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BIDAULT DE GARDINVILLE, Nicolas Charles (1721-1791)

BIDAULT DE GARDINVILLE, Nicolas Charles (1721-1791)

État civil
NOM : BIDAULT DE GARDINVILLE     Prénom(s) : Nicolas Charles     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : GARDAINVILLE
Date(s) : 1721-11-3   / 1791-11-29 
Notes biographiques

Formé à la maîtrise de la cathédrale Notre-Dame de Paris sous la houlette de maîtres prestigieux, Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE, d'extraction noble, passe l'essentiel de sa carrière ecclésiastique au service de la Sainte-Chapelle du Palais, sur l'île de la Cité. Entré à l'âge de 18 ans pour chanter la haute-contre, il est encore en fonction comme clerc des chanoines, et doyen d'ancienneté des chantres au moment de la suppression de cet établissement en 1790. Bien qu'il ne soit pas parvenu à une place plus éminente du point de vue de la hiérarchie interne de la Sainte-Chapelle, n'ayant pas pris les ordres majeurs, il vit confortablement, doté de revenus tirés de plusieurs bénéfices éparpillés dans tout le royaume. Se vantant de la fidélité de ses ancêtres au service de la monarchie, ses réseaux de protection s'étendent jusqu'à Versailles et lui assurent, au grand dam des chanoines, des avantages en terme de présence au chœur à la fin de sa vie. Il s'éteint en 1791, au seuil des turbulences révolutionnaires.

• 3 novembre 1721, Paris : Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE voit le jour et se fait baptiser en l'église paroissiale de Saint-Germain-l'Auxerrois. Il est le fils de Charles et de Marie Claude Bertrand. Ses parents se sont mariés à Laon [Aisne] en avril 1720. Charles Bidault, sieur de Gardinville est alors présenté comme "officier chez le Roi". Les grands-pères, défunts, de Nicolas Charles sont Charles, écuyer, sr de Gardinville, premier capitaine d'une compagnie franche dans le château de Ham en Picardie et Nicolas Bertrand, avocat en parlement et officier chez le Roi. Son ancêtre Charles Bidault, écuyer, sieur de Gardinville, a été garde du corps du roi entre 1644 et 1664.

• 12 janvier 1728, Paris : Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE est reçu enfant de chœur à la psallette de la cathédrale Notre-Dame. La délibération mentionne sa date de baptême [sans doute 1721 mais on peut aussi lire 1722] et sa paroisse d'origine, Saint-Germain-l'Auxerrois. À cette date, Jean François LALLOUETTE est encore pour quelques mois le maître de musique de la cathédrale Notre-Dame.

• 28 avril 1731, Paris : Après le décès de son père, il est procédé à un inventaire de ses biens à son domicile du quai d'Orléans, île Notre-Dame, paroisse Saint-Louis. Parmi les papiers recensés, on relève l'acte de démission en 1713 par Pierre Buchon en faveur de son père  de sa charge de "taille et hautbois et dessus de violon de la chambre et grande écurie du Roy". Nicolas Charles et son frère Jean, plus jeune de trois ans, sont les deux héritiers du défunts. Leur mère a été désignée comme tutrice suite à un avis de parents et amis homologué au Châtelet le 21 avril précédent. Jean Lemaire, bourgeois de Paris, cousin issu du germain paternel a été élu à la charge de subrogé tuteur des enfants.

• 2 mars 1734, Montigny-sous-Marle [Aisne] : Sa mère se remarie avec Nicolas François Lehault, procureur au siège royal et comté de Marle.

• 14 octobre 1735, Paris : L'intendant de la maîtrise  de la cathédrale Notre-Dame verse 104 livres à la veuve Foullay qui a gardé et soigné cet enfant de chœur du 9 septembre au 6 octobre.

• 24 janvier 1738, Paris : Suite à sa requête, le chapitre consent à ce que le spé des enfants de chœur, reçu à la psallette le 12 janvier 1728, la quitte le 8 septembre prochain ; dans cette perspective, il obtient la permission de se laisser pousser les cheveux.
• 12 juillet 1738, Paris : On annonce sa sortie le 10 août prochain et on lui verse à titre de gratification la somme de 300 livres, en outre GRANGÉ, alors maître de grammaire des enfants de chœur, est autorisé à accompagner le jeune homme à l'abbaye du Bec en Normandie ["in Abbatiam Fiscanensem"] et on lui accorde trois semaines de congé. À Notre-Dame, BIDAULT DE GARDINVILLE aura été formé par LALLOUETTE, François PÉTOUILLE, Jean-Baptiste DULUC, Jean Jacques CABASSOL et Louis HOMET.

