Allier
Alpes-de-Haute-Provence
Alpes-Maritimes
Ardennes
Ariège
Aude
Aveyron
Bas-Rhin
Cantal
Charente
Charente-Maritime
Cher
Corrèze
Côte-d'Or
Côtes d’Armor
Creuse
Deux-Sèvres
Dordogne
Doubs
Drôme
Essonne
Eure
Eure-et-Loir
Finistère
Gard
Gironde
Haute-Garonne
Haute-Loire
Haute-Saône
Haute-Vienne
Hautes-Pyrénées
Hauts-de-Seine
Hérault
Ille-et-Vilaine
Indre
Indre-et-Loire
Isère
Landes
Loire-Atlantique
Loir-et-Cher
Loiret
Lot
Lot-et-Garonne
Maine-et-Loire
Manche
Marne
Mayenne
Morbihan
Moselle
Nièvre
Nord
Oise
Orne
Paris - Collégiales
Paris - Notre-Dame
Pas-de-Calais
Puy-de-Dôme
Pyrénées-Atlantiques
Rhône
Saône-et-Loire
Sarthe
Somme
Tarn
Tarn-et-Garonne
Val d'Oise
Vaucluse
Vendée
Vienne
Yonne
Yvelines
Actualité de la base Muséfrem
Vous avez dit prosopographie ?
Histoire de l'enquête Muséfrem
Les fondements de l'enquête Muséfrem
Les contributeurs depuis 2003
Les partenaires scientifiques
Contact
Pour citer Muséfrem
DE LA CROIX, François (1683-1759)
Autre(s) forme(s) du nom : DELACROIX
Date(s) : 1683-1-6 / 1759-4-8
Natif de Senlis où il a probablement reçu sa première formation musicale, François DE LA CROIX réalise l'ensemble de sa carrière musicale à Paris où il prend successivement la direction de la musique de la grande église paroissiale Saint-Paul, puis de la Sainte-Chapelle où il succède à son véritable maître, Nicolas BERNIER. Il y exerce durant près de vingt ans, il reste toutefois trop peu de ses compositions, puis laisse sa place à FANTON pour jouir de sa charge de chapelain perpétuel jusqu'à son décès, quinze ans plus tard.
• 6 janvier 1683, Senlis [Oise] : François DE LA CROIX, fils d’Adrien de La Croix, marchand épicier de Senlis, et de Clémence Le Sueur sa femme, voit le jour et reçoit le baptême en l 'église Saint-Aignan. Il a pour parrain un capitaine major des Gardes du corps du roi.
• vers 1690-vers 1700 : François DE LA CROIX a peut-être été enfant de chœur à la cathédrale de Senlis ou dans l'une des collégiales de la cité ? Ou bien dans une église parisienne?
• 29 mars 1698, Senlis : L'évêque signe ses lettres de tonsure.
• vers 1700, Paris : Évrard Titon du Tillet raconte, dans Le Parnasse françois (Paris, Jean-Baptiste Coignard fils, 1732, p. 679-680), l'anecdote suivante dans laquelle il est fait mention du jeune abbé DELACROIX : « Je mettrai ici une Anecdote assez curieuse au sujet de Bernier, que M. le Duc d’Orléans honorait de ses bontés. Ce Prince s’amusoit quelquefois à composer des morceaux de Musique, et quelques-uns même assez considérables, tels que des Motets, et tels que deux Opéra, dont un est intitulé : Panthée, et un autre Philomèle, dont il a fait la plus grande partie de la Musique; ayant composé le Motet de Laudate Jerusalem Dominum à cinq parties, animé par l’Empereur Léopold [mort en mai 1705], qui lui avoit envoyé le même Motet de sa composition, voulut consulter Bernier et Lalloüette, avant de l’envoyer à l’Empereur, et le remit entre les mains de Bernier. Trois jours après, ce Prince impatient de sçavoir ce que ces deux Musiciens en pensoient, et les corrections qu’ils avoient pu y faire, fut chez lui ; et étant monté d’abord avec précipitation dans son Cabinet, y trouva le jeune Abbé de La Croix, qui tenoit ce Motet devant lui, sur lequel il marquoit quelques fautes qui s’y étoient glissées : ce Prince lui demanda la raison des fautes qu’il y remarquoit, dont il lui rendit bon compte ; il lui demanda ensuite où étoit Bernier, il lui dit qu’il étoit dans une Salle basse où il descendit, et le trouva se réjouissant à table avec Lalloüette et Gervais attaché à ce Prince, et depuis Maître de la Chapelle du Roi. Ces Musiciens très interdits se levèrent promptement, et la scène commença par un bon soufflet, dont il honora Bernier, en lui disant, « Quand je vous charge de quelque chose, vous ne vous donnez pas la peine de la faire par vous-même, et vous avez recours à un autre. » L’affaire se calma par les excuses que les Musiciens lui donnèrent : pour l’Abbé de La Croix, qui avoit suivi ce Prince sans trop le connoître, en fut récompensé par dix louis d’or qu’il en reçut, et eut le plus d’honneur et le plus de profit dans cette aventure ». A quel moment et à quelle occasion DE LA CROIX et BERNIER sont-ils entrés en relation? Nicolas BERNIER a été maître de musique de la collégiale Saint-Germain-l'Auxerrois à partir de mars 1698 jusqu'en avril 1704, DE LA CROIX a pu y être enfant de chœur ou jeune musicien débutant.
