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DOLLÉ, Jean-Baptiste (1767-1852)
État civil
NOM : DOLLÉ     Prénom(s) : Jean-Baptiste     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : DOLLET
DOLET
DOLLÉE
DOLÉ
Date(s) : 1767-4-22   / 1852-8-31 
Notes biographiques

Originaire du diocèse de Chartres, Jean-Baptiste DOLLÉ (parfois DOLLET) est le dernier maître de musique de Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers. Sa jeunesse et sa formation ne sont pas (encore) connues avec certitude. Il termine sa vie comme maître d'écriture à Poitiers, où il meurt en 1852.

• 22 avril 1767, Saint-Pellerin [actuellement en Eure-et-Loire] : Né le 22, Jean-Baptiste DOLLÉ est le lendemain présenté sur les fonts baptismaux par un parrain et une marraine appartenant à la noblesse. Ses parents, Jean-Baptiste Dollet et Perrette Nélaton/Néladon, s'étaient mariés quatre mois et demi plus tôt. Son père était alors domestique chez Madame Lebrun de Bullioud, qui signe à son mariage et est la marraine de l'enfant. Sa mère était très vraisemblablement elle aussi domestique, peut-être chez la baronne de Montmorency, dont un autre domestique porte la procuration envoyée par le père de la jeune mariée, vigneron des coteaux jurassiens.
On devine un couple mobile, peu implanté dans la bourgade où le hasard nous les fait rencontrer. Lorsque, un quart de siècle plus tard, leur fils se mariera, Jean-Baptiste Dollet et Perrette Nélaton/Néladon seront domiciliés à Saumur. Où ont-ils vécu entre temps ?
 
• [D'environ 1774 à environ 1784] : Jean-Baptiste est enfant de chœur. Lors de ses démarches de 1790-1791, il déclare qu'il a "été attaché à l'église dès sa plus tendre jeunesse en qualité d'enfant de chœur"... sans préciser où. On pourrait logiquement penser qu'il a été élevé dans les alentours de son lieu de naissance, à Châteaudun ou à Chartres même, mais il ne figure pas dans la liste des enfants de chœur connus de la cathédrale de Chartres. Par ailleurs, la mobilité que l'on devine chez ses parents laisse penser qu'ils ne sont pas restés longtemps à Saint-Pellerin et que leur fils a aussi pu être éduqué tout à fait ailleurs.
Deux frères du nom de DOLÉ ou DOLLÉ, dont les prénoms ne sont pas donnés, sont enfants de chœur à la cathédrale d'Auxerre à des dates exactement compatibles avec ce que l'on sait de la biographie de Jean-Baptiste DOLLÉ. Ils y côtoient Jacques-Marie CORNU, qui y est enfant de chœur de 1773 à 1779. Ce dernier et les frères DOLLÉ ont vraisemblablement été recrutés à Paris par le maître de musique, Edme CHAPOTIN, aux efficaces réseaux parisiens. Les frères DOLLÉ sortent de la maîtrise auxerroise en avril 1783.

• Début août 1787, Auxerre : Un certain DOLLÉ vient de Paris, avec CORNU, DEVILLIERS et un fils PRUNELLE pour "faire de la musique la veille et le jour de St-Étienne", la grande fête de la cathédrale d'Auxerre. Il s'agit de l'ancien enfant de chœur, à n'en pas douter. S'agit-il de Jean-Baptiste ? Le 4 août, chacun d'eux reçoit son paiement, 24 livres pour les trois premiers, et 12 livres pour le dernier, avant de repartir pour Paris.
 
• 7 janvier 1788, Auxerre : Le chapitre prend connaissance d'une lettre respectueuse reçue de DOLLÉ "ancien enfant de chœur de cette église", par laquelle il demande au chapitre "un certificat qui atteste sa conduite et les services qu’il a rendus". Les chanoines auxerrois sont d’avis de le lui expédier le plus tôt possible. Rien n’est dit de ce que fait alors Dollé ni où il réside, mais la date correspond tout à fait au moment où Jean-Baptiste DOLLÉ candidate à St-Hilaire de Poitiers… puisqu’il y est reçu le 1er février. Cela va dans le sens de l'identification de "DOLLÉ aîné", enfant de chœur à Auxerre de 1775 à 1783, à Jean-Baptiste DOLLÉ.
• 1er février 1788, Poitiers : Qualifié de "musicien du diocèse de Chartres", Jean-Baptiste DOLLÉ est reçu maître de musique et de psallette à la collégiale Saint-Hilaire-le-Grand. Le chapitre passe un bail avec lui devant Me Bourbeau, notaire royal de Poitiers. Il recevra 2 400 livres par an, en argent, blé, vin foin (8 boisseaux et demi de froment et 6 boisseaux 3/4 de seigle) dont partie provenant des dîmes et terrages situés sur les coteaux de la psallette, "sous Biard". Il disposera d'un logement garni évalué à 300 livres (maison et jardin). Il est chargé de nourrir 7 enfants de chœur.
     Le 4 février, il reçoit "120 livres pour les frais de son voyage". De Chartres à Poitiers, il y a environ 240 km par Châteaudun, Vendôme, Tours, Châtellerault. La somme de 120 livres est élevée : c'est ce que Jean HOUDRY avait eu cinq ans plus tôt, lorsqu'il avait été reçu musicien basse taille à la collégiale Saint-Hilaire-le-Grand, pour venir depuis Paris soit 80 à 90 km de plus à parcourir... Cependant le registre capitulaire ne dit absolument pas que DOLLÉ arrive de Chartres. On ignore actuellement où il a passé les deux ou trois années écoulées depuis sa sortie de la maîtrise. S'il s'agit du même homme que celui venu jouer ponctuellement à Auxerre pour la Saint-Étienne 1787, il viendrait plutôt de Paris et alors ses frais de déplacement seraient exactement cohérents avec ceux de Jean HOUDRY. C'est un indice supplémentaire qui va dans le sens d'une identification à l'ex-enfant de chœur d'Auxerre.
Peu de temps après son arrivée, deux musiciens, AUBIN et GAUDRION, sont renvoyés. Ils sont remplacés par Claude DUVAL musicien haute contre du diocèse de Noyon, et par Jean-Baptiste HERBULOT musicien basse contre du diocèse de Reims.