• 19 septembre 1739, Paris : La Sainte-Chapelle accorde une gratification de 12 livres à GARDINVILLE, "pour avoir chanté à l'office avant sa réception". Le jeune homme n'a même pas 18 ans.

• 2 avril 1740, Paris : Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE figure parmi les clercs de la Sainte-Chapelle du Palais lors de l'assemblée générale comme l'indique le registre capitulaire. Le 27 avril, il reçoit une aide financière de 9 livres du chapitre de livres afin de pouvoir soigner sa maladie.
 • 6 juillet 1740 : "Le trois du présent mois le sieur de Gardinville a été installé clerc par Mr le Trésorier en la manière accoutumée sous la prébende de Mr l'abbé du Franc".

• 18 mars 1741, Paris : Il obtient huit jours de congé plus 48 livres pour régler les frais liés à sa maladie.

• 27 février 1743, Paris : La compagnie lui accorde une gratification de 48 livres. Une nouvelle gratification de 24 livres est verse le 24 août.

• 12 février 1744, Paris : La compagnie accorde aux sieur SIONNET et GARDINVILLE 100 francs chacun, laquelle somme sera distribuée par quartier, et qui sera passée à compte à l'abbé Thomas, chanoine et receveur.
• 3 juin 1744, Paris : Le trésorier étant "en tour de nommer aux bénéfices dépendans de l'abbaie de S. Nicaise", il a nommé GARDINVILLE, clerc des trésorier et chanoines de la Sainte-Chapelle, à la chapelle Saint-Michel de Pargny[-lès-reims], diocèse de Reims, vacante par la mort de M. d'Estrées. Il est précisé dans les provisions qu'il est clerc du diocèse de Paris. L’acte est signé par deux témoins dont Claude Joseph HUYARD et Pierre RIDEL, chapelains de la Sainte-Chapelle. Il reçoit huit jours de congé le 10 juin et 24 livres de gratification le 26 décembre.

• 30 janvier 1745, Paris : Abel François FANTON succède à François DE LA CROIX comme maître de musique de la Sainte-Chapelle. Le 26 juin, BIDAULT DE GARDINVILLE obtient trois semaines de congé.

• 24 août 1746, Paris : Il obtient trois semaines de congé.

• 27 septembre : Il pourra prendre son congé de trois semaines mais uniquement après la célébration de la fête des saintes reliques.

• 9 avril 1748, Laon : Son frère Jean, âgé de 24 ans, se marie avec Marie Angélique Cotte, fille d'un ancien "lieutenant de maire" de la ville. Il semble avoir donné son consentement par acte notarié, tout comme sa mère. Signent l'acte de mariage le sieur Bertrand, diacre et chanoine de la collégiale de Saint-Jean de cette ville, cousin de l'époux, et Jean Marie Leleu, conseiller du roi, président au grenier à sel, cousin de l'épouse.
• 28 août 1748, Paris : Il peut prendre ses vacances de trois semaines à condition d'être revenu pour la fête de la nativité de la Vierge.

• 14 mai 1749, Paris : Il reçoit 12 livres pour l'aider dans sa maladie.
• 20 août 1749, Paris : Il obtient son congé de trois semaines mais il ne pourra être effectif qu'après la fête de Saint-Louis (25 août). Le chapitre lui a aussi accordé un congé de six jours le 23 juillet.

• 26 août 1750, Paris : On lui accorde son congé de trois semaines.
• 31 octobre 1750, Paris : La compagnie voyant les abus qui se glissent dans les congés qu'elle accorde aux chapelains et clercs, a arrêté qu'à compter du premier jour de l'année 1751, elle ne donnera pas plus de trois semaines dans le courant de l'année au-delà desquelles ils seront pointés sans aucun égard.

