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DAGUET, Jean Michel (1709-1776 av.)
État civil
NOM : DAGUET     Prénom(s) : Jean Michel     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : D'AGUET
DAGUETTY
D'AGUETTY
Date(s) : 1709-8-15   / 1776 av.
Notes biographiques

Déjà pleine de rebondissements, la biographie de Jean-Michel DAGUET recèle encore bien des zones de mystère... Entre Orléans, lieu de sa naissance, et la Bretagne, lieu probable de son décès, il est passé par de nombreuses villes, notamment en Bourgogne et en Lorraine. Mais à cette itinérance professionnelle, assez répandue dans le monde des musiciens anciens, s'ajoute dans son cas une vie personnelle située en dehors des normes de l'époque...

• Jean-Michel DAGUET naît et est baptisé le 15 août 1709, paroisse de Saint-Pierre-le-Puellier à Orléans. Il est fils de Michel Daguet, marchand voiturier par eau, et de Marie-Jeanne Hardouin.

• [Entre 1716 environ et 1726 ou 1728] : Peut-être a-t-il été enfant de chœur dans l'une des maîtrises orléanaises, celle de la cathédrale Sainte-Croix ou celle de la collégiale Saint-Aignan. La plupart des documents relatifs à ces deux chapitres ayant été détruits, rien ne permet aujourd'hui de l'affirmer.

• 22 juin 1735, Vézelay [Yonne] : Jean-Michel DAGUET est musicien à la cathédrale d'Auxerre lorsque, à 36 ans, il épouse Claire Girardon, à Vézelay, dans le diocèse d'Autun. Les deux villes sont distantes d'environ 45 km en droite ligne, et les relations sont fréquentes entre elles (renforts de musiciens à l'occasion des grandes fêtes…). La jeune mariée est fille de Claude GIRARDON, musicien puis maître de musique de l'église collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, et de Françoise Cornesere / Cornefert. François BOULNOIS, musicien de la cathédrale d'Auxerre, est venu avec le marié et lui sert de témoin.
• 11 octobre 1735, Auxerre : Jean-Michel DAGUET et Jean François THÉVENOT, tous deux dits "musiciens" sans plus de précision, sont témoins au mariage de l'organiste de la cathédrale, Jean-Joseph PALLAIS, avec la fille du sonneur de la paroisse Saint-Regnobert. Sont aussi témoins un tailleur qui est en même temps bedeau de la cathédrale, et un certain Jean Chardon dont le célébrant ne dit rien, si ce n'est qu'il ne sait pas signer.

• 20 juin 1736, Vézelay : Un premier enfant du couple Daguet/Girardon, Jean-Baptiste Joseph, naît paroisse Saint-Pierre. Le père est dit "muzicien", sans précision de poste. Est-il toujours à Auxerre, ou déjà parti ? Les registres capitulaires auxerrois ne sont pas conservés pour cette période. La marraine est la grand-mère maternelle, qui signe nettement "francoise cornefert".

• 24 novembre 1742 et 19 décembre 1742 : Jean-Michel DAGUET est musicien et réside à Lunéville "en Lorraine" [aujourd'hui en Meurthe-et-Moselle] lorsque deux de ses fils, Joseph-Simon (2 ans) et Jean-Étienne (4 ans) décèdent à Vézelay. Leurs sépultures ont lieu en présence de leur grand-père maternel, Claude GIRARDON dit une fois "maître de musique à Vézelay" et une autre "musicien à Vézelay".

• 24 décembre 1743, Vézelay : Jean-Michel DAGUET est dit "maître de musique à Vézelay" lors du baptême de son fils Claude-Anne. On peut penser que c'est ce fils qui se fera appeler Claude-Étienne DAGUET et deviendra musicien. Depuis octobre 1743, Claude GIRARDON a abandonné à son gendre son poste de maître de la collégiale et se contente de chanter à l'église Saint-Pierre, à la grande satisfaction des paroissiens.

• 2 septembre 1745, Avallon [Yonne] : À la fin des festivités en l'honneur du saint patron de la collégiale, 27 livres sont distribuées par l’ordre du chapitre assemblé à l’issue des vêpres aux "musiciens qui ont chanté et joué à la St-Lazare". Sont ainsi rémunérés à égalité, 9 livres chacun, "deux maîtres de Vézelay", qui ne sont autres que Claude GIRARDON et son gendre Jean-Michel DAGUET, le "père MIROLIN" (Lazare) qui reçoit 6 livres, et un mystérieux CLERANBAU [sic pour l’orthographe] dont ni la provenance ni la spécialité musicale ne sont indiquées et qui reçoit 3 livres.

