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AUBERT, François Hubert (1719-1779)
État civil
NOM : AUBERT     Prénom(s) : François Hubert     Sexe : M
Date(s) : 1719-11-29   / 1779-9-26
Notes biographiques

Singulière destinée que celle de François Hubert AUBERT, avocat au service du roi Stanislas dans son exil lorrain et auteur d'une biographie à succès consacrée à son royal protecteur (à moins qu'il ne s'agisse d'un homonyme). Après un passage éclair à Notre-Dame de Paris, à dix-neuf ans, AUBERT chante la basse-taille à la Musique du roi de Pologne, à Lunéville, puis on le retrouve dans cet emploi à la cathédrale de Nantes, et enfin au service du chapitre cathédral de Châlons, comme sous-bibliothécaire et chanteur occasionnel. C'est dans cette ville qu'il s'éteint à l'âge de 60 ans.

• 29 novembre 1719, Mandres-sur-Vair [Vosges] : François Hubert AUBERT, fils de Daniel Aubert, "marcaire" (c'est-à-dire fromager), et d'Anne Ursule Neher, voit le jour. Le registre correspondant n'étant pas accessible en ligne, cette information, fournie par le site Généanet, n'a pu être vérifiée.

• 10 septembre 1738, Paris : Laïc, du diocèse de Toul, François Hubert AUBERT est reçu parmi les machicots [musiciens] de la cathédrale Notre-Dame. Il ne fait que passer dans ce poste, sans doute recruté avec une rémunération bien plus alléchante à la cour du roi de Pologne, Stanislas, en Lorraine.

• vers octobre 1738, Lunéville [Meurthe-et-Moselle] : François Hubert AUBERT s'installe dans cette ville, selon son mariage, six mois plus tard. Il est probablement recruté, dès cette date, comme musicien du roi de Pologne.

• 7 avril 1739, Lunéville : François AUBERT "musicien du roy" [de Pologne] épouse, en l'église paroissiale Saint-Jacques, Magdelaine Maillard (qui décèdera à Châlons, paroisse de La Trinité, en 1786). Parmi les signataires figure Maurice Louis DE LA PIERRE, intendant de la Musique de Stanislas. Un contrat avait été signé le 23 février précédent, devant maître Thiriet, notaire en cette ville.

• 7 octobre 1743, Lunéville : François Hubert AUBERT a un fils prénommé Joseph Frédéric, baptisé le lendemain en l'église Saint-Jacques.

• 19-20 septembre 1749, Lunéville : Apparaissant dans deux actes passés devant Thiriet, François Hubert AUBERT est dit "avocat à la cour [de Nancy] et ez conseils du roi" de Pologne.

• 1760-1764, Lunéville : François Hubert AUBERT est basse-taille dans la Musique de la chambre et de la chapelle du roi de Pologne, avec des gages annuels de 1 200 livres. Il a peut-être servi jusqu'à la mort de Stanislas, en février 1766, bien que sa présence soit attestée à Paris en 1764 et 1765.

• 1762, Nancy [Meurthe-et-Moselle] : François Hubert AUBERT publie Le Politique vertueux, in-8°, à la louange de Stanislas. Cette attribution n'est pas totalement certaine : comme pour l'ouvrage de 1769, l'auteur pourrait être Antoine Aubert, avocat aux conseils du roi de Pologne et de la cour souveraine de Lorraine. Il n'est pas non plus impossible, bien qu'assez improbable, que deux exacts homonymes (nom et prénom) se côtoient à la cour de Stanislas.

• 27 mai 1765, Paris : François Hubert AUBERT, avocat aux conseils du roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, témoigne de l'efficacité du remède "stomachique" du sieur Ray, dont il a usé l'an passé pour soigner les problèmes de digestion dont il était tourmenté depuis dix ans. Il avait précédemment tenté les eaux de Plombières ou les chevauchées, sans succès. Il est domicilié rue de Seine, face à la rue des Marais. Cette attestation est publiée par le Mercure de France du 1er décembre 1765.

• 1769, Paris : François Hubert (ou Antoine) AUBERT publie sa Vie de Stanislas Leckzinski, roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, in-12, traduite en allemand et en néerlandais l'année suivante.

• 1768-1769, Nantes [Loire-Atlantique] : C'est probablement ce musicien qui est admis comme choriste en la cathédrale Saint-Pierre. Seul le patronyme est connu [voir Camille Mélinet, De la musique à Nantes..., p. 67], mais sa provenance lors de son étape suivante ne laisse guère de doute.