• 27 février 1751, Paris : BIDAULT DE GARDINVILLE reçoit une somme de 48 livres de gratification.
• 20 mars 1751, Paris : En raison de la cherté des vivres, la compagnie décider de distribuer 150 livres à chaque chanoines, 60 à chaque chapelain perpétuel et 50 livres à chaque chapelain et clerc ordinaire ainsi qu'au marguilliers. Il en sera ainsi chaque année par la suite.
• 22 septembre 1751, Paris : Il ne peut prendre son congé de trois semaines qu'à partir premier octobre.

• 16 août 1752, Paris : Il obtient un congé de trois semaines à prendre après la fête de Saint-Louis.

• 19 septembre 1753, Paris : Il obtient un congé de trois semaines.

• 6 novembre 1754, Paris : Les chanoines délivrent la somme de dix écus à GARDINVILLE afin de le soulager dans sa maladie.

• 4 avril 1755, Le Nouvion-en-Thiérache [Aisne] : Son frère, receveur des aides en ce lieu, se remarie avec la fille d'un maître tailleur d'habits et marchand, Marie Louise Canon. Des enfants sont baptisés en 1760-1761 à Roye [Somme], où Jean Bidault de Gradinville est contrôleur des aides.

• 18 août 1756, Paris : Il demande quinze jours de congé. Le 15 mai précédent, FANTON est mort, remplacé dans le courant de l'année par Henry BRÉVAL

• 25 juin 1757, Paris : Il prend huit jours de congé, plus huit jours le 13 septembre.

• 29 septembre 1758, Paris : François Robert DORIOT est nommé nouveau maître de musique de la Sainte-Chapelle.

• 7 mars 1759, Paris : La compagnie voulant établir dans les distributions l'uniformité parfaite entre les chapelains et clercs, a arrêté qu'à compter du prochain samedi "chaque chapelain perpétuel ainsi que chaque chapelain ou clerc ordinaire recevra chaque distribution pour assistance aux grandes messes la somme de 6 livres 6 deniers", lit-on dans le registre capitulaire.
• 13 juin 1759, Paris : Le chapitre accorde 24 livres chacun à GARDINVILLE BAZON et CACHELIÈVRE, clercs de la Sainte-Chapelle, pour les soulager dans leur maladie.
• 1er septembre 1759, Paris : Il prend quinze jours de vacances.

• 4 septembre 1760, Paris : Il reçoit son congé de trois semaines.

• 23 mai 1761, Paris : Une somme de 30 livres lui est octroyée pour se soigner. Le 2 septembre, Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE prend un congé de deux semaines.
• 23 décembre  1761, Paris : Lecture faite d'une requête présentée par GARDINVILLE, clerc ordinaire et chapelain de la chapelle de Pargny demandant à la compagnie d'accepter l'abandon qu'il lui fait des revenus de ladite chapelle de Pargny dont il a droit de jouir sa vie durant, ainsi qu'il est ordonné par le décret de l'archevêque de Reims portant extinction du titre de la chapelle, s'en rapportant à sa générosité pour le dédommagement qu'elle voudra bien lui accorder. Les chanoines arrêtent, "qu'il lui seroit payé sa vie durant chaque année à commencer de la présente année la somme de cent livres pour lui tenir lieu du revenu de ladite chapelle dont les baux continueront néanmoins d'être faits en son nom".

• 10 mars 1762, Paris : La compagnie arrête que durant le carême, à commencer de samedi prochain, il sera distribué outre la distribution ordinaire 4 sols à chaque chapelain perpétuel, chapelain et clerc ordinaire qui assiste à l'office de complies et que l'on ne recevra point d'excuses même pour compte de maladie relativement à cette nouvelle distribution.
• 10 avril 1762, Paris : le chapitre lui accorde 38 livres pour le secourir dans sa maladie.

• 21 mai 1763, Paris : Il expose à la compagnie que sa mère venant de mourir, il est dans la nécessité d'aller "quelques tems à Laon pour arranger ses affaires". Le chapitre lui accorde quinze jours de congé.
• 29 octobre 1763 : GARDINVILLE demande trois semaines de congé mais la compagnie ne lui en accorde que deux.

• 27 juin 1764, Paris : Il obtient un congé de trois semaines.

• 17 août 1765, Paris : GARDINVILLE a représenté à la compagnie qu'en raison de ses infirmités, il avait besoin d'un mois "pour faire les remèdes nécessaires". Considérant son assiduité et sa bonne conduite, elle lui accorde sa demande.