• 27 janvier 1746, Vézelay : Jean-Michel DAGUET occupe toujours ce poste au début de l'année 1746 lorsque son épouse Claire Girardon signe un acte paroissial où elle est dite "épouse de Jean Michel D'Aguet [ou D'Aguetti] me de musique de l'église de Ste Marie Madelaine de cette ville".
• 17 août 1746, Saulieu [Côte-d'Or] : Les chanoines de Saint-Andoche reçoivent Claude MIROLIN pour maître de musique à la place de son père, Jean-Baptiste MIROLIN, qui a démissionné peu avant. Toutefois le jeune homme, "clerc tonsuré du diocèse d’Autun", demande du temps pour faire son séminaire. Les chanoines le lui accordent et chargent Claude BERTHIER, second habitué, d'assurer l'intérim.
Ont-ils ensuite changé d'avis, ou bien Claude MIROLIN a-t-il fait savoir qu'il ne reviendrait pas à Saulieu ? Le registre capitulaire ne l'explicite pas, mais on procède au recrutement d'un autre maître. Il y a moins de 50 km en itinéraire pédestre de Vézelay à Saulieu et les nouvelles circulent vite...
• 16 septembre 1746, Saulieu : Jean-Michel DAGUET se présente devant le chapitre et est reçu maître de musique de la collégiale Saint-Andoche, son contrat est aussitôt établi. Ses devoirs sont précisés, tant dans le domaine du soin aux enfants de chœur (leur faire manger du même pain que celui de sa famille, leur donner à chacun "une taste de vin au dîner et à souper"…) que de leur éducation (leur apprendre non seulement à lire à écrire mais encore "à chanter la musique" et à jouer de quelques instruments comme "violon, basse et autres convenables"). Ses charges musicales sont évoquées : il "chantera et fera chanter par les enfants de chœur un motet en musique les dimanches et fêtes, auxquels il jouera de la basse ou violon, ou en fera jouer". L'allusion faite par deux fois au violon et à la basse suggère qu'il jouait peut-être lui-même de ces instruments (toutefois les mêmes formules avaient été employées dans le contrat de Jean-Baptiste MIROLIN en décembre 1742). Enfin les chanoines exigent de leur nouveau maître qu'il compose "en caractères lisibles et cahyers au net les offices de l’église selon le chant autunois, dont les nottes seront correctes" (cette exigence, en revanche, ne figurait pas dans le contrat de 1742).
Comme son prédécesseur, il recevra chaque mois 22 livres en argent (soit 264 livres par an), et 12 boisseaux de grain – mais, alors que MIROLIN n'avait que du froment, les boisseaux de DAGUET seront "moitié froment moitié seigle", ce qui correspond à une moindre valeur.
• 29 octobre 1746, Saulieu : Jean-Michel DAGUET est maître de musique de la collégiale Saint-Andoche lorsque son fils Simon Michel, né le jour même "à minuit un quart", y est baptisé. Son parrain est "employé dans les fermes du Roy", et la marraine est la femme du "capitaine des employés desdites fermes". Ce fils deviendra ultérieurement facteur d'orgues, organiste et maître de musique, et exercera ses talents jusqu'en Basse et Haute-Auvergne.

• 23 juin 1747, Saulieu : Jean-Michel DAGUET signe en premier ("Daguet") l'acte de sépulture de Françoise Tissier, "veuve de Simon PERDRIX horganiste à Saulieu". Elle a été inhumée en l'église de Saint-Andoche en présence d'au moins neuf témoins, parmi lesquels les bedeaux Antoine et Zacharie Frillot, et l'un des "habitués" de la collégiale, Pierre BAILLY.
• 27 novembre 1747, Saulieu : Un nouveau fils Daguet, Abraham-Lazare, est baptisé. L'enfant décède à Alligny [Nièvre] le 11 mars 1748, à l'âge de trois mois et demi. Il avait été placé en nourrice dans ce village situé à 11 km au sud de Saulieu, comme en témoigne la présence à la sépulture de "son père nourricier".

• 8 septembre 1748, Saulieu : Jean-Michel DAGUET, maître de musique, est choisi comme parrain par Claude BERTHIER, "cordonnier à Saulieu et habitué à la collégiale", pour sa fille Marie-Jeanne, baptisée en l'église Saint-Andoche.

• 24 novembre 1750, Saulieu : En compagnie de Claude BERTHIER, "Mr Jean DAGUET, Maître de Musique" est témoin à un mariage, célébré à Saint-Andoche, qui unit les familles Frillot et Garnier, familles investies au service du culte paroissial. Il signe "J.M. Daguet".

