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ASSELIN, Claude (1745-1818)
État civil
NOM : ASSELIN     Prénom(s) : Claude     Sexe : M
Date(s) : 1745-9-16  / 1818-5-4
Notes biographiques

Aumônier de la prévôté générale de la Connétablie de France, ce Parisien a obtenu en 1779 une chapelle perpétuelle desservie en la Sainte-Chapelle du Palais à Paris, sur l'île de la cité. Le chapitre est vent debout contre cette nomination royale car ASSELIN ne sait pas la musique. Un procès s'engage, remporté par ASSELIN grâce à l'appui du ministre de la Maison du Roi. Les chanoines avaient vu juste, il refuse de s'investir dans ses obligations cantorales, considérant son bénéfice uniquement comme une source très lucrative de revenus.

• 16 septembre 1745, Paris : Claude ASSELIN, fils de Richard, maître potier de terre et de Marie Charlotte Laffineur, vient au monde et il est baptisé le même jour en l'église paroissiale Saint-Germain-l'Auxerrois. Son parrain est maître potier de terre et sa marraine la femme d'un marchand d'étoffes de soie.

• 4 septembre 1779, Paris : Un service funèbre est organisé par le chapitre pour le repos de l'âme de Guillaume ERMEL, chapelain perpétuel de la Sainte-Chapelle, décédé hors l’enceinte du Palais.
• 17 novembre 1779, Paris : L'abbé ASSELIN, prêtre du diocèse de Paris, se présente devant le chapitre de la Sainte-Chapelle afin de prendre la succession du défunt, titulaire de la chapelle Saint-Clément. Comme le Chantre n'est pas là, la compagnie "a sursis jusqu'à son retour à l'examen dudit sr Asselin pour être assuré si ledit sr a les talens nécessaires pour remplir les devoirs de sa place".
• 20 novembre 1779, Paris : ASSELIN, prêtre du diocèse de Paris, y demeurant Cour de Lamoignon au Palais, paroisse Saint-Barthélemy, pourvu par le roi de la chapelle perpétuelle vacante par le décès du sieur ERMEL, suivant les provisions données à Versailles du 7 novembre présent mois, se présente de nouveau, accompagné de deux notaires, à l'effet de requérir l'enregistrement de son brevet. Il réclame d'être mis en possession de la chapelle Saint-Guillaume "pour ce jouir par luy aux honneurs, authorité, droits, fruits, profits, revenus et émolumens y attachés, le tout conformément aux dites lettres de provision, offrant à satisfaire à toutes les cérémonies et formalités convenables en pareil cas". Les chanoines s'étonnent de ce procédé de réquisition juridique, ayant sursis et non refusé l'enregistrement du brevet. Le chapitre le "somme de déclarer à l’instant par devant les notaires soussignés si il scait la musique". ASSELIN réplique que le roi seul, en sa qualité de fondateur et collateur de la chapelle, est juge des qualités nécessaires pour la posséder, et que "sans doute Sa Majesté luy a reconnu toutes les qualités nécessaires puisqu'elle luy a conféré cette chapelle". La compagnie ne nie en rien le droit du souverain, "qu'au contraire la qualification la plus glorieuse dont elle se décore est d'être le premier et principal oratoire de nos Rois, mais que les rois fondateurs et législateurs s'étant expliqués par des loix très précises servant de réglemens à leur Ste Chapelle sur les qualités que doit avoir chacun des membres qui composent cette Eglise, et notament les chapelains perpétuels, lesquelles loix ont été lues audit sr Asselin dans l'assemblée de mercredy dernier", il ne peut ignorer qu'il doit maîtriser cet art.
• 11 décembre 1779, Paris : Le ministre de la Maison du roi Amelot a écrit aux chanoines pour leur demander le motif de leur refus de recevoir ASSELIN. Il rappelle que l'abbé RANCHON, qui n'était pas musicien, n'a pas eu les mêmes difficultés à se faire recevoir. Le chapitre répond qu'il ne fait que respecter les arrêts du Conseil du roi, en particulier l'article 3 de l'arrêt de mai 1681 dans lequel Louis XIV ordonne "conformément aux fondations desdites chapelles et à leurs serment, statuts, réglemens et usages de ladite Ste Chapelle, [les chapelains] seront tenus de faire continuellement résidence dans leurs maisons, de célébrer les messes portées par leurs fondations, d'assister à tout l'office qui se fait et célèbre jour et nuit dans la Ste Chapelle, d'y servir de diacre et de sous diacre quand les trésorier ou chanoines officieront, d'y porter la chappe et tenir chœur, de descendre à l'aigle pour y chanter le plein chant, dire des antiennes, leçons et répons ainsy qu'il leur sera marqué par le chantre dans la table du chœur qui sera faitte par chacune semaine et de faire encore les fonctions et services auxquels sont obligés les chapelains des trésorier et chanoines, à l'exception des grandes messes du chœur, sous peine de privation de leurs gros et distributions". L'article 4, quant à lui, stipule que  "seront aussi tenus lesdits chapelains perpetuels de chanter la musique avec les chapelains et clerc des thrésorier et chanoines s'ils n'en sont pas personnellement dispensés par le Roy". Pai ailleurs, les chanoines entendent réserver ces chapelles perpétuelles afin de récompenser leurs propres clercs et chapelains parvenus en fin de carrière. Quant à l'abbé RANCHON, non seulement, il savait la musique mais il était appuyé par le duc de La Vrillière qui avait montré à maintes occasions des témoignages d'estime au chapitre.
• 29 décembre 1779, Paris : L'abbé ASSELIN comparaît à nouveau avec des notaires. Il se présente comme "aumônier de la connétablie, gendarmerie et maréchaussée de France des camps et armées du Roy". La compagnie refuse la prise de possession, mais ne s'oppose pas à ce qu'ASSELIN mette à exécution l'arrêt provisoire du Parlement qu'il a obtenu. Il prend possession "par le ministère des notaires".

