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TISSET, Pierre, chapelain perpétuel à la Sainte-Chapelle de Paris (1717-1790 ap.)
Date(s) : 1717-2-27 / 1790-11-27 ap.
Bien qu'Auvergnat, Pierre TISSET a fait une grande partie de sa carrière ecclésiastique à Paris après être sans doute passé par Lyon. Il est déjà en place comme marguillier et chevecier de la Sainte-Chapelle du Palais, à Paris, dès 1762 mais en 1782, le roi lui accorde un brevet de nomination à l'une des chapelle perpétuelles, aux revenus étoffés. L'abbé TISSET rallie la coalition de ses confrères organisée contre l'autorité du chapitre et qui bafoue les obligations inhérentes à leur bénéfice. Sa trace se perd après la suppression de l'établissement en novembre 1790.
• 27 février 1717, Villedieu [Cantal] : Pierre TISSET, fils de Jean et Anne Juery, mariés à "Ribeirevielle" [Ribeyre-Vieille], un hameau de ce petit village situé au sud-ouest de Saint-Flour, vient au monde et il est baptisé le jour même.
• 18 mars 1741, Lyon : Il reçoit ses lettres de prêtrise de l'archevêque de Lyon.
• 1er avril 1762, Paris : TISSET figure parmi les trois marguilliers de la Sainte-Chapelle présents à l'assemblée générale. Il reste à découvrir depuis quand TISSET est marguillier à la Sainte-Chapelle.
• 13 janvier 1783, Paris : l'abbé Tisset, "commis à la chevecerie", prêtre du diocèse de Saint-Flour, présente le brevet de nomination à la chapelle Saint-Blaise vacante par le décès de Claude Nicolas RATILLON le 14 mai 1782, signé par le roi le 17 novembre précédent.
• 30 juin 1784, Paris : « Le jour de la st Pierre aucun des chapelain perpetuel ne s’etoit presenté pour remplir les fonctions de diacre, mr Doriot replissant celle de sous diacre, la compagnie pour ne point laisser remplir l’office divin a prié mr Legros chanoine de faire diacre ». Le 26 juin, le chanoine secrétaire de la Sainte-Chapelle avait envoyé au ministre de la Maison du Roi, le baron de Breteuil, un rapport alarmant sur l'attitude des chapelains perpétuels, qui sont au nombre de six. Ils "pretendent faire de leur place des benefices et se refusent constamment de remplir les fonctions auxquelles les assujetissent les reglemets de nos rois et les divers arrets qui en ordonnent l’execution. Cette innovation de leur part a introduit le desordre et l’anarchie dans cette Eglise, les chapelains et les clercs pretendant avoir autant de droits et de raisons que les chapelains perpetuels pour se soustraire a leur devoir". Le chapitre réclame le droit d'élire son grand chantre alors que la place n'est plus pourvue depuis plusieurs mois.
• 3 octobre 1784, Paris : Une nouvelle lettre des chanoines au baron de Breteuil montre que ce dernier a donné des ordres au Trésorier pour qu'il rappelle à l'ordre les chapelains perpétuels. C'est un échec car "cinq d’entre eux [dont TISSET] n’ont pas paru au chœur depuis depuis le 13 juillet dernier, il y a tout lieu de croire qu’ils ont formé de concert la resolution de l’abandonner pour toujours. Quel scandale, Monseigneur, de voir ainsi notre Eglise presque deserte, le service divin qui ne peut plus s’y faire avec la regularité et la majesté ordinaire que vous aviés prescrite le 18 juin dernier d’une manière si edifiante pour nous, si consolante". L'avocat de la Sainte-Chapelle pousse le chapitre à engager une action.
• 28 décembre 1785, Paris : La compagnie décide de "retenir" le gros des chapelains perpétuels qui n’ont paru à aucun office pendant l’année, DORIOT et RAYMOND ne semblent pas concernés par cette mesure.