• 8 septembre 1714, Paris : Il est reçu comme maître de musique de l'église paroissiale Saint-Paul.
• 18 septembre 1726, Paris : François DE LA CROIX est désigné comme maître de musique de la Sainte-Chapelle du Palais. Il succède à son maître Nicolas BERNIER.
• 20 mars 1728, Paris : En la Sainte-Chapelle, pour ce samedi veille des Rameaux, la traditionnelle messe solennelle de la Chambre des Comptes est accompagnée d'« une excellente musique à grand chœur » de François DE LA CROIX.
• 9 septembre 1728, Paris : "Nos plus habiles Compositeurs de Musique rendirent leurs derniers devoirs à Lalouette [ancien maître de musique à Notre-Dame de Paris] dix jours après sa mort, ce furent Mrs Guillery, de la Croix, Petouville [sic] [PÉTOUILLE] & Gaumay*, Maîtres de Musique de Saint-Germain l'Auxerrois, de la Sainte-Chapelle, de Notre-Dame, & des Saints Innocens, qui firent chanter dans l'eglise des Grands Augustins un Service Solemnel pour le repos de son ame. Un grand nombre de Musiciens invitez employerent tous leurs talens & toute leur capacité pour rendre les derniers devoirs à ce sçavant Musicien" [Description du Parnasse françois et Mercure de France]
• 10 décembre 1732, Paris : DE LA CROIX dirige la musique du service funèbre annuel des musiciens de Paris en l'église Saint-Sulpice.
• 30 septembre 1737, Tréguier [Côtes-d'Armor] : Les chanoines de la cathédrales Saint-Tugdual reçoivent leur nouveau maître de musique Jean DESHAYES. Il a été jugé digne de posséder la maîtrise de cette église "suivant l’attestation du sr DE LA CROIX me de musique de la Ste Chapelle de Paris du 4e aoust dernier laquelle a été donnée sur la composition que fît led sr DESHAYES au mois de juin dans ce lieu capitulaire le sujet pour composer luy en ayant été donné par mesdits sieurs deliberants".
• 2 avril 1740, Paris : Il figure parmi les clercs ordinaires de la Sainte-Chapelle lors de l'assemble générale. Le 14 mai suivant, il obtient 8 jours de congé.
• 1741, Paris : François DE LA CROIX, prêtre, fait paraître quatorze motets "A une, deux, et trois voix/ Avec Symphonie et sans Symphonie" de sa composition (BnF, Musique Vm1 1156), qu'il dédicace au Trésorier de la Sainte-Chapelle, l'abbé Nicolas de Vichy-Champrond [Chamron], avec quatre inédits de Nicolas BERNIER, qui lui a confié cette tâche par testament. L'ouvrage est relié en maroquin rouge aux armes du roi.
Voici la dédicace : "L'ouvrage que j'ai l'honneur de vous presenter contient les derniers motets que M. Bernier se proposoit de donner au public. Comme ce qu'il avoit composé dans cette vüe ne pouvoit fournir un volume d'une grosseur raisonable, en me chargeant à sa mort de mettre au jour ces derniers fruits de son genie, Il m'a invité d'y joindre quelques motets de ma composition. J'ai fait ce qu'il a souhaité et j'ai crû pouvoir mettre vôtre nom à la tête de mes premiers motets, d'autant plus que je les unissois aux dernieres oeuvres d'un homme celebre qui n'a pas moins merité vôtre estime particuliere que l'aplaudissement public. Si vôtre modestie ne m'imposoit silence que n'aurois-je pas à dire ici ? Mais au surplus que pourrois-je dire qui fût surprenant ? On sait que les vertus sont pour ainsi dire hereditaires dans vôtre noble maison, ou ceux à qui vous succedez, placez dans des postes distinguez ont également bien mérité de l'Eglise et de l'Etat. Parmi les vertus il y en a qui font le grand homme et sont l'objet de nôtre veneration ; d'autres font l'homme poly et gracieux et excitent des sentimens plus touchans que ceux du respect. Puisqu'il m'est pareillement interdit de parler de ces dernieres, du moins ne puis-je me taire sur vôtre amour pour la musique, amour fondé sur le veritable goût de cet art et sur la connoissance de ses principes. C'est cette qualité qui me fait oser vous presenter cet ouvrage et qui me procure l'occasion de vous donner un témoignage public du respect avec lequel j'ay l'honneur d’Être".
• 24 septembre 1741, Paris : Le chapitre octroie 15 jours de congé à DE LA CROIX, maître de musique.
• 4 novembre 1741, DE LA CROIX a cédé à la dame veuve Roger Vanhove, née Marie Pélagie Marais, pour la somme de 4 000 livres, le privilège obtenu du Roi par lettres parentes du 4 avril 1741 de faire imprimer, graver et publier les œuvres du sieur Bernier [vente mentionnée dans un acte passé devant maître Yves de Bougainville, notaire parisien, le 24 mars 1750].