• 1er janvier 1780, Paris : Claude ASSELIN, qui est aussi avocat en parlement, présente un arrêt provisoire du Parlement et ses lettres de provision en vue d'être installé en la chapelle basse de la Sainte-Chapelle en présence de témoins dont deux autres avocats en parlement. C’est une prise de possession civile ; la compagnie lui fait défense d’entrer dans le chœur avant sa prise de possession canonique.
• 22 mars 1780, Paris : La compagnie fournit des chartes et règlements à son avocat pour avoir son avis sur la contestation d'ASSELIN. Cet avocat soutient leur point de vue, rappelant que les chapelles ont toujours été octroyées à ceux qui se trouvaient dans le corps de la Sainte-Chapelle.
• 25 mars 1780, Paris : "Ce jour, Mr Fréchon, prêtre du diocèse de Verdun, s'est présenté à la compagnie et a dit qu'il avoit plu à Mr le trésorier de le nommer à la chapelle perpétuelle de st Clément... et a laissé sur le bureau ses provisions, extrait de batême et lettres de tonsure et de prêtrise". La compagnie décide de le recevoir le 27. Juridiquement, cette installation ne peut se défendre mais on voit par là à quoi tend la politique bénéficiale du chapitre. Établir une sorte de cursus honorum, un peu sur le modèle existant à Notre-Dame de Paris.
• 29 avril 1780, Paris : Les chanoines lisent en chapitre le mémoire de FRÉCHON contre ASSELIN ; la compagnie ordonne qu'il sera imprimé et c'est elle qui financera l'impression.
• 31 octobre 1780, Paris : Sur ordre de Versailles, Claude ASSELIN est payé pour les distributions du Carême de juillet et d'octobre qu'il n'a pas encore reçues. Sa présence dans le chœur semble alors effective.

• 24 novembre 1781, Paris : L'abbé RAYMOND prête le serment d'usage  selon le désir de la compagnie ; ASSELIN et LA BACHELLERIE demandent huit jours de réflexion. Ces trois ecclésiastiques sont les derniers chapelains perpétuels nommés par le roi et qui, au goût des chanoines de la Sainte-Chapelle, n'ont pas le bon profil cantoral.

