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LE BUGLE, Adrien Louis (1744-1800)
Autre(s) forme(s) du nom : BUGLE
Date(s) : 1744-9-25 / 1800-9-13
Formé à la cathédrale de Rouen, Adrien Louis LE BUGLE devient organiste dans cette même ville au début de sa vie d'adulte. Après de très brèves étapes en Périgord et en Anjou, ce prêtre retourne dans la capitale normande à la fin du règne de Louis XV. Il devient ensuite chanoine de la cathédrale Saint-Étienne de Meaux et publie plusieurs compositions pour le clavecin ou le forte-piano dans la décennie avant la Révolution. Après la suppression des chapitres, il s'installe à Paris où il enseigne la musique. Il meurt à Versailles en 1800 et non douze ans plus tard comme le suggèrent certaines notices.
• 25 septembre 1744, Epône [Yvelines] : Adrien Louis LE BUGLE naît dans ce village situé quelques kilomètres en amont de Mantes-la-Jolie, sur la rive gauche de la Seine. Il est le fils de Louis Le Bugle, un huissier à cheval au Châtelet de Paris, et de Marie Anne Maillard. Il est baptisé le lendemain et reçoit pour parrain un lieutenant et pour marraine la fille d'un chirurgien.
• 28 juillet et 12 août 1755, Rouen : Une place d'enfant de chœur est vacante à la maîtrise de la cathédrale Notre-Dame. Les chanoines normands sont donc à la recherche d'un nouvel élève. Les délibérations capitulaires précisent "qu'il y a à Mantes un enfant âgé d'onze ans, avancé dans la musique et qui passe pour avoir une belle voix". Le maître de musique Jean-Baptiste DULUC est chargé de demander aux parents de cet enfant d'amener leur fils pour qu'il soit examiné avec les autres candidats retenus. On lui remettra 12 livres pour les frais de son voyage, qu'il réussisse ou non l'examen de chant.
• 16 août 1755, Rouen : Les chanoines de Notre-Dame décident de recevoir Adrien Louis LE BUGLE pour qu'il intègre la psallette de la cathédrale. Il a alors onze ans, ce qui est un âge relativement avancé pour devenir enfant de chœur. Sa formation musicale a dû débuter quelques années plus tôt probablement à Mantes.
• 25 octobre 1761, Rouen : Sur les sept heures du soir, le maître de musique Jean-Baptiste DULUC décède "en la maîtrise". Depuis quelques années déjà, vieillissant et "infirme", il ne s'occupait plus guère des enfants de chœur, au point que le chapitre général d'août 1759 avait créé la fonction de sous-maître "qui instruira les enfants de chœur dans la langue latine et veillera assidument sur leur conduite", remplissant ainsi "une partie essentielle des obligations" du vieux maître. C'est donc surtout sous l'autorité de Me Pierre-François Desvaux, diacre, que Adrien Louis LE BUGLE a vécu ses dernières années de maîtrise. On ignore jusqu'à quelle date DULUC a continué à donner des leçons de musique. Au lendemain du décès du maître, c'est Me VOYER, musicien, qui est chargé par le chapitre "de donner la mesure jusqu’à nouvel ordre".
• 5 février 1762, Rouen : Le chapitre accorde 20 livres de gratification à BUGLE enfant de chœur "pour plusieurs motets qu’il a fait exécuter et les leçons qu’il a données aux autres enfants de chœur depuis le décès du maître de musique". Quelques jours plus tard, un nouveau maître arrive à la maîtrise, Pierre FERAY, mais il ne semble pas rester longtemps.
• 16 août 1762, Rouen : Sans que l'on sache au juste depuis quand le précédent est parti, un nouveau maître de musique et des enfants de chœur est nommé, Gilles BELLANGER prêtre du diocèse de Beauvais. On peut supposer que durant l'intervalle, le jeune Louis BUGLE a, à nouveau, participé à la continuité de l'enseignement maîtrisien.
• 16 août 1763, Rouen : Réunis en chapitre général, les chanoines prennent connaissance d'une requête de Louis BUGLE, premier enfant de chœur, "par laquelle il supplie la Cie de luy accorder son congé d’aube et l’habitude en cette église". Ces deux demandes lui sont accordées, et en prime, le chapitre lui fait verser une gratification de 150 livres "en considération des services qu’il a rendus dans la maîtrise, et de plusieurs motets qu’il a fait exécuter en cette église". Le même jour deux nouveaux enfants de chœur sont reçus, Jean-Jacques CLAIRET et Louis François Benjamin TUVACHE.
• 27 septembre 1763, Rouen : Le conseil de fabrique de la paroisse Saint-Herbland "pour obliger Monseigneur l'Archevêque" choisit d'engager le sieur BUGLE comme organiste, le titulaire précédent, Laurent Martial VITCOQ, étant parti à Autun.
• 23 octobre 1763, Rouen : Une délibération capitulaire enregistre que « sur la demande faite par Mr de Saint-Gervais de permettre à Mr BUGLE, habitué de s'asseoir dans les stalles pendant les offices, en qualité de musicien, permission luy a ete accordée parce qu'il chantera dans la musique. À la même époque, Adrien Louis LE BUGLE entre au Séminaire de Rouen, mais il ne semble pas convaincre son supérieur qui considère que "ce musicien, recommandable en raison de son intelligence et de sa culture - non certes pour sa piété - parle inconsidérément de beaucoup de choses, ce qui révèle un homme bavard et assez peu attaché aux pratiques religieuses".
