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BERTON, Pierre Montan (1727-1780)
État civil
NOM : BERTON     Prénom(s) : Pierre Montan     Sexe : M
Date(s) : 1727-1-7  / 1780-5-14
Notes biographiques
Fils du musicien d'église Pierre BERTON, Pierre Montan BERTON se forme comme enfant de chœur à la cathédrale de Senlis, où son père est musicien, avant de mener une vie presque entièrement dédiée à la musique de scène. Malgré un court passage, comme basse-taille, à la cathédrale de Paris et deux tribunes d'orgues qu'il aurait occupées à Bordeaux, il se voue au théâtre, chantant à Paris et à Marseille, où il accompagne les spectacles du clavecin. Violoncelliste à la Musique du roi, il est surtout connu comme chef d'orchestre, fonction qu'il occupe successivement à Bordeaux et à Paris, ainsi qu'à la Cour, où il est le survivancier de Bernard de BURY. Compositeur et arrangeur reconnu, il s'éteint à 53 ans, avant d'avoir pu occuper des places en vue.

• 7 janvier 1727, Maubert-Fontaine [Ardennes], diocèse de Reims : Pierre Montan BERTON voit le jour et est baptisé en l'église paroissiale Saint-Nicolas. Il est le fils de Pierre BERTON, futur musicien à la cathédrale de Senlis et à celle de Beauvais. On ignore si le père exerce une activité musicale à Maubert-Fontaine.

• 1733-1742, Senlis [Oise] : Pierre Montan BERTON est enfant de chœur à la cathédrale, où il apprend "le chant sur le livre, la composition, le clavecin, le violoncel, & l’orgue auquel on le destinait. A douze ans, il avait déjà fait chanter à la cathédrale de Senlis des grands motets, & avoit touché l’orgue plusieurs fois".
• 2 mai 1735, Senlis : Dans la cathédrale, Pierre Montan BERTON est le parrain de sa sœur Marie.

• vers 1743, Paris : Pierre Montan BERTON chante la basse-taille à la cathédrale Notre-Dame.

• 1744-1746, Paris : Pierre Montan BERTON est basse-taille à l’Académie royale de musique, mais sa grande timidité le pousse à demander un congé pour se former dans les opéras de province.

• 1746-1748, Marseille [Bouches-du-Rhône] : Pierre Montan BERTON chante à l’opéra "les rôles en second", mais "appercevant que sa voix diminuait au lieu d’augmenter, il quitta le chant pour se livrer entièrement à l’orchestre, & s’engagea avec le directeur de Marseille pour accompagner du clavecin à son spectacle".

• 1748-1753, Bordeaux [Gironde] : Ayant suivi le directeur de l’opéra de Marseille qui prenait la direction de celui de cette ville, Pierre Montan BERTON remplace rapidement le maître de musique de l’orchestre tombé malade et "se trouva à vingt & un ans à la tête d’un beau spectacle, qui ne fut jamais si bien conduit que par lui." Dans le même temps, il se met à composer avec succès. Sans quitter l’opéra, il prend la direction du concert de la ville et accepte "deux orgues qu’on lui offrit".

• 1753-1778, Paris : Pierre Montan BERTON dirige l’orchestre de l’Académie royale de musique. Il détient la concession de l’Opéra avec Trial de 1767 à 1769, mais doit la résilier face aux difficultés financières insurmontables auxquelles les deux hommes sont confrontés. À partir de 1769, sous la gestion de la Ville de Paris, BERTON et Trial sont directeurs, avec DAUVERGNE et JOLIVEAU. BERTON est seul directeur général à de 1776 à 1778, sous la surveillance de l’intendant des Menus Plaisirs. En 1778, il est mis à la retraite avec 8 000 livres de pension comme ancien directeur, 1 000 livres comme ancien maître de musique et 1 000 livres comme auteur (F-An/ O1 624, n° 22).
• 11 juin 1760, Paris : Lors de l'inventaire mené après le décès de son père Pierre BERTON, on découvre que ce dernier, devenu marchand mercier, est fournisseur de l'Opéra. Il est probable qu'il ait profité de la présence de son fils Pierre Montan à la tête de l'orchestre de cette institution pour obtenir ce marché.
• Août 1765, Paris : L'Académie Française célèbre la Fête de saint Louis dans la Chapelle du Louvre. Selon la Gazette de France du vendredi 30 août 1765, on y exécuta "un Motet à grand Chœur de la composition du sieur Berton".