• 19 avril 1769, Châlons [-en-Champagne] [Marne] : Le chapitre cathédral délibère au sujet d'une offre de service émanant d'un musicien, un certain AUBERT, basse taille demeurant à Nantes. L'homme offre de servir l'église cathédrale de Châlons. Les chanoines chargent leur maître de musique de répondre : c'est à cette personne de faire connaître ses talents en venant à Châlons. Elle aura à fournir aussi tous les certificats nécessaires.
• 24 juillet 1769, Châlons : Le chapitre cathédral donne à AUBERT, qui craint de faire le long voyage de Nantes à Châlons inutilement, l'assurance qu'il sollicite, c'est-à-dire d'être employé au moins un an. Les chanoines lui assurent des gages de 450 à 500 livres.
• 2 octobre 1769 : Le chapitre de Saint-Étienne décide d'accorder au musicien qui arrive à Châlons, 120 livres qui couvriront les frais de son voyage depuis Nantes. Avant d'arriver en Champagne, le musicien semble avoir fait étape à Paris pour y vaquer à ses affaires. Sa réception au service de la cathédrale châlonnaise intervient fort probablement aux alentours des fêtes de la Toussaint.
• 3 novembre 1769 : Selon ce que résume le chanoine-secrétaire, s'appuyant sur les courriers provenant de l'intéressé, AUBERT qui est alors avocat à la cour de Nancy  a, par le passé, servi au sein de  la chapelle du défunt roi de Pologne. L'homme semble avoir sollicité un arrangement particulier sur lequel s'accorde le chapitre. Il occupera le poste – qui semble créé pour lui – de sous-bibliothécaire du chapitre, moyennant des appointements annuels de 500 livres. En échange, AUBERT accepte de tenir à l'église la partie de basse-taille "toutes les fois qu'il y auroit musique grande ou petite". Il pourra porter l'habit laïc, "mais uni et de couleur modeste".
• 15 décembre 1769 : Les chanoines décident de rappeler fermement à l'ordre Nicolas OPET (basse-contre qui tenait à l'occasion la basse-taille) pour la jalousie qu'il manifeste en perturbant AUBERT lorsqu'il chante au chœur la partie de basse-taille.

• 10 septembre 1770, Châlons : AUBERT obtient du chapitre un long congé pour aller en Lorraine afin d' "y vacquer à ses affaires". Plus tard, il fera d'autres voyages pour le même motif vers cette province où il a ses origines.

18 mars 1771, Châlons : Les chanoines acceptent, et prennent acte, de l'offre que leur fait AUBERT, de renoncer à ses gages de sous-bibliothécaire (500 livres).
24 avril 1771, Châlons : Les chanoines de Saint-Étienne remercient AUBERT "pour l'ouvrage qu'il a composé sur la musique en tant que cet art fait partie de l'éducation". L'auteur désirait leur dédier son livre. Pour une raison qui n'est pas dite, le chapitre préfère renoncer à cette dédicace.

• 31 octobre 1774, Châlons : À la suite d'un courrier adressé au doyen dans lequel AUBERT demandait l'autorisation de rester encore quelque temps à Paris, le chapitre accepte qu'il y prolonge son séjour jusqu'au 15 novembre suivant.

• vers 1775, Châlons : François Hubert AUBERT rédige des Réflexions simples et pratiques sur le commerce des grains, restées manuscrites et aujourd'hui conservées à la Bibliothèque nationale de France (NAF 4433).

• 12 août 1776, Châlons : AUBERT, sous-bibliothécaire du chapitre, est tombé. Il a du mal à marcher et ne peut le faire qu'avec des "crosses". Le chapitre l'autorise à aller prendre les eaux à Bourbonne [Haute-Marne].

• 6 mai 1778, Châlons : AUBERT vient d'être averti que ses gages seront diminués de 300 livres. Les chanoines justifient leur décision par sa voix défaillante. Et ils notent que le vieux musicien avait appris le chant fort tard (après 60 ans, précisent-ils). À la suite de  la réclamation du musicien, le chapitre accepte cependant de lui conserver les mêmes honoraires jusqu'au mois d'avril suivant.

• 24 septembre 1779, Châlons : Le décès de François Hubert AUBERT se produit sur la paroisse de La Trinité, en laquelle il demeurait. Le registre mentionne son âge (environ 69 ans). il rappelle la qualité mais aussi les distinctions du personnage : ancien avocat du feu roi de Pologne, décoré de l'ordre de Saint-Jean de Latran et pensionné du roi. L'acte de sépulture nous apprend en outre que l'homme était marié et avait au moins un fils, Joseph-Frédéric-Nicolas, qui signe en tant que témoin.
Le fait que François AUBERT ait chanté durant quelques années la partie de basse-taille dans l'église cathédrale n'est pas mentionné. En réalité, ses talents de musicien n'auront jamais été exercés au sein de la cathédrale châlonnaise qu'à titre gracieux. L'année suivante le chapitre emploiera PAUBON, vicaire amovible, pour suppléer "dans la musique la partie de basse taille" que tenait, naguère, AUBERT.

Mise à jour : 13 décembre 2025

Sources
C. Mellinet, De la musique à Nantes..., 1837 ; F-Ad51/ BMS Châlons ; F-Ad51/ G 725 ; F-Ad51/ G 726 ; F-Ad51/ G 727 ; F-Ad51: G 725 ; F-Ad54/ 5 MI 328/R 12 ; F-Ad54/ 5Mi 328/ R 17 ; F-An/ LL/ 232/ 17 ; F-Généanet ; H. Omont, Catalogue général des manuscrits français, 1900 ; J. Le Glay, Biographie universelle, supplément, 1856 ; Mercure de France, 1er décembre 1765 ; R. Depoutot, La musique à la cour de Lunéville, 2002 ; R. Depoutot, fiches musique de Stanislas ; f-Ad51/ G 726

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