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FANTON, Abel François (ca 1701-1756)
État civil
NOM : FANTON     Prénom(s) : Abel François     Sexe : M
Date(s) : 1701 ca  / 1756-5-15 
Notes biographiques

Abel François FANTON, l'un des compositeurs de musique religieuse les plus réputés de Paris au milieu du XVIIIe siècle, semble un peu oublié aujourd'hui. Certes, il est encore beaucoup à découvrir sur l'homme (racines, famille, formation, revenus) mais les étapes de sa carrière commencent à se dessiner plus nettement. Il occupe successivement les postes de maître de musique dans les cathédrales d'Angoulême (années 20), de Blois (années 30-45) et enfin de la Sainte-Chapelle-du-Palais, sur l’île de la Cité à Paris. A cette place, il côtoie les plus grands, voit passer la famille royale ou compose pour célébrer des évènements liés à elle et à l’État, assiste aux messes rouges de la rentrée du Parlement. Il est plus à même également de proposer des œuvres de sa composition au Concert Spirituel. Le succès ne s'y démentira jamais, bien au delà de sa disparition, en 1756, et l'on continuera de faire exécuter ses motets à grands chœur "avec applaudissemens" alors même que le goût musical a évolué. Cela explique également qu'il fut, une génération avant celle de l'abbé Guilleminot-Dugué, l'arbitre du bon goût en matière de musique d’Église vers lequel les chapitres se tournent pour coopter leurs maîtres de chapelle.

• [1701] : Abel François FANTON voit le jour peut-être dans la région de Saintes [Charente-Maritime] mais on ignore tout de ses origines et de son établissement de formation (à Saintes, à Angoulême, à Bordeaux?].

• 31 janvier 1718, Bordeaux [Gironde] : 10 livres sont versées à FANTON, choriste, par les chanoines de la collégiale Saint-Seurin.

• 29 mai 1724, Bordeaux : Selon la Revue Historique de Bordeaux, 1966, FANTON serait en poste à la collégiale Saint-Seurin de Bordeaux cette année-là avant l'arrivée de VALETTE DE MONTIGNY (attestée avant avril 1725). On relève en effet au mois de mai 1724 dans le registre capitulaire la mention de son recrutement pour 1 400 livres par an (éphémère, envisagé?)....FANTON aurait été précédemment en poste comme maître de musique à Angoulême, très probablement à la cathédrale Saint-Pierre.

• 1er mai 1726, Angoulême [Charente] : On relève la signature "Fanton" au bas de l'acte de mariage célébré paroisse Saint-Jean entre Antoine CAUVILLET, musicien de la cathédrale Saint-Pierre, et Marguerite Bourdin. Il serait encore en fonction comme maître à Saint-Pierre l'année suivante et toujours présenté comme laïc.

• 25 septembre 1731, Angoulême : Il signe comme parrain de Antoine, fils de Jean FAURE, musicien et d'Anne Allemant, baptisé paroisse Saint-André, indice supplémentaire qu"il est toujours en fonction à la cathédrale.

• 25 mai 1732, Blois [Loir-et-Cher] :  Prêtre du diocèse de Saintes, Abel François FANTON est reçu maître de musique à la cathédrale Saint-Louis. Le chapitre lui confère la chapelle sous le titre Notre-Dame Grosse Mère de Dieu. Il semble succéder à un certain Mr DE CASAN, lui-même en poste depuis peu et successeur de François TERRASSON.

• 1734, Reims [Marne] : Le chapitre de la cathédrale lui offre le poste de maître de musique qu'il refuse. C'est Simon DEPOIX qui prend alors la place.

• 25 mai 1744, Blois : Le chapitre lui octroie une indemnité de six setiers de blé [Jules Brosset, Le Grand Orgue, les maîtres de chapelle et musiciens du chœur, les organistes de la cathédrale Saint-Louis de Blois, 1907).

