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Pour citer Muséfrem
DECOMBE, Jacques François, à la Sainte-Chapelle de Paris (1759-1806)
Complément de nom : à la Sainte-Chapelle de Paris
Autre(s) forme(s) du nom : DECOMBES
DESCOMBES
Date(s) : 1759-7-15 / 1806-5-20
Natif de Paris, Jacques François DECOMBE fait toute sa carrière au service de la Sainte-Chapelle du Palais, d'abord comme enfant de chœur puis comme joueur de serpent entre 1766 et 1790. Après la perte de son emploi, il se marie mais conserve un lien avec la musique puisqu'à sa mort, au début de l'Empire, il est devenu marchand et professeur de musique dans la capitale.
• 14 juillet 1759, Paris : Jacques François DECOMBE naît sur la paroisse Saint-Leu-Saint-Gilles. Le baptême a lieu le lendemain en l'église paroissiale. Il est le fils d'Antoine Decombe, bourgeois de Paris demeurant rue Saint-Denis, et de Jeanne Ponce. Son parrain est un orfèvre.
• 6 décembre 1766, Paris : Le chapitre de la Sainte-Chapelle reçoit "pour la place d’enfant de chœur vacante [...] Jacques François Decombe, né le 15 février mil sept cent cinquante neuf [...] en la paroisse St Leu St Gilles de Paris". Il succède alors au grand enfant de chœur qui vient de partir, Louis Joseph FIÉVÉ. Durant dix ans, il reçoit son éducation musicale de François Robert DORIOT, maître de musique.
• 30 novembre 1776, Paris : Jacques [François] DECOMBE se présente devant le chapitre pour le prier de lui accorder la gratification qu'il a coutume de donner aux enfants de chœur dont le temps est fini, d'un montant de 150 livres.
• 16 mai 1778, Paris : Jacques François DECOMBE est reçu comme gagiste à la Sainte-Chapelle du Palais pour jouer du serpent. La compagnie précise vouloir "qu'il n'ait d'autres honoraires que la part des distributions qui luy sont acquises par ses présences aux offices". On ignore ce qu'il a pu faire en 1777.
• 5 juin 1779, Paris : "Le sr DECOMBE, clerc tonsuré du diocèse de Paris, a été installé en qualité de clerc sous la prébende de Mr l'abbé Daubignan, chanoine" (délibérations capitulaires).
• 11 juillet 1781, Paris : Les chanoines avancent la somme de 69 livres à DECOMBE à charge de justifier de l’emploi de cette somme et à rembourser sur ses gages à venir. Le 28 juillet suivant, il reçoit encore une avance.
• 19 septembre 1781, Paris : Le chapitre lui octroie quinze jours de congé comme "second serpent et clerc de Messieurs".
• 13 octobre 1781, Paris : Les deux serpents CHAUVET et DECOMBE reçoivent une gratification.
• 1785, Paris : Jacques François DECOMBE est qualifié de serpent dans les "Tablettes de renommée des musiciens, auteurs, compositeurs, virtuoses, amateurs et maîtres de musique vocale et instrumentale, les plus connus en chaque genre".
• 1er avril 1785, Paris : Dans son exhortation, le plus ancien chanoine, l'abbé de Montal critique les chapelains et les clercs, qui font mine de se retirer. Il leur représente qu'ils contreviennent aux règlements et que la coutume veut qu'un discours de piété soit tenu à la fin des assemblées générales. Le sieur BRALLE, au nom de ses confrères les chapelains et clercs, répond qu'ils ont ordre du trésorier de ne pas écouter ce discours. Sur quoi, la compagnie arrête que ceux qui partiront seront pointés d'un jour et qu'il sera écrit au ministre. Les sieurs FRÉCHON, BRALLE, TORCY, CHAVIALE, chapelains ordinaires, CACHELIÈVRE, DOUVILLÉ, SACHY, DECOMBE, CHAUVET et LEPREUX, clercs ordinaires, font le choix de quitter les lieux. Le 9 avril suivant, suite à des réquisitions de plusieurs chapelains et clercs, la compagnie, faisant preuve d'indulgence, leur rétablit la journée muletée.