• 1er mai 1784, Paris : ASSELIN et LA BACHELLERIE refusent de reconnaître le droit de la compagnie à accorder de conserve avec le trésorier le mois de congé des chapelains perpétuels. Le chapitre entend défendre son droit et choisit Courtin comme avocat au parlement. Le 15 mai, ASSELIN obtient trois mois de congé (pour les années 1780, 1782 et 1783) car il a reconnu l'autorité capitulaire.
• 30 juin 1784, Paris : "Le jour de la st Pierre aucun des chapelain perpétuel ne s'étoit présenté pour remplir les fonctions de diacre, Mr Doriot remplissant celle de sous diacre, la compagnie pour ne point laisser remplir l'office divin a prié Mr Legros, chanoine, de faire diacre". L'abbé ASSELIN qui était le seul chapelain perpétuel présent dans la sacristie a refusé de seconder DORIOT. Le 26 juin, le chanoine secrétaire de la Sainte-Chapelle a envoyé au ministre de la Maison du Roi, le baron de Breteuil, un rapport alarmant sur l'attitude des chapelains perpétuels, au nombre de six. Ils "prétendent faire de leur place des bénéfices et se refusent constamment de remplir les fonctions auxquelles les assujetissent les règlements de nos rois et les divers arrêts qui en ordonnent l'exécution. Cette innovation de leur part a introduit le désordre et l'anarchie dans cette Eglise, les chapelains et les clercs prétendant avoir autant de droits et de raisons que les chapelains perpétuels pour se soustraire à leur devoir". Le chapitre réclame le droit d'élire son grand chantre alors que la place n'est plus pourvue depuis plusieurs mois.
• Juillet 1784, Paris : Convoqués à l'hôtel de la Trésorerie, DORIOT, ASSELIN, FANTIN s'y rendent le 3, pas les autres (RAYMOND était de service à la cour, LA BACHELLERIE et TISSET étaient en vacances). Le 13, "le sr Trésorier voyant que les chapelains ne se conformoient point aux ordres du Roi, est sorty du chœur et est entré dans la sacristie ou étant, il a a fait avertir les sieurs Asselin et Fantin pour leur intimer de nouveau lesdits ordres qu'il leur avoit notifiés le 3 dudit mois et les avertir de descendre à l'aigle pour chanter le plain chant. L'un et l'autre se sont excusés, disant qu'ils ignoroient cette obligation. Tous les deux étant rentrés au chœur se sont rendus à leur stalle et se sont abstenus de descendre à l'aigle, ne tenant aucun compte de l'injonction qui leur avoit été faite par mr le Trésorier, ny des ordres du Roi". Ultérieurement, le trésorier affirmera avoir fait procéder son officialité contre les chapelains.
• 3 octobre 1784, Paris : Une nouvelle lettre des chanoines au baron de Breteuil montre que ce dernier a donné des ordres au trésorier pour qu'il rappelle à l'ordre les chapelains perpétuels. C'est un échec car "cinq d'entre eux [dont ASSELIN] n'ont pas paru au chœur depuis depuis le 13 juillet dernier, il y a tout lieu de croire qu'ils ont formé de concert la résolution de l'abandonner pour toujours. Quel scandale, Monseigneur, de voir ainsi notre Eglise presque déserte, le service divin qui ne peut plus s'y faire avec la régularité et la majesté ordinaire que vous aviés prescrite le 18 juin dernier d'une manière si édifiante pour nous, si consolante". L'avocat de la Sainte-Chapelle pousse le chapitre à engager une action.
• 1784, Paris :  L'abbé ASSELIN, demeurant rue du Harlay, figure dans l'Almanach royal comme aumônier de la "Prévôté générale de la Connétablie, Gendarmerie, Maréchaussée de France,  & camps & armées du Roi". Cette compagnie "est composée de quarante-huit Gardes & un Trompette, elle est de service à Paris, aux ordres de Messieurs les Maréchaux de France et dans les tems de guerre dans les camps & armées du Roi".

• 28 décembre 1785, Paris : La compagnie décide de "retenir" [confisquer] le gros des chapelains perpétuels qui n’ont paru à aucun office divin pendant l’année. Les abbés ASSELIN, LA BACHELLERIE, TISSET et FANTIN sont concernés.