• 11 mai 1751, Saulieu : Une fille naît chez les Daguet. Elle est baptisée Claire, son parrain est Claude DAGUET, son frère. L'acte de baptême montre que la transformation du patronyme de la mère est en cours : elle semble ici appelée Claire Girardin, et non plus Girardon.

• 4 février 1752, Saulieu : Jean-Michel DAGUET est toujours maître de musique de Saint-Andoche. Il assiste à l'inhumation, au cimetière de Saint-Andoche, de son beau-père, Claude GIRARDON, "Maître de musique", décédé la veille, probablement chez lui. Sont également présents à la cérémonie René SÉNÉ, chantre de Saint-Nicolas de Saulieu et un certain "Mtre Charles Hedelin" qui signe maladroitement et reste à identifier.
• 22 juillet 1752, Saulieu : "Daguet Me de Musique" signe ainsi l'acte de sépulture d'un procureur au bailliage de Saulieu, inhumé au cimetière de Saint-Andoche. Il était pour la cérémonie assisté de Claude BERTHIER, habitué de la collégiale.

• 31 mai 1753, Saulieu : Le baptême de Marie atteste que Jean-Baptiste Michel DAGUET est toujours "Maître de Musique à la collégialle de St-Andoche". Le parrain est à nouveau Claude DAGUET, frère de l'enfant. La marraine est la fille d'un huissier au bailliage de Saulieu.

• 15 juillet 1754, Saulieu : Une ultime signature "Daguet", sans précision, en bas de l'acte de sépulture d'un jeune maçon venu des Combrailles, semble la dernière trace de la famille Daguet à Saulieu dans le registre paroissial.

• Pâques 1755, Saulieu : Les relations avec le chapitre sont tendues. Après une inspection qui met en évidence sa mauvaise gestion en tant que maître des enfants de chœur en février 1755, Jean-Michel DAGUET est finalement licencié de son poste de maître de musique à la collégiale Saint-Andoche. Le chapitre lui accorde "néanmoins [de] demeurer à la maîtrise jusqu'à la fin du mois prochain pour luy donner le tems de se pourvoir".
Fin mars, il reçoit encore argent et froment "pour ses gages du mois prochain par avance, les dits sieurs luy ayant encore accordé ce mois pour se pourvoir". Le 26 avril, "eut égard à la situation du sieur DAGUET" et "pour son départ", le chapitre lui fait cadeau de 24 livres qui lui avaient été avancées antérieurement. C'est la dernière mention de lui dans le registre capitulaire. La famille Daguet quitte Saulieu.
Pour le remplacer, après un court intérim assuré par Claude BERTIER, le chapitre de Saint-Andoche recrute un tout jeune maître, Edme ROSEROT.

On retrouve la trace de Jean-Michel DAGUET un peu plus tard, à la collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay. Y est-il retourné directement en quittant Saulieu fin avril 1755 ? Les registres capitulaires de Vézelay ont disparu. Les comptes de la collégiale voisine d'Avallon, à travers les sommes versées à des musiciens extérieurs pour la Saint-Lazare, éclairent parfois les musiciens de Vézelay. Mais ils n'ont pas permis de répondre à cette question précise concernant le devenir de Jean-Michel DAGUET après son départ de Saulieu puisqu'en 1755 et 1756 aucun musicien ne vient de Vézelay pour la Saint-Lazare d'Avallon.
On reste donc, actuellement, dans l'incertitude sur le lieu d'exercice de Jean-Michel DAGUET entre mai 1755 et courant 1757, même si Vézelay reste le plus vraisemblable. À une date qui reste à préciser, il succède dans le poste de maître de la collégiale de Vézelay à Jean-Baptiste MIROLIN, auquel il avait précédemment succédé à Saulieu.

• 2 septembre 1757, 1758 et 1759, Avallon : Le maître de Vézelay vient participer aux célébrations de la Saint-Lazare, seul la première année, avec "son fils" (sans doute Claude) en 1758, avec "ses deux fils" (sans doute Claude et Simon) en 1759. Le chapitre d'Avallon défraye son sacristain, François PRIEUR, "pour avoir logé et nourri le dit maitre et ses deux fils" (1759) "la veille, le jour et le lendemain de la St-Lazare". Peut-être les DAGUET ont-ils fait le voyage en compagnie du "vieux Père MIROLIN" qui réside à Vézelay mais qui continue à aller chanter chaque année à Avallon malgré son grand âge.
• 19 septembre 1758, Vézelay : "Le sieur Jean Michel DAGUET Maitre de Musique de Ste Marie-Madeleine de ce lieu" est parrain d'un fils de Jacques Riboulot perruquier et de Françoise Courtois.