• 30 janvier 1745, Paris : « Le sieur Abel François Fanton pretre du diocese de Xainte que mr le Trésorier a choisi pour remplir la place de me de musique qu’occupoit cidevant le sr [François] de la Croix qui est a present chapelain perpetuel de cette Eglise a été presenté a mr le Trésorier par mr l’abbé [nom peu lisible] pour etre reçu sous sa prebende en qualité de clerc ordinaire de Mrs les Trésorier et chanoines apres avoir été approuvé par mr le Chantre suivant les usages et Reglemens, en consequence Mr le Trésorier a reçu le sieur Fanton lundi dernier vingt cinq de ce mois pendant l’heure de Tierce et lui a assigné la place du côté droit après avoir preté le serment accoutumé. Ce jour la compagnie a ordonné que le sr Fanton seroit mis sur le livre du point en qualité de clerc suivant sa supplique qu’il en a faite a la Compagnie ». Le 3 février suivant, il perçoit une gratification de 30 livres. Dans cet établissement parisien, c'est le dignitaire du chapitre qui choisit le nouveau maître de musique. Il s'agit alors de l'abbé de Vichy-Chamrond.  Cette années-là, FANTON a l'occasion dans doute de faire connaître sa musique car de nombreux Te Deum sont célébrés pour fête les victoires du roi lors de la campagne dans les Pays-Bas Autrichiens.

• 22 janvier 1746, Paris : La compagnie avance à FANTON une somme de 900 livres qu'il devra rembourser dans le courant de l'année.
• 1746, Blois : Le chapitre de ma cathédrale décide de nommer le musicien DURAND en qualité des sous-maitre de la psallette jusqu’au premier janvier de l'année suivante. Les registres capitulaires de cette période ont disparu, il ne reste que des dépouillements superficiels et synthétiques du début du XXe siècle. Il semblerait qu'on attende un éventuel retour de FANTON. Le 5 février, le chapitre supprime les revenus de la chapelle Saint-Eustache, affectée au maître de musique. Les revenus de cette chapelle s'élevaient à 800 livres par an en échange de la célébration d'une messe par semaine.Ce n'est qu'au début de l'année 1747 que les chanoines de Blois reçoivent leur nouveau maître de musique, Joseph GARNIER.

• 25 janvier 1747, Paris : « ce jour la compagnie a ordonné à mr l’abbé Thomas receveur et chanoine de payer au sr Fanton maistre de musique la somme de 68 livres pour gratification accordée à differens musiciens qui sont venus chanter extraordinairement pendant l’année »; d'autres Te Deum ont été célébrés.

• 10 février 1748, Paris : « Ce jour le sr Fanton maître de musique est venu supplier la compagnie de lui accorder 3 jours de congé pour une affaire pressante et indispensable, ce qui a été accordé » lit-on dans le registre capitulaire. Comme chaque année, FANTON est présent aux assemblées générales trimestrielles et il figure parmi les clercs ordinaires.
• 1748, Paris : Le Mercure de France mentionne sans doute la première œuvre de FANTON exécutée au Concert Spirituel, le 16 avril. Il s'agit d'un motet à grand chœur, Dominus Regnavit. Le même jour sont chantées des œuvres de Delalande, Mouret, Mondonville. Les 7 et 8 juin suivants, le Mercure signale qu'on "exécuta pendant la Messe de leur Majestés le pseaume Dominus Regnavit & de la composition de M.l'Abbé Fanton, Maître de Musique de la Sainte Chapelle de Paris".

• 11 juillet 1750, Paris : Les chanoines fustigent « quelques chapelains et clercs [qui] continuent dans la mauvaise habitude de causer scandaleusement dans le chœur pendant l’office divin, de passer une partie considerable des offices et meme de la sainte messe dans la sacristie ou dans le vestiaire et de sortir precipitamment de l’eglise avant que le service soit antierement terminé [...]" et décident de faire pointer plus sévèrement les délinquants. Le maître de musique n'est pas mentionné ni associé à ces décisions.
• 10 octobre 1750, Paris : Il obtient trois semaines de vacances.
• 16 décembre 1750, Paris : Abel François FANTON écrit à Louis-François TOUTAIN, maître de musique de la cathédrale de Rouen. Le premier objet de la lettre est de lui recommander un jeune homme nommé LAUBEREAU, qui chante la haute contre, issu de la maîtrise de la cathédrale de Chartres et prêt à être auditionné à Rouen pourvu qu'on lui paye le voyage. Mais sa lettre donne aussi un écho des informations qui circulent au sein du réseau des musiciens et elle prouve que TOUTAIN commençait à être reconnu comme un bon compositeur : "Mr SIONET nous a fait ici un grand récit de votre motet de la Conception. Je n'en ay point été surpris. Je prends beaucoup de part aux éloges et aux applaudissements que vous recevez dans votre patrie. Vous faites mentir le proverbe : Nemo propheta in patria sua…".

