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BRALLE, Guy Antoine (1738-1805)
Date(s) : 1738-6-12 / 1805-10-24
Comme son père et son frère, Guy Antoine BRALLE a chanté au lutrin de la cathédrale d'Amiens, sa ville natale mais un peu avant sa trentième année, il quitte la Picardie pour la capitale. Un poste de taille s'offre à lui à la Sainte-Chapelle du Palais, qu'il conserve jusqu'à la suppression de l'établissement en 1790. Il meurt à Paris aux tous débuts de l'Empire, alors qu'il avait retrouvé du service dans une église paroissiale
• 12 juin 1738, Amiens [Somme] : Guy Antoine BRALLE vient au monde. Il est baptisé le lendemain en l'église paroissiale Saint-Michel. Il est le fils de Jacques BRALLE, musicien, et de Geneviève Parmentier. Son parrain est un "aide major au gouvernement d'Amiens" et sa marraine la femme d'un marchand orfèvre. Son père signe au bas de l'acte. Jacques BRALLE est en poste à la cathédrale d'Amiens ainsi qu'un autre de ses fils, comme chapelain, Louis Adrien BRALLE.
• [avant juin 1767], Amiens : Guy Antoine BRALLE est vicaire de la cathédrale. Il est prêtre du diocèse d'Amiens. On peut former l'hypothèse qu'il a été formé à la maîtrise de la cathédrale.
• 1er juin 1767, Paris : Il devient chapelain ordinaire de la Sainte-Chapelle.
• 3-6-13 juin 1767, Paris : Le 3, le sieur BRALLE, prêtre du diocèse d'Amiens, s'est présenté et a dit que le trésorier de la Sainte-Chapelle l'ayant admis lundi dernier au nombre des chapelains, il suppliait qu'on lui accorde un logement et qu'on ordonne que son nom soit employé sur le livre du point. Le chapitre arrête qu'il en sera délibéré samedi prochain après avoir pris l'avis du conseil de la Sainte-Chapelle. Le 6, le chapitre répond à ses demandes et lui accorde le logement occupé précédemment par le sieur FOURNIER, clerc, ainsi que les distributions ordinaires que perçoivent les chapelains et clerc mais la compagnie se réserve le droit de demander la nullité par un mémoire remis aux commissaires désignés dans l’affaire contre le trésorier, avec lequel il est en procès. Le 13 juin, c'est finalement l'ancien logement de BIDAULT DE GARDINVILLE, le numéro 16, que récupère BRALLE car FOURNIER n'a jamais voulu rendre sa clé.
• 20 juin 1767, Paris : L'abbé Legros ayant appris que pendant son absence, le trésorier avait entrepris d'admettre au nombre des chapelains de Messieurs le sieur BRALLE, prêtre du diocèse d'Amiens, il a dit que suivant l'ordre du tableau, il est constaté que le sieur CACHELIÈVRE a été reçu sous la prébende de l'abbé D'ARGICOURT, qu'ainsi c'est à son tour de nommer. La compagnie a répondu que pour garder l'ordre du tableau et réserver à chacun ses droits et notamment ceux de M. le chantre "qui avoient été également blessés", elle a donc pris le parti de ne recevoir le sieur BRALLE qu'en qualité de gagiste, "sur quoi mr l'abbé Le Gros a ajouté que pour des raisons dont il rendroit compte à nosseigneurs les commissaires, il persistoit à ne point présenter sous sa prébende pour son chapelain le sr Brale et qu'il se réservoit de présenter son chapelain puisqu'il étoit en tour, qu'il prioit la compagnie de lui donner acte de sa présente déclaration, ce qui lui a été accordé".
• 28 septembre 1767, Amiens : Les chanoines de la cathédrale confèrent à Antoine QUENTIN, vicaire de l’église, la chapelle vicariale de Saint-Jacques, ci-devant possédée par maître BRALLE, "autrefois vicaire", vacante à cause de sa désertion (malgré l'absence de prénom, on peut être à peu près certain qu'il s'agit de Guy Antoine BRALLE).
• 1768, Versailles : Il figure dans "Etat des noms, des Trésorier, Chantre, Prébendiers, des chapelains perpétuels et autres officiers de la Sainte Chapelle Royale du Palais à Paris que le Roy veut et entend jouir des privilèges des commensaux de la Maison de Sa Majesté".
• 6 avril 1768, Paris : Pour la première fois, BRALLE est mentionné parmi les présents à l'assemblée générale mais son nom est orthographié de façon erronée ("Braille"). Le registre n'a plus jamais mentionné les réserves qui entouraient sa nomination.
• 1er avril 1769, Paris : Ayant demandé une augmentation de ses appointements de 100 livres, le chapitre décide que "tous les trois mois sera accordé au sr BRALLE une somme de 24 livres en distributions tant que la compagnie sera contente de ses services et à condition qu'il signe la présente délibération". Il signe "Bralle".
• 12 avril 1769, Paris : Il reçoit de la compagnie l'appartement de VILLEMART et laisse le sien à DESNOYERS, clerc du chapitre.
• 1776, Paris : "L'abbé BRALLE, cour du Palais" figure parmi les maîtres de guitare de la capitale selon l'Almanach musical pour 1776. Peut-être faut-il rapprocher ce BRALLE de celui qui joue du basson dans l'orchestre du Concert Spirituel d'après Les spectacles de Paris, ou calendrier historique & chronologique des théâtres, publiés en 1770. C'est un point à éclaircir.
