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DELACROIX, Joachim Nicolas (1733-1785)
État civil
NOM : DELACROIX     Prénom(s) : Joachim Nicolas     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : DE LA CROIX
LACROIX
Date(s) : 1733-8-12  / 1785-11-18 
Notes biographiques

Joachim Nicolas DELACROIX a connu son heure de gloire au Concert Spirituel à Paris, comme haute-contre, dans les années 1750. Entre 1754 et 1785, il met sa voix douce et "charmante" au service des chanoines de la Sainte-Chapelle du Palais, sur l'île de la Cité. Par ailleurs, il donnait en ville des leçons de "goût du chant" et gérait le temporel de deux prieurés situés en Anjou.

• 12 août 1733, sans doute à Paris : Joachim Nicolas DE LA CROIX voit le jour. Par déduction [l'acte de baptême n'a pas été retrouvé], il semble être le fils de Joachim François Pierre Delacroix, bourgeois de Paris à son mariage paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois célébré le 5 mai 1727 avec Jeanne Madeleine Durut, 21 ans, fille de feu Jean-Baptiste Durut, peintre du Roi en sa manufacture des Gobelins. En 1750, Blanche Delacroix se dit la sœur du représentant du parrain, Joachim Nicolas, et de la baptisée, leur demi-sœur, Florence Geneviève.

• 10 mai 1738, Paris : Le chapitre de la Sainte-Chapelle a nommé pour enfant de chœur Joachim Nicolas DELACROIX à la place de LAMBERTY. La date de baptême de l'enfant est précisée dans le registre mais pas le lieu. À cette période, c'est François DE LA CROIX qui est le maître de musique de la Sainte-Chapelle. Existe-t-il un lien de parenté entre les deux ?

• 31 octobre 1747, Paris : "Ce jour l'ancien des enfants de chœur qui sortira son temps fini aux Rogations, est venu prier la Compagnie de lui permettre de porter ses cheveux et de les laisser croître jusqu'à sa sortie. La Compagnie, conformément à ses usages, lui a refusé cette permission". L’enfant visé par cette délibération du chapitre de la Sainte-Chapelle est probablement Joachim Nicolas DE LA CROIX.

• 8 mai 1748, Paris : "Ce jour le plus ancien des enfans de chœur nommé delacroix s'est présenté à la compagnie pour lui demander son congé, son tems étant fini, et la récompense ordinaire qu'elle a la bonté d'accorder dans cette occasion, ce qui lui a été octroyé", lit-on dans le registre capitulaire.

• 3 janvier 1750, Paris : DELACROIX, "clerc tonsuré du diocèse de Paris", signe comme représentant du parrain de sa demi-sœur, Florence Geneviève, née d'un remariage de son père, en l'église paroissiale Saint-Eustache. Il représente Florent Claude, marquis du Châtelet-Laumont, lieutenant général des armées du Roi, qui est le parrain. Sa sœur Blanche Delacroix représente la marraine, Marie Florence du Châtelet, veuve de Melchior Esprit, comte de Montrevel, maréchal des camps et armées du Roi. Leur père, Joachim François Pierre Delacroix, présenté dans l'acte comme avocat en parlement, s'est remarié en 1746 avec Marie Thérèse Briollet.
• 25 mars 1750, Paris : Le jour du Mercredi Saint, dans la salle du Concert spirituel, "le Concert commença à l'ordinaire par une grande symphonie, ensuite Dominus regnavit, Motet à grand chœur de M. Fanton, Maître de Musique de la Sainte-Chapelle. M. France de Kermasin a joué un Concerto de clarine. M l'Abbé de la Croix a fait admirer la douceur de sa voix & les grâces de son chant dans Miserere mei Deux, ps. 50, de la composition de M. Le Fèvre, Organiste de Saint Louis dans l'Isle, qui a été fort goûté [...]", rapporte le Mercure de France.
• 18 septembre 1750, Paris : DELACROIX, machicot [musicien ou chantre] à la cathédrale Notre-Dame, obtient un congé jusqu'à la veille de la fête de saint Denis. La délibération mentionnant sa réception n'a pas été relevée ou mentionnée dans le registre capitulaire.

• 25 Mars 1751, Paris : Un petit motet nouveau, Jubilate Deo, est chanté par l'abbé DE LA CROIX au Concert Spirituel d'après l'Almanach historique et chronologique de tous les spectacles à Paris.

• 24 juillet 1752, Paris : DELACROIX, machicot de Notre-Dame, obtient un congé de 18 jours

• 13 juillet 1754, Paris : "Ce jour a été reçu [à la Sainte-Chapelle] sous la prébende et présentation de mr l'abbé de Brancas en qualité de clerc ordinaire le sr Delacroix, clerc tonsuré de Paris. La compagnie a bien voulu continuer audit Delacroix l'augmentaion qu'elle avoit cidevant accordée au feu Beroyer à condition toutesfois et non autrement qu'il sera privé de ladite augmentation faute par lui de remplir exactement tous ses devoirs". Quatre jours plus tard, le chapitre lui accorde l'appartement occupé par le sieur JOLLY, clerc ordinaire.

