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ALLAIN DUPRÉ, François Claude (1733-1808)

ALLAIN DUPRÉ, François Claude (1733-1808)

État civil
NOM : ALLAIN DUPRÉ     Prénom(s) : François Claude     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : ALAIN dit DUPRÉ
ALLAIN
Date(s) : 1733-5-25  / 1808-8-26
Notes biographiques

Fils d'un maître de danse, et lui-même maître de danse et musicien, François ALLAIN-DUPRÉ doit d'apparaître dans la base Muséfrem au fait que l'un de ses frères est le célèbre organiste et compositeur Jean-Baptiste ALLAIN-DUPRÉ.

• 26 mai 1733, Laval : Quatrième enfant, et troisième fils, de Pierre ALLAIN et de Mathurine Lecointe, François-Claude, né la veille, est baptisé dans l'église de la Trinité à Laval, principale ville du Bas Maine. Il a pour parrain "Me Claude Chavault directeur des postes à Laval" et pour marraine "dame Françoise Aubin de la Menuisière, épouse de Me René Arnoul, Conseiller du Roy eslu à l’élection de cette ville", ce qui semble indiquer une certaine fréquentation des milieux sociaux supérieurs de la ville. Pour la première fois dans le registre paroissial lavallois, le célébrant confère au père de l'enfant le double nom "ALLAIN DU PRÉ" et le dit "huissier à cheval au Chastelet de Paris".

• La famille quitte Laval pour la ville de Mayenne, à une trentaine de km plus au nord, toujours dans le Bas Maine (au nord de l'actuel département de la Mayenne), où elle est attestée en 1736 (naissance d'un frère, René-Jacques). Elle repart ensuite pour s'installer provisoirement à 60 km plus au sud, dans la petite ville de Château-Gontier, en haut Anjou, sur la rive droite de la Mayenne, où elle est attestée en 1739 par la naissance d'un autre frère, Jean-Baptiste. À cette date, le père est dit "maître d'exercice", c'est-à-dire maître à danser.

• Septembre 1743, La Flèche [Sarthe] : Un certain "Dupré" danse de nombreux rôles dans Le Misanthrope, ballet dont "les danses sont de la composition de Mr Crépion", c'est-à-dire Gilles CRÉPION ou CRESPION, au Collège des jésuites. Il est donné en dernière position à la fin de la liste de ceux qui "danseront au ballet" comme étant "François DUPRÉ, de Laval". Il s'agit très vraisemblablement de François ALLAIN, qui a alors 10 ans. Il côtoie dans cette liste de danseurs le jeune Jérôme CRÉPION "de La Flèche", fils du maître à danser, qui a alors 13 ans et demi. Les parents Allain-Dupré sont peut-être déjà installés à La Flèche, où son père est fermement attesté comme maître de danse cinq ans plus tard.
En revanche, François  ne figure pas dans "Le Monde policé", le ballet de l'année suivante, "de la composition de MM. Crépion & de la Vigne", où Jérôme Crépion danse à nouveau. A-t-il déjà quitté le Collège ?

• 13 mai 1748, La Flèche : Son père, Pierre ALLAIN-DUPRÉ, vend son office d'huissier à cheval. Peut-être était-il installé dans la ville depuis déjà plusieurs années, dès le début des années 1740.

• À l'extrême fin des années 1740, la famille Allain-Dupré s'installe au Mans, paroisse Saint-Benoit : les durées de résidence au Mans de François ALLAIN-DUPRÉ indiquées dans les recensements de l'époque révolutionnaire convergent toutes vers une arrivée au Mans autour de 1748. François a alors quinze ans. Suit-il des études au collège de l'Oratoire ? Ou sert-il déjà de prévôt à son père durant ses leçons de danse ?

