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LABROUSSE, Hugues (1743-1819)
État civil
NOM : LABROUSSE     Prénom(s) : Hugues     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : LA BROUSSE
BROUSSE
Date(s) : 1743-7-9   / 1819-3-4 
Notes biographiques

Hugues LABROUSSE, originaire de Sarlat [Dordogne], commence son itinéraire musical dans sa ville natale, puis le poursuit à Tulle, avant de s'installer à Beaulieu [Corrèze], petite ville du Périgord située à 60 km à l'ouest de sa ville d'origine. Au service du chapitre des bénédictins mauristes, il jouit d'un statut de chantre et musicien. 

• 9 juillet 1743, Sarlat [Dordogne] : Hugues LABROUSSE, fils de Guillaume Labrousse, teinturier, et de Marguerite Gaudet naît paroisse Sainte-Marie de Sarlat, il est baptisé le lendemain "à la maison à cause du danger de mort", les différents présents n'ont su signer.
 
• [1753-1758], Sarlat : Plusieurs documents stipulent que LABROUSSE a "passé sa jeunesse dans les exercices" et a servi le chapitre de Sarlat pendant 5 ans. On peut supposer que c'était en tant qu'enfant de chœur, mais son dossier individuel, pourtant riche, ne le dit pas explicitement.

• [1758] : Tulle : C'est probablement à partir de cette année qu'il entre au bas chœur de la cathédrale Notre-Dame de Tulle. Nous connaissons la durée de ce service : 7 ans, c'est donc par déduction à partir des données postérieures que l'année de son arrivée à Tulle est ici établie. Au sein de la musique cathédrale, Hugues LABROUSSE complète sûrement sa formation de chantre et musicien.

• Début septembre 1765, Beaulieu [Corrèze]: Selon le certificat établi par le prieur du monastère Saint-Pierre de Beaulieu en novembre 1790, c'est au début du mois de septembre 1765 que Hugues LABROUSSE entre au service des bénédictins du monastère Saint-Pierre de Beaulieu, congrégation de Saint-Maur, comme chantre et musicien. La municipalité de Beaulieu confirme cette donnée le 11 décembre 1790.
 
• 16 juin 1766 : Des extraits des registres de baptême de Hugues LABROUSSE provenant de la paroisse Sainte-Marie de Sarlat sont délivrés. Il est permis de penser que ces documents étaient adressés aux bénédictins de Beaulieu ou bien directement au concerné en guise d'attestation. 

• Plusieurs de ses certificats des années 1790-1791 attestent "qu'il ne possède aucun fonds ni maison" et qu'il n'a pas d'autre métier que celui de chantre et musicien. On peut faire l'hypothèse que pendant les presque vingt ans où il a servi les Bénédictins en étant célibataire il était peut-être logé au sein de l'abbaye.

• 1er juillet 1784, Altillac [Corrèze] : Hugues LABROUSSE "musicien" épouse Antoinette Coste, la fille d'un apothicaire de la ville de Beaulieu. Alors que toute la noce habite Beaulieu, le mariage est célébré à Altillac, une petite paroisse située à quelques kilomètres de là, sur l’autre rive de la Dordogne. Cette délocalisation est sans doute motivée par un souci de discrétion.
En effet, deux mois plus tard, se déroule le baptême de leur premier enfant, Pierre-Juste (2 septembre 1784). Viennent ensuite Anne-Françoise (19 novembre 1785), Jeanne (20 avril 1787), Michel-Joseph (20 septembre 1789), Pierre (2 mai 1791), Marianne (1er janvier 1793, qui meurt le jour même), Joseph (6 mai 1794), Jean (4 juin 1797) et enfin un autre Jean (27 mars 1800) . Parmi les parrains/marraines l'on trouve essentiellement des oncles et tantes, dont un bourgeois et deux notaires. Ces indices ciblent le milieu confortable dans lequel se place la famille du musicien. 

• 1790 : Hugues LABROUSSE a 47 ans, il sert toujours l'abbaye St-Pierre de Beaulieu jusqu'à la fermeture de l'établissement, qui eut lieu au mois de novembre.  Marié depuis six ans, père de famille sans autre situation que celle qui le rattache à son chapitre, le musicien achève l'année à la quête de pensions raisonnables lui permettant de vivre décemment. Pour ce faire, le directoire du département dresse un tableau relevant les effectifs des différents chapitres de Corrèze, il indique que Hugues LABROUSSE (seul inscrit parmi les membres du chapitre des bénédictins) recevait 300 livres d'appointements, et qu'une pension de 200 lt devrait lui être accordée. D'autres documents estiment ses appointements annuels à l'équivalent de 332 livres, comprenant "deux cents livres en argent et douze setier froment".
• 6 novembre 1790 : Le chapitre abbatial de Beaulieu délivre un certificat de service au nom d'Hugues LABROUSSE. Le prieur du monastère rappelle que le pétitionnaire a été chantre et musicien de plusieurs chapitres dont celui de Beaulieu, et qu'il n'a d'autre état que celui-ci. La pétition relève l’honnêteté du père de famille, et affirme qu'en "bon chrétien", il a su faire preuve d'assiduité et de dévotion pour le service du chœur. Ainsi a t-il "assisté à tous les offices divins qui ont été célébrés dans notre église (de Beaulieu) qui sont journellement grand'messe et vepres". Tout au long du mois de novembre, différentes requêtes auxquelles est joint l'acte de baptême de LABROUSSE sont envoyées et traitées par le directoire du département, le district de Brive et la municipalité de Beaulieu. 