• 16 mai 1776, Paris : Le chapitre lui verse la somme de 24 livres pour l’aider dans sa maladie ; il en est de même, pour la même somme, le 24 août suivant.
• 1779, Paris : BRALLE figure parmi les trois tailles de la Sainte-Chapelle, avec FREMEAUX et DELACROIX selon l'Almanach musical de cette année-là.
• 5 juin 1782, Paris : À la suite d'une plainte de la communauté des chapelains et clercs, BRALLE est privé de son congé de quinze jours.
• 1785, Paris : Il est présenté comme "taille à la Sainte-Chapelle" dans les Tablettes de renommée des musiciens, auteurs, compositeurs, virtuoses, amateurs et maîtres de musique vocale et instrumentale, les plus connus en chaque genre… pour servir à l'Almanach-Dauphin.
• 1er avril 1785, Paris : Dans son exhortation, le plus ancien chanoine, l'abbé de Montal critique les chapelains et les clercs, qui font mine de se retirer. Il leur représente qu'ils contreviennent aux règlements et que la coutume veut qu'un discours de piété soit tenu à la fin des assemblées générales. Le sieur BRALLE, au nom de ses confrères les chapelains et clercs, répond qu'ils ont ordre du trésorier de ne pas écouter ce discours. Sur quoi, la compagnie arrête que ceux qui partiront seront pointés d'un jour et qu'il sera écrit au ministre. Le 9 avril suivant, suite à des réquisitions de plusieurs chapelains et clercs, la compagnie, faisant preuve d'indulgence plusieurs chapelains et clercs, lève sa sanction. Les chapelains ordinaires FRÉCHON, BRALLE, TORCY, CHAVIALE et les clercs ordinaires CACHELIÈVRE, DOUVILLÉ, SACHY, DECOMBE, CHAUVET et LEPREUX, font le choix de quitter les lieux. Dans son exhortation, le plus ancien chanoine, l'abbé de Montal critique les chapelains et les clercs, qui font mine de se retirer.
• 23 février 1790, Paris : Guy Antoine BRALLE occupe toujours la place de chapelain ordinaire à la Sainte-Chapelle. Il demeure rue Saint-Louis près le Palais, paroisse Saint-Barthélemy. En tant que chapelain, il touche : 1° 32 livres pour le gros représentant la nourriture ; 2° 456 livres 6 sols pour assistances au chœur ; 3° 50 livres 5 sols pour fondations ; 4° 150 livres 15 sols 9 deniers pour portion d'un legs fait par M. de Champigny, ancien trésorier ; 5° 100 livres pour augmentation sur les biens de la chapelle ; 6° 100 livres pour distribution annuelle au Carême ; 7° 600 livres payées par le domaine pour l'indemnité de l'appartement qu'il occupe. Il ne possède aucun autre bénéfice ni pension ecclésiastique.
• 25 octobre 1790, Paris : Guy Antoine BRALLE demeure désormais au Marché Neuf, dans la maison d'un boulanger. Les sommes qu'il perçoit sont les suivantes : 456 livres 5 sols (assistances au chœur), 32 livres (gros), 100 livres (distribution au Carême), 7 livres 4 sols (complies du Carême), 50 livres 5 sols (fondations), 150 livres 11 sols 3 deniers (part dans le legs de M. de Champigny, ancien trésorier de la Sainte-Chapelle), 273 livres 15 sols (honoraires des messes fondées en la Sainte-Chapelle), 600 livres (indemnité du domaine à cause de la perte de son logement à la suite de l'incendie du Palais) et 200 livres (distributions de juillet et d'octobre) ; soit 1970 livres 3 deniers.
• 26 octobre 1790, Paris : Dans la récapitulation de sa déclaration, les revenus attachés à son titre de chapelain s'élèvent à 1770 livres, plus 200 livres pour droits supprimés depuis 7 ans, soit 1970 livres.
• 27 novembre 1790, Paris : Au moment de la fermeture de la Sainte-Chapelle, 17 musiciens et chantres étaient au service de cet établissement, sous la direction du maître de musique Jean Nicolas FRÉCHON, l'un des chapelains. Il s'agit des six chapelains perpétuels, qui ont théoriquement des fonctions cantorales (François Robert DORIOT, Joseph Honoré RAYMOND, Antoine Étienne Nicolas FANTIN DES ODOARDS, Claude ASSELIN, Armand Henry DE LA BACHELERIE et Pierre TISSET), de cinq autres chapelains ordinaires (Guy Antoine BRALLE, Anne François DUPREY, Jean François VAVASSEUR, Sébastien François Marie Élisabeth TORCY et Antoine CHAVIALE) et de sept clercs (Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE, Adrien CACHELIÈVRE, Jacques CHAUVET, Jacques François DECOMBE, Benoît Furcy DE SACHY, Léger DOUVILLÉ et Pierre POIRIER). En outre, Gervais François COUPERIN touche l'orgue de la Sainte-Chapelle et Jean-Baptiste DESSÉ vient jouer du violoncelle aux grandes occasions.
• 26 octobre 1805, Paris : Guy Antoine BRALLE, mort le 24 à l'âge de 67 ans 4 mois, ancien bénéficier de la Sainte-Chapelle de Paris et prêtre du clergé de l'église paroissiale Saint-Jean-Saint-François du Marais, est inhumé en cette même église. Il résidait au n° 1, rue des Quatre Fils. Les témoins sont Nicolas Bralle, chef du bureau de la comptabilité nationale, cousin germain du défunt, et Jean Marie Nicolas Bralle, son cousin issu de germain.
Mise à jour : 27 juin 2025