• 1764, Rouen : Il figure parmi les ordinants à Pâques, mais il n'accède pas semble-t-il à la prêtrise. On relève en effet dans le registre du Séminaire cette mention le concernant : «avait obtenu par faveur une pension gratuite, a été renvoyé avec raison. »
• 19 octobre 1765, Rouen : La demoiselle BOULENGER, une écolière d'Adrien Louis LE BUGLE, propose ses services à la fabrique de la paroisse de Saint-Herbland pour occuper la place d'organiste de son maître. Elle prétend que celui-ci, alors qu'il s'est absenté depuis quatre mois, ne reviendra pas à Rouen. Adrien Louis LE BUGLE proteste et souhaite conserver son poste ; mais le conseil de la fabrique refuse de lui donner raison et engage finalement Laurent DESMAZURES, qui touche déjà l'orgue de la cathédrale.
• [Vers 1766] : LE BUGLE séjourne vraisemblablement à Périgueux. Cette étape de sa carrière reste mal connue et appelle des recherches supplémentaires. Elle reste toutefois éphémère puisque dès l'année suivante on le retrouve en Anjou.
• 5 août 1767, Baugé [M&L] : L'église Saint-Laurent fait paraître une annonce de recrutement par voie de presse pour le poste d'organiste mis en concours les premiers jours d'octobre. Le poste promet au minimum 450 lt par an, un logement dans une ferme à valoriser par le musicien, un jardin. Une description de poste est fournie avec les prestations à assumer les dimanches et fêtes. L'orgue est annoncée en bon état, ce qui se révèlera inexact. Bien entendu l'organiste aura à prouver qu'il est de bonnes mœurs, maîtrise son instrument, et est capable "d'enseigner la jeunesse", soit 12 écoliers. Il aura donc une double fonction plus celle de gestionnaire. Les candidats intéressés se déplacent à leurs frais.
L'annonce alléchante est bien loin du contexte du baugeois, difficilement accessible par de mauvais chemins... des terres ingrates ; en revanche la bourgade groupée autour du château avec son Hôtel-Dieu important est active économiquement. Quant à l'orgue.... il mérite réparations.
• 24 novembre 1767, Baugé : Le sieur LE BUGLE "ci-devant organiste à Périgueux" est retenu suite au concours. Il fait restaurer l'orgue défectueux par DANGEVILLE, facteur angevin, entre 1769 et 1771. Il est vraisemblable qu'il quitte rapidement alors l'Anjou pour retourner à Rouen. Son successeur à Baugé est vraisemblablement Jean TASSIN.
• 29 septembre 1772, Rouen : M. LE BUGLE, prêtre, est nommé organiste de l'église Saint-Éloi pour un salaire de 300 livres par an.
• 21 novembre 1775, Rouen : Il est remplacé par le sieur LE FEBVRE. Il gagne alors la capitale.
• 1782, Paris : L'abbé LE BUGLE publie un recueil de Trois sonates pour le clavecin avec accompagnement de violon, dédiées à Mme La Comtesse de Vogue. Le Mercure de France en date du 2 février en fait la promotion en termes flatteurs. "Cet ouvrage donne l'idée la plus avantageuse des talents de l'auteur. On y reconnaît une composition savante, des idées neuves, une mélodie inspirée par l'imagination la plus brillante." Quelques mois plus tard, cette publication est suivie de deux nouveaux recueils. L'abbé fait paraître Trois sonates pour le forte-piano ou le clavecin avec accompagnement de violon, dédiées à Mme la Comtesse de Gand ; puis des Airs, rondeaux et variations pour le forte-piano ou le clavecin, dédiés à Mlle Augeard.
• [1782 - 1787], Paris: Son répertoire s'enrichit de Quatre Sonates pour le forte-piano avec accompagnement de violon, dédiées à Mlle de Rochemore puis d'un Premier Concerto pour le clavecin, 2 violons, alto, basse, cors et hautbois, annoncé par le Mercure en 1787, et édité chez Mlle Castagnery.
• janvier 1788, Paris : L'abbé LE BUGLE fait paraitre un Quintetto pour le piano avec ler et 2e violon, alto et basse obligés, dédié à Mlle Micault de Courbeton.
• 8 mai 1793, Paris : Adrien Louis LE BUGLE obtient une carte de sûreté.
• 27 prairial an II (15 juin 1794), Paris : Il est interrogé par le comité de surveillance de la section des Amis de la Patrie dans le cadre d'une enquête sur une tentative d'assassinat contre Robespierre et Collot-d'Herbois, et pour laquelle son voisin l'instituteur François Cardinal est suspecté d'être mêlé (Affaire des chemises rouges). Amené à décliner son identité et sa fonction, il répond qu'il a vu le jour à Epône, qu'il a été prêtre puis chanoine à la cathédrale de Meaux, ville qu'il a quittée depuis trois ans, lorsqu'il a dû renoncer à son canonicat. Il a ensuite séjourné dans la paroisse de Mitry au hameau de la Villette-aux-Aulnes. Il bénéficie d'une pension de mille livres et exerce comme professeur de musique et de forte-piano. Il prétend vivre à Paris depuis 1792 et habite au n°50 de la rue de Tracy. François Cardinal lui a demandé de donner des leçons de musique à son fils et il a été à sa table à trois reprises. Il déclare n'avoir jamais entendu son voisin se répandre en invectives contre Robespierre et qu'à sa connaissance il n'est pas en relation avec des émigrés. Cardinal est néanmoins exécuté deux jours plus tard.
• 26 fructidor an VIII (13 septembre 1800), Versailles [Yvelines] : Adrien Louis LE BUGLE meurt. Son décès est déclaré par son beau-frère, un marchand limonadier résidant à Paris, et un "pensionnaire". L'acte le qualifie de "rentier", mais n'apporte aucune indication quant à sa carrière de musicien ou d'ecclésiastique. Il laisse à ses sœurs et neveux la moitié d'un terrain situé rue de la pépinière d'une valeur de 4000 francs.
Mise à jour : 19 août 2024