• 17 juin 1761, Vézelay : "Mr Jean-Baptiste Michel DAGUET Maitre de Musique de la Collégialle Royalle de Vézelay" est présent à l'inhumation dans l'église de Michel Riboulot, son petit filleul mort à trois ans à peine.

• 2 septembre 1762, Avallon : Le chapitre de la collégiale verse six livres au sieur DAGUET, Maître de Musique de Vézelay, et la même somme au sieur BERTIER "musicien de Saulieu", tous deux venus pour la fête de Saint-Lazare. Mais on sent le chapitre avallonnais mécontent, et le comptable note "l’un et l’autre n’avoient point été mandés par Messieurs".

On perd ensuite la trace de Jean-Michel DAGUET durant une assez longue période non documentée. On ignore jusqu'à quelle date – antérieure à l'été 1767 – il est resté maître de la collégiale de Vézelay.

• 2 septembre 1767, Avallon : Un certain "M. DAGUET", dont ni le titre ni la provenance ne sont précisés, est venu prêter main forte à Edme ROSEROT, entre temps devenu maître de musique de la collégiale d'Avallon, à l'occasion de la Saint-Lazare. Le musicien reçoit pour cela du chapitre avallonnais la somme de trois livres. Il est cité juste après "BERTHIER serpent de Saulieu", et après "M. BOQUET Maître de Vézelay" qui est, lui, cité en premier. En l'absence de prénom et de toute autre indication, il est impossible de savoir si le DAGUET présent est Jean-Michel ou l'un de ses fils, Claude par exemple.

• 2 juillet 1770, Orléans : Sa fille Marguerite-Jacquette, qui est dite originaire de Tonnerre, épouse Louis-Étienne Chaubert à Orléans, paroisse Saint-Catherine. Le père est donné comme "décédé" et la mère demeure dans cette paroisse. Le couple est en fait séparé et a quitté la Bourgogne.

• 25 mai 1772, Rennes : Jean-Michel DAGUET, qui se fait appeler "Jean Michel DAGUETTY", fait baptiser un fils né la veille paroisse Toussaints, présenté comme légitime et dont la mère est Marie Gourbillon. Cet enfant, qu'il prénomme Gaspard-Pierre Marie Anne, a pour parrain le musicien Gaspard LEMAY. Ce nouveau patronyme italianisé semble adopté par la lignée de son fils Claude-Étienne.

• 4 août 1774, Saint-Malo [Ille-et-Vilaine] : Son fils Claude Étienne DAGUET, musicien demeurant à Saint-Malo, épouse Magdelaine Gourbillon. À l'occasion de ce mariage, le couple légitime deux enfants déjà nés, dont Gaspard-Pierre, demi-frère de Claude-Étienne, qui s'en dit le père. Jean-Michel DAGUET n'est pas présent. Est-il décédé ?

• Lorsque sa fille Marie-Anne signe son contrat de mariage avec un maître chirurgien à Meung [Loiret], le 27 décembre 1775, la mère est dite veuve de Jean-Michel DAGUET. Le mariage est célébré le 20 janvier suivant, après une autorisation donnée par le vicaire général du diocèse le 12 janvier 1776 "par laquelle il décide qu'on peut procéder à la célébration du présent mariage quoiqu'on ait pu produire l'extrait mortuaire du père de l'épouse"...

Cette ultime mention ajoute au mystère du personnage.

Mise à jour : 27 décembre 2018

Sources
Arch. privée mise en vente sur E-Bay, consultée en ligne ; F-Ad21/ 5 MI 31 R 5 ; F-Ad21/ BMS Saulieu  ; F-Ad21/ BMS Saulieu en ligne ; F-Ad21/ G 3146 ; F-Ad35/ 10 num 35288 539 / 1774 ; F-Ad45/ AC Orléans/ GG 1778 ; F-Ad45/ BMS St-Nicolas de Meung ; F-Ad58/ 4 E 3 art.1, vue 218/292 ; F-Ad89/ 5 Mi 1016/13, vue 20/110 ; F-Ad89/ 5 Mi 1016/13, vues 66 et 67/110 ; F-Ad89/ 5 Mi 1018/13 ; F-Ad89/ BMS St-Pierre de Vézelay ; F-Ad89/ BMS St-Regnobert ; F-Ad89/ G 2156 ; F-Ad89/ G 2157 ; F-Am Rennes/ BMS Toussaints

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