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CATINOT, Michel Ange (1750-1794 ap.)
État civil
NOM : CATINOT     Prénom(s) : Michel Ange     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : CATINO
Date(s) : 1750-10-5   / 1794-3 ap.
Notes biographiques

Comtadin, Michel Ange CATINOT présente la particularité de s'être expatrié très loin de sa terre natale : c'est en Normandie, à la cathédrale de Sées, que la Révolution le surprend. Après la dissolution du chapitre, le maître de musique, qui est prêtre, est chargé d'une cure rurale à 25 km de Sées. Dans ce village, pendant la période de la Terreur, il se marie avec la sœur de l'un de ses anciens enfants de chœur !
On ignore actuellement ce qu'il devint ensuite, de même que l'on est encore mal renseigné sur son itinéraire de formation antérieur à son arrivée à Sées.

• 5 octobre 1750, Cavaillon [Vaucluse] : Michel Ange CATINOT est né et a été baptisé dans cette petite ville du Comtat Venaissin. Il est le fils de Claude Catinot et d'Angélique Barralier. Son parrain, Michel Ange Alliez, lui a légué son double prénom. Un demi-siècle plus tard, à l’époque révolutionnaire, les Alliez sont des notables à Cavaillon, pharmaciens de profession. Sa marraine est une "demoiselle Catherine Blaze" – qui pourrait être la tante d’Henri-Sébastien Blaze (père de Castil-Blaze). Seul le prêtre signe l'acte de baptême, qui ne livre aucun indice sur le milieu dont est issu l'enfant.

• 1er août 1769, Avignon : Michel Ange CATINOT reçoit des certificats d'étude de la part de l'Université d'Avignon.

• Quels furent ses premiers emplois ?

• Fin novembre et tout début décembre 1788, Sées [Orne] : Le chapitre de la cathédrale Notre-Dame se résout à organiser le départ de son maître de musique, Jean Louis FASQUEL, qui a "obtenu la maîtrise de l’église de Meaux".
Durant l'hiver 1788-1789, c'est le grand enfant de chœur, Jean HÉLIER, qui tient "la maîtrise dans le bon ordre".

•  6 janvier 1789, Sées : Conscient que "la modicité des honoraires attribués à la place de maître de musique" ne rend pas le poste attractif, le chapitre décide de "donner au nouveau Maître de Musique, s’il étoit prêtre, la place de haut vicaire qui doit vacquer" prochainement par le départ de son titulaire pour une cure. Il s'agit de traiter "en connoissance de cause avec le sujet qui se présente". On peut supposer une négociation par voie épistolaire entre un candidat, peut-être déjà le sieur Catinot, et le chapitre de Sées.
• 9 mars 1789, Sées : Michel Ange CATINOT, prêtre du diocèse de Cavaillon, est reçu maître de musique par le chapitre de la Cathédrale. Il sera rémunéré en argent et en nature (916 livres fixes + 6 livres par semaine + des parts dans les distributions + blé, pois verts et lentilles + "de la paille autant qu’il en faudra pour mettre dans les paillasses"…). Son contrat ainsi que l'inventaire détaillé de la maîtrise occupent quatre pleines pages du registre capitulaire, apportant beaucoup de détails précis sur le cadre de vie et de travail du nouveau maître et des 6 enfants de chœur dont il va avoir la charge. Parmi ceux-ci, on identifie les frères Jean et Léon HÉLIER, dits BEAULIEU, Frédéric RAIGADE, et un certain GRANGER.
Chargé de la direction de la maîtrise, CATINOT devra non seulement "apprendre la Musique et la Composition aux six enfants de chœur, leur apprendre également à jouer des instruments", mais aussi "apprendre la Musique, plein chant, faux bourdon, chant sur le livre, à tous les Chantres, Musiciens et généralement à tous ceux qui sont ou seront tenus par la suite à chanter dans cette église". Il sera obligé "de se trouver à l’aigle toutes les fois quon y chantera, pour diriger le chant". Il devra bien sûr composer de la musique, "néanmoins le chapitre fournira le papier".
L'équipement musical de la maîtrise se résume à "un clavessin a grand ravallement fermant a clef, deux clarinettes" ainsi que "trois livres de messes imprimés de Bordier, un livre de messes de Hardouin, un livre de messes de Rousseau".
• 24 avril 1789, Sées : Le chapitre nomme Michel Ange CATINOT haut vicaire (ce qui semble être à peu près équivalent au statut de semi-prébendé) en complément de sa place de Maître de Musique. Le même jour lui sont remboursées 42 livres de frais de voyage, ce qui indique qu'il n'arrivait pas alors de Provence mais de nettement plus près (sauf si le remboursement de ses frais de route a été scindé en plusieurs versements).
Au cours des semaines qui suivent, le chapitre accepte de débourser 50 livres pour acheter un basson pour la maîtrise et promet au nouveau maître de faire enclore son jardin de murs, pour lui éviter d'être exposé "à perdre une partie de son jardinage". Après les très courts passages de Pierre Joseph CAMPAGNE et de Jean Louis FASQUEL, le chapitre souhaite manifestement stabiliser ce nouveau maître à Sées.
• 7 août 1789, Sées : Le maître de musique a pré-sélectionné trois jeunes garçons. Après leur audition par le chapitre, c'est Charles Louis PIGNEL qui est reçu enfant de chœur à la cathédrale.