• 10 décembre 1751, Paris : Il signe devant maître Charles Louis Quentin une cession d'intérêts avec Vincent de la Motte et François Jacques.

• 1752, Blois : Les chanoines reçoivent le 14 janvier la procuration de l'abbé FANTON "pour la regie des biens de la chapelle st Eustache dont il est titulaire depuis le 16 décembre dernier". Le 28 janvier, ils autorisent leur receveur à lui payer à l'avance une année des revenus de cette chapelle.

• Printemps 1753, Paris : "Le Concert Spirituel a attiré plus de monde dans la quinzaine de Pâques qu'il ne l'avoit fait dans les années précédentes. On va voir par le détail de différens morceaux qui y ont été exécutés, que ce succès étoit dû aux soins & au goût des Directeurs" explique le Mercure de France. "Le Concert de Dimanche huit [juin], jour de la Passion, commença par une symphonie; ensuite Deus, venerunt gentes, nouveau Motet de M.Fanton, qui fut assez mal exécuté [...]. Il est chanté à nouveau le lundi de Pâques.
• Juillet 1753, Saint-Dié [Vosges] : Jean-Baptiste Luc TRABOUILLET, alors en poste comme maître de musique de la cathédrale Saint-Dié, se porte candidat au poste de maître à la cathédrale Notre-Dame de Rouen. Dans sa lettre, il précise "On vient de m'écrire que votre maitrise étoit vacante, si le peu de talent que le ciel m'a accordé pouvoir vous être utile, je vous offre mes services. J'envoie a ce sujet quelques pièces a Paris pour être examinées par Mr Goulet maître de musique de Notre-Dame et par Monsieur Fanton maître de musique de la Sainte-Chapelle. Ces messieurs jugeront si je suis capable d'occuper le poste de maître de musique de votre église [...]".
• 19 novembre 1753, Chartres [Eure-et-Loir] : Les chanoines de la cathédrale Notre-Dame écrivent à FANTON afin d'avoir davantage de renseignements au sujet d'Henri HARDOUIN, maître de musique à la cathédrale de Reims, qui offre ses services.
• Décembre 1753, Paris : Les Annonces, Affiches et Avis divers du mercredi 26 évoque le concert de la veille du jour de Noël. On a donné en particulier un "motet à grand chœur mêlé de Noëls, dans lesquels M.Daquin organiste du Roi a joué seul". Le Concert a fini par le motet à grand chœur de l'abbé Fanton, Cantate Domino.

• 2 janvier 1754, Paris : FANTON, maître de musique, figure pour la première fois parmi les chapelains ordinaires lors de l'assemblée générale et non plus parmi les clercs ordinaires. L'acte de nomination à une chapelle n'a pas été relevé.
• Printemps 1754, Paris : Les Spectacles de Paris ou suite du Calendrier historique et chronologique des Théatres récapitule la liste de six motets à grand chœur de FANTON qui ont été executés à l'occasion du Concert Spirituel (Cantate Domino Canticum, Deus venerunt, Dominus Regnavit, Exultate justi, Jubilate Deo omnis terra, Quare fremuerunt). "Ce Musicien se distingue surtout par ses brillantes symphonies & son chant gracieux. Ses Motets remplis de feu & d'imagination décelent le grand Maître & l'homme de génie. Il étoit autrefois Maître de Musique de la cathédrale de Blois; il est aujourd'hui Maître de Musique de la Sainte Chapelle".
• 27 juin 1754, Blois : L'évêque précise qu'en vertu de l'union des chapelles effectuée en 1746 sur ordre de Mgr de Crussol, son prédécesseur, il n'a plus rien à payer pour l'entretien des cinquième et sixième enfants de chœur de la cathédrale. Or la chapelle mise en extinction appartient toujours à l'abbé FANTON et le chapitre a peur de n'en jouir "peut etre que dans vingt ans".
• 26 octobre 1754, Paris : Il obtient trois semaines de congés.

