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DELAVAIVRE, Jacques (1768-1839)
Date(s) : 1768-4-4 / 1839-10-28
Jacques DELAVAIVRE (1768-1839) s'achemine vers la prêtrise lorsque la Révolution survient. En 1790, il est vicaire, c'est-à-dire chantre ecclésiastique, du chapitre de Saint-Marcel, à Paris. Devenu prêtre, il n'est pas disposé à renoncer au sacerdoce et émigre en Angleterre. Entre 1795 et 1803, il vit au Québec : d'abord missionnaire en Gaspésie, il obtient en 1802 la place de chapelain des Ursulines de Trois-Rivières, mais son comportement trop frivole suscite des commérages. L'année suivante, il passe aux États-Unis en compagnie d'une des religieuses. De retour en France, il se fait nommer à une cure en Bourgogne, non loin de son lieu de naissance. Il finit par retourner à Paris, où il intègre le clergé paroissial de Saint-Nicolas-des-Champs.
• 4 avril 1768, Genouilly [Saône-et-Loire] : Jacques DELAVAIVRE, fils de Pierre Agathe Delavaivre, bourgeois demeurant en la paroisse de Genouilly, et d'Anne Duvieau son épouse, naît et se fait baptiser. Il a pour parrain Jacques Delavaivre, avocat à la cour demeurant à Tournus ; et pour marraine Marguerite Villain, épouse de Jean Beauburgeois, ci-devant notaire royal.
• 1787, Paris : Le sieur DELAVAIVRE effectue plusieurs paiements de sa pension de séminariste à Saint-Marcel. Il verse 79 livres 3 sols 4 deniers le 22 janvier 1787, 95 livres le 14 mai, 95 livres le 8 juillet, 15 livres 16 sols 8 deniers le 8 octobre.
• 13 avril 1788, Paris : Il est reçu à Sainte-Geneviève en tant que novice.
• 16 février 1789, Paris : Le chapitre de Sainte-Geneviève décide qu'il "sera admis [à la profession] lorsque l'année de son noviciat sera révolue". La Révolution interrompra le processus.
• 1789, Paris : Pour sa pension à Saint-Marcel, il paye encore 80 livres 13 sols le 3 mai et 100 livres le 12 juillet.
• 25 juin 1790, Paris : Jacques DELAVAIVRE, clerc tonsuré du diocèse de Mâcon, est vicaire [choriste ecclésiastique] du chapitre de Saint-Marcel, à l'instar des séminaristes de l'établissement du même nom. Les autres vicaires sont Charles Auguste BUÉE, Pierre Hyacinthe VARIN, Pierre RICHEBOURG, Augustin Gauthier GOURDAN, Antoine Robert Polycarpe DELAPLACE et Germain Christophe BINANT. Il quitte le séminaire peu de temps après, car il n'effectue aucun versement pour sa pension après avril 1790.
• 6 novembre 1791 : Il est ordonné prêtre, peut-être dans le diocèse de Chalon-sur-Saône. Il semble donc avoir prêté le serment constitutionnel.
• 1794 : Il est réfugié à Londres.
• 1795 : Il s'embarque pour la province britannique du Québec (Canada). Les autorités ecclésiastiques locales lui font bon accueil et lui procurent une place de vicaire en l'église paroissiale Notre-Dame de Québec.
• 17 octobre 1796, Québec : L'évêque Jean-François Hubert accorde des pouvoirs extraordinaires de missionnaire à Jacques DELAVAIVRE. Le 18, il informe Jean-Baptiste Marie Castanet, missionnaire à la Baie-des-Chaleurs, qu'il envoie M. DELAVAIVRE comme troisième missionnaire à la Baie-des-Chaleurs, en Gaspésie ; il est probable qu'il se fixera à Bonaventure, lui annonce-t-il. Il donne également la nouvelle à l'autre missionnaire, Louis-Joseph Desjardins, "assez familiarisé avec le langage des Micmacs", espérant "qu'ils travailleront ensemble dans une parfaite unanimité". Ces pouvoirs seront confirmés par le nouvel évêque Pierre Denaut le 8 septembre 1797.
• 1796-1798 : DELAVAIVRE rejoint ses collègues en Gaspésie. Il est accueilli chaleureusement par la population, comme le rapporte Desjardins (10 janvier 1797) : "L’arrivée de M. Delavaivre a causé dans toute la baie une révolution de joie ; elle a été extrême à Bonaventure", où Desjardins l'installe lui-même le 14 novembre 1796. Dans un rapport à l'évêque, DELAVAIVRE expose qu'il se voit "chargé d'une paroisse de 237 âmes et de 126 communiants. Ils m'ont donné jusqu'à ce moment beaucoup de consolation ; ils me semblent surtout affamés de la parole de Dieu. Le Seigneur veut bien favoriser leurs bons désirs en me permettant de leur dire tous les dimanches et fêtes ce que je trouve de plus convenable à leurs besoins", écrit-il. Il fait édifier une église, consacrée à la Pentecôte 1797. Outre Bonaventure, il est chargé de porter la parole divine à Paspébiac et Port-Daniel. Pas au-delà, sa santé délicate lui interdisant "d'étendre plus loin sa mission". De fait, il tombe malade l'année suivante, tout comme Castanet qui meurt en août 1798. Transporté "aux invalides", DELAVAIVRE ne se remet totalement qu'en octobre.