• 2 février et 27 mars 1774, Orléans [Loiret] : Par deux fois "la Chaconne de Lebreton" est jouée lors d'un concert public "dans la salle ordinaire du Concert, près du Mail". Il s'agit d'une chaconne de Pierre Montan BERTON datant de 1762 [selon François Turellier].

• 1760-1774, Versailles : Pierre Montan BERTON est violoncelle à la Musique du roi. La date d’entrée en fonction est donnée par La Borde qui prétend qu’il obtient cette place en dédommagement de son activité de batteur de mesure à Versailles, comme maître en survivance, sans appointements. Il apparaît en tant que tel sur l’État actuel de 1772 à 1774, mais il touche une pension de retraite de 1 000 livres à partir de 1767. Le même dossier évoque une vétérance en 1779, "pour la place de violon Dechelle [sic] quil avoit depuis plus de 25 ans".

• 10 février 1770, Paris : Pierre Montan BERTON contracte mariage avec Anne Marthe Perrot Durrebecq, connue sous le nom de Petitot, née à Marseille. Les noces sont célébrées le 26 février en l'église Saint-Honoré.

• 1768-1780, Versailles : Le 28 juin 1768, Pierre Montan BERTON est maître de musique de la Chambre du roi en survivance de Bernard de BURY et s’engage à payer 8 000 livres lorsqu’il deviendra titulaire. Le 22 février 1777, BERTON devient titulaire et prend pour survivancier Jean-Baptiste CARDONNE. BURY continue pourtant de jouir des revenus attribués à la charge. Entre temps, BERTON a assumé la charge de direction des spectacles à la place de BURY, sans être payé. En 1779, il dresse un mémoire des 42 ballets et quadrilles et de quatre grands opéras qu’il a dirigé de 1768 à 1773 à la place de BURY qui "est malheureux par l’accident qui le rend incapable de servir pour le restant de ses jours".

• 1776-1780, Versailles : Pierre Montan BERTON est surintendant de la Musique du roi en survivance de Bernard de BURY. Le 2 août 1776, il s’engage à payer 10 000 livres à BURY quand il deviendra titulaire.

• 14 mai 1780, Paris : Pierre Montan BERTON s’éteint à son domicile de la rue Saint-Nicaise, qui n’est autre que son logement de fonction de directeur de l’Académie royale de musique, charge à laquelle il venait d’être nommé, à compter du 1er avril 1780. Papillon de La Ferté évoque "une maladie grave, qui se joignit au chagrin qu’il éprouvait, [et] termina ses jours à la fleur de l’âge et après avoir donné des preuves d’un talent distingué, tant comme compositeur que comme bon administrateur". DAUVERGNE, successeur de Berton à la tête de l’Opéra, évoque également les tensions vives qui existaient avec le personnel : "la cabale s’est déchaînée contre lui et on l’a fait mourir de chagrin" (cité par Serre, p. 63). Le 13 mai, il dirigeait encore la reprise de Castor et Pollux de Rameau qui marquait le début de la saison : "on peut dire qu’il est mort le bâton à la main" (Grimm cité par Benoît Dratwicki, Antoine Dauvergne, CMBV-Mardaga, 2011, p. 327).

Mise à jour : 19 novembre 2020

Sources
F-Ad08/ BMS Maubert-Fontaine ; F-Ad60/ 1MI/ECA612R13 ; F-An/ ET/XIII/315 ; F-An/ MC/ET/LIII/461 ; F-An/ O/1/3045, n°198 ; F-An/ O/1/3055, n°42 ; F-An/ O/1/668 ; F-An/ O/1/670 ; F-An/ O/1/842, n°25 ; F-An/ O/1/842, n°29 ; F-An/ O/1/842, n°30 ; F-An/ O/1/842, n°33-34 ; F-BNF/ VM2/461 ; F-BmOrléans/ Affiches de l'Orléanois ; F-Filae/ Fonds Andriveau  ; Gazette de France ; La Borde, Essai sur la musique ancienne et moderne, 1780 ; R. Langellier-Bellevue et R. Machard, La musique à Paris et à Versailles, 1979 ; É. Kocevar, Les Foucquet, 2002

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