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COUPERIN, Armand Louis (ca 1727-1789)
État civil
NOM : COUPERIN     Prénom(s) : Armand Louis     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : COUPRIN
COUPRAIN
Date(s) : 1727 ca  / 1789-2-1
Notes biographiques

Armand Louis COUPERIN, né dans une illustre famille de musiciens français, obtient dès 1751 la reconnaissance du public grâce à ses Pièces de clavecin dédiées à la princesse Victoire, fille de Louis XV. Dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, il fait partie des quatre ou cinq organistes incontournables de la capitale, dont les mélomanes guettent chacune des prestations. Il occupe plusieurs tribunes de prestige : Saint-Gervais, la Sainte-Chapelle, Notre-Dame et la Chapelle royale. Il gagne également sa vie comme maître de clavecin, à l'instar de sa femme Élisabeth Antoinette BLANCHET, qui le supplée à l'occasion à l'orgue. Il meurt tragiquement en février 1789, victime d'un accident de la circulation.

• [Vers 1727], sans doute à Paris : Armand Louis COUPERIN, fils de Nicolas COUPERIN, organiste de la paroisse Saint-Gervais, et de Françoise Dufour de la Coste, voit le jour. Il est le cousin germain du célèbre François COUPERIN.

• 1734-1789, Paris : Il réside dans un appartement rue du Pourtour-Saint-Gervais (4, rue François Miron), accordé gratuitement à l'organiste de Saint-Gervais par la fabrique paroissiale.

• 1748-1789, Paris : Armand Louis COUPERIN succède à son père comme organiste de la paroisse Saint-Gervais. En 1759-1760, il touche 408 livres pour appointements, y compris 6 livres pour la fête de la Providence et 2 livres pour le salut de saint Jean-Baptiste (quittances des 28 juillet, 10 octobre 1759, 11 janvier et 11 avril 1760). En 1786, ses gages s'élèvent à 468 livres.

• 30 avril 1750, Paris : Il obtient par privilège royal la permission de faire graver, vendre et débiter les cantatilles l'Amour médecin, le Printemps, la Jeunesse et la Vieillesse "et autres ouvrages de musique".

• 1750, Paris : Armand Louis COUPERIN, qualifié d'organiste de Saint-Gervais, fait partie des musiciens qui intentent une action en justice contre la communauté des ménétriers.

• 1751, Paris : Il publie des Pièces de clavecin, dédiées à Madame Victoire de France, fille de Louis XV.

• 7 février 1752, Paris : Armand Louis COUPERIN, bourgeois de Paris, épouse Élisabeth Antoinette BLANCHET, fille de François Étienne BLANCHET, maître faiseur d'instruments de musique, et de défunte Élisabeth Martine Gobin son épouse. Elle était également excellente musicienne. Le Journal général de France du 7 mars 1789 relève que "M. Couperin, pendant 37 ans, a formé avec elle l'union la mieux assorti [sic], par la conformité des talens et des sentimens ; il a trouvé dans sa société tout le bonheur qu'une femme procure à son époux, par ces qualités qui sont d'autant plus solides, qu'elles sont moins brillantes". Ils ont eu au moins quatre enfants, dont trois ont exercé comme organistes : Antoinette VictoirePierre Louis et Gervais François COUPERIN. Ils ont signé leur contrat de mariage le 9 janvier précédent : Armand Louis apporte 478 livres en quatre portions de rente perpétuelle sur les aides et gabelles, la compagnie des Indes et deux particuliers ; 354 livres 16 sols de rente viagère dite tontine ; un billet de 1 080 livres à lui dû par Mademoiselle de Richelieu ; la somme de 12 000 livres, montant de l'évaluation de ses meubles meublants, argenterie, bijoux et "instrumens de l’état dudit s. futur époux". Il reçoit en outre de son parrain Armand Paul Godart de Montarsy, avocat, une somme de 1 000 livres. La future se marie de son côté avec 500 livres de rente sur les aides et gabelles en plusieurs parties au denier 40 et un trousseau de 3 000 livres.