• 11 février 1790Paris : Claude ASSELIN, avocat en parlement, prêtre du diocèse de Paris, aumônier à la prévôté générale de la connétablie de France, demeurant à Paris, cul-de-sac et paroisse Sainte-Marine, déclare ses biens et revenus. Il précise que les biens énoncés ci-dessous sont de trois sortes, ceux qu'il gère lui-même, ceux dont il jouit conjointement avec les cinq autres chapelains royaux et ceux dont il jouit "avec tout le collège de la Ste Chapelle". Dans le premier groupe, on relève une maison et ses appartenances, cour du Palais, indivise entre le comparant et la cour des Aides. Le titulaire jouit des caves, du rez-de-chaussée, du premier et du second étages. les étages 3 à 5 et les combles sont possédés par la Cour des Aides, chargée seule des grosses réparations. Cette cour a été privée d'une partie de son local par l'incendie du Palais arrivé en 1776 ; en conséquence, par arrêt du Conseil du 18 avril et lettres patentes du 9 octobre suivant (1776 ?), elle a été mise en possession de l'universalité de la maison pour y tenir les audiences pendant le temps nécessaire aux réparations ; à cette occasion il a été accordé sur les domaines du roi de la généralité de Paris une somme de 1 300 livres payable annuellement au titulaire pour son indemnité de non jouissance de logement. ASSELIN regrette néanmoins des locations plus avantageuses. Dans la deuxième catégorie de revenus, il déclare une somme de 150 livres environ par an provenant du 1/6 d'une maison sise à Paris et quelques rentes et biens de campagne (déclaration faite par le syndic des chapelains, l'abbé DE LA BACHELERIE). Enfin, il précise qu'entre dans la troisième catégorie "25 sols par jour pour distributions journalières et quotidiennes, 120 livres pour grosse distribution de carême, 100 livres pur autre distribution de juillet, 100 livres pour distribution d'octobre, 58 livres 10 sols pour gros qui se paye le dernier jour de l'an, 50 livres pour fondations et obits, le tout de cette 3e espèce s'élève à 878 livres 10 sols environ". Les charges de l'abbé comme chapelain de Saint-Clément sont de célébrer ou faire célébrer chaque jour ou au moins quatre fois la semaine une messe basse ; d'assister aux offices de jour comme de nuit à la Sainte-Chapelle ; les décimes sont payées par le chapitre. L'abbé ASSELIN déclare enfin posséder par brevet royal du 31 décembre 1770 la chapelle Saint-Nicolas de l'Hôpital de Boncouville [Béconville ?], diocèse de Metz, mais n'a qu'une connaissance imparfaite des biens de ce bénéfice (il a expédié procuration au curé de la paroisse pour faire la déclaration, celui-ci lui envoie annuellement la somme de 400 livres mais il doit payer sur cette somme 40 livres pour l'acquit de 80 messes, ce qui réduit à 360 livres le revenu). En tout, cela donne 2 328 livres 10 sols à la Sainte-Chapelle et 360 pour la chapelle de Bouconville, soit 2 688 livres de revenus. Une autre pièce du dossier rappelle qu'il est né le 16 septembre 1745 et que le montant total de ses revenus s'élève à 2 743 livres 10 sols dont 2 343 livres 10 s pour sa chapelle Saint-Clément et 400 livres pour sa chapelle Saint-Nicolas de Bouconville.
• 27 novembre 1790Paris : Au moment de la fermeture de la Sainte-Chapelle, 17 musiciens et chantres étaient au service de cet établissement, sous la direction du maître de musique Jean Nicolas FRÉCHON, l'un des chapelains ordinaires. Il s'agit des six chapelains perpétuels, qui ont théoriquement des fonctions cantorales (François Robert DORIOTJoseph Honoré RAYMOND, Antoine Étienne Nicolas FANTIN DES ODOARDS, Claude ASSELIN, Armand Henri DE LA BACHELERIE et Pierre TISSET), de cinq autres chapelains ordinaires (Guy Antoine BRALLEAnne François DUPREYJean François VAVASSEURSébastien François Marie Élisabeth TORCY et Antoine CHAVIALE) et de six clercs (Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLEAdrien CACHELIÈVREJacques CHAUVETLéger DOUVILLÉBenoît Furcy DE SACHY et Pierre POIRIER). En outre, Gervais François COUPERIN touche l'orgue de la Sainte-Chapelle et Jean-Baptiste DESSÉ vient jouer du violoncelle aux grandes occasions.

• 29 mai 1816, Paris : Il rédige un testament olographe dans lequel il demande à être inhumé le plus simplement possible ("je veux dire que l'on paye pour frais d'enterrement au dessus immédiatement de ce que l'on appelle Charité et rien au delà"), avec seulement la célébration de six messes basses le jour de son décès et six autres le jour de son enterrement. Il lègue 1 200 francs au curé de Brunoy afin qu'il puisse acquitter des messes pour le repos de son âme mais "lorsqu'il pourra le faire, sans se déranger dans ce qu'exigent de lui les fonctions de son ministère". Il lègue quelques meubles et objets de décoration au couple Van de Velde (mais revient sur un legs fait à l'époux dans une clause du 5 juin 1817) et au couple Beaurain. Il institue sa légataire universelle de tout ce qui reste (dont les espèces en argent et l'argenterie) Cécile Denis Delattre, femme Routier, "qui me sert en qualité de gouvernante et qui s'acquite de cette fonction pénible avec autant de zêle et de fidelité que de désintéressement". Enfin, il nomme exécuteur testamentaire Charles Quénescourt, avoué près le tribunal civil de première instance du département de la Seine, son "ancien conseil et ami", lui accordant comme dédommagement une tabatière d'écaille, une bourse ornée de fleurs de lys contenant 100 jetons d'argent à l'effigie de Louis XIV et des fiches de nacre, un cartel sonnant les heures, la totalité de sa bibliothèque et une somme de 200 francs.

