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[LACOMBE] DESROZIERS, Charles Joseph (ca 1707-1777)

[LACOMBE] DESROZIERS, Charles Joseph (ca 1707-1777)

État civil
NOM : [LACOMBE] DESROZIERS     Prénom(s) : Charles Joseph     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : De RIIZER
LACOMBE DE ROSIÈS
LACOMBE DE ROZIER
DES ROZIERS
Date(s) : 1707 ca  / 1777-11-10
Notes biographiques

Charles DESROZIERS, alias Charles-Joseph LACOMBE DE ROZIER a un parcours professionnel encore mal connu. S'il est originaire de Paris, son itinérance ultérieure le mène dans la partie sud du royaume où il alterne les postes de maître de musique à l'église et au concert. L'orthographe de son patronyme étant fluctuante a été retenue sa signature lors de son mariage DESROZIERS. Quant à son prénom, lorsque sa veuve organise la régie des biens, elle fait raturer Joseph, ne laissant que Charles - Charles DESROZIERS est donc le nom d'usage.

• [1707], Paris :  Charles-Joseph LACOMBE de ROZIER (d'après son acte de décès) naît à Paris. D'après son acte de mariage, il est le fils de Benoît Lacombe de Rozier et de Marguerite Corade [Lancade].

• [1714-1724 environ] : On peut penser qu'il a acquis son bagage musical dans une maîtrise d'enfants de chœur, peut-être parisienne. Cette période reste à documenter.

• 1734, Arles [Bouches-du-Rhône] : Charles DESROZIERS est reçu maître de chapelle de la cathédrale Saint-Trophime d'Arles. Il le reste durant quelques mois (selon Marc Signorile, voir ci-après en 1750-1751).
• 9 novembre 1734, Arles : DESROZIERS "attendu qu'il n'assistera pas journellement au chœur, fournira un sujet à sa place, lequel est le sieur FILASTRE que le chapitre a accepté".

• 1743-1746, Grenoble [Isère] : Les comptes de dépenses et recettes de la société de concert mentionnent l'engagement de DESROZIERS par le Concert de Grenoble sans que la ville dont il vient soit connue. Il est défrayé de son voyage par la direction. Rémunéré 425 lt par an, il gère 27 musiciens professionnels.

• 9 novembre 1745, Grenoble : Charles-Joseph LACOMBE de ROZIER, maître de musique, épouse Marianne Allain, fille de René-Charles ALLAIN, "aussi maître de musique" (il serait musicien ordinaire de Mgr le duc d'Orléans), en l'église paroissiale Saint-Louis. La demoiselle Marianne pourrait-elle être une des chanteuses du Concert ? Le musicologue Georges Escoffier signale deux demoiselles Allain comme chanteuses du Concert en 1745. Ce point reste à approfondir.
Il est rapporté par la bibliographie ancienne que cet acte de mariage mentionnerait un premier mariage du maître avec Marie ou Marie-Marthe Héloin : or l'acte ne cite aucun précédent mariage et le marié n'est clairement pas veuf, mais fils de "feu Sr Benoît [DESROZIERS] et défunte Dame Marguerite Corade, vivants mariés et habitants de la ville de Paris". Il pourrait s'agir d'une confusion, répétée sans vérification, entre les patronymes Héloin et Allain. La famille de l'épouse est installée à Grenoble et la cérémonie est célébrée par un chanoine, marquant une attention particulière pour ce musicien ou pour la famille de la mariée. Les époux sont entourés de la famille Allain, d'un clerc et d'un domestique de l'église, ainsi que du musicien Jacques BERCHET.

• 5 août 1749, Arles : Marc Signorile signale une délibération capitulaire du chapitre de Saint-Trophime décidant l'envoi d'un courrier du chapitre à Charles DESROZIERS "ancien maître de chapelle de nostre église", pour lui indiquer "qu'on le recevra en la même qualité aux honoraires ordinaires qui ne luy sont pas inconnus".

• 1750-1751, Arles : Selon Marc Signorile, DESROZIERS revient au service de la cathédrale Saint-Trophime en 1750, aux appointements de 180 livres par an. L'addition de ses deux périodes arlésiennes ne se monte toutefois qu'à deux ans et demi au total. Il y a produit semble-t-il deux grands et un petit motets en symphonie, cinq messes dont quatre en symphonie et d'autres pièces. Antoine HUGUES lui succède en 1751, il est rémunéré 150 livres seulement.

