Login
Menu et informations
POIDEVIN, Pierre Antoine (1760-1820)
État civil
NOM : POIDEVIN     Prénom(s) : Pierre Antoine     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : PODEVIN
PODVIN
POITEVIN
POITVIN
POIDVIN
Date(s) : 1760-4-21  / 1820-5-24 
Notes biographiques

Pierre Antoine POIDEVIN est l’aîné d’une fratrie dont trois garçons deviennent enfants de chœur au chapitre Saint-Maurice d’Angers. Les maîtres de musique, de BACHELIER à VOILLEMONT, leur ont dispensé une formation solide qui a permis à deux d'entre eux de devenir musiciens d’église. Calixte Rose en quittant la psallette s'oriente vers le séminaire. Jean Clément devient organiste à Chemillé [M&L] puis maître de musique à la cathédrale d’Angers. Quant à Pierre Antoine, devenu abbé POIDEVIN, il est recruté en 1809 par la cathédrale de Rouen qui travaille à la renaissance de sa maîtrise sous l’impulsion du cardinal archevêque Mgr Cambadérès. L’abbé POIDEVIN répond aux exigences musicales attendues. Ses qualités d'économe contribuent à la restauration d’une psallette digne de l'illustre cathédrale. Pour compenser le manque de partitions, POIDEVIN compose alors motets et faux bourdons qui deviennent les pièces maîtresses de la musique du maître de chapelle. La cathédrale les pratique encore dans les années 1860. Il semble que par le poste qu'il occupe Pierre Antoine POIDEVIN soit le plus talentueux des deux frères musiciens. Il convient sans doute de préciser que son dernier maître angevin, VOILLEMONT, lui a légué ses partitions signifiant implicitement une filiation musicale.

• 21 avril 1760, Angers [M&L] : Pierre-Antoine POIDEVIN naît sur la paroisse Saint-Maurille d'Angers. Il est le premier fils de Pierre Poidevin, maître tailleur, et de Marie Madeleine Gilbert. Il est baptisé le lendemain, présenté sur les fonts baptismaux par deux de ses grands parents, ce qui est relativement exceptionnel à cette époque. Il s'agit, du côté maternel, de son grand-père Antoine Gilbert, commis aux aides, de la paroisse de Lesvière ; du côté paternel, de sa grand-mère Françoise Péan, veuve de Pierre Poitevin, de la paroisse Saint Pierre.

Pierre-Antoine est l'aîné de plusieurs frères Poidevin qui seront eux aussi enfants de chœur : Calixte Rose et Jean Clément qui sera lui-même organiste et maître de musique à la cathédrale d'Angers. Les documents de 1790 révèlent que le père, tout en étant maître tailleur, était aussi bedeau de la cathédrale d'Angers, ce qui explique que trois de ses fils soient successivement entrés à la psallette de Saint-Maurice.

• 6 octobre 1763, Angers : En l'église paroissiale Saint-Pierre, Jean-Antoine FINELLY (accompagné de son épouse, Victoire DEVERT) et Pierre JOSSON, tous deux dit "musiciens de cette ville" ainsi qu'un certain Pierre Poitevin  assistent au mariage du chef de musique des Carabiniers de La Flèche et excellent joueur de basson, Jean-Joseph KROUK, avec Françoise Mousseron. La signature atteste qu'il s'agit du tailleur d'habits-bedeau, père des futurs enfants de chœur. Sa présence pourrait indiquer que la famille Poidevin est étroitement liée au milieu musical de la ville.

• 21 novembre 1766, Angers : Pierre-Antoine POIDEVIN est reçu enfant de chœur à la psallette de la cathédrale.  Le maître de musique est alors Louis BACHELIER.

• 9 février 1774, Angers : Son frère Calixte Rose est à son tour reçu enfant de chœur à la cathédrale Saint-Maurice.

• 14 Septembre 1778, Angers :  Pierre-Antoine POIDEVIN reçoit 160 livres comme enfant de chœur sortant de la psallette cathédrale, c'est-à-dire 100 livres au titre de son service et 60 pour l'habillement. Il y a donc passé presque douze années de formation, successivement élève de Louis BACHELIER, de Gilles BELLANGER, de Nicolas ROZE et de Pierre VOILLEMONT. Le même jour son plus jeune frère, Jean Clément, est à son tour reçu enfant de chœur.
Le niveau atteint par Pierre-Antoine satisfait le chapitre qui le reçoit  psalteur basse taille pour 45 livres par mois avant même sa sortie de la psallette qui intervient quelques jours plus tard.

• Février 1781-1785: POIDEVIN voit ses gages passer de 45 à 50 livres par mois en 1781, puis 55 en juin 1784 et 60 en juillet 1785.
• Septembre 1786, Angers : Pierre Antoine alors dit psalteur obtient un congé de six semaines afin de faire un voyage à Paris pour affaires de famille. Il a 26 ans, sa famille semble implantée à Angers ou en province. L'allégation des affaires de famille auprès du chapitre -si elle est neutre- pourrait indiquer que le musicien ambitionne un autre poste à Paris.