• 20 août 1766, Paris : Il obtient un congé de quinze jours.
• 10 décembre 1766, Paris : Il supplie la compagnie de lui accorder le logement n° 14 ci-devant occupé par Guillaume Antoine LE MONNIER, "avec la conservation de la cave dont il est en possession". Les chanoines acquiescent. Son ancien logement, le n° 16, passe à Guy Antoine BRALLE.

• 1er juillet 1767, Paris : Il obtient un congé de quinze jours.

• 12 novembre 1768, Paris : La compagnie lui accorde le logement n° 3. Le sien passe au sieur FRÉCHON , chapelain.

• 15 février 1769, Paris : En raison de l'extrême cherté des vivres, chaque chanoine recevra 300 livres, le trésorier le double. 120 livres seront octroyées à chacun des cinq chapelains perpétuels et 100 à chacun des chapelains, clercs, marguilliers et sonneur.

• 1er octobre 1771, Paris : GARDINVILLE reçoit trois 3 jours de congé par grâce spéciale.

• 18 avril 1772, Paris : La compagnie arrête que les parents des chapelains perpétuels, chapelains et clercs qui demeurent et vivent avec eux dans leurs maisons et appartements ne paieront "aucune chaise aux offices de la ste Chapelle quand ils y assisteront".
• 14 octobre 1772 : GARDINVILLE demande un congé de quatorze jours pour la seconde fois, on lui accorde douze jours.

• 1er juillet 1773, Paris : Les chanoines accordent des congés de 15 jours à VAVASSEUR, après le retour de DOUVILLÉ, 10 jours à BRALLE et 15 jours à DELACROIX et GARDINVILLE, à charge pour eux de ne pas être absents au même moment.

• 1er juillet 1774, Paris : Il prend son congé de quinze jours et quinze jours le 12 octobre.

• 1775, Paris : Il est qualifié de haute-contre dans l'Almanach musical de 1776. Les hautes-contre sont au nombre de trois sur un effectif de douze chantres. Cette année-là, il prend ses vacances les 5 juillet (15 jours) et 23 août (8 jours).

• 1er juillet 1776, Paris : Il prend son congé de quinze jours, plus 6 jours le 11 septembre.

• 12 mars 1777, Paris : Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE succède comme violoncelle en la Sainte-Chapelle du Palais à LABBÉ, décédé, avec 100 livres de gages ordinaires. Le 7 juin, il prend ses quinze jours de congé et huit jours le 6 septembre.

• 7 novembre 1778, Paris : Il prend un congé de 5 jours.

• 4 juillet 1781, Paris : 15 jours de congé sont octroyés à GARDINVILLE, plus trois jours le 22 septembre.