• 19 septembre 1799, Québec : Mgr Denaut informe son coadjuteur que pour l'instant, M. DELAVAIVRE restera à la Baie-des-Chaleurs.
• [1799-1802] : DELAVAIVRE dessert brièvement Saint-Nicolas de Lauzon [aujourd'hui quartier de la ville de Lévis], puis Saint-Michel de Bellechasse en qualité de vicaire auprès du curé Deguise. Le 18 novembre 1800, Mgr Denaut charge M. Leclerc de la desserte de la paroisse de Sainte-Croix, en attendant l'arrivée de M. DELAVAIVRE, qu'il a l'intention de nommer à cette cure. Cette nomination, finalement, n'a pas lieu. Le 26 septembre 1801, il envisage une nouvelle affectation pour DELAVAIVRE, à la Malbaie, mais il faut s'assurer que les habitants lui préparent un logement convenable. Là encore, le projet n'aboutit pas.
• 14 juin 1802, Québec : L'évêque informe son coadjuteur que M. Saint-Marc quittant le chapelinat des Ursulines des Trois-Rivières, il pense à le remplacer par M. DELAVAIVRE.
• 27 juin 1802, Québec : DELAVAIVRE vient d'être nommé chapelain des Ursulines des Trois-Rivières par l'évêque. "Ce séjour produisit un effet pernicieux sur l'esprit de ce jeune prêtre porté par tempérament à la frivolité", écrit Dionne. "Les amusements, les promenades l'attiraient plus que les livres sérieux ou les conversations avec ses confrères", ajoute-t-il. Bientôt il devint la cible de ragots.
• 17 septembre 1802, Québec : L'évêque préconise une visite canonique chez les Ursulines pour connaître la cause des "troubles" qui lui ont été signalés.
• 11 juillet 1803, Québec : Le coadjuteur Plessis rédige des lettres d'exeat en faveur de Jacques DELAVAIVRE, rappelé en Europe (est-il intéressé par les perspectives de carrière offertes par le Concordat ?). Ces lettres indiquent qu'il "a demeuré pendant huit ans dans le diocèse de Québec", que c'est un homme de bonne réputation, de vie régulière et de rapports agréables. Plessis aurait sans doute tourné ses phrases autrement s'il avait été informé des projets du jeune prêtre.
• 1803 : DELAVAIVRE quitte discrètement le couvent des Ursulines des Trois-Rivières avec l'une des religieuses, la mère Sainte-Anne. Passé aux États-Unis avec elle, il la fait entrer en communauté à Baltimore avant de rentrer en France.
• 30 janvier 1804, Québec : L'évêque écrit à son coadjuteur. Il "faudra aider M. Desjardins dans l'engagement qu'il a pris pour les coupables" (DELAVAIVRE et sa compagne), recommande-t-il. Il note que "Mgr de Baltimore" demande le pardon pour la religieuse, qui se dit repentante. Selon lui, DELAVAIVRE "serait dans une province séparée où il fait pénitence". Si un temps de pénitence lui fut imposé, il n'excéda pas quelques mois. L'affirmation de Dionne, selon lequel "l'abbé de la Vaivre s'enferma dans une maison de retraite [où il] passa le reste de sa vie dans l'exercice de la mortification et de la pénitence", ne tient pas et s'il s'engagea dans un régiment, ce fut pour peu de temps. La religieuse se rendit plus tard en France pour y retrouver son amant, mais celui-ci la fit entrer de nouveau comme novice dans une communauté de Paris.
• 3 janvier 1806, Chissey-en-Morvan [Saône-et-Loire] : Jacques DELAVAIVRE devient curé de cette paroisse.
• 28 octobre 1839, Paris : Jacques DELVAIVRE, prêtre, âgé de 71 ans, rend son dernier soupir. L'acte reconstitué conservé dans l'état civil parisien est extrêmement succinct et ne cite pas sa source, qui semble être l'annonce ci-dessous.
• 1840 : Le décès de Jacques DELAVAIVRE, originaire "du diocèse d'Autun, du clergé de Saint-Nicolas-des-Champs, mort le 28 octobre [1839] à soixante-onze ans et demi" à Paris, est annoncé dans L'Ami de la religion, journal ecclésiastique, politique et littéraire.
Mise à jour : 19 juin 2024