• 1754 : Son talent fait déjà parler. "Je ne veux pas oublier un jeune homme qu'on doit placer dans la classe de ceux qui donnent la plus grande espérance, c'est M. Couperin, Organiste de Saint Gervais : il y a apparence qu'il fera revivre un jour l'Artiste dont il porte le nom. Il a du génie & de la main, ses couleurs sont brillantes, mais que le mauvais exemple ne prenne pas assez sur lui pour lui faire abandonner la nature", écrit Pierre Louis d'Aquin de Château-Lyon dans le Siècle de Louis XV

• 28 avril 1755, Paris : Il est reçu organiste de la cathédrale Notre-Dame à la mort de CALVIÈRE mais n'est en charge que d'un trimestre pour lequel il perçoit 200 livres d'appointements. Ses trois collègues sont DROUARD DU BOUSSET, DAQUIN et JOLLAGE.

• 18 mai 1760, Paris : Il succède à DROUARD DU BOUSSET au poste d'organiste de la Sainte-Chapelle. Il conservera cette place jusqu'à sa mort, même si son fils Pierre Louis COUPERIN obtient sa survivance.

• Octobre 1765, Paris : Dans une lettre à l'un de ses correspondants, le facteur d'instruments Pascal Taskin indique qu'il en coûte 6 livres pour une leçon de clavecin donnée par Armand Louis COUPERIN ou sa femme Élisabeth Antoinette BLANCHET. COUPERIN a formé plusieurs organistes dont Élisabeth LACHANTERIE et Guillaume BOULOGNE.

• 1765, Paris : Il publie des Sonates en pièces de clavecin avec accompagnement de violon, ad libitum (Œuvre II).

• Février 1770, Paris : Le Mercure de France annonce la publication de ses Sonates en trio pour le clavecin, violon et violoncelle, dédiées à la duchesse de Béthune (Œuvre III).
• 20 février 1770, Paris : Avec BALBASTRE et le facteur CLICQUOT, COUPERIN expertise de l'orgue de Saint-Jacques-de-la-Boucherie.
• 18 juin 1770, Paris : Le musicologue anglais Charles Burney assiste à sa prestation à Saint-Gervais à la veille de la Dédicace, avec "un grand concours de monde". Il raconte que "M. Couperin accompagna le Te Deum qui ne fut que chanté, et il le fit avec beaucoup de goût. Les morceaux entre chaque verset furent admirables. Il montra dans son exécution beaucoup d'art et de talent variant souvent dans son jeu et dans son style le genre de son exécution. Je remarquai qu'à la connaissance de son instrument, il joignait un doigté égal en force et en rapidité aux difficultés qu'il rencontrait. Il joua plusieurs morceaux d'effet avec les deux mains, sur le dessus, tandis qu'il jouait la basse avec les pédales". BALBASTRE présente ensuite le voyageur anglais à son ami COUPERIN : "M. Couperin me paraît avoir entre 40 et 50 ans ; son goût dans la musique n'est pas aussi moderne qu'il pourrait l'être ; mais cependant, vu son âge, le goût de sa Nation, les changemens que la musique a éprouvés depuis son enfance, il est fort bon organiste, brillant dans son exécution, varié dans sa mélodie, et consommé dans ses modulations".
• 14 décembre 1770, Paris : Il est l'un des arbitres choisis pour vérifier l'état de l'orgue de Saint-Roch, réparé par CLICQUOT.
• 1770, Paris : L'église de la paroisse Saint-Barthélemy, dont il était l'organiste, est démolie. À 43 ans, COUPERIN est à l'apogée de sa carrière. "Un nom respecté dans les Arts n'a fait qu’encourager M. Couperin, écrit Nicolas Bricaire de la Dixmerie : lui-même aurait suffi pour le rendre célèbre. On exécute, on applaudit ses Ouvrages dans les Concerts, & l'on vient en foule applaudir à son exécution brillante & raisonnée sur l'Orgue ; instrument dont il tire un parti si étendu & si varié. Cet artiste a sçu se faire un genre qui les réunit tous, & qui, par cette raison, doit réunir tous les suffrages" (Les deux âges du goût et du génie français sous Louis XIV & sous Louis XV).