• 3 septembre 1755, Paris : FANTON, maître de musique reçoit 8 jours de congé.
• 1755, Tours [Indre-et-Loire] : Le chapitre de la collégiale Saint-Martin confie le 3 novembre à l'un des siens la tâche de s'adresser au maître de musique de la Sainte-Chapelle de Paris. Celui-ci doit enquêter sur les témoignages de bonnes vie et mœurs de Joseph CHEVALIER, maître de musique de la cathédrale de Blois. Trois semaines plus tard, une nouvelle missive lui est expédiée afin qu'il trouve un bon maître pour la collégiale, CHEVALIER ne semblant pas avoir été retenu.

• 19 mai 1756, Paris : « Le 15 du présent mois est décédé Me Abel François FANTON prêtre du diocèse de Saintes, maître de musique de cette église, âgé d’environ 55 ans, et a été enterré dans le cimetière de la Sainte-Chapelle » lit-on dans le registre capitulaire. Henry BRÉVAL lui succède dans le courant de l'année.

• 4 mars 1757, Blois : Le receveur du chapitre de la cathédrale Saint-Louis annonce avoir reçu de l'évêque de Blois 375 livres dont 250 livres pour la pension de deux enfants de chœur depuis le 18 juillet 1755 jusqu'au 15 mai 1756, jour de la mort de me FANTON [sa chapelle rentre en possession du chapitre et ses revenus vont servir à l'entretien des enfants] et 125 livres pour le entretien durant cette période; à présent l'évêque est déchargé de ces dépenses.

• 14 avril 1759, Paris"Le concert commença par une symphonie, ensuite Deus venerunt gentes, motet à grand chœur de feu M.Fanton, Maître de Musique de la Sainte Chapelle, dont le vrai mérite est généralement connu" [Semaine littéraire M.DCC.LIX par une Société de Gens de Lettres].

• Juin 1763, Paris : "Dans le premier de ces concerts [spirituels du jour de l'Ascension], les deux grands motets étoient le Dixit Dominus del signor Leo & Deus venerunt gentes de feu M.Fanton, motet du plus beau genre, qui eut beaucoup d'applaudissemens, & auquel on ne peut trop en donner" [Mercure de France].

• 10 avril 1769, Paris : "Le Concert fut terminé d'une façon brillante & avec applaudissement général de l'assemblée, par Deus venerunt gentes, motet à grand chœur de M.Fanton" [Mercure de France].

• 25 décembre 1770, Paris : "Le Concert a fini par un motet à grands Chœurs de Fanton, d'une excellente facture. Il est du nombre de ceux qu'il ne faut pas juger sur le goût actuel de la Musique, mais sur celui qui régnait lorsqu'elle a été faite" lit-on dans le Journal de Musique au sujet du Concert Spirituel.

"Mise à jour : 10 avril 2024

Sources
Archives nationales, salle des inventaires virtuelle  ; Bulletin et Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 1892 ; Collette & Bourdon, Maîtrise de Rouen, 1892 ; Correspondance avec Mathieu Gaillard ; Courriel F. Noblat, 2012 ; F-Ad33/ G 1012 ; F-Ad41/ G 212 ; F-Ad76/ G 4463 ; F-Adio.Tours/ registre capitulaire St-Martin n°5 ; F-Adiocésaines/Blois/1 H ; F-Am Angoulême/ BMS St-Jean ; F-An/ LL 614 ; F-An/ LL 614 et 615 ; F-An/ LL 615 ; Généanet.org ; H. Stein, Le palais de justice et la Sainte-Chapelle de Paris, 1912 ; Inventaire sommaire des Archives départementales de Gironde, 1901 ; J. Leflon, Hardouin..., 1933 ; J.Brosset, Le Grand Orgue, les maîtres de chapelle..., 1907. ; Le Journal de Musique, décembre 1770 ; Les Spectacles de Paris ; M. Brenet, Les musiciens de la Ste-Chapelle du Palais ; M.Benoît (dir.), Dictionnaire de la musique en France, 1992  ; Mercure Français, 1768 ; Mercure de France dédié au Roi, avril 1750 ; Mercure de France, 1748 ; Mercure de France, 1763 ; Morand , Histoire de la Sainte-Chapelle royale du Palais ; Ph. Loupès, Chapitres et chanoines de Guyenne..., 1985 ; Semaine littéraire, 1759

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