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FASQUEL, Jean Louis (1768-1828)
État civil
NOM : FASQUEL     Prénom(s) : Jean Louis     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : FASQUELLE
Date(s) : 1768-3-21   / 1828-4-1 
Notes biographiques

De Paris à Paris : une carrière qui commence et qui se termine dans la capitale, non sans quelques détours par les provinces, à Sées et à Meaux, notamment, où il exerce lorsque la Révolution commence.

• Jean-Louis FASQUEL (parfois FASQUELLE) est né le 21 mars 1768 à Paris, paroisse Saint-Merry. D'après son acte de mariage, il est fils de Jean-Baptiste Fasquel et de Jeanne Françoise Quesnelle.

• 9 septembre 1774, Paris : Il est reçu enfant de chœur à la cathédrale Notre-Dame.

• 19 mai 1786, Paris : Spé, c'est-à-dire premier enfant de chœur, Jean-Louis FASQUEL demande la permission de faire chanter la messe en musique le jour de l'Ascension (et de donner une musique de sa composition sans doute).
• 9 septembre 1786, Paris : Le registre capitulaire de Notre-Dame évoque son état de santé fragile ; il ira à Belleville, pour se reposer jusqu'à la Saint-Denis dans la maison des religieux de Picpus.

• 5 janvier 1787, Paris : Jean-Louis FASQUEL, "puerorum chori speci" [sic] est prêt à sortir de la psallette de Notre-Dame. Il demande au chapitre la permission de faire chanter en musique le troisième psaume des secondes vêpres au lieu du cinquième.
• Le 9 juin 1787, toujours mentionné comme enfant de chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, il reçoit la tonsure des mains de l'ancien évêque de Senez.
• Le 7 septembre 1787, Jean-Louis FASQUEL demande et obtient comme le plus ancien des enfants de chœur la permission de faire chanter en musique une messe et un magnificat de sa composition aux vêpres du jour de la Nativité de la Vierge, le lendemain, 8 septembre. Il recevra ensuite une gratification de 300 livres (pour cette composition et dans la perspective du départ de la maîtrise).

• 11 janvier 1788, Sées [Orne] : Jean-Louis FASQUEL, du diocèse de Paris, est reçu Maître de musique du chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Sées. Il remplace Pierre Joseph CAMPAGNE brutalement décédé le 23 octobre 1787 d'une fièvre maligne.
• 28 novembre 1788, Sées : FASQUEL "ayant obtenu la maîtrise de l’église de Meaux", prie le chapitre de Sées de lui délivrer "des attestations comme il a rempli ses devoirs". Le chapitre accepte et dans les jours suivants lui règle ce qui lui reste dû, notamment "la somme de 60 livres a compte de ce qui lui reviendra de la feuille des obits".
Durant l'hiver 1788-1789, c'est le grand enfant de chœur de Sées, Jean HÉLIER, qui tient "la maitrise dans le bon ordre", jusqu'au recrutement, le 9 mars 1789, du provençal Michel Ange CATINOT, lequel est toujours en poste à Sées lorsque le chapitre est supprimé fin 1790.

[• 1790 : Jean Louis FASQUEL est maître de musique de la cathédrale de Meaux.]

• 7 novembre 1795, Paris : Jean Louis FASQUEL devient professeur de vocalisation (2ème classe) au Conservatoire national, puis professeur de préparation au chant.

• 30 décembre 1800, Paris : Jean-Louis FASQUEL épouse Philippine-Augustine-Pétronille-Sophie d'Introuz, 29 ans, fille de Marie-Nicolas d’Introuz et de Marie-Françoise Charost, à l'oratoire de la "Petite Abbaye". Cette dame est une chanteuse.
• 1er janvier 1801 : Ils signent leur contrat de mariage. Qualifié de professeur au Conservatoire de musique, Jean-Louis FASQUEL demeure à Paris, n° 642, rue Coquenard, division du Faubourg Montmartre. Il apporte 7 000 francs, tant en deniers comptants qu’en habits, linge, hardes et bijoux à son usage personnel, "le tout provenant de ses gains et épargnes", sa femme la somme de 2 000 francs.

• 23 septembre 1802, Paris : À la suite de la grande réforme du 1er Vendémiaire an 11 [23 septembre 1802], Jean-Louis FASQUEL doit quitter le Conservatoire jusqu'en Frimaire an 14 [novembre 1805] lorsqu’il est réélu à la succession de Pierre MOLLET décédé.