• 25 décembre 1758, Paris : Le jour de Noël, l'Asserte Domino de Lefèvre est chanté au Concert Spirituel par l’abbé DE LA CROIX.

• 1759, Paris : "L'Abbé De la Croix, à la Sainte-Chapelle" figure parmi les maîtres de musique répertoriés dans le Tableau de Paris. Il enseigne plus particulièrement "le goût du chant".
• 1759, Paris : Au Concert spirituel, "le 3 de ce mois, jour de la Pentecôte, après une Symphonie & un Motet à grand Chœur de M. Giraud, M. Gaviniès joua un Concerto de sa composition, qui fut suivi d'un petit Motet chanté par M. l'Abbé de la Croix", lit-on dans le Mercure de France. Le jour de la Pentecôte, "le Concert commença par une symphonie brillante, ensuite l’admirable Diligam te, motet à grand chœur du célèbre Gilles. M. l’Abbé de la Croix, cette charmante haute-contre de la Sainte-Chapelle, chanta un petit motet avec toutes les grâces possibles".

• 1761, Paris : D'après Les Spectacles de Paris, ou Suite du calendrier historique & chronologique des théâtres… pour l’année 1761", un "abbé de la Croix" figure parmi les quatre hautes-contres attachées au Concert spirituel. Il s'agit sûrement de Joachim Nicolas DELACROIX, même si la tessiture n'est pas exactement la même. Pendant les années 1750-début des années 1760, il fréquente une sorte de cercle voire un salon réunissant des hommes "aimables et de bon goût" autour de la mère du vicomte Charles Edme Gauthier de Brécy [né en 1753, fils d'un échevin de Paris], comme le raconte ce dernier dans ses Mémoires véridiques et ingénus de la vie privée morale et politique d'un homme de bien écrits par lui-même [publiés en 1834]. L'auteur mentionne "l'abbé de la Croix, chanoine [sic] de la Sainte-Chapelle, chanteur remarquable par le timbre et la beauté de sa voix".

• 13 février, 1762, Paris : Le chapitre accorde au sieur LACROIX, clerc ordinaire, la permission de s’absenter durant le reste du mois de l'office de matin "à raison de son infirmité", sans tirer à conséquence.

• 1763, Versailles : On relève son nom parmi les clercs dans l'"État des noms, surnoms de Messieurs les Trésorier, Chantre, Chanoines de la Sainte Chapelle Royalle de Paris, des chapellains perpétuels, chapellains ordinaires, clercs ordinaire, marguilliers, huissiers, appariteurs et autres officiers de ladite Sainte Chapelle que le Roy veut et entend jouir des privilèges de commensaux de sa Maison". Il est certifié que tous sont au service de la Sainte-Chapelle et demeurent à Paris. Il est encore cité dans un semblable état de 1781.

• 26 juillet 1764, Méron [Maine-et-Loire] : Présenté comme chapelain de Notre-Dame de Paris, bénéficier de la Sainte-Chapelle et "musicien du Roi" [sic], DELACROIX prend possession du prieuré Saint-Aubin situé dans cette petite localité d'Anjou, qui se trouve à quinze kilomètres de Saumur et quatre de Montreuil-Bellay. Est-il venu prendre possession en personne ? Il a obtenu ses trois semaines de congé le 23 juin précédent, à prendre à partir du premier juillet.

• 20 juin 1770, Paris  : "La compagnie a accordé aux sieurs La Croix et Boelly, clercs de Messieurs, sçavoir la somme de cent livres en augmentation annuelle au sr Lacroix et celle de deux cent livres en augmentation annuelle au sieur Boilly, lesquelles sommes avec celle de cent livres cy devant accordée par messieurs au sr Lacroix seront mises en distributions sur les trois grands offices de chaque jour, laquelle augmentation ne commence à courir pour chacun des dits sieurs que le samedi trente a l'office de la messe", indique le registre capitulaire.

• 17 août 1771, Paris : Les chanoines accordent douze jours de congé à DELACROIX qui "est venu demander la permission à MM. d'aller à son prieuré pour affaires indispensables".

• 28 mars 1773, Gennes [Maine-et-Loire] : DELACROIX permute son prieuré de Champigny-le-Sec avec celui de Saint-Aubin de Trèves détenu par l'abbé Firmin Lévêque. Ce prieuré situé à 13 kilomètres de Saumur est composé d'une maison seigneuriale, d'une chapelle, d'un grand enclos muré le long de la Loire, de 949 boisselées de terre dont 465 en bois abattus tous les dix ans, d'un fief dit "la Grange de Trèves". Les charges du prieur : trois messes par semaine, 300 livres par an au prêtre habitué chargé de ces messes, 300 livres au curé de la paroisse pour portion congrue et 150 livres au desservant de la chapelle Saint-Clément des levées.
• 17 avril 1773, Paris  : FREMEAUX a fait un arrangement avec LACROIX au sujet de son logement qu'il laisse vacant. La compagnie accepte.