• 1770-1789, Versailles : Armand Louis COUPERIN est organiste de la Chapelle royale. Il perçoit 2 400 livres d'appointements.

• 18 juin 1772, Paris : COUPERIN fait à nouveau étalage de sa virtuosité à Saint-Gervais lors de la fête patronale, ainsi que le rapporte L'Avant-coureur du 13 juillet. "On a surtout paru satisfait d’une symphonie non moins agréable par le choix du sujet que par l'heureux mélange des jeux qu'a imaginé M. Couperin. Ce musicien faisait ses tutti sur le grand jeu, et les solo sur le Hautbois avec accompagnement de Nazard au positif. On croyait entendre un orchestre composé de divers instrumens très distincts et très reconnaissables, ce qui n’a pas fait moins d’honneur à M. Clicquot auteur de ce jeu qu’à M. Couperin qui sçait si bien s’en servir. Le dernier solo a été terminé par un point d'orgue ; ce savant badinage a fait gouter avec un nouveau plaisir le retour de la symphonie sur le grand jeu. On a également gouté une fugue dont toutes les parties se répondaient très bien, et dont le concours formait un tout harmonique intéressant ; un duo très riche en modulations ; une musette agréable par sa naiveté et sa variété ; un quatuor dont l’exécution n’était pas plus contrainte que s'il y eût quatre instrumens séparés".

• 1772-1773, Paris : En 1772, il compose trois quatuors pour deux clavecins, puis l'année suivante une symphonie pour deux clavecins.

• Vers 1775, Paris : Il est l'auteur de l'air en variation Vous l'ordonnez et de La chasse, pièce pour clavecin ou orgue.

• 1779-1781, Paris : Il est appelé comme arbitre à la réception de l'orgue de Saint-Martin-des-Champs, augmenté par FERRAND (22 octobre 1779), celui des R. P. de Nazareth (10 février 1781) et celui de Saint-Sulpice, construit par CLICQUOT, avec BALBASTREBEAUVARLET dit CHARPENTIER et SÉJAN (15 mai 1781).

• 1781, Paris : Il compose, pour le piano, une Aria con variazione.

• Décembre 1784, Paris : COUPERIN écrit, à la demande de l'éditeur Le Duc, un air de Richard Cœur-de-Lion varié (Journal de Clavecin, n° 12), à peine quelques semaines après la première représentation de l'opéra de Grétry.

• 29 octobre 1785, Le Mans : Les chanoines de la collégiale Saint-Pierre-la-Cour décident d'écrire à "monsieur Couprain" pour qu'il les aide à trouver un bon organiste.

• 1787, Paris : Il compose une Élévation ou Mottet au St Sacrement à trois voix.

• 5 mai 1788, Paris : Armand Louis COUPERIN, organiste par quartier de Notre-Dame, est nommé par les chanoines pour procéder à l'examen des travaux de Clicquot engagés depuis 1784 sur le grand orgue.