• 10 janvier 1786, Versailles : Son nom figure déjà parmi les chapelains perpétuels sur un "Etat des noms, des Tresorier, Chantre, Prebendiers, des chapelains perpétuels et autres officiers de la Sainte Chapelle Royale du Palais à Paris que le Roy veut et entend jouir des privileges des commensaux de la Maison de Sa Majesté pendant la présente année 1786".On certifie que tous sont au service de la Sainte-Chapelle, que tous demeurent à Paris sauf les chapelains perpétuels [à l’exception de DORIOT] "lesquels n'assistent plus à a aucun office depuis le 12 juillet 1784". L'abbé TISSET est déjà mentionné dans un état conservé de 1768 mais à titre de marguillier et chefcier.
• 11 octobre 1786, Paris : Pourtant inscrit sur la table du chœur, L'abbé RAYMOND n'est pas présente lors de la fête solennelle de saint Denis et un scandale éclate car aucun chapelain perpétuel ne se présente, même ceux qui se trouvent dans la sacristie, pour faire l'office de diacre et de sous-diacre, comme c'est l'usage pour cette solennité. La compagnie décide de sanctionner les chapelains qui ont refusé de venir au chœur".
A l'occasion de cette affaire, le Trésorier de la Sainte-Chapelle rappelle que selon les arrêts du Conseil de 1683, "conformement aux fondations desdittes chapelles, a leur serment, status, reglemens et usage de la dite Eglise, [les chapelains perpétuels] seront tenus de faire continuelle residence dans leur maison, célébrer les messes portées par leurs fondations,d'assister à tous l'office qui se fait et celebrer jour et nuit dans la Ste Chapelle, d'y servir de diacre et sous diacre quand les chanoines officieront, d'y porter la chappe et tenir choeur, descendre a l'aigle pour y chanter le plein chant, les antiennes, leçons et repons ainsi qu'il leur sera marqué par le chantre dans la table du chœur qui sera faite par chacune semaine et de faire toutes les fonctions et services auxquelles sont obligés les chapelains des trésorier et chanoines a l'exception des grandes messes du chœur, a peine de privation de leur gros et distribution.Seront aussi tenus les dits chapelains perpetuels de chanter la musique avec les chapelains et clercs du trésorier et chanoines, s'ils n'en sont spécialement dispensés par le Roi".
• 28 décembre 1786, Paris : on retiendra le gros des chapelains perpétuels qui n’ont paru à aucun office pendant l’année : ASSELIN, LA BACHELLERIE, TISSET et FANTIN.
• 26 février 1790, Paris : Pierre TISSET, prêtre du diocèse de Saint-Flour, titulaire de la chapelle royale de Saint-Blaise, demeurant cour du Palais, rue de Jérusalem, paroisse de la Sainte-Chapelle déclare que les biens énoncés ci-dessous sont de trois sortes, ceux qu'il gère lui-même, ceux dont il jouit conjointement avec les cinq autres "chapelains royaux" et ceux dont il jouit "avec tout le college de la Ste Chapelle". Parmi les biens de la première catégorie, il évoque une maison située cour du Palais, rue de Jérusalem, tenant à l'hôtel de la première présidence, composée de quatre étages, le rez-de-chaussée et le premier étage loués sans bail à Mlle Lavalée, maitresse lingère pour la somme de 600 livres, le second étage compose en entier le logement du titulaire, évalué à la somme de 600 livres, le 3e étage loué d'une part à Mlle Meunier pour 180 livres et à madame Monmarquet pour 80 livres; le 4e étage loué à mr de Lavalette pour 150 livres et à mr Dutil pour 80 livres soit un total de 1690 livres. La seconde catégorie comprend le revenu annuel de 140 à 150 livres dont le détail a été fourni par l'abbé de la Bachelerie, "notre procureur et syndic" par sa déclaration du 10 février précédent". Enfin les bien de troisième catégorie ne sont pas non plus détaillés, l'abbé Tisset renvoie à la déclaration du procureur des chapelains perpétuels mais le montant en est de 865 livres 12 sols [1/6e des revenus tirés de locations ou de rentes). Il déclare que ce bénéfice est chargé d'impositions royales, il n'a rien acquitté personnellement car d'après lui les chanoines se sont emparés de l'administration exclusive des biens indivis entre eux et les "cy devant chapelains"" sans jamais faire connaître aux chapelains royaux ce qu'ils recevaient ou payaient pour eux. Les charges de la chapelle Saint-Blaise consistent en la célébration d'une messe chaque jour, dans l'assistance à tous les offices qui se célèbrent jour et nuit en l'église de la Sainte-Chapelle. Il évoque également une dépense de 3000 livres afin de faire des réparations dans sa maison, somme qui devait être payée par la chambre des comptes comme administrateurs des biens de la Sainte-Chapelle.