• 1er janvier 1806, Paris : Jean-Louis FASQUEL reprend son enseignement au Conservatoire comme professeur de solfège. La même année, il apparaît parmi les hautes-contres de l'Académie impériale de musique.

• 28 mars 1808, Paris : Par arrêté du directeur de l’Opéra, Mme FASQUEL est admise comme artiste des chœurs aux appointements de 600 francs. Dans un rapport du 16 mars, les chefs de chant s'étaient montrés assez élogieux à son sujet : "Mme Fasquel, épouse de Mr Fasquel, haute-contre des chœurs, a de la voix et est bonne musicienne ; elle n’est pas de la première jeunesse, mais il serait difficile de trouver mieux pour les seconds dessus".
• 4 décembre 1808 : FASQUEL est haute-contre lors de la cérémonie en actions de grâces pour l'anniversaire du sacre de Napoléon à la cathédrale Notre-Dame. Il reçoit pour cela la somme de 18 francs.
• 25 décembre 1808 : Il est haute-contre lors de la cérémonie en actions de grâces pour les dernières victoires en Espagne (Espinosa, Burgos, Tudela, Somo-Sierra) et la prise de Madrid à la cathédrale Notre-Dame, et reçoit pour cela la somme de 18 francs.
Il est à nouveau rétribué de la même somme pour avoir chanté la haute-contre à la cathédrale Notre-Dame les 28 mai 1809 (cérémonie en actions de grâces pour la prise de Vienne), 23 juillet 1809 (victoires d'Enzersdorf et de Wagram), 15 août 1809 (Saint Napoléon). Et de même les 1er décembre 1811 (anniversaires du sacre de Napoléon et de la bataille d'Austerlitz), et 15 août 1812 (Saint Napoléon)...

• [Début 1812], Paris : Jean-Louis FASQUEL demande à reprendre le poste de professeur de solfège des classes de l'Opéra qu'exerçait feu M. Rodolphe. Depuis longtemps, il aurait souhaité être son adjoint, indique-t-il dans sa requête.
• 28 avril 1812 : Par arrêté du directeur de l’Opéra, Jean Louis FASQUEL est nommé professeur de solfège aux classes de l’Académie de musique, aux appointements de 1 200 francs, à dater du 1er octobre prochain. Plusieurs candidats avaient postulé, déclare le directeur dans une lettre à l'intéressé, mais ce dernier a réuni tous les suffrages : "C’est un hommage que l’on rend à votre talent".
• 4 octobre 1812 : Chanteur soliste [haute-contre] lors de la cérémonie en actions de grâces pour la victoire de la Moskowa à la cathédrale Notre-Dame, FASQUEL reçoit pour cela la somme de 48 francs.

• 1813, Paris : Jean-Louis FASQUEL reçoit à nouveau 18 francs en tant que Contralto lors des cérémonies des 15 août (Saint Napoléon) et 19 septembre 1813 (victoire de Dresde).

• 22 avril 1814 : Dans un rapport, les maîtres de chant de l’Opéra Berton et Lebrun relatent un incident survenu le dimanche 21 au cours du 2e acte d’Alceste. Il manquait un deuxième dessus pour tenir le rôle de l’un des coryphées ; M. Lebrun et Mme Cantagrelle demandent à une débutante très intimidée, Mlle Dubois, de s’acquitter de la tâche, ce qu’elle finit par accepter après des sollicitations insistantes et quelques larmes. Jean-Louis FASQUEL se mêle "indiscrètement" de l’affaire, s'en prend à Mme Cantagrelle qu'il accuse de causer du chagrin à ses camarades et lui dit "que sans son respect pour le lieu, il lui donneroit du pied au derrière". Lebrun essaie de calmer le jeu et leur ordonne de se taire, mais FASQUEL rétorque "qu’il ne recevait d’ordre de personne". Les chefs estiment qu’il faut "réprimer de tels excès, en observant que M. Fasquel, homme honnête d’ailleurs et de talent, se permet souvent de ces incartades soit au théâtre, soit au foyer ou dans les loges d’habillement : en un mot il est d’un caractère violent et extrêmement bavard" et a besoin d’une "bonne leçon sur cette conduite indiscrète".
• 5 juillet 1814 : Jean-Louis FASQUEL renonce à ses fonctions de choriste à l'Opéra à cause "de la faiblesse de [sa] poitrine qui est extrêmement fatiguée", tout en conservant sa place de professeur de solfège (il est en outre professeur au Conservatoire). De plus, il ne veut plus subir les offenses de son "ennemi devenu son chef". Sa résolution est "inébranlable". Il demande enfin le report sur sa place de professeur des 15 années de service faites à l’Opéra. Dans une lettre du 19, le directeur accepte avec regret sa démission et lui assure que ses années de service en tant que choriste seront comptabilisées lorsqu’il s’agira d’établir ses droits à la pension.