• 2 février 1789, Paris : Armand Louis COUPERIN décède des suites d'un accident, à l'âge de 62 ans. La veille, il a été renversé et piétiné par un cheval alors qu'il revenait de la Sainte-Chapelle. 
• 4 février 1789, Paris : Ses funérailles attirent un "grand concours de monde". Il est inhumé en la chapelle de la Providence de l'église Saint-Gervais, en présence de ses fils et de son gendre Auguste Pierre Marie Soulas. Le même jour, les chanoines de Notre-Dame, "sur le témoignage avantageux rendu à la capacité peu commune et aux bonnes vie et mœurs de l'ainé des fils dudit COUPERIN, (...), sensibles à la perte d'un artiste que des talens supérieurs rendoient justement celèbre et qui par sa conduire irréprochable s'étoit acquis une estime générale, ayant égard d'ailleurs au mérite personnel dudit sr son fils ainé lui ont accordé d'une voix unanime la place vacante d'organiste de leur Eglise". Il s'agit de Pierre Louis COUPERIN
• 15 février 1789 : Sa veuve obtient une pension de 600 livres en témoignage des services rendus par son défunt mari en tant qu'organiste de la Chapelle royale.
• 7 mars 1789, Paris : Le Journal général de France lui rend un vibrant hommage : "A des talens supérieurs qui, en le plaçant au premier rang dans son état, le rendoient si précieux aux amateurs de son art, il réunissoit des qualités personnelles qui le rendoient bien plus cher encore à ses amis. Il n'avoit pas besoin de l'illustration de son nom pour être aimé et admiré. Eh ! que pouvoit ajouter à sa gloire les suffrages dont Louis XIV honora les talens de François Couperin, son Organiste ? M. Couperin avoit tout ce qu'il falloit pour se faire, lui seul, un grand nom. Admirable comme ses ancêtres, par la science et le charme de ses compositions, par l'exécution la plus brillante, ainsi que par l'art d'enseigner et de former des élèves, art héréditaire dans sa famille, il étoit recommandable par les qualités du cœur les plus estimables, par une piété vraiment exemplaire ennemie de tout faste et de tout apparat, par l'aménité d'un caractère sensible et bienfaisant, par la simplicité et la régularité de ses mœurs, par la délicatesse de ses sentiments, qui a nui plus d'une fois à sa fortune, et surtout par sa modestie qui lui faisoit cacher, avec le plus grand soin, tout ce qui pouvoit dérober au public de l'éclat de son mérite, témoin les motets qu'il a composés pour des maisons religieuses, et qui auroient fait à un musicien la plus belle réputation, mais qu'il n'a jamais voulu livrer au grand jour de l'impression, ni de la publicité. Il a constamment refusé de travailler pour le théâtre, malgré les vives sollicitations des maîtres de l'art qui l'assuroient du succès le plus brillant". 

Dernière mise à jour : 6 mai 2016

Sources
Almanach musical de 1779 ; Almanach musical pour 1783 ; Almanach musical pour l'année 1775 ; Almanach musical pour l'année 1776 ; Almanach musical pour l'année mil-sept-cent-quatre-vingt-trois... ; Almanach musical, 1776 ; Bouvet, Une dynastie de musiciens français. Les Couperin ; Bouvet, Une dynastie de musiciens français. Les Couperin... ; Bricaire de la Dixmerie, Les deux âges du goût et du génie français..., 1770 ; Calendrier Musical Universel, suite de l'Almanach Musical, année 1788 ; Calendrier musical universel ; Calendrier musical universel, 1789 ; Ch. Bouvet, Une dynastie de musiciens français. Les Couperin, 1919. ; Ch. Bouvet, Une dynastie de musiciens…, Les Couperin, 1919 ; Ch. Burney, De l’état présent de la musique en France et en Italie..., 1809 ; Charles Bouvet, Une dynastie de musiciens français. Les Couperin ; F-Ad37/ 6NUM8/261/069 ; F-Ad72/ G 513 ; F-Ad77/ G 261 ; F-Ad78/ État civil 1112520 ; F-An/ ET/CI/1015 ; F-An/ ET/CI/450 ; F-An/ ET/LXXII/509 ; F-An/ H5/3414 ; F-An/ H5/3674/2 ; F-An/ LL 232/ 27/ 1 ; F-An/ LL 232/ 41 ; F-An/ LL 232/32/3  ; F-An/ LL 232/41 ; F-An/ LL 232/41/2 ; F-An/ LL 775 ; F-An/ LL 776 ; F-An/ MM 317 ; Fétis, Biographie universelle des musiciens ; Journal de musique, mars 1771 ; La Borde, Essai sur la musique ancienne et moderne, 1780 ; Le manuscrit de Ferdinand-Albert Gautier ; M. Brenet, Les musiciens de la Ste-Chapelle du Palais ; Meude-Monpas, Dictionnaire de musique... ; Morand , Histoire de la Sainte-Chapelle royale du Palais ; P. L. d'Aquin de Château-Lyon, Siècle littéraire de Louis XV ; Recueil d’édit, arrêt du Conseil du roi... ; Tableau de Paris pour l’année mil sept cent cinquante-neuf ; É. Kocevar, Jean-Jacques Beauvarlet…, 2006 ; État ou Tableau de la ville de Paris, 1763

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