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BRETHEAU, Étienne (1708-1773)
État civil
NOM : BRETHEAU     Prénom(s) : Étienne     Sexe : M
Date(s) : 1708-9-25   / 1773-8-28 
Notes biographiques

La perte d'une grande partie des registres capitulaires de la cathédrale Saint-Gatien de Tours nous empêche d'appréhender correctement la figure d’Étienne BRETHEAU qui occupa la tribune d'orgues un quart de siècle au moins, à la fin du règne de Louis XV. D'origine drouaise, ce fils d'artisan, dont on ignore tout de la formation musicale, semble avoir occupé son premier poste d'organiste à l'abbaye mauriste Saint-Père de la ville voisine de Chartres. On ne sait rien des motivations qui ont présidé à sa nomination par les chanoines tourangeaux mais son talent semble indubitable, y compris dans le domaine de la composition. Auteur d'une méthode destinée à enseigner et apprendre le clavecin,  BRETHAU donnait probablement des cours en ville et ne se contentait pas de ses gages d'organiste à la cathédrale et à l'abbaye bénédictine Saint-Julien de Tours.

• 25 septembre 1708, Dreux : Étienne BRETHEAU, fils de Guillaume, maître boisselier (1707) puis maître tourneur (1732) et de Marie Lefebvre, vient au monde; il est baptisé paroisse Saint-Pierre. Étienne Bretheau, procureur au bailliage de Dreux, est son parrain.

• 11 février 1732, Chartres : Devenu l'organiste de l'abbaye royale bénédictine de Saint-Père-en-Vallée, épouse en l'église paroissiale Saint-Hilaire Jeanne Catherine Delorme, fille d'un maître tailleur d'habits. On ne connaît rien de la formation du jeune organiste ni de la date de son arrivée dans ce poste. L'abbaye a été réformée par l'ordre de Saint-Maur en 1650.

• 25 décembre 1732-1er novembre 1737, Chartres : Baptêmes de trois enfants (et mort de sa fille aînée) à la paroisse Saint-Hilaire. Étienne est toujours organiste à l'abbaye. Le parrain de sa fille Catherine Victoire, baptisée en novembre 1737, est un musicien clerc de la cathédrale de Chartres, Pierre LEGASVRE. Il est possible que ce dernier corresponde à celui qui meurt à Tours comme musicien de la cathédrale Saint-Gatien, en 1742. Il a peut-être alors joué un rôle dans la venue de BRETHEAU en Touraine.

• 24 et 27 mai 1740, Chartres : Deux de leurs enfants, Étienne, âgé de cinq ans et Victoire, âgée de deux ans meurent successivement. A cette date, Étienne  BRETHEAU est toujours organiste à à l'abbaye Saint-Père.On ne trouve plus aucun baptême dans cette paroisse après ces deux décès.

• 25 septembre 1749, Tours : Leur fille Victoire Cécile est baptisée paroisse Saint-Vincent. Étienne BRETHEAU est alors en poste comme organiste de la cathédrale Saint-Gatien. Le parrain de l'enfant est l'abbé Auguste VIGNOT, maître de musique de la cathédrale.C'est le seul baptême d'enfant à Tours, sans doute BRETHEAU est-il arrivé peu avant? Il n'existe plus de registre capitulaire avant l'année 1771, ce qui rend mal aisé de reconstituer la plus grande partie de la carrière de BRETHEAU dans cette église.

• 20 mars 1750, Tours : Il signe devant le notaire du chapitre Delaporte un bail à loyer de neuf années, qui prendra effet à la fin du mois de juin suivant, d'une maison située cloître Saint-Gatien, paroisse Saint-Pierre-des-Corps occupée par l'abbé Frémont, chanoine prébendé "consistant dans une cuisine, salle dans le bas, avec chambre haute, cabinet, greniers et tout ce qui depend de ladite maison, telle qu'en jouit ledit sr Fremont". Le montant annuel du loyer s'élève à 80 livres de loyer. Il signera deux autres baux les 30 août 1759 et 12 mars 1768, toujours pour la même somme de 80 livres par an.

