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CONNIN, François (1741-1786)
Détail de l'orgue de Marolles-les-Braults
Détail de l'orgue de Marolles-les-Braults

François CONNIN a été le premier organiste de l'orgue installé en 1766 dans l'église de Marolles-les-Braults (photo Michel Meunier, septembre 2014)

État civil
NOM : CONNIN     Prénom(s) : François     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : CONIN
Date(s) : 1741-8-29  / 1786-6-21
Notes biographiques

Un bel exemple d'organiste de village, dans le nord du Maine.
François CONNIN est d'autant plus intéressant que l'on sait comment et avec qui il a appris à toucher l'orgue, alors que les mécanismes de la formation des organistes, musiciens, chantres... villageois sont le plus souvent voués à rester dans l'obscurité.

• 29 août 1741, Marolles-les-Braults [Sarthe] : La naissance de François CONNIN est difficile, il est ondoyé en danger de mort par la sage-femme. Son père, Jean-Baptiste Connin, est rouettier. Son parrain est Michel Corbion, le domestique du curé du village [futur sacriste et futur père de deux organistes de village].
L'enfant survit et grandit dans le gros village de Marolles-les-Braults, situé à une trentaine de kilomètres au nord du Mans.
À partir de 1745, son père Jean-Baptiste Connin, toujours rouettier, devient également l'un des deux sacristains de la paroisse.
Par son parrain puis par son père, le destin de François Connin est donc d'emblée inscrit dans le service paroissial... comme c'est le cas pour le mémorialiste villageois Louis SIMON, dans le sud du Maine, dont à peu de mois près il est un exact contemporain.

• 1761 : Le curé de la paroisse voisine de Moncé-en-Saosnois (à 7 km) achète un orgue et le fait installer dans son église. C'est Michel CORBION, le fils aîné du sacriste de Moncé parrain de François CONNIN, qui le touche.

• Fin 1765 / début 1766 : Le curé de Marolles-les-Braults, Laurent Loriot de la Borde, fait à son tour installer à ses frais un orgue dans l'église paroissiale. Ayant remarqué "de la disposition" chez le fils de son sacriste, il envoie le jeune homme se former durant quatre mois à 8 km de là auprès du curé de Saint-Calez-en-Saosnois, Jacques-Gaspard LUCAS, devenu curé de cette paroisse le 29 décembre 1758 (mais d'où lui viennent à lui ses compétences à l'orgue ?). La présence de François Connin à Saint-Calez est attestée les 10 mars, 8 et 24 avril (registre paroissial). Sa formation coûte 15 livres par mois, frais que les paroissiens de Marolles acceptent de prendre en charge.
Une fois le jeune homme formé au jeu de l'orgue, ils prennent aussi en charge son salaire de "toucheur d'orgue" : 50 livres / an, financé par une augmentation de la location des bancs.

• Dès le début de mars 1766, Marolles-les-Braults : François Connin est régulièrement mentionné comme organiste  dans les nombreux actes du notaire Grignon à Marolles, auquel il sert fréquemment de "témoin requis et appelé". Il en va de même dès avril 1766 dans les actes du registre paroissial de Marolles-les-Braults. Par intermittence, mais beaucoup moins souvent, il est aussi qualifié de maître d'école.

• 8 octobre 1766, Marolles-les-Braults : Le jeune organiste se marie. Il épouse une fille du village, Jeanne Lacroix.
Au moins quatre naissances suivent, et un décès d'enfant. Le père est deux fois qualifié d'organiste dans les actes de baptême de ses enfants.

• En 1770, Le Mans : François Connin achète une charge d'archer-garde de la connétablie et maréchaussée en la sénéchaussée / présidial du Mans. Il continue à être qualifié d'organiste, alternativement avec "huissier" ou "huissier royal".

• En février 1778, François Connin va à Moncé-en-Saosnois assister au mariage de Pierre CORBION, le plus jeune fils de son parrain, l'ancien sacriste (décédé) de Moncé. Après la mort précoce de son frère aîné, Pierre Corbion est devenu à son tour organiste, et après celle de son père, il est devenu en plus sacriste. François Connin a été nommé tuteur du jeune homme à la mort de son père. À la "parenté spirituelle" (indirecte) qui les lie, s'ajoute très probablement un lien maître / élève.

• 21 juin 1786, Marolles-les-Braults : François CONNIN, huissier royal, meurt à l'âge de 45 ans.

Au mois d'avril suivant, Julien VAYER apparait comme organiste à Marolles au détour d'un acte BMS. Vers 1789, Pierre CORBION semble être venu réparer l'orgue de Marolles et peut-être le tenir durant quelques mois, après l'échec de l'embauche de Marin Julien FAUVEAU, de Courcemont. En 1790-1793, c'est à nouveau Julien VAYER qui est rémunéré comme organiste à Marolles.

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Mai 2017 : La presse locale fait état d'un concert donné en l'église de Marolles-les-Braults par l'organiste Pascal Marsault. Ce dernier, qui selon le Maine-Libre "a visiblement pris beaucoup de plaisir à jouer sur l'orgue marollais" déclare : "Il est d'une qualité remarquable et est parfaitement entretenu".

Mise à jour : 31 mai 2017

Sources
F-Ad72/ 4E 46/186 ; F-Ad72/ BMS en ligne

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