• 21 janvier 1791 : Un nouveau certificat est envoyé au directoire du département qui atteste des services rendus par LABROUSSE au chapitre de St-Pierre de Beaulieu, et souligne sa situation de père de famille dont l'épouse est à nouveau "prette à accoucher". Ayant dévoué sa jeunesse au service divin, le musicien ne possède aucun fonds ni maison. La municipalité estime qu'il "mérite un traitement analogue à son service et à sa situattion", il serait juste et bienveillant de lui accorder 332 livres soit l'équivalent de ce qu'il percevait de la part du chapitre.  
• 31 janvier 1791 : En réponse aux différents documents communiqués, le directoire du district concède au sieur Hugues LABROUSSE "une gratification de 1500 lt, ou une pension équivalente aux deux tiers de celle fixée par la municipalité de Beaulieu à la somme de 332 livres (221 lt)"
• 11 février 1791 : Le directoire du département accorde à LABROUSSE une pension de 200 livres. Un peu plus tard, son traitement est fixé à 332 livres/an.
• 2 mai 1791, Beaulieu : L'enfant qu'attendait l'épouse de LABROUSSE vient au monde, puis est baptisé le lendemain. Son père est déclaré "musicien"

• [1790-1791] : Le directoire du district plaide auprès du Département la cause de Baulieu. "Le directoire [du district] demende que Beaulieu ville la plus considérable après son chef lieu conserve ces petits avantages en dédommagement de bien plus considérables dont il jouissait avant la suppression des chapitres et abbayes. Le directoire du département voudra bien considérer que cette ville avoit une riche abbaye avec une vaste église dans laquelle la majeure partie de habitants alloient remplir leurs devoirs religieux soit parce que cette église étoit centrale soit parce que les offices qui sy faisoient étoient célébrés avec une espèce de pompe et d'éclat que l'on croyoit et que l'on croit encore nécessaire au culte catholique. 
Le directoire pense que toutes les raisons qui ont pu décider celui du département à lui faire entrevoir qu'il conviendroit de conserver à Brive les mêmes employés au service et l'entretien des églises qu'il y avoit cy devant, sont applicables à la ville de Beaulieu". Ce texte est intéressant : Hugues LABROUSSE était-il vraiment seul pour assurer cette "pompe" et cet "éclat" ou bien était-il entouré de plusieurs chantres et enfants de chœur dont la trace n'a pas (encore) été retrouvée ? 

• 11 décembre 1791 : Dans les archives parlementaires de 1787 à 1860 comprenant un recueil des débats législatifs et politiques des Chambres françaises, l'on retrouve un examen d'une pétition d'Hugues LABROUSSE, dit "citoyen de la ville de Beaulieu", qui expose qu’il a été pendant 25 ans chantre-musicien dans le chapitre de Beaulieu : "réduit à la dernière misère, il demande des secours". La pétition est renvoyée au comité de liquidation qui est chargé entre autres de traiter les pensions et gratifications accordées sous l'Ancien Régime.

• 14 août 1792 : Ainsi que nombre de ses confrères musiciens, Hugues LABROUSSE prête le serment "Egalité liberté" et jure "d'être fidèle à la nation et de maintenir la liberté et l'égalité ou de mourir en les défendant."

• 24 mars 1795 (4 germinal an III), Beaulieu: Un dénommé Hugues LABROUSSE est nommé instituteur après s'être présenté au concours du canton de Beaulieu. Il s'agit très certainement de notre homme. Toutefois, l'on pense qu'il continue de pratiquer la musique, la profession de "musicien" est la seule notée sur son acte de décès, pour ce qui est de l'enseignement, nous ne saurions dire combien de temps il l'a pratiqué.

• 5 septembre 1797 (19 fructidor an V): LABROUSSE prête à nouveau serment, jure "haine à la royauté et à l'anarchie" et promet "attachement et fidélité à la République et à la Constitution de l'an III". 

 En l'an VIII (1799-1800) : Un tableau des pensionnaires ecclésiastiques indique que Hugues "BROUSSE" réside actuellement à Beaulieu et qu'il y touche une  pension de 332 livres/an. Il est dit "ancien musicien du chapitre de cette même ville", mais rien ne précise quelle activité il exerce alors.

• 4 mars 1819, Beaulieu : Hugues Labrousse, qualifié de "musicien", décède à l'âge de 76 ans.

Mise à jour : 10 septembre 2017

Sources
Archives parlementaires de 1787 à 1860..., 1891. ; F-Ad19/ BMS Altillac ; F-Ad19/ BMS Beaulieu-sur-Dordogne ; F-Ad19/ BMS Beaulieu-sur-Dordogne  ; F-Ad19/ L 278 ; F-Ad19/ L 376 ; F-Ad19/ L 54 ; F-Ad19/ NMD Beaulieu-sur-Dordogne ; F-An/ DXIX/091/779/07,12-15,24
Module MUSEFREM : situation en 1790
Période :  1765-9   / 1790-11 ca
Lieux :  Abbaye mauriste Saint-Pierre (BEAULIEU-SUR-DORDOGNE)  
Fonction :  chantre (plain-chant)  ;  musicien (Église)  
Formation ? :  Non
Formation maîtrisienne attestée : oui    
Ecclesiastique ? : laïc    
Situation maritale : marié    

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