• 1790, Angers : Pierre-Antoine POIDEVIN est basse taille à la cathédrale, il surestime ses états de service en indiquant 16 ans, ce qui sera corrigé et ramené à 12 ans. L'état des officiers du chapitre comptabilise une rémunération totale de 886 livres. Pierre-Antoine fait partie d'un chœur composé de 10 psalteurs et 10 enfants de chœur animé par le maître de musique VOILLEMONT.
• [1790], Angers : Les musiciens de la cathédrale d'Angers ont envoyé une pétition collective par l'intermédiaire de Monsieur de L'Épeaux, signée par tous : Étienne BARDOU, Jean François BÉRARD, Jean François SOUPLY, René POHU, Armand Fidèle LE GAY, Antoine PARMENTIER, Louis François GUILLET, Pierre Frédéric PAINPARÉ et le ci-devant POIDEVIN.

• 5 février 1791, Angers : Le directoire du département adresse le tableau des traitements des officiers des chapitres d'Angers au Comité ecclésiastique.Pierre Antoine a 31 ans. Le chapitre indique 900 livres. Le district propose de lui accorder un traitement de 850 livres, ramené à 750 livres par le département.
• 27 octobre 1792 : le district octroie une gratification de 1350 livres à P. A. POIDVIN fils sur la base de gages anciens d'un montant de 1900 livres. La discussion financière semble terminée.

• 1794, Angers : les pensions et traitements ecclésiastiques de l'An III indiquent que P. A. POIDEVIN a une rémunération de 900 livres annuelles.

• Mars 1797, Angers : POIDEVIN figure sur la liste des citoyens ayant le droit de vote aux élections primaires, il est qualifié de musicien, célibataire - il ne figure plus sur la liste de l’année suivante, selon le travail étayé du chanoine Poirier. Les fils POIDEVIN ont conservé des liens avec leur ex maître de musique l'abbé VOILLEMONT, républicain militant, désormais marié. Il semble difficile d'écarter une protection du maître pour ses anciens élèves durant les évènements post révolutionnaires car Pierre Antoine et Jean Clément ont poursuivi l'un et l'autre leur métier de musicien. VOILLEMONT proche de ses anciens élèves lèguera ses partitions à Pierre Antoine.

• 1798-1808 [?] : À suivre le chanoine Poirier, Pierre-Antoine POIDEVIN est ordonné prêtre pendant cette période sans lieu et date précis. 1801 et le Concordat sont une hypothèse à vérifier. En tout état de cause il est prêtre à son arrivée à Rouen.

• 1809-1820, Rouen [Seine-Maritime] : L'abbé POIDEVIN est maître de musique et maître de chapelle de la cathédrale de Rouen. Mgr Cambacérès attentif à redonner du lustre au bas-chœur a apporté un soin particulier à ce recrutement fondé sur des compétences musicales avérées. La tâche de P.A. POIDEVIN est double puisqu'il a également la responsabilité financière de la psallette dont le budget total, y compris sa rémunération, est de 6 600 francs. Ses propres honoraires sont fixés à 1 200 francs.
Compte tenu du peu de partitions disponibles il compose abondamment montrant talents, savoir faire et pédagogie. Il écrit des motets, est apte à composer notamment des faux-bourdons qui sont sa marque de fabrique. Ils feront la fierté de la cathédrale jusque dans les années 1860. La maîtrise se compose alors de 10 enfants et 2 serpents. Pierre Antoine POIDEVIN se révèle aussi bon maître de chapelle que directeur des études et fait date dans l'histoire de la maîtrise de la cathédrale.

• 30 mars 1818, Rouen :  La Fabrique renouvelle le contrat de son directeur et maître de musique pour une période de 6 années.

• 1820, Rouen : La santé de POIDEVIN décline ce qui le contraint à se retirer. La maîtrise lui accorde 400 francs mensuels de rente, ainsi qu'un logement dans ses murs.

• 24 mai 1820, Rouen : Pierre-Antoine POIDEVIN meurt, âgé de 60 ans. Son acte de décès est signé par Felix NAUDIN, professeur de musique, et Louis François Le Meilleur, professeur de latin.

• 1er juin 1824, Angers : Lors de l'inventaire après décès de Jean Clément POIDEVIN, frère et organiste de Pierre Antoine, il est également fait rappel de l'inventaire après décès de feue Madame Poidevin. M. POIDEVIN y avait mentionné une somme de 6 000 F héritée de Pierre Antoine puis reversés dans la communauté. Il précisait également avoir hérité de son frère de biens immobiliers et d'une rente de 3 000 F. Les liens fraternels sont récurrents chez les POIDEVIN. Calixte Rose par exemple prête de l'argent à son frère dont il perçoit rente.

Mise à jour : 26 juillet 2018

Sources
A.Colette, A.Bourdon, Histoire de la Maîtrise de Rouen..., 1892 ; F-AN/ DXIX/080/612/33/4 ; F-Ad 49/ 5 E 9 186 ; F-Ad 49/ 5 E 9 N213 ; F-Ad49 / G269 ; F-Ad49 / État civil en ligne ; F-Ad49/ 1 L 978 ; F-Ad49/ 1L978 ; F-Ad49/ G 272 ; F-Ad49/ G 273 ; F-Ad49/ G269 ; F-Ad76 / État civil en ligne ; F-An/ DXIX/055/177 bis/16 ; F-An/ DXIX/080/612/33-34 ; J. Poirier, La Maîtrise de la cathédrale d'Angers..., 1983 ; Revue et Gazette Musicale de Paris, 24 janvier 1841.

<<<< retour <<<<