• 14 août 1782, Paris : La compagnie lui accorde 15 jours de congé "attendu qu'il a des affaires".
• 11 septembre 1782, Paris : Le chantre ayant représenté qu'à plusieurs solennités, la musique avait manqué par l'absence de plusieurs voix, la compagnie arrête qu'il ne sera plus accordé de vacances à ceux des chapelains et clercs "qui se seront absenté de l'office les jours de solemnités sans cause légitime ou permission spéciale ou sans s'être fait duement suppléer".
• 4 décembre 1782, Paris : Les chanoines prennent connaissance d’une lettre de Jean Antoine Amelot de Chaillou, secrétaire d'État à la Maison du Roi, signée du 15 novembre précédent. "Le sr abbé de Gardinville, Messieurs, clerc ordinaire de la Sainte Chapelle du palais, écrit-il, demande la vétérance, son grand âge ne luy permettant plus de remplir le service du chœur avec la même exactitude. Il représente qu'il a 43 ans de service. J'ay mis cette demande sous les yeux du Roy qui l'a favorablement accueillie et Sa Majesté m'a authorisé à vous marquer qu'il luy sera très agréable que vous ayés ègard à la demande du sr de Gardinville, d'autant que malgré son âge, il est dans le dessein de continuer son service autant que sa santé le luy permettra". La compagnie peaufine sa réponse : "La demande que le sr Gardinville [...] fait de ce qu'il appelle sa vétérance, n'a d'appui que dans la faveur que vous semblés luy donner, elle st d'ailleurs absolument dépourvue de fondement et de principe car premièrement, il n'y a jamais eu de vétérance à ladite Ste Chapelle, le nom et la chose y sont également inconnus ; jamais aucun chanoine, ni le trésorier même n'ont obtenus de vétérance : toutes les demandes formées sur cet objet ont constamment été rejettées, notament celle que le sr Gardinville poursuit déjà lui-même il y a plusieurs années ; faits authentiques auxquels on opposeroit en vain une tolérance du moment, qui ne seroit jamais une concession formelle ou [...] abusive, et ce refus est essentiellement fondé sur la nature des places de l'Eglise, dont toute la rétribution étant attachée par les statuts à l'assistance aux offices, ne peut être [...] donné[e] qu'à raison de cette assistance. Le chœur de la Ste Chapelle est trop peu nombreux pour admettre des membres sans fonction. C'est que le législateur a senti, lorsqu'il a fermé la porte à toute demande de cette espèce, d'ailleurs [...] le sr Gardinville devroit être le dernier à en former de semblables. Par une tolérance pour laquelle il devroit montrer plus d'égards, on ne l'oblige plus depuis longtems de descendre à l'aigle pour chanter la Musique et le plain-chant quoique rien au fond ne l'en dispense ; ainsy toute sa fonction se réduit à se tenir dans sa stalle et porter la chappe à son tour ; or [...] quand on va dans la société et qu'on fait les diners, on peut venir à l'Église ; que si l'on est malade ou infirme, on est tenu présent avec la plus grande et la plus douce indulgence, comme personne ne peut mieux en rendre témoignage que le sr Gardinville luy même, qui plus de la moitié de cette année a été tenu présent à raison de maladies, convalescence, voiage de rétablissement &. De plus, [...] le sr Gardinville a été pourvu cette même année d'une chapelle de la collation de Mr le thrésorier, or est-ce dans le moment qu'on reçoit les dons d'une Église que l’on cherche à s'en détacher ? Mais si le sr Gardinville tient essentiellement à sa demande, qu'il accepte cette chapelle pour retraite, nous y consentons volontiers, c'est le parti moyen que nous avons l'honneur de vous proposer, Monseigneur, ainsy le chœur ne vera pas une place vuide et les statuts ne recevront pas d'injure contradictoire de donner la rétribution pour assistance à qui n'assiste pas". 

• 30 avril  1783, Paris : Après un nouveau courrier du ministre, les chanoines, qui avaient demandé à être reçus, se résignent à prendre à nouveau la plume afin de préciser leurs arguments. Ils s'attaquent plus frontalement à l'abbé de GARDINVILLE. Il "se porte a merveille, il va et vient, boit et mange en perfection" lui dont les talents, l'assiduité et l'utilité "n'ont jamais été remarquables", qui "s'est toujours fort adouci le joug" et en dépit de cela a "toujours été traité dans tous les tems par Mr le thrésorier et par la compagnie avec la plus grande bienveillance soit pour les horaires, soit pour les congés". Il est rappelé qu'il n'est que clerc de la sainte-Chapelle, non clerc du roi, et à ce titre nommé, reçu et révocable par le chapitre. Les chanoines avertissent que "tous les chapelains et clercs [sont] déjà disposés à l'indépendance, indociles au frein, croiront n'avoir plus rien à faire qu'à vos bureaux [...] ou qu'à leur protecteur auprès de vous". En résumé, "la condition d'un musicien, d'un stipendié dans la Ste Chapelle pourra par l'intrigue et par la sollicitation se trouver plus indépendant et plus commode que celle de son seigneur et maître". Pourtant, le chapitre transige et propose de tenir l'abbé de GARDINVILLE présent aux matines sa vie durant et de lui octroyer les mêmes vacances que les chanoines, ce qui l'exemptera des deux tiers des offices de l'année. Ils ne peuvent aller plus loin, "vouloir exiger de nous davantage, Mgr, c'est vouloir tout confondre, tout dénaturer, c'est vouloir nous ôter le gouvernement de notre Église, qui nous apartient de droit sous les auspices de sa majesté". Amelot répond le 20 décembre 1782 que le roi Louis XVI a paru satisfait de l'arrangement proposé et ordonne de l'inscrire dans le registre capitulaire (cela aura pris quatre mois).