• 15 août 1772, Tours : Les Annonces, Affiches, Nouvelles et Avis divers de la Touraine, l'Anjou et le Maine, Généralité de Tours mentionnent dans le programme de la fête organisée pour la canonisation de Sainte Jeanne de Chantal qu'il « y aura Salut chanté en Musique de la composition du Sieur BERTHAU, organiste de l'Église de Tours".

• 1757-1er janvier 1773, Tours : On trouve dans le registre des comptes de l'abbaye mauriste Saint-Julien la mention suivante : « Mr Bretheau, organiste de la cathedrale qui touche ou fait toucher notre orgue pour 60 livres par an"

• Février 1763, Paris : Le Mercure de France, fait paraître l'annonce suivante, « ARTS AGRÉABLES. MUSIQUE : Méthode ou Principes pour enseigner & apprendre facilement l'accompagnement du clavecin ou l'harmonie de raisonnement, ou la théorie des marches de la Baffe fondamentale, avec les passages de Baffe-continues quelconques, & la façon de les accompagner à coup fur, même sans chiffres , & une planche gravée à la fin du Livre pour les exemples par M. Bretheau, Organiste de la Métropole de Tours. Cette Méthode coûte douze fols, & se trouve à Paris aux adresses ordinaires de Musique. A Orléans, chez Chevillon, Libraire , rue Royale. A Angers, chez Boutemy. A Tours chez Lambert » (p.137).

• 1764, Paris : L'abbé Pierre Joseph ROUSSIER, auteur d'ouvrages de théorie musicale très controversés voire moqués, s'en prend ironiquement à BRETHEAU, sans le nommer["un homme d'esprit"], à la suite de la publication de sa méthode. "M.B seroit peut être fâché du titre de Musicien, puisque laz Musique est composée de Théorie & de Pratique, & que par la maniere dont il employe, dans son Avant-Propos, les termes de calcul mathématique & de mathématiciens, il paroit qu'il a la Théorie en horreur. M.B croit-il donc, par le ton qu'il prend, être au siècle & dans le Pays du célèbre & malheureux Galilée. Mais ce qui peut justifier la façon de penser de M.B, c'est que, d'un autre côté, il regarde ce qu'il appelle calcul mathématique, c'est-à-dire l'expression numérique des sons, dont on se sert en théorie, comme une affaire de mode (Avant-propos, page 3). Il ignore sans doute les écrits immenses des Anciens & des Modernes sur cette matiere; ou bien il n'a pas fait attention, s'il a lu les Ouvrages de nos contemporains, à la plupart des termes de Théorie, tous grecs d'origine. Les noms mêmes de certains intervalles qu'on ne peut bien apprécier que par ce calcul mathématique, n'ont pas une autre origine; ce qui prouve, du moins indirectement, que l'usage de l'expression numérique des sons n'est certainement pas une mode bien récente. Enfin parmi les comma, que doit au moins connoitre M.B, il en est un qu'il fait bien qu'on appelle de Pythagore, cela seul, malgré son aversion pour les Mathématiciens, auroit dû, ce semble, lui faire conjecturer que l'étude de la Théorie de la Musique remonte à des tems très-reculés".

• 4 mai 1771, Tours : Il est mentionné comme organiste de la cathédrale dans l'évocation des bénéficiers et gagistes lors du chapitre général d'été. Il en est de même le 19 décembre, à la date du chapitre général d'hiver jour de la saint Gatien.

• 28 août 1773, Tours :  Étienne BRETHEAU meurt toujours organiste de la cathédrale et il est inhumé le lendemain à l'issue des vêpres « dans la galerie du préau de cette eglise ». Il est remplacé peu de temps après par Louis Antoine GUICHARD.

• 22  janvier 1776, Tours : Sa veuve signe un bail pour la même maison mais pour un montant annuel de 100 livres; elle fera de même le 31 août 1786.

Mise à jour : 24 avril 2018

Sources
F-Ad28/ 1 GG 25 ; F-Ad28/ E7/ 25 ; F-Ad28/ E7/ 26 ; F-Ad37/ 6NUM6/ 261/ 732 ; F-Ad37/ G 104 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1380 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1382 ; F-Le Mans Méd/ Hist 7261 4° ; Les orgues d'Indre-et-Loire…, 1997. ; P.J. Roussier, Traité des accords [...], 1764

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