• 4 novembre 1790, Sées : Avec l'autre haut vicaire du chapitre, Jacques René DRUET, Michel Ange CATINOT rédige une supplique pour obtenir une pension. Il dit être "dans sa 41ème année". Ses revenus s'élevaient à près de 1 500 livres, 850 comme haut vicaire, et 636 comme maître de musique, une fois déduit ce qu'il dépense pour nourrir les 6 enfants de chœur.
• 17 mars 1791, Sées : Le district propose de lui accorder une pension de 700 livres.
• 2 août 1791, Chahains (Orne) : Dans ce village situé à 24 km à l'ouest de Sées, et à la même distance au nord-ouest d'Alençon, "Catinot curé de Chahains" établit et signe le premier acte de sa plume dans le registre paroissial. Il a pris la succession du curé Guillouard, sans doute réfractaire, dont le dernier acte avait été établi le 27 juin 1791. Le laboureur François Préel, "notre sacristain" (et peut-être chantre), continue à assister le nouveau curé lors des cérémonies.

• 2 février 1792, Chahains : L'ancien enfant de chœur Charles Louis PIGNEL arrive dans la paroisse de Chahains "pour vivre avec sa mère", veuve, qui y réside. Un an plus tard, le 20 février 1793, les officiers municipaux et des "notables" du village signent un certificat de résidence attestant que l'enfant a depuis son arrivée "toujours résidé dans le presbitère du citoyen Curé". L'attestation est sans doute possible écrite de la main du curé Catinot lui-même. On peut imaginer que le curé poursuivait l'éducation musicale du jeune garçon tout en profitant des services qu'il pouvait rendre au culte.

• 22 février 1793 : "Anne Haillard veuve Pignel" adresse une requête au district d’Alençon afin de réclamer une gratification pour le temps de service accompli par son fils auprès du ci-devant chapitre de Sées. Elle obtient 50 livres. Elle sait correctement signer, toutefois la requête a été écrite par une autre main (qui n'est pas celle du curé Catinot).

• 19 ventôse an II (9 mars 1794), Chahains : L'officier public affiche "à la porte de l'église n'ayant point de maison commune lieu ordinaire de nos séances" l'avis de promesses de mariage entre Michel Ange CATINOT, "ci-devant Curé de Chahains", et Marie-Françoise Pignel, sœur de l'enfant de chœur. La jeune fille est née le 27 juillet 1778, en la commune d'Ô : elle est donc âgée de 15 ans et 7 mois et demi.
Le mariage est célébré le 22 ventôse an II (12 mars 1794).

Que devint ensuite l'ancien maître de musique ?

Mise à jour : 20 décembre 2016

Sources
F-Ad61/ L 1352 ; F-Ad61/ L 1698 ; F-Ad61/ NMD Chahains ; F-Ad61/ RC 1788-1790, sans cote ; F-Ad61/ RC Sées 1788-1790, sans cote ; F-Ad84/ D 92 ; F-Ad86/ BMS Cavaillon
Module MUSEFREM : situation en 1790
Période :  1789-3-9  / 1790-11 ca
Lieux :  Cathédrale Notre-Dame (SÉES)  
Fonction :  maître de chapelle / maître de musique (Église)  
Formation ? :  Non
Formation maîtrisienne attestée : non renseigné    
Ecclesiastique ? : clerc    
Situation maritale : célibataire    

Sa formation maîtrisienne n'est pas (encore) attestée, elle est cependant probable.


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