• 2 juillet 1785, Paris : Il récupère le logement de fonction du sieur BOUILLEROT, recruté à la Chapelle royale.
• 22 octobre 1785, Paris : le chapitre "a jugé à propos de transférer le sieur Descombes, clerc de messieurs et serpent, à la place de haute contre vacante par la retraitte du sieur Bouillerot, actuellement musicien du roy". Cependant, le 26 du même mois, DECOMBE se présente devant la compagnie, représentant "que ne pouvant ainsi qu'il le croyait remplir avec satisfaction la place de haute contre, l'a prié de trouver bon qu'il remplit la première place de serpent, ce à quoi la compagnie a consenti".
• 17 novembre 1790, Paris : Jacques François DECOMBE, toujours en place comme "clerc bénéficier" de la Sainte-Chapelle, déclare aux officiers municipaux 24 années de service. Il demeure rue des Blancs-Manteaux, paroisse Saint-Merry. Ses revenus annuels s'élèvent à 1 138 livres 9 sols (456 livres 5 sols pour assistances aux offices, 32 livres "pour le gros représentatif de sa nourriture", 100 livres "pour sa part de la distribution de carême", 50 livres 4 sols pour "fondation et complies de carême", 500 livres au titre de son indemnité de logement, le sien ayant été détruit après l'incendie du Palais). Il précise qu'il fera valoir ses droits ultérieurement car, comme la plupart des chapelain perpétuels, clerc et chapelains ordinaires, il réclame l'intégralité des revenus attachés à sa fonction, une partie ayant été, selon eux, confisquée par le chapitre.
• 17 novembre 1790, Paris : Au moment de la fermeture de la Sainte-Chapelle, 17 musiciens et chantres étaient au service de cet établissement, sous la direction du maître de musique Jean Nicolas FRÉCHON, l'un des chapelains ordinaires. Il s'agit des six chapelains perpétuels, qui ont théoriquement des fonctions cantorales (François Robert DORIOT, Joseph Honoré RAYMOND, Étienne Nicolas FANTIN DES ODOARDS, Claude ASSELIN, Armand Henri DE LA BACHELERIE et Pierre TISSET) ; cinq autres chapelains ordinaires (Guy Antoine BRALLE, Anne François DUPREY, Jean François VAVASSEUR, Sébastien François Marie Élisabeth TORCY et Antoine CHAVIALE) et sept clercs (Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE, Adrien CACHELIÈVRE, Jacques CHAUVET, Jacques François DECOMBE, Léger DOUVILLÉ, Benoît Furcy DE SACHY et Pierre POIRIER). En outre, Gervais François COUPERIN touche l'orgue de la Sainte-Chapelle et Jean-Baptiste DESSÉ vient jouer du violoncelle aux grandes occasions.
• [1790-1791], Paris : Il prête serment à la constitution civile du Clergé
• 12 juillet 1791, Paris : Jacques François DECOMBE, "bourgeois" demeurant 35, rue des Blancs-Manteaux, contracte mariage avec Marie Anne Baliat, fille de feu Thomas Baliat, bourgeois de Paris, et de Marie Jeanne Tilliet. Les futurs apportent tous deux 6 000 livres ; l'époux déclare n'avoir aucun autre bien et payer un loyer annuel de 200 livres. Aucun membre de sa famille ne signe, du côté de son épouse, Thomas Nicolas Baliat, ci-devant contrôleur des aides, son frère, est présent.
• 26 juillet 1791, Paris : Jacques François DECOMBE épouse Marie Anne Baliat, paroisse Saint-Merry.
• 27 mars 1792, Paris : Le traitement proposé pour Jacques François DECOMBE dans un projet de règlement s'élève à 1 264 livres.