• 21 août 1815, Paris : Dans une lettre au directeur de l’Opéra, FASQUEL aborde le problème de ses appointements. Il touchait 1 500 francs après 15 ans de service comme choriste, fonction à laquelle il a dû renoncer en 1814 pour "raisons de santé". La place de professeur de solfège qu’il occupe actuellement n’a jamais été payée moins de 1 800 francs, or le traitement a été réduit à 1 200 francs en ce qui le concerne, sous prétexte qu’il la cumulait avec celle de choriste. Comme ce n’est plus le cas, il souhaite dorénavant toucher le même traitement que feu M. Rodolphe. Il évoque sa réussite dans l’enseignement : il a "procuré au Théâtre tant en rôles qu’en sujets pour les chœurs de jeunes gens qui sont parfaitement en état de remplir leur place". Certes il n’a fait que son devoir, mais il n’est pas normal qu’il soit le plus "médiocrement payé" des professeurs, alors qu’il "donne leçon tous les jours".

• 18 mars 1820, Paris : Jean-Louis FASQUEL adopte par sentence de la cour royale la fille naturelle de sa femme, majeure, demeurant à Bayonne, désormais nommée Victoire-Adélaïde Boucard-Fasquel.

• 9 octobre 1821, Paris : Sa femme Philippine-Augustine-Pétronille-Sophie d’Introuz décède dans leur appartement du n° 10 de la rue Saint-Pierre-Montmartre, au deuxième étage.
• 5 novembre 1821 : Jean-Louis FASQUEL fait dresser son inventaire après décès. Le montant de la prisée s'élève à 3 004,75 francs. Il paye 460 francs de loyer. Ses revenus sont confortables : il perçoit 1 800 francs de rente, 800 francs comme professeur à l’École royale de musique, 1 200 francs comme musicien de la Chapelle du roi et 1 500 francs comme chef répétiteur des chœurs de l’Académie royale de Musique, soit en tout 5 300 francs.

• 1er janvier 1826, Paris : Jean-Louis FASQUEL prend sa retraite du Conservatoire.

• Le 1er avril 1828, Clichy (Hauts-de-Seine) : Jean-Louis FASQUEL, "pensionnaire de l'État" décède à son domicile du n°8, rue des Dames aux Batignolles. Il était veuf de Philippine-Augustine-Pétronille-Sophie d'Introuz et époux en secondes noces d'Alexandrine-Madeleine-Edmée Pommeret, âgée de 40 ans.

Mise à jour : 3 juin 2016

Sources
Almanach de 25000 adresses de Paris ; An/ LL 232/34/1 ; C. Pierre, Le Conservatoire national de musique... ; F-Ad61/ 1G 329 ; F-Ad61/ RC 1788-1790, sans cote ; F-Ad75/ V6/ E 23 ; F-Ad92/ E_NUM_CLI250 ; F-An/ AJ/13/115 ; F-An/ AJ/13/176 ; F-An/ AJ/13/54 ; F-An/ AJ/13/82 ; F-An/ ET/CXIII/794 ; F-An/ ET/LXXIII/1163 ; F-An/ F19 7048 ; F-An/ F19 7049 ; F-An/ LL 232/ 40 ; F-An/ O/1/842 n°104-105 ; F-An/ O/3/290 ; F-An/ O/3/354 ; F-An/ O/3/375  ; F-Pan/ F19 7049 ; F-Pan/ F19/7049 ; F. La Grandville, Le Conservatoire de musique..., 2014 ; Indicateur de la Cour de France ; J-F Détrée, Notes, 2011
Module MUSEFREM : situation en 1790
Période :  1788-12  /  ?
Lieux :  Cathédrale Saint-Étienne (MEAUX)  
Fonction :  maître de chapelle / maître de musique (Église)  
Formation ? :  Non
Formation maîtrisienne attestée : oui    
Ecclesiastique ? : clerc    
Situation maritale : célibataire    

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