• 5 mai 1818, Paris : Un tailleur d'habits et un menuisier déclarent le décès survenu la veille à son domicile du n°8, rue Saint-Paul, quartier de l'Arsenal, de Claude ASSELIN, ancien prêtre, célibataire, âgé de 72 ans passés, natif de Paris. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Le lendemain, le testament est enregistré par le président du tribunal de première instance du département de la Seine.
• 25 mai 1818, Paris : Son inventaire après décès est dressé devant le notaire Georges Champion en présence de l'exécuteur testamentaire et de la légataire universelle. L'abbé ASSELIN vivait au premier étage d'une maison louée à la veuve Peronneau. Le logement comprend une cuisine, cabinet attenant avec une alcôve, la chambre à coucher du défunt donnant sur la grande cour, un salon à sa suite, une antichambre donnant sur cette cour où se situe l'escalier qui monte aussitôt à l'étage, un bûcher dans la cour et une cave. Le montant de l'inventaire s'élève à la somme de 4 020 francs 60 centimes. Parmi les effets marquant l'appartenance de l'abbé à l'élite, signalons l'argenterie estimée à 631 francs 60 centimes et une grande glace à 242 francs, toutefois le montant des "bijoux" (boucles de souliers et jarretière, deux boutons) est faible (21 francs). Peu d'objets sont de grande valeur. On relève de nombreuses gravures sous verre dans des cadres de bois doré, deux dessins et une gouache aux motifs non précisés hormis pour la gouache ("la tente de Darius"). La bibliothèque, qui remplit deux "placards d'armoire tenant à l'immeuble" pratiqués de part et d'autre de la cheminée de la chambre, contient 277 volumes de différents formats dont peu de titres sont donnés (une Encyclopédie méthodique en 9 volumes, un Dictionnaire d'histoire naturelle en 4 volumes, des Almanachs royaux, l'Histoire de Du Thou, des sermons de Massillon, Jacques Saurin et Antoine Gilbert Griffet, des œuvres de Regnard et Molière, un bréviaire romain, un bréviaire parisien). Dans un coffre au fond de l'armoire du salon, le notaire découvre la somme de 7 734 livres 70 centimes. L'inventaire des papiers (qui ne mentionne aucun document relatif à la vie ecclésiastique de Claude ASSELIN) montre qu'il disposait de liquidités prêtes à être placées sous formes de rentes constituées. Le notaire recense en tout 40 160 francs prêtés entre août 1802 et juillet 1813 à divers particuliers parisiens (une fois à Lisieux en avril 1814, a-t-il fuit l'avancée des troupes coalisées ?) pour des revenus annuels s'élevant à 4 000 francs. Un acte de 1802 passé à Versailles reconnaît une dette de 1 200 livres de rentes constituées due par une héritière suite à une transmission de rente qui a nécessité titre nouvel. Par ailleurs, le défunt percevait une pension dont l'homme de loi Percheron, rue de Grenelle, s'occupait. On mentionne le "certificat délivré par Mr Harmand, directeur des pensions du Trésor royal constatant que le défunt était inscrit au livre des pensions sous le numéro 42739, Ve 22 pour une somme de 267 francs, au dos de cette inscription sont des marques d'estampille constatant que les aréages de la pensions ont été payés jusqu'au 22 décembre dernier ; les trois autres pièces sont des reconnaissances d'actions sur la caisse d'épargne dite Lafarge". Il était sans doute prévu que Marie Julie Asselin (sa nièce ?) perçoivent une partie de ces rentes après la mort de l'abbé. Son absence à l'inventaire, même représentée, semble prouver sa disparition à cette date.

Mise à jour : 19 mars 2025

Sources
Almanach royal, 1784 ; F-Ad75/ 5MI1 1188 ; F-Ad75/ 5MI1 21 ; F-An/ LL 617 ; F-An/ LL 617 & 618 ; F-An/ MC/ET/LVI/572 ; F-An/ MC/ET/LVI/572  ; F-An/ O/1/607  ; F-An/ S 461 ; F-An/ S 7053  ; F-An/ S/ 943/ A ; M. Brenet, Les Musiciens de la Sainte-Chapelle..., 1910 ; M.Brenet, Les musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais..., 1910.

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