• 1757, Le Mans : Sous le seul nom de DUPRÉ, son père publie chez un imprimeur du Mans, une Méthode pour apprendre de soi-mesme la Chorégraphie… consacrée aux chorégraphies de belles dances. On peut penser que, même si le contenu de l'ouvrage se réfère à des danses passées de mode, la publication de cet opuscule a pu contribuer à asseoir la notoriété du père et du fils dans le domaine de l'enseignement de la danse. François a alors 24 ans, et une clientèle à construire.

• 1er février 1759, Le Mans : Son frère Jean-Baptiste ALLAIN-DUPRÉ devient organiste de la collégiale Saint-Pierre-la-Cour.

•  À partir de 1760 au plus tard, Le Mans : François ALLAIN-DUPRÉ est attesté comme maître à danser.
• 15 avril 1760, Le Mans : En présence de ses parents, de ses frères Jean-Baptiste et René-Jacques, et de sa sœur Marie, François ALLAIN-DUPRÉ se marie avec Madeleine Poilpré, dont le père est maître boulanger. Les deux familles demeurent paroisse Saint-Benoit, pourtant, curieusement, le mariage est célébré dans l'église paroissiale Notre-Dame de Saint-Vincent. Le marié et son père sont tous deux dits "maître d'exercice pour l'éducation de la jeunesse".
Un contrat avait été établi près d'un mois plus tôt, auquel étaient venues signer 66 personnes, appartenant notamment à l’aristocratie du négoce manceau qui a appris, sous l’égide du père, les bonnes manières du monde auquel elle aspire, et qui continue à confier ses enfants au fils. François apporte au mariage "la somme de 1 300 livres qu’il a déclaré avoir en espèces sonnantes provenant de ses péculles et réserves particulières”. La future apporte, quant à elle, 1000 livres "en meubles, marchandises et effets" et deux maisons situées à Saint-Benoît. Dans ce contrat les deux futurs époux déclarent se conformer à la coutume du Maine "encore qu'ils aillent faire leur domicile ailleurs" : ils envisageaient donc l'éventualité de quitter Le Mans pour une autre ville, ce qui, finalement, ne sera pas le cas.
De cette union naissent trois fils très rapprochés dans les années suivantes : François-Gaspard (le 6 janvier 1761, mort dès le 14 février), puis François-Étienne (le 30 janvier 1762) et Georges-Charles (le 10 mars 1763). Ensuite on ne relève plus aucune naissance.

• 6 décembre 1761, Tours :  Son frère Jean-Baptiste ALLAIN-DUPRÉ est reçu comme organiste de la puissante collégiale Saint-Martin de Tours. Il quitte Le Mans après le 15 décembre. Après le baptême de leur petit-fils François-Étienne, dont Mathurine Lecointe est la marraine, le 30 janvier 1762, ses parents partent s'installer avec Jean-Baptiste à Tours, laissant la clientèle mancelle du père entre les mains de François.

• 19 janvier 1765, Le Mans : Les époux Allain-Dupré / Poilpré achètent pour 2400 livres à un chanoine une maison située dans le nouveau quartier en développement sur la paroisse de la Couture, rue des Quatre-Roues (actuelle rue du Docteur-Leroy). Ils n'y emménagent sans doute pas tout de suite, devant laisser se terminer le bail de la locataire en place. Ils figurent comme "nouveaux" dans le rôle de taille de La Couture de 1770.

• 23 janvier 1770, Tours : En l'église paroissiale de Saint-Saturnin, François ALLAIN-DUPRÉ assiste et signe au mariage – célébré par un frère du marié, curé de Véretz – de son frère Jean-Baptiste ALLAIN-DUPRÉ, 31 ans, et de Généreuse-Louise Chevrier, 19 ans. Le marié est dit  "organiste de la noble et insigne église de Saint-Martin". Leurs parents Pierre ALLAIN-DUPRÉ et Mathurine Lecointe sont également présents.

