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AUROUX, Pierre (1758-1842)
État civil
NOM : AUROUX     Prénom(s) : Pierre     Sexe : M
Date(s) : 1758-1-6   / 1842-3-31 
Notes biographiques

Le parcours de Pierre AUROUX, originaire d'Issoudun en Bas-Berry, clerc tonsuré du diocèse de Bourges, est assez bien documenté pour la période 1777-1801. Il est successivement maître des enfants de chœur dans deux petits collégiales éloignées d'une cinquantaine de kilomètres : Saint-Sylvain de Levroux (1777-1778) puis Notre-Dame de Loches (1783-1791). Il s'établit à Château-du-Loir en 1791 pour y enseigner la musique, puis à Paris sous le Consulat dans le même objectif. Il reste à éclaircir le poste qu'il a occupé, peut-être, entre 1778 et 1782.

• 6 janvier 1758, Issoudun [Indre] : Pierre AUROUX naît du légitime mariage de Philippe Auroux, maître boulanger, et de Marie-Anne Jubert. Il est baptisé le lendemain en la paroisse Saint-Cyr. Le parrain est son oncle Pierre Auroux, maître boulanger à Bommiers.

• [1765-1775 ou 1777] : Il a probablement été enfant de chœur à la collégiale Saint-Cyr d'Issoudun. Il a en tout cas suivi une formation maîtrisienne, sans laquelle il aurait été impossible qu'il soit reçu maître de psallette à moins de vingt ans.

• [Septembre 1777], Levroux [Indre] : Le sieur AUROUX succède à Jean-Baptiste MARCHESSON comme maître de psallette en la collégiale Saint-Sylvain.

• 30 juillet 1778, Levroux : Les chanoines demandent à AUROUX de se trouver une autre place d'ici la Saint-Michel (c'est-à-dire le 29 septembre suivant).

• 1er mai 1782, Loches [Indre-et-Loire] : Pierre AUROUX, clerc tonsuré du diocèse de Bourges, est reçu gagiste [sans doute pour la fonction de chantre] aux gages de 400 livres par an.

• Mai 1783, Loches : Il est nommé maître des enfants de chœur de la psallette de la petite collégiale Notre-Dame.
• 12 Mai 1783, Loches : Une délibération capitulaire – signée seulement par cinq chanoines sur neuf, les quatre autres refusant de le faire et se retirant de la salle capitulaire –, décide de recruter un troisième enfant de chœur. Il est rappelé que selon l'acte de fondation, ce sont quatre enfants de chœur qui devaient être établis dans la collégiale mais suite au "malheur des temps et la detresse des affaires", le chapitre en a progressivement réduit le nombre à trois puis deux. De surcroît, ce déficit d'enfants perturbe grandement le service divin. AUROUX est chargé de choisir et présenter au chapitre cet enfant et il recevra ensuite la somme de 200 livres pour le nourrir.

1790, Loches : Pierre AUROUX est toujours en poste comme maître de psallette de la collégiale Notre-Dame. Il a sous sa conduite trois enfants de chœur.

• 22 janvier 1791, Château-du-Loir [Sarthe] : Un contrat sous seing privé est établi entre Jean Ruel de Bellisle, propriétaire demeurant à Paris, paroisse Saint-Louis, et Pierre AUROUX, par lequel celui-ci s'oblige "d'enseigner la musique vocale et le clavecin aux quatre filles du Sr Ruel de Bellisle pendant dix années à partir du premier février mil sept cent quatre-vingt-onze". Ruel de Bellisle s'engage à lui payer 400 livres d'honoraires par an, et au terme des dix années une pension annuelle et viagère de 400 livres. C'est donc une jolie reconversion qu'a réussie Pierre AUROUX.
• 19 mai 1791, Loches : Lors de l'inventaire de la psallette par des officiers municipaux, on précise que celle-ci est toujours occupée par "le S. Auroux, bénéficier dud. chapitre et maître de psalette". Ce dernier a déclaré "qu'il s'opposoit formellement à ce que nous fissions aucun inventaire et description sommaire d'aucun meubles et effets de sa maison et a refusé de signer". Les commissaires lui expliquent que ses effets personnels ne seront pas compris dans l'inventaire. il rétorque que "tout ce qui est dans la maison luy appartient comme l'ayant acheté et a refusé de signer". Dans une délibération du directoire du District de Loches du 19 mai 1791, le procureur-syndic déclare qu'il est au courant que des meubles et effets dépendant de la mense capitulaire se trouvaient à la psallette, dont le maître état dépositaire ; qu'ils sont réputés biens nationaux ; que le maître n'a pas précisé dans sa déclaration que ses biens ne lui appartenaient pas...