• 1er janvier 1789 : Le sieur Jean-Baptiste DOLLÉ, "maître de musique de Saint-Hilaire", est parrain d'une fille de Jean ALEXANDRE musicien de Saint-Hilaire.

1790, Poitiers : Jean-Baptiste DOLLÉ est toujours maître de musique et de psallette à la collégiale Saint-Hilaire-le-Grand. Il a la charge des enfants de chœur Pierre CABANNE, François POINOT, Hilaire JOUBERT et René GOUJON. Il devait, normalement, y en avoir deux autres, qui ne sont pas connus.
• 3 mars 1790 : DOLLÉ co-signe une pétition avec plusieurs musiciens de différents chapitres.
• 22 novembre 1790, Poitiers : Il co-signe une supplique avec les musiciens du chapitre de Saint-Hilaire : Claude Marguerite LARDYJean-Baptiste BROCHETClaude Robert DUVALCharles PIERRONJean-Baptiste TORELLELouis Victor BABINJean HOURTICOLOUFrançois POULAINNicolas Joseph VENON, Jean ALEXANDRE et Pierre Louis DELAURIÈRE. Pierre BEAUMONT ne fait pas partie des signataires mais était également en poste à Saint-Hilaire-le-Grand à ce moment-là.
• [1790], Poitiers : Jean-Baptiste DOLLÉ adresse une supplique au directoire du département de la Vienne. Il est âgé de 24 ans et demeure rue de la Psallette.
• [1791], Poitiers : Le directoire du district de Poitiers estime qu'il y a lieu d'accorder à "Jean DOLLÉ" une gratification de 200 livres.
• 28 juin 1791, Poitiers : Il reçoit environ 41 livres pour un mois de service à St-Hilaire-le-Grand 

• 14 Brumaire an II [4 novembre 1793], Poitiers : Âgé de 26 ans, Jean-Baptiste DOLLÉ épouse Angélique Caillas. Il est devenu "employé dans les charrois" et a, de fait, quitté l'état ecclésiastique. Le dossier mentionne sa date ainsi que son lieu de naissance. Jean-Baptiste DROCOURT et Jean HOURTICOLOU sont présents et signent.

• 11 frimaire an X [12 décembre 1801], Poitiers : Lors du décès de leur mère, Jean-Baptiste DOLLÉ et son frère Louis-Marie sont présents et signent. Ils sont respectivement dits maître de pension et instituteur.

• 1808, Poitiers : Jean-Baptiste DOLLÉ apparaît, avec ses confrères de la cathédrale Saint-Pierre François VÉRON et Jean-Baptiste DROCOURT, parmi les souscripteurs d'un traité d'Alexandre CHORON (Principes de composition des écoles d'Italie, adoptés par le gouvernement français, pour servir à l'instruction des Élèves des maîtrises de Cathédrales...). Il est dit "maître de chapelle à Poitiers", ce qui semblerait indiquer qu'il avait retrouvé un poste après le Concordat.

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• 31 août 1852, Poitiers : Jean-Baptiste DOLLÉ décède à l'âge de 85 ans, à son domicile, rue de la Tranchée. Les deux cordonniers qui déclarent le décès à la mairie connaissaient mal le défunt. Ils le croient né à Paris et le disent "ancien professeur d'écriture". Auraient-ils confondu maître de musique et maître d'écriture ? L'un comme l'autre sont beaucoup plus jeunes que le défunt et l'ont sans doute peu ou pas connu en activité.

Mise à jour : 23 juillet 2018

Sources
F-Ad28/ BMS St-Pellerin 1765-1767 ; F-Ad86/ BMS Saint-Hilaire ; F-Ad86/ D Poitiers an X ; F-Ad86/ G 570 ; F-Ad86/ L 226 ; F-Ad86/ L 235 ; F-Ad86/ L 278 ; F-Ad86/ NMD Poitiers ; F-Ad89/ G 1809 ; F-An/ DXIX/090/749/01 ; F-An/ DXIX/103/749/03 ; F-Pn/ Vm8.156

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