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GRANON, Jean-Baptiste (1731-1806)
Date(s) : 1731-3-12 / 1806-5-1
Le Marseillais Jean-Baptiste GRANON, probablement formé dans sa ville natale, effectue toute sa carrière en Provence. Il début à la cathédrale d'Aix, où il apprend à jouer de l'orgue, mais d'où il est chassé au motif qu'il contribue grandement à "l'esprit de libertinage" qui règne parmi les serviteurs du chapitre. Il gagne alors la cathédrale d'Arles, comme haute-contre, puis devient durant 12 ans maître de musique de la cathédrale d'Apt. Revenu à Arles pour y exercer la même fonction, il est rapidement nommé par le roi à un bénéfice confortable en la cathédrale de Vence, dont il est le dernier maître de musique, encore en service en 1790. Il s'éteint dans le modeste village du Rove au début de l'Empire.
• 12 mars 1731, Marseille [Bouches-du-Rhône] : Jean-Baptiste GRANON voit le jour et reçoit le baptême en l'église paroissiale Saint-Ferréol.
• [Vers 1738-1750] Marseille : Jean-Baptiste GRANON dit avoir été "attaché au service de l'église dans un âge tendre", ce qui indique qu'il a été enfant de chœur, probablement à la cathédrale de sa ville d'origine.
• 29 juillet 1752, Aix-en-Provence [Bouches-du-Rhône] : Jean-Baptiste GRANON, originaire de Marseille, est reçu au nombre des serviteurs musiciens de la cathédrale Saint-Sauveur, aux gages de 18 écus par an, soit 108 livres. On souligne "l'étendue et la qualité de sa voix". GRANON lui-même affirme, en 1790, avoir été recruté à l'âge de 20 ans.
• 18 novembre 1752, Aix-en-Provence : CROPASSY, organiste italien qui a joué à la grand messe, est engagé comme titulaire de la cathédrale aux honoraires de 350 livres et à condition qu'il enseigne à l'enfant de chœur RAOUL et à GRANON, serviteur et aide du sous-sacristain.
• 5 juin 1754, Aix-en-Provence : Le serviteur GRANON obtient une attestation de vie et mœurs afin d'être admis dans les ordres.
• 13 septembre 1754, Aix-en-Provence: GRANON, toujours qualifié de clerc tonsuré, est accusé de "débaucher tous les nouveaux reçus" et de contribuer grandement à "l'esprit de libertinage" qui règne parmi les serviteurs du chapitre cathédral. GRANON est par conséquent congédié.
• 26 septembre 1754-juin 1758, Arles [Bouches-du-Rhône] : Jean-Baptiste GRANON, acolyte du diocèse de Marseille, est haute-contre à la cathédrale Saint-Thophime, aux gages annuels de 100 livres.
• 17 avril 1758, Arles : Dans l'église Notre-Dame la Principale, Jean-Baptiste GRANON, acolyte, est témoin du mariage entre Jean Bertrand, marchand, âgé d'environ 20 ans, et Catherine Pons, âgée de 17 ans environ.
• juin 1758-mai 1770, Apt [Vaucluse] : Jean-Baptiste GRANON, acolyte du diocèse de Marseille, est maître de musique au service de la cathédrale Sainte-Anne. D'abord reçu à l'essai pendant trois mois, "à cause de sa santé et de l'arrangement de certaines affaires de famille", il est confirmé en chapitre le 11 septembre 1758.
• 12 mai 1770, Arles : Jean-Baptiste GRANON, toujours acolyte, est reçu en qualité de haute-contre à la cathédrale Saint-Throphime, avec 100 livres d'honoraires annuels. Il y reste jusqu'au 21 juillet 1771.
• 1er août 1771-1790, Vence [Alpes-Maritimes] : Jean-Baptiste GRANON est maître de musique au service de la cathédrale Notre-Dame-de-la-Nativité. En 1790, ses revenus se montent à 400 livres et il bénéficie, comme maître de musique, de 200 livres supplémentaire et du logement. C'est pourquoi il évalue le total de ses revenus annuels à 600 livres.
• 18 mars 1772, Vence : Jean-Baptiste GRANON, maître de musique, est nommé en régale (le siège épiscopal est alors vacant) au bénéfice du serpent, laissé vacant par la mort d'Honoré MAUNIER. Sa rémunération est composée de 150 puis 200 livres "pour sa distribution pécuniaire du bénéfice de serpent" (l'instrument n'est plus utilisé à la cathédrale de Vence depuis longtemps, déjà en 1763) et une somme équivalente pour avoir soin des cinq enfants de chœur. Il reçoit également à plusieurs reprises 12 livres pour la musique du jour de la Sainte-Cécile.
• 1er juin 1772, Vence : Jean-Baptiste GRANON, acolyte du diocèse de Marseille, est incorporé au diocèse de Vence.
• 19 décembre 1772, Vence : Jean-Baptiste GRANON, sous-diacre, est ordonné diacre.
• 6 mars 1773, Vence : Jean-Baptiste GRANON est ordonné prêtre dans la cathédrale.
• 1786-1787, Vence : GRANON touche pour cette année 394 livres 4 sols, à savoir "200 livres comme bénéficier et 200 livres comme maître de musique la pointe déduite". Il reçoit en outre 12 livres pour un motet en musique qu'il a composé pour la Sainte-Cécile et 24 sols pour les enfants de chœur.
• 13 février 1789, Vence : Jean-Baptiste GRANON, prêtre, bénéficier "pourvu de la bénéficiature du serpent", est nommé bénéficier clerc à la place de Jean SAVOURNIN, décédé.
• 1791, Vence : GRANON, prêtre, ci-devant bénéficier et maître de musique de la cathédrale, adresse une supplique au directoire du district de Grasse afin de réclamer une pension. Il met en avant ses infirmités et ses cinquante années au service de l'Église.
• 16 juillet 1791 : Le directoire du département du Var recommande une pension de 443 livres dont 40 livres pour sa chapellenie de Saint-Sauveur d'Aix. Il recommande également à l'Assemblée nationale d'ajouter 200 livres pour son grand âge et ses infirmités.
• 1er juillet 1792 : GRANON reçoit la somme de 110 livres 15 sols pour un quartier de son traitement, ce qui correspond précisément au quart de 443 livres.
• 30 juin 1793, Grasse [Alpes-Maritimes] : Jean-Baptiste GRANON, prêtre, est porté sur la liste des émigrés du district, dans lequel il est propriétaire. Il n'aurait pourtant pas quitté la France, selon les travaux de l'abbé Chailan.
• septembre 1797, Toulon [Var] : Jean-Baptiste GRANON aurait été acquitté par la Commission militaire qui siège dans cette ville après le coup d'État du 18 Fructidor.
• mai 1806, Le Rove [Bouches-du-Rhône] : Jean-Baptiste GRANON, ancien bénéficier de Vence, âgé de 76 ans, s'éteint dans cette petite paroisse située au nord-ouest de Marseille, près de Marignane, où, selon l'abbé Chailan, il serait déjà présent en 1801. La date exacte du décès n'a pu être déterminée à cause d'une lacune dans les registres d'état civil disponibles sur le site des archives départementales des Bouches-du-Rhône.
Mise à jour : 15 octobre 2024