• Au Mans dans les années 1770 et 1780, François ALLAIN-DUPRÉ exerce comme maître à danser et gère l'héritage de son épouse, qu'il arrondit en achetant de petites terres situées en périphérie du Mans. À la fin de sa vie il est propriétaire de trois bordages : La Bouquetière à Sargé, Le Petit Maule et Les Brosses à Saint-Saturnin. Il en reçoit, outre les fermages (de l'ordre de 1000 livres par an) d'intéressants apports en nature (bois de chauffage, beurre, pommes… sans oublier des "poulardes jeunes et grasses" livrées en "la maison dudit bailleur").

• 30 août 1791, Le Mans : Son plus jeune fils établit devant notaire une procuration très large destinée à régler tous les problèmes qui pourraient surgir en son absence, étant "forcé par son propre goût et ses intérêts particuliers de sortir du Royaume". Il part en laissant 3000 livres de dettes dues à un avoué du tribunal de Versailles chez lequel il était "principal clerc". Le père payera les dettes de son fils en trois versements échelonnés de 1793 à 1803.

• 23 mars 1792, Le Mans : Son épouse Madeleine Poilpré décède à l'âge de 58 ans. Par erreur, l'acte de sépulture dans le registre de la paroisse de la Couture, indique qu'elle s'était "mariée en la paroisse Saint-Benoist de cette ville il y a 33 ans à Pierre ALLAIN, dit DU PRÉ, maître de danse et de Musique". En 1810, leur fils François-Étienne obtient du tribunal du Mans la rectification du prénom paternel.
• 15 octobre 1792 : Les Affiches du Mans annoncent que le peintre Demillière est hébergé “chez le citoyen Dupré, maître de danse, rue de Quatre Roues, proche le champ des casernes”.
• 5 novembre 1792, Le Mans : Par le même canal, “Le citoyen Dupré, maître de danse, rue de Quatre-Roues" annonce qu'il a "une Basse, ou Violoncelle à vendre”.

• 11 juin 1796, Le Mans : François ALLAIN-DUPRÉ, "consommateur", atteste de la résidence du citoyen François PICHON Maître de musique de la Garde Nationale et ancien musicien d'Église. Leur lien est peut-être le jeu du violoncelle, dont Pichon était l'un des grands virtuoses locaux.

• 26 août 1808, Le Mans : À 5 heures du soir François ALLAIN-DUPRÉ décède dans sa maison de la rue des autre Roues. Le lendemain ses voisins immédiats, les frères Cabaret, marchands, déclarent le décès, appelant spontanément leur ami "Dupré" tout court, ce qui oblige l'officier d'état civil à rajouter "Allain, dit" a posteriori. Le même jour, un autre voisin, Fidèle-René Gillet, dépose au tribunal un testament olographe établi par le défunt quatre ans auparavant, par lequel il faisait un legs important (600 fr. et un lit d'une valeur de 400 fr.) à Marie Merle "ma fille de confiance"...

Du fait de l'absence de l'un des deux fils, la succession est compliquée. L'inventaire après décès n'est dressé qu'au mois de janvier suivant. Très intéressant, il comporte 114 articles, parmi lesquels certains révèlent un souci de confort ou de décoration (trumeau, tapisseries, miroirs, tableaux…), d'autres sont liés aux loisirs (trois tables de jeu, tric-trac, "une vue d'optique garnie de ses estampes"), une bibliothèque de 180 volumes... Mais on relève très peu de vestiges d'activités musicales (un basson et deux "poches"). Le plus frappant, ce sont les fortes sommes rangées en plusieurs endroits différents et atteignant un total de 4 700 francs, soit plus des trois-quarts de la valeur totale de l'inventaire (6500 francs).

Mise à jour : 11 mars 2018

Sources
F-Ad37/ BMS St-Saturnin de Tours ; F-Ad53/ BMS La Trinité ; F-Ad72/ 111 AC 1551 / 1 (2) ; F-Ad72/ BMS St-Vincent du Mans ; F-Ad72/ NMD Le Mans ; S.Granger, Les Métiers de la musique…, thèse, 1997.

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