• 3 juin 1785, Guise [Aisne] : Son frère Jean, veuf à nouveau, se remarie avec Marie Françoise Thérèse Philippe. Il est présenté comme brigadier de la prévôté générale des monnaies et maréchaussée de France. Il demeure à Nouvion-en-Thiérache.

• 26 décembre 1787, Paris : Le chapitre évoque la "situation fâcheuse" des finances de la Sainte-Chapelle (procès contre les religieux de Saint-Nicaise à Reims, reconstruction des maisons, diminution considérable des revenus). Pour ne pas diminuer les rétributions ordinaires des chapelains et des clercs, il sera opérer un retranchement sur les gros fruits du trésorier et des chanoines.

• Avril 1788, Paris : Dans le cadre de la suppression annoncée des saintes chapelles, GARDINVILLE rédige une supplique au baron de Breteuil, ministre de la Maison du roi. Il "a l'honneur de représenter à Monseigneur qu'homme de condition, né de père et d'ayeux qui ont bien mérité de la patrie, il se trouve après 48 ans d'un service exemplaire rempli avec l'exactitude et le zèle que ses principes lui ont toujours dictés, enveloppé dans la dépréciation de la Ste-Chapelle de Paris. L'abbé de Gardainville a vu se renouveller trois fois la compagnie à laquelle il a l'honneur d'être attaché et dans ce long espace de tems, de service et de vicissitudes, content de peu, jamais il n'importuna ni le ministère, ni ses amis pour en obtenir des grâces [sic]. Aujourd'huy âgé de soixante-six ans, attaqué d'infirmités également douloureuses et dispendieuses, chargé de soins, il réclame la bonté du Roy et de son ministre ; il ose demander que sa retraite alimente sa vieillesse dans les tems du besoin et qu'elle soit égale aux appointemens modiques mais certains dont la fixation depuis sa jeunesse n'a pas encore augmenté. C'est, Monseigneur, un vieillard honnête, estimé qui réclame sa subsistance. Ses titres seront moins prétieux à vos yeux que ceux de l'humanité qui vous caractérise". Il joint plusieurs pièces justificatives à son dossier dont une lettre datée du 7 avril, signée du duc de Gesvres, qui dit s'intéresser "fort" à l'abbé, présenté comme le "doyen de la Sainte-Chapelle de Paris", et un certificat de juillet 1656 signé duc duc de Tresmes, qui assure que Charles Bidault, écuyer, sieur de Gardinville [sans doute son grand-père], a "bien et fidellement" servi le roi sous ses ordres en qualité de garde du corps du roi pendant 20 ans.

• 20 mai 1789, Paris : Le chapitre verse un premier paiement de 1 200 livres pour financer l'aménagement des chapelains et clercs dans leurs nouveaux bâtiments.
• 23 décembre 1789, Paris : Les chanoines lisent en chapitre la déclaration des biens de la Sainte-Chapelle. Il sera procédé à une diminution du gros de 1 200 à 800 livres pour ne pas diminuer les revenus des chapelains et clercs.