• 1er novembre 1764-1765, Auch [Gers] : Lorsque le maître de musique CAPPA-LESCOT quitte la cathédrale d'Auch après 1762, le nouveau maître engagé est Charles DESROZIERS aussi connu sous le patronyme LACOMBE de ROZIER. Le chapitre de Notre-Dame a évolué dans ses exigences car lorsque CAPPA-LESCOT avait été engagé en 1747, ces messieurs avaient été aussi attentifs à ses talents musicaux qu'au fait qu'il n'était "point marié et n'a[vait] que sa mère". Ce n'est plus le cas pour DESROZIERS.

• 8 juin 1771, Albi [Tarn] : Charles-Joseph LACOMBE de ROZIER est maître de musique de la cathédrale Sainte-Cécile. Il reçoit 20 livres pour avoir fait chanter la musique le jour de l’ouverture de l’assiette. Il quitte bientôt son poste à la cathédrale où Jacques FONCÈS le remplace et s’installe à Gaillac, à une vingtaine de km à l'ouest d'Albi.

• 10 novembre 1777, Gaillac [Tarn] : Charles-Joseph LACOMBE de ROZIER, qualifié sur l'acte d'"ancien maître de musique à Albi", décède, toujours marié à Marie-Anne Alain. Il est inhumé paroisse Saint-Pierre. Jean André LAROQUE, carillonneur, assiste à la sépulture et signe l’acte.

• 7 août 1779, Gaillac : La veuve DESROZIERS (dont le défunt mari était "ancien Maître de musique de l’église métropolitaine d’Albi") organise la régie de ses biens devant notaire en donnant procuration au sieur Étienne Collard à Paris afin de collecter les avoirs sur ses rentes et biens. L'acte est accompagné des extraits d'acte de décès, de mariage. Elle est née le 18 octobre 1712, le certificat ne dit pas où. L'analyse des principales recettes serait susceptible de donner des indications sur les employeurs parisiens de DESROZIERS.

• 13 août 1784, Gaillac : Delle Marie-Anne ALLAIN, veuve de Charles-Joseph LACOMBE de ROZIER, "ancien maître de musique", décède à son tour. Elle est inhumée paroisse Saint-Pierre le lendemain. LAVERGNE, carillonneur, signe son acte de décès.

Mise à jour : 2 octobre 2021

Compositions de Charles DESROZIERS
(Marc Signorile, "Les Maîtres de chapelle du chapitre cathédral de Saint-Trophime d'Arles aux XVIIe et XVIIIe siècles", p. 75-70).

- Œuvres au répertoire en 1736 :
 Vêpres : un Dixit en mi mineur, un Dixit en do majeur.
 Grands motets en symphonie : Domine exaudi orationem, Benedicam dominum, Cum invocarem. Deux motets de procession en symphonie.
 Quatre hymnes dont un pour le jour des apôtres.
 Antienne de la Sainte-Cécile, en symphonie. Sept antiennes de la Sainte-Vierge.
 Trois Pange lingua.
 
 - Œuvres cataloguées en 1760 :
 Grands motets en symphonie : Benedicam dominum, Domine exaudi. Un petit motet en symphonie : Natus in Judae.
 Quatre messes en symphonie en sol mineur, ré mineur, do majeur et ré majeur.
 Une messe sans symphonie, en sol majeur.
 Un Dixit en ré majeur, un autre en do majeur.
 Un hymne Jesu nostra redemptio pour le jour de l'Ascension. Un Pange lingua en mi mineur.
 Des antiennes de la Sainte-Vierge : trois Ave Regina (ré mineur, ré majeur, do majeur), deux Regina coeli (en ré majeur et sol majeur), un Salve Regina (do majeur), les sept antiennes majeures en do majeur.
 Une aspersion Vidi acquam en sol majeur, un graduel pour le jour de Pâques
 Haec dies, une prose pour le jour de Pâques Victimae paschali.
 

Sources
B. Michel, Le noël à grand chœur…, 2012 ; E. Maignien, Les artistes grenoblois, 1887 ; F-Ad13/ 4 G 62] - F-Arles Bm/ ms 380] ; F-Ad38/ BMS Grenoble, Saint-Louis ; F-Ad81/ 2 E 99/ 9 ; F-Ad81/ C 711 ; F-An/ ET-XLVII-305 ; G. Escoffier, Formes institutionnelles et enjeux sociaux..., 2001 ; J.G. Prod'homme, Les musiciens du Dauphinois, 1905 ; M. Signorile, La musique à Arles…, thèse, 1985

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