L'abbé Tisset déclare en outre être titulaire de quatre autres chapelles : celle des Grâces dans la chapelle-des-Vertus en l'église Saint-Eustache de Paris dotée de 400 livres de rentes sur le domaine avec retenue de 100 livres pour décimes et à charge d'acquitter une messe tous les jours de fête et dimanche; celle de Saint-François desservie en la Basse Sainte-Chapelle dotée de 31 livres 5 sols de rente payables par le domaine à la charge d'acquitter une messe par semaine; celle de la Vierge fondée à la chancellerie du Palais par Philippe de Valois en 1328, dotée de 62 livres de rente payables par le domaine à la charge de deux messes par semaine et enfin celle de Sainte-Catherine fondée dans la collégiale de Champeaux, diocèse de Paris, dotée de seize setiers de blé et 16 setiers d'avoine livrés par le fermier de la dîme appartenant auxdits chanoines, plus une petite dîme paroisse de Châtillon affermée 120 livres, plus 26 livres 10 sols payés par le chapitre et 11 livres payées par la communauté; les charge de cette chapelle s'élèvent à 122 livres deux sols de décimes. Pour terminer cette déclaration, Tisset mentionne aussi qu'il est titulaire de la vicairie de Saint-Martial dans la cathédrale de Bourges dont la déclaration a été faite à Bourges. Ce qui devrait faire un montant total de 3 134 livres, charges enlevées, outre les revenus en nature dont il n'est pas fourni de revenu en année commune. Sur une autre pièce, on lit le montant total de ses revenus s'élève à 3 575 livres 5 sols à savoir 2082 livres pour sa place de chapelain de la Sainte-Chapelle, 829 livres 10 sols de sa chapelle Sainte-Catherine en l’Église de Champeaux, 400 livres de la chapelle Notre-Dame des Grâces, 62 livres 10 sols de la chapelle Notre-Dame et 31 livres 5 sols de la chapelle Saint-François.
• 27 novembre 1790, Paris : Au moment de la fermeture de la Sainte-Chapelle, 17 musiciens et chantres étaient au service de cet établissement, sous la direction du maître de musique Jean Nicolas FRÉCHON, l'un des chapelains ordinaires. Il s'agit des six chapelains perpétuels, qui ont théoriquement des fonctions cantorales (François Robert DORIOT, Joseph Honoré RAYMOND, Antoine Étienne Nicolas FANTIN DES ODOARDS, Claude ASSELIN, Armand Henry DE LA BACHELERIE et Pierre TISSET); cinq autres chapelains ordinaires (Guy Antoine BRALLE, Anne François DUPREY, Jean François VAVASSEUR, Sébastien François Marie Élisabeth TORCY et Antoine CHAVIALE) et six autres clercs (Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE, Adrien CACHELIÈVRE, Jacques CHAUVET, Léger DOUVILLÉ, Benoît Furcy DE SACHY et Pierre POIRIER). En outre, Gervais François COUPERIN touche l'orgue de la Sainte-Chapelle et Jean-Baptiste DESSÉ vient y jouer du violoncelle aux grandes occasions.
Nous perdons ensuite sa trace.
Une piste sera à exploiter, on relève sur les tables de succession un Pierre Tisset décédé à Paris le 25 brumaire an V. Est-ce lui?
Mise à jour : 1er août 2024