• 14 avril 1793, Paris : Jacques François DECOMBE, musicien demeurant 12, rue de l'Estrapade, obtient une carte de sûreté. Il est précisé qu'il a justifié de son civisme et vit de son état.
• 19 décembre 1798 : Leur fils Laurent François vient au monde. En 1806, il vit en pension chez un instituteur de Vincennes.
• 20 mai 1806, Paris : Jacques François DECOMBE, marchand et professeur de musique, décède dans la maison qu'il loue pour 1777 francs par an au sieur Bruley avec sa femme quai de l’École, n° 10, division du Muséum (cave, petite cuisine au rez-de-chaussée, boutique, arrière-boutique, pièce à l’entresol, pièce ensuite, petite chambre). Le 30 mai suivant est procédé à un inventaire de dissolution de communauté par le notaire Gobin. C'est Louis Antoine Durieu, propriétaire, qui est le subrogé tuteur de Laurent François. Le couple possède aussi une maison à Fontenay-aux-Roses, dans la grande rue (cave, cuisine, pièce au premier étage, salle de billard, serre, basse-cour). Elle a été achetée en mars 1799 moyennant 1 500 francs, plus 1 000 francs de rente annuelle et viagère franche de tout impôt.
La prisée effectuée par des experts des "marchandises de musique, planches gravées et Instruments dépendans du fonds de commerce de marchand de musique" de DECOMBE à Paris s'élève à 21 538 F au total dont 5134 planches d'étain gravées en musique pesant 3 "myriagrammes" 766 kg 913 g 41 cg (ou 7 701 livres, ancien poids), "tant en bon ouvrages que médiocres", à raison de 3 F la planche soit 15 402 F ; 47 rames de papier nom de Jésus en grand, imprimées en musique, composant le fonds du commerce, à raison de 72 F la rame soit 3 384 F). La boutique est remplie d'instruments de musique : 93 violons dont plusieurs de Lorraine et un d'Italie à 48 F, huit quintes dont une grande quinte allemande à 24 F, 30 tierces, 29 flûtes, 70 archets, quatre serinettes, deux bouvreuils, 46 clarinettes et 8 bas de clarinette, deux bassons, cinq hautbois, deux tambourins, un sistre, deux basses dont une d'Italie recoupée à 50 F, 13 guitares (facteur nommé pour certaines), une lyre, quatre pianos dont un à 4 pédales et 4 octaves et demi (300 F), 172 flageolets, trois cors de chasse et divers accessoires de musique (chanterelles, diapasons, clefs de piano, sourdines…). Dans une pièce au sixième étage, on trouve encore six caisses de piano brutes en bois, 20 presses de bois de différentes grandeurs en mauvais états et plusieurs outils "de la profession dudit défunt" (90 F).
Les dettes passives s'élèvent à 30 147 F dont 16 115 dues au sieur Leduc, marchand de musique, pour fourniture de matériel. La veuve déclare encore "qu’'l y a chez elle sept mille trois cent soixante-seize pièces de théâtre appartenantes au S. Chaulet qui y ont été mises en dépôt par lui et qu'il y a compte à faire entre lui et la succession dudit s. Decombe". DECOMBE rémunérait 800 livres par an un commis, le sieur Paulet.
Au chapitre des dettes actives, on peut établir une liste des débiteurs (musiciens, libraires et particuliers à Paris surtout, mais aussi Chartres, Troyes, Marseille, Nantes, Zurich, Saint-Germain-en-Laye, Bordeaux, Châteaudun, Lyon) pour un total 2 861,33 F. On peut citer : 3° "Par le S. Boucher, musicien à Chartres, pour fournitures à lui faites le vingt quatre Thermidor an onze", 34 livres 13 sols. 4° "Par le S. Cornu, musicien à la Cathédrale de Paris, dix sept livres six sols pour mêmes causes". 14° "Par le sr Guichard, musicien demeurant rue Culture Sainte-Catherine, par billet du 19 vendémiaire an XII : 18 livres 1 sol".
Mise à jour : 19 juin 2025