• 1er septembre 1742, Paris : Trois semaines de congé lui sont octroyées, à prendre « depuis l’exaltation de la Ste Croix jusqu’à la fête de st Michel ».
• 22 août 1744, Paris : Dans la chapelle de la Grand'salle du Palais, le Parlement fait chanter un Te Deum avec Domine salvum, de la composition de François DE LA CROIX, en actions de grâces de la convalescence du roi.
• 14 octobre 1744, Paris : « Ce jour DUGUEY enfant de chœur st venu demander a la compagnie son congé etant accompagné de son tuteur, quoique son tems ne soit pas expirez, l’affaire mise en deliberation, a accordé le congé audit Duguey enfant de chœur et pour les sujets de mecontentement qu’elle a eu dudit enfant et son tems n’etant pas fini, elle a été d’avis de ne luy donner aucune gratiffication, et en consequence a ordonné au sr Delacroix me de musique de donner la soutane a paumier, lequel a été reçu par la compagnie le 6 juin 1744 en qualité de survivancier » lit-on dans le registre capitulaire.
• 12 novembre 1744, Paris : Lors de la Messe rouge, messe solennelle de rentrée du Parlement, François DE LA CROIX fait jouer son Motet pour remercier Dieu des victoires qu’il a accordées au Roy et de la santé qu’il luy a rendue, Vovete et reddite Domino Deo, composé spécialement à cette occasion. C'est Charles Osmont qui a traduit les paroles tirées de l’Écriture sainte et la messe est célébrée pontificalement par l'évêque de Laon.
• 2 décembre 1744, Paris : « Ce jour François de la Croix ptre du diocese de Senlis s’est presenté a la compagnie et a dit que le roy l’a nommé a la chapelle st Nicolas et de St louis fondée dans la basse chapelle vacante par le décès du sr Warnier », il demande à être installé, ce qui est fait le jour même avant la grande messe par le trésorier et il prête le serment accoutumé. Il quitte par conséquent ses fonctions de maître de musique pour devenir chapelain perpétuel au sein de la Sainte-Chapelle. Le brevet royal a été signé le 16 novembre. Il a seulement déposé ses lettres de tonsure, pourtant il est dit prêtre du diocèse de Senlis en 1759.
• 30 janvier 1745, Paris : « Le sieur Abel François Fanton pretre du diocese de Xainte que mr le Trésorier a choisi pour remplir la place de me de musique qu’occupoit cidevant le sr [François] de la Croix qui est a present chapelain perpetuel de cette Eglise a été presenté a mr le Trésorier par mr l’abbé [nom peu lisible] pour etre reçu sous sa prebende en qualité de clerc ordinaire de Mrs les Trésorier et chanoines apres avoir été approuvé par mr le Chantre suivant les usages et Reglemens [...] lit-on dans le registre capitulaire.
• 8 novembre 1747, Paris : « Sur la demande faite a Messieurs par le sr Delacroix chapelain perpetuel lequel n’avoit pris un seul jour de congé de ses vacances, de lui faire la grace de le tenir presens aux matines seulement a cause de ses infirmitez, la matiere mise en deliberation, il a été resolu qu’on le tiendroit present jusqu’au mois de janvier prochain ».
• 5 janvier 1748, Paris : La compagnie lui accorde une prolongation de la dispense aux matines en raison de ses infirmités.
• 17 mai 1752, Paris : « Mr l’abbé Thomas a fait lecture a la compagnie d’une requete presentée par mr Delacroix chappelain perpetuel par laquelle il prie la compagnie de luy accorder une somme pour le payement des reparations qu’il a faite chez luy, l’affaire mise en deliberation la compagnie a permis a mr l’abbé Thomas de luy avancer la somme de cent ecus dont le recouvrement sera fait au profit de la compagnie ».
• 29 août 1753, Paris : La compagnie lui accorde un congé « jusqu’à la nativité ».
• 8 avril 1759, Paris : François DE LA CROIX, chapelain perpétuel et ancien maître de musique de la Sainte-Chapelle, s'éteint dans sa maison de la rue de Jérusalem. Il est inhumé le lendemain dans le cimetière de la Sainte-Chapelle, en présence de Claude Nicolas RATILLON, prêtre du diocèse de Paris, chapelain perpétuel de la Sainte-Chapelle, et de Jacques Nicolas VILLEMAR, prêtre du diocèse d'Amiens, chapelain ordinaire de la Sainte-Chapelle. Le 13 avril, le secrétaire mentionne dans le registre capitulaire « Lundi dernier 9 du présent mois a été enterré maître François DELACROIX, prêtre du diocèse de Senlis, chapelain perpétuel décédé le 8, âgé de 76 ans, Mr l’abbé de Sailly Chantre et chanoine a fait l’enterrement ». Le 29 avril, le roi accorde sa chapelle au maître de musique de la Sainte-Chapelle, François Robert DORIOT.
Mise à jour : 16 août 2024