• 23 février 1790, Paris: Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE remplit sa déclaration de bénéfices préimprimée. Il se dit clerc en titre de la Sainte-Chapelle depuis 50 ans, demeurant place du Pont Rouge, paroisse Saint-Landry. Son revenu est variable, attendu que les chanoines donnent aux uns plus et aux autres moins. Il consiste 1° en une somme de 436 livres 3 sols pour distributions à raison de 25 sols par jour ; 2° en 42 livres 18 sols pour fondations ; 3° en 100 livres d'augmentation ; 4° en 100 livres pour distribution du Carême ; 5° en 32 livres de gros. Les charges se réduisent à une assistance rigoureuse à tous les offices. Il est titulaire de la chapelle de Saint-Michel de Pargny-les-Arçons, diocèse de Reims [Pargny-lès-Reims ou Pargny-Resson], dépendant de l'abbaye de Saint-Nicaise, dont les chanoines de la Sainte-Chapelle ont réuni les revenus à leur manse ; les chanoines lui versent pour cela 100 livres par an (alors que les revenus sont plus élevés). Il est aussi pourvu du prieuré ou chapelle de Saint-Louis de Gravanchon dans le pays de Caux, diocèse de Rouen, dont il a fait la déclaration des revenus et charges devant les officiers municipaux du lieu. En sa qualité de clerc le plus ancien, il a obtenu sur le domaine du roi 700 livres pour indemnité de son logement abattu lors de la démolition des maisons de la Cour du Palais. Il observe encore que les distributions de juillet et d'octobre auxquelles avaient droit les clercs (qui rapportaient 75 livres en deux fois) n'ont plus lieu depuis près de 7 ans.
• 6 mars 1790, Paris : Il annonce que des affaires de famille l'obligent à se transporter à Douai. La compagnie considérant ses longs services et sa religieuse exactitude à remplir ses devoirs, consent à le tenir présent le temps de son absence. C'est la dernière mention à son sujet dans le registre capitulaire.
• 11 juillet 1790, Paris : Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE écrit à Louis Lefèvre d'Ormesson, président du Comité ecclésiastique, dont il connaît le père qui est premier président au parlement de Paris, pour lui demander sa protection ; il s'inquiète de ne plus toucher les 600 livres que lui rapportait chaque année un prieuré au pays de Caux (Saint-Denis de Gravanchon) et une rente annuelle de 400 livres sur les bénédictins de Saint-Martin-des-Champs.
• 27 novembre 1790, Paris : Au moment de la fermeture de la Sainte-Chapelle, 17 musiciens et chantres étaient au service de cet établissement, sous la direction du maître de musique Jean Nicolas FRÉCHON, l'un des chapelains ordinaires. Il s'agit des six chapelains perpétuels, qui ont théoriquement des fonctions cantorales (François Robert DORIOT, Joseph Honoré RAYMOND, Étienne Nicolas FANTIN DES ODOARDS, Claude ASSELIN, Armand Henri DE LA BACHELERIE et Pierre TISSET), de cinq chapelains ordinaires (Guy Antoine BRALLE, Anne François DUPREY, Jean François VAVASSEUR, Sébastien François Marie Élisabeth TORCY et Antoine CHAVIALE) et de six clercs (Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE, Adrien CACHELIÈVRE, Jacques CHAUVET, Léger DOUVILLÉ, Benoît Furcy DE SACHY et Pierre POIRIER). En outre, Gervais François COUPERIN touche l'orgue de la Sainte-Chapelle et Jean-Baptiste DESSÉ vient jouer du violoncelle aux grandes occasions.

• 29 novembre 1791, Paris : Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE s'éteint à son domicile du quai d'Anjou, paroisse Saint-Louis [troisième arrondissement] à l'âge de 70 ans. Il laisse pour héritier Jean Bidault de Gardinville, son frère, qui demeure alors à Viarmes (Val-d'Oise].

Mise à jour : 1er juillet 2025

Sources
Almanach musical pour 1775 ; Almanach musical pour 1776 ; Almanach musical pour 1779 ; Almanach musical pour 1783 ; Brenet, Les musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais ; F-Ad02/ 5MI 0067 ; F-Ad02/ 5MI 0501 ; F-Ad02/ 5MI 0604 ; F-Ad02/ 5MI 0671 ; F-Ad75/ DQ8 ; F-An/ H5/3551 ; F-An/ H5/3552 ; F-An/ H5/3553 ; F-An/ H5/3554 ; F-An/ H5/3555 ; F-An/ H5/3556 ; F-An/ LL 614 ; F-An/ LL 614 et 615 ; F-An/ LL 615 ; F-An/ LL 616  ; F-An/ LL 617 ; F-An/ LL 618 ; F-An/ LL/ 232/ 13 ; F-An/ LL/ 232/ 17 ; F-An/ LXXXX/ 191 ; F-An/ MC/ET/LXIV/465 ; F-An/ O/1/607 ; F-An/ O/1/607  ; F-An/ S 461 ; F-An/ S 7053 ; F-An/ S 7053  ; F-An/ S/ 943/ A ; F-An/LL/ 232/ 17 ; M. Brenet, Les Musiciens de la Sainte-Chapelle..., 1910 ; M. Brenet, Les musiciens de la Ste-Chapelle du Palais ; M. Brenet, Les musiciens de la Ste-Chapelle du Palais, 1910 ; Tablettes de renommée des musiciens

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