

Concert de l’Académie des Beaux-Arts. 340 concerts. Source : Affiches de Lyon, années 1759-1772 (Bibliothèque municipale de Lyon)

Introduction

Fondée en 1713, l’Académie des Beaux-Arts de Lyon favorise le développement de concerts réguliers, ce qu’officialisent des Lettres patentes de 1724. L’institution se dote rapidement d’un règlement qui fixe le nombre de séances organisées chaque année. Le Concert de Lyon fonctionne chaque mercredi, exception faite de la clôture des spectacles (autour de la fête de Pâques) et d’une période de vacances fixées entre le début du mois de septembre jusqu’à fin novembre. Ce qui correspond en moyenne à trente concerts par an. La Salle du Concert, achevée en 1726 et aujourd’hui disparue, n’est pas uniquement dévolue aux activités musicales, contrairement à ce que son appellation pourrait laisser croire. D’autres séances, consacrées aux sciences et aux beaux-arts, se tiennent régulièrement dans ses murs.
Quelques figures importantes ont durablement marqué l’institution et la nature du répertoire : Nicolas-Antoine Bergiron du Fort-Michon qui fera exécuter ses arrangements d’œuvres de Rameau ou Bury par exemple, ainsi que Jean-Pierre Christin, bibliothécaire actif depuis les débuts jusqu’au milieu du siècle. Les frères Legoux, éditeurs et dépositaires, seront l’un après l’autre maîtres de musique du Concert, avant 1766. Enfin, le violoncelliste Duval et le flûtiste Stabinger comptent parmi les nombreux musiciens qui ont occupé la place de maître de concert jusqu’en 1773.
Tout au long de son histoire, le Concert de Lyon a souffert de graves difficultés financières qui expliquent la distance que l’Académie elle-même a prise par rapport aux musiciens. Les concerts organisés entre 1759 et 1772, connus grâce aux Affiches de Lyon, s’inscrivent dans la dernière période d’activité de l’institution. Le Concert de l’Académie des Beaux-Arts cesse en 1773 et aucune autre institution ne sera en mesure d’organiser des concerts réguliers avant la révolution. Durant ces quatorze années, le répertoire exécuté a subi de profondes modifications. Les motets et les extraits d’opéras sont progressivement remplacés par des œuvres plus récentes, en particulier celles de Philidor. De même, la musique instrumentale a occupé une place de plus en plus importante, avec les symphonies et des pièces pour solistes nécessitant des effectifs réduits.
Une habitude demeure, qui conditionne fortement le répertoire : l’importance des reprises, d’une année à l’autre, voire d’une semaine à l’autre. Les difficultés financières, la succession rapide de plusieurs maîtres de concert et la multiplication du nombre d’œuvres exécutées dans chaque concert vont hâter la chute de cette institution musicale, qui a toutefois conservé des moyens relativement modestes, propres à une ville de province, et profondément marquées par sa liaison avec le milieu académique.