Login
Menu et informations
DENIS, George, "le Père" (1720-1789)
État civil
NOM : DENIS     Prénom(s) : George     Sexe : M
Complément de nom : "le Père"
Autre(s) forme(s) du nom : DENYS
Date(s) : 1720-1-11  / 1789-11-27
Notes biographiques

En approchant de Saumur « petite ville arrosée par la Loire » le voyageur est saisi par le château fortifié à la pierre si blanche campé sur son éperon rocheux. Au XVIIIème siècle l’organisation religieuse catholique de Saumur s’articule autour de trois paroisses dont l’une Notre-Dame de Nantilly est dite "plébéanne [ou paroissiale] et matrice". Un seul curé officie dans les trois églises, car celles de Saint-Pierre et Saint-Nicolas sont des « succursales » ou "fillettes", desservies chacune par des vicaires. Entre 1777 et 1789 l'organiste qui touche l'orgue s'appelle George DENIS. Il est originaire de Verdun [Meuse] et s'est préalablement installé à Nantes et Angers où il est connu comme facteur d'orgue et organiste avant de rejoindre Saumur. Sa fille Marie Elizabeth est pressentie pour le remplacer à la tribune avant même son décès. Son fils François Joseph est également organiste.

• 11 janvier 1720, Verdun [Meuse] : George DENIS, futur organiste est baptisé le lendemain de sa naissance à Saint Pierre l'Angelé, une collégiale de Verdun où plusieurs de ses enfants seront également baptisés.

• 6 février 1753, Verdun : George DENIS épouse en la collégiale Saint Sauveur, à 33 ans, Anne Morlet, mineure dont les parents sont défunts. Les familles sont représentées et signent l'acte.
•1753-1763, Verdun : 8 enfants sont issus de cette union dont 5 survivront. L'aînée est une fille, Marie Elizabeth DENIS née le 18 novembre 1753 future organiste ayant vraisemblablement exercé à Saumur en Anjou fin 1789 tout comme François Joseph DENIS né le19 octobre 1754. Les actes de baptême font mention de la profession de George DENIS, "marchand graissier" (expression désignant un épicier dans le Nord), "bourgeois de cette ville", puis ou et "organiste". Il est notamment organiste à La Magdeleine, une collégiale qui au XVIIIème siècle était organisée autour d'un Prévôt, un grand Doyen, un grand chantre et de 20 prébendes de quatre ou cinq cents livres ainsi que la présente Piganiol de la Force dans sa Description de la France.

Une question reste en suspens : quelles motivations conduisent cette famille installée confortablement à quitter Verdun où elle jouit d'une position qui semble avantageuse ? Car son avenir est loin d'être dessiné clairement. Si la première étape connue de son itinérance à ce jour est Nantes, il est possible que la famille DENIS ait fait halte auparavant. Reste à savoir où ?  

• [1765-1767], Nantes : En quittant Verdun, George DENIS et sa famille traversent le royaume d'est en ouest pour s'établir en pays nantais ainsi que l'attestent deux naissances et un décès. En septembre 1765 est baptisée une petite Anne Nicole, fille du sieur Georges DENIS et d'Anne Morlet. Deux ans plus tard, en 1767, c'est Hubert Georges qui voit le jour. La profession de son père précise "organiste et claveciniste" ainsi que leur domicile près le Bon Pasteur. La marraine retient l'attention car il s'agit de Marie Elisabeth, sœur aînée de l'enfant. Ce petit dernier, confié en nourrice ne survivra qu'un mois.

• 1777-1789, Angers et Saumur, [M&L] : La famille DENIS s'installe en Anjou à une date indéterminée. Il y est réputé "facteur d'orgue et organiste" selon le premier contrat d'organiste de George DENIS avec la fabrique de Notre-Dame de Nantilly (Saumur) daté de 1777. Il est établi pour une période de 6 ans. Le brouillon d'un second contrat, sans date, est à situer vers 1783. Les conditions du second contrat (non signé) sont plus avantageuses. DENIS n'a plus à assumer les frais de souffleur, sa rémunération passée de 250 à 300 livres est payée mensuellement au lieu de trimestriellement et il dispose de 8 chaises en tribune. Il assure toujours l'entretien de son instrument qu'il "touche suivant l'usage ordinaire du diocèse d'Angers". Ses conditions de travail se sont donc assouplies. En revanche les contrats ne mentionnent pas les enfants de chœur dont la formation reste méconnue. Des incertitudes persistent sur l'organisation de la musique à Notre-Dame de Nantilly. À lire les documents disponibles, il semble que la musique serve surtout à soutenir le plain-chant. Le chant est confié à un diacre Joseph PELOU et au sacriste Thomas BLANDIN qui justifient de leur capacité à chanter au moment de leur cooptation.

• 1777-1779, Saumur : L'organisation de Saumur autour de l'église matrice de Nantilly permet à George DENIS de jouer de l'orgue à l'église succursale de Saint-Pierre. Les comptes de la fabrique révèlent qu'il perçoit 75 livres par trimestre de son second employeur.

• 31 décembre 1778, Saumur : François Joseph DENIS, frère de Marie Elizabeth DENIS, assiste à l'inhumation du musicien Pierre BONAL en compagnie de son père George DENIS. L'orgue relève d'une pratique familiale.

• 1782-1783, Saumur : Les comptes de fabrique de Saint-Pierre rémunèrent DENIS à hauteur de 225 livres en 1782, 150 livres en 1783. En 1784, seul le souffleur d'orgue Terrier touche ses 12.10 livres deux fois dans l'année. DENIS intervient probablement dans le cadre de son contrat avec Notre-Dame de Nantilly sans gain supplémentaire. Les années suivantes, aucune dépense d'organiste ou souffleur n'est mentionnée semblant indiquer que l'orgue n'est pas utilisé alors que l'instrument a été restauré en 1768. DENIS avait changé un soufflet en 1783 (pour 2.10 livres). Les enfants de chœur présents sont alors BOUGOIN et GUERIN.
• 4 novembre 1789, Saumur : DENIS est probablement malade car le chapitre de Notre-Dame de Nantilly prend ses dispositions pour nommer "la fille DENIS" organiste.

• 27 novembre 1789, Saumur : George DENYS organiste est inhumé au cimetière de Notre-Dame de Nantilly "accompagné de la grande communauté de cette paroisse". Un musicien cité comme tel est présent. Il se nomme Jacques LEMPEREUR musicien au corps des carabiniers d'origine allemande qui a francisé son nom (Johan Jacob KAEISSER dit LEMPEREUR). Il sera alternativement, marchand faiëncier ou maître de danse.

Mise à jour : 10 avril 2021

Sources
F-ADio.Angers/ P 92  ; F-Ad44/ Nantes, BMS St-Léonard, St-Nicolas ; F-Ad49/ BMS N-Dame de Nantilly ; F-Ad49/ BMS Saumur, Notre-Dame de Nantilly ; F-Ad49/ G 2704 ; F-Ad49/ G 2705 ; F-Ad55/ BMS St Pierre L'Angelé ; F-Ad55/ BMS St Sauveur ; F-Ad55/ BMS St Sauveur, St Pierre L'Angelé de Verdun

<<<< retour <<<<