• 1775, Paris : Il figure parmi les trois tailles dans l'"État de la musique de l'église de la Sainte-Chapelle de Paris", paru dans l'Almanach musical de cette année-là. Il en est de même dans l'Almanach musical de 1783.

• 2 octobre 1775, Paris : La compagnie accorde trois semaines de congé à DELACROIX, qui n’a pas eu de congé depuis deux ans.

• 2 avril 1781, Paris : La même compagnie octroie "au sr LACROIX, l'un des clercs de Messieurs, l'appartement n° premier à la communauté que le sr FREMEAUX chapellain va quitter, à la charge de ne pouvoir louer ni faire occuper cet appartement par qui que ce soit étranger à l'église". Le même jour, Jacques CHAUVET obtient l'appartement n° 11-12 quitté par LACROIX.

• 14 août 1784, Paris : On relève dans un registre de tutelle du Châtelet un acte d'homologation de contrat d'union de ses créanciers ordonnée par le lieutenant civil. Ces créanciers devront présenter leurs titres de créance pour vérification et il leur est interdit d'engager des poursuites contre l'abbé. Cette homologation fait suite à la requête de DELACROIX au lieutenant civil : "Supplie humblement Joachim Nicolas De La Croix, Chapelain titulaire de la Sainte Chapelle, prieur des prieurés de St Aubin de Trèves et de st Aubin de Méron, diocèse d'Angers, et Jean François Mallepeyre, agent de change syndic et directeur des droits des autres créanciers unis dudit abbé De la Croix suivant le contrat cy apres datté, qu'il vous plaise omologuer le contrat d'union et d'attermoyement cy joint fait entre ledit abbé de la Croix et ses créanciers devant me Hemart qui en a gardé minutte et son confrère, notaires au Chatelet de Paris, le vingt-trois octobre mil sept cent quatre-vingt-deux et jours suivants [...] pour être exécuté selon la forme et teneur par ceux qui l'ont signé" et permettre aux suppliants de faire assigner Me Angot et le syndic des créanciers unis de Me Gauthier de Brécy, seuls refusans, à trois jours par devant vous [...] pour voir déclarer communs avec eux tant le contrat d'union susdatté que votre sentence à intervenir et par provisions leur faire deffense de faire aucunes poursuites et contraintes contre ledit sieur abbé de la Croix".

• 1785, Paris : les Tablettes de Renommée précisent qu'il chante la taille. Il faut probablement l'identifier à l'abbé de LA CROIX qui se produit régulièrement au Concert spirituel des Tuileries entre 1750 et 1759.

• 18 novembre 1785, Paris : "La Croix, clerc de Messieurs", s'éteint. Le chapitre décide qu'un service aura lieu pour le repos de son âme ; "lequel étant mort sur la paroisse st barthélemy a été enterré à notre dame attendu sa qualité de chapelain de cette métropole". Lorsque son logement est attribué à TORCY le lendemain, il est précisé que DELACROIX était bien chapelain de Notre-Dame [l'acte de nomination et la prise de possession de la chapelle n'ont pas été relevés au moment du dépouillement des registres capitulaires, on en ignore même la date].

Mise à jour : 17 juin 2025

Sources
Almanach historique et chronologique de tous les spectacles A Paris, 1752 ; Almanach musical pour 1775 ; Almanach musical pour 1776 ; Almanach musical pour 1779 ; Almanach musical pour 1783 ; C. Port, Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, 1874 ; C. Port, Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, 1878 ; F-Ad75/ 5MI1/ 24 ; F-An/ H5/3551 ; F-An/ H5/3552 ; F-An/ H5/3553 ; F-An/ H5/3554 ; F-An/ H5/3555 ; F-An/ H5/3556 ; F-An/ LL 232/ 24/ 1  ; F-An/ LL 232/24 ; F-An/ LL 614 ; F-An/ LL 615 ; F-An/ LL 616  ; F-An/ LL 617 ; F-An/ LL 617 & 618 ; F-An/ O/1/607  ; F-An/ Y 5120 B ; F-An/ Y 5202 ; F-BnF/ Fichier Laborde 25387 ; L'Avant-Coureur, mars 1763 ; Les Spectacles de Paris ; M. Brenet, Les Musiciens de la Sainte-Chapelle..., 1910 ; M. Brenet, Les musiciens de la Ste-Chapelle du Palais ; M.Brenet, Les musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais..., 1910. ; Mercure de France dédié au Roi, avril 1750 ; Mercure de France, juin et juillet 1759 ; Semaine litteraire MDCCLIX par une Société de Gens de Lettres ; Tableau de Paris pour l'année 1759 ; Tablettes de renommée des musiciens ; Vicomte Gauthier de Brécy, Mémoires véridiques et ingenus de la vie privée morale et politique d'un homme de bien, 1834 ; É.G.J. Grégoir, Bibliothèque musicale populaire, 1877

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