• 28 messidor an II (16 juillet 1794), Château-du-Loir : Le citoyen Pierre AUROUX, 36 ans, domicilié en cette commune, juge au tribunal de district de la ville, épouse Justine-Claude Rouy, 20 ans, fille du citoyen François Rouy, domicilié à Issoudun, et de défunte Jeanne Jubert. La cérémonie se déroule en présence de Louis-Pierre Serpin, juge au tribunal du district, voisin et ami du marié, et de plusieurs membres de la famille Ruel de Bellisle.

• 22 brumaire an IX (13 novembre 1800), Château-du-Loir : Le contrat du 22 janvier 1791 est déposé chez le notaire Boudet.

• [début 1801] : Pierre AUROUX, professeur de musique, quitte Château-du-Loir, où il ne parvenait plus à vivre de son art. Il s'installe à Paris, rue de la Poterie. Le 19 mai, la préfecture de police lui délivre un laisser-passer valable trois mois. Qualifié d'artiste musicien, il est ainsi décrit : âgé de 40 ans, taille 1,65 mètre, cheveux et sourcils châtains, visage ovale, front élevé, yeux bruns, nez aquilin, bouche moyenne, menton fourchu.
• 25 juillet 1801, Paris : Deux citoyens de la capitale signent un certificat à son sujet. Il demeure dorénavant rue de la Planche, n° 502, division de l'Ouest, et "exerce la profession d'artiste musicien, de laquelle il tire ses moyens d'existence". C'est à la même époque qu'il sollicite une autorisation permanente de résider auprès du ministre de la Police générale Fouché. Il expose qu'il a vendu une partie de ses meubles afin de pouvoir s'établir à Paris "et trouver les moyens de subsister en exerçant sa profession".
• 10 août 1801, Paris : Le ministre autorise le préfet de police à lui délivrer une carte de sûreté.

• 4 janvier 1820, Paris : Les époux AUROUX se font donation mutuelle.

• Novembre 1828, Paris : Justine-Claudine Rouy décède.

• 31 mars 1842, Paris : Pierre AUROUX, ancien professeur d'harmonie, décède dans une pension bourgeoise où il louait un petit appartement, n° 37, rue des Postes, à l'âge de 84 ans et deux mois.
• 25 avril 1842, Paris : L'inventaire de ses biens est dressé. Dans l'acte, il est qualifié de "propriétaire". La prisée du mobilier s'élève à 328 francs, plus 130 francs en espèces. Pierre AUROUX jouissait de deux rentes, l'une de 229 francs par an sur l'État, l'autre de 40 francs par an inscrite au grand livre des cinq pour cent consolidés. Il conservait chez lui son portrait et celui de sa femme. Ses héritiers sont sa nièce Justine-Claire-Louise Beausse, épouse d'Henri Lavainne, dessinateur, demeurant à Lille, son neveu Jean-François Beausse, libraire à Paris (tous deux enfants de Marie-Anne Auroux, décédée veuve de Georges-Louis Beausse), et ses petits-neveux Henri-Alphonse Auroux, commis dans un magasin de nouveautés, et Marie-Stéphanie Auroux, lingère, domiciliés à Paris (petits-enfants d'Étienne Auroux, frère de Pierre).

Mise à jour : 3 mars 2018

Sources
F-Ad36/ 3E088/ 029-030 ; F-Ad36/ G 138 ; F-Ad37/ 1Q 215 ; F-Ad37/ G 309 ; F-Ad72/ 5MI 73_14-15 ; F-An/ ET/XXIX/1087/B ; F-An/ F7/10842 ; Filae.com

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