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TORLEZ, Charles Joseph (ca 1717-1776)
État civil
NOM : TORLEZ     Prénom(s) : Charles Joseph     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : TORLES
TORLAIZ
Date(s) : 1717 ca  / 1776-9-15 
Notes biographiques

La carrière de Charles Joseph TORLEZ est un bel exemple d'itinérance et de polyvalence (musicien d'Église,  de Concert; ayant assuré diverses fonctions de direction, d'éducation, de composition...) sous le règne de Louis XV :  natif d'une petite bourgade des Pays-Bas autrichiens, il est repéré en France dès l'âge de 25 ans, en poste dans la lointaine ville de Clermont-Ferrand où il est maître de musique de l'Académie royale de la ville. Il s'y marie en 1742, peut-être avec une musicienne qui partagera toujours ses responsabilités et y donne très vite un aperçu de ses qualités de compositeur dont la presse parisienne se fait l'écho. Cela joue-t-il un rôle dans son arrivée à la tête du Concert de Grenoble, avant 1747 ? Sur place, il fait jouer sa musique devant de puissants personnages tout en pénétrant dans l'univers ecclésiastique grâce à ses relations avec un couvent de religieuses dominicaines. En 1754, le couple TORLEZ s'installe en Bourbonnais et semble être rémunéré à l'Académie de musique de Moulins pendant une dizaine d'années environ en dépit de certains vicissitudes. Torlez évite le renvoi, peut-être en raison d'un réseau de protecteurs qui va en s'étoffant par le nombre et la puissance? En 1762, il dédie une de ses œuvres au prince de Condé mais celle-ci n'est-elle pas une commande de circonstance destinée à la gloire de ce prince du sang? Il faut bien vivre. Au milieu des années 1760, Torlez est à Paris où il enseigne, publie et où il utilise la presse pour faire connaître sa musique. On le joue au Concert Spirituel, ce qui est une sorte d'apothéose. Ses œuvres religieuses sont appréciées bien que jugées "d'ancien genre". C'est sûrement ce qui plait aux chanoines de la cathédrale Saint-Gatien de Tours qui l'engagent, on ne sait par quel biais, vers 1768. Sur les bords de Loire, le nouveau maître de musique compose encore et dirige une dizaine de musiciens et chantres, autant d'enfants de chœur. Hélas, la quasi totalité de son œuvre a disparu. Il y meurt en 1776. Deux de ses fils résumeront par leur existence la dichotomie de la carrière de Charles Joseph : le premier sera maître de musique dans la capitale et le second entrera dans l’Église et deviendra chanoine.

• [1717], Walcourt [Au sud de Charleroi, comté de Namur, actuelle Belgique, pas très loin de Maubeuge] : Charles Joseph TORLEZ vient au monde. Il est le fils Pierre, bourgeois de la ville de Walcourt et de Marie Renée Dandoy/Dondurois.

• On ignore tout de sa formation mais ne peut-on émettre l'hypothèse qu"il a été enfant de chœur à la cathédrale de Tournai puisqu'il dédie en 1767 une de ses œuvres à ce chapitre. Il peut toutefois y avoir été en poste comme simple musicien et avoir été formé à la collégiale Saint-Materne de sa ville natale, ou à Charleroi....

• 1er mars 1742, Clermont-Ferrand [Puy-de-Dôme] : Le Mercure Français du mois d'avril relate qu'à été exécuté en cette ville "une Pastorale en un Acte, intitulée le Départ du Guerrier Amant, de la composition de M.Bompart de S.Victor, mise en musique par M.Torlez, Maître de Musique du Concert de la même ville". Des précisions sont apportées sur les personnages, Lisandre, chef d'une troupe de guerriers et Cloris, sa bien aimée, et sur le livret, dont le texte s'achève sur ces paroles de Cloris, "Partez, volez à la victoire Faites-en vos soins les plus beaux; L'Amour dans le cœur des Heros Ne doit regner qu'après la Gloire"; rien en revanche n'est mentionné sur la qualité de la musique.

• 11 novembre 1742, Clermont-Ferrand : Charles Joseph TORLEZ, vingt-cinq ans, "maitre de musique de l'academie Royalle residant actuellement en cette ville" signe le contrat de mariage établi devant maître Mathieu dans la perspective de son union avec Élisabeth Vanelle de Saint-Léger, fille majeure de vingt-cinq ans, de défunt Jean François, vivant gentilhomme de la ville de Paris et de défunte Barbe Delamotte, résidant actuellement en cette ville, maîtresse de ses biens. On ne relève pas d'apports chiffrés mais il est stipulé que " [...] pour lamitié singuliere qu’ils ont lun pour lautre lesd.srs futurs epoux et epouze se sont institués et instituent reciproquement par ces presentes heritiers universels de tout et chacuns biens dont ils mouront saisis a l’effet par le survivant deux de succeder au predecedé et de se saizir et emparer de tout et chacun des biens du predecedé, lesquels appartiendront en toutte propriété au survivant qui en demeurera saizy de droit et pourra en disposer ainsy que bon luy en semblera...". Deux musiciens signent également au bas du contrat, Jean CANEE et Michel OTTE, ainsi qu'un chanoine semi-prébendé de la cathédrale Notre-Dame, Georges Faucher.

• 30 janvier 1743, Clermont-Ferrand : Les époux s'unissent devant la Sainte-Église en l'église Notre-Dame-du-Port.TORLEZ précise qu'il réside "depuis plusieurs années sur cette paroisse" et son épouse qu'elle est originaire de Reims. Son père était écuyer et seigneur de Saint-Léger. Jean CANEE signe également.

• 1747, Grenoble : Balthazar leur fils, vient au monde d'après Georges Escoffier cette année-là,. Il deviendra maître de musique dans la capitale, épousera à Paris le 8 août 1786 Charlotte Victoire Ouizille [contrat signé devant maître Pierre Tiron] et divorcera dans la même ville le 16 mars 1793.

• 1752, Grenoble [Isère] : "Maître de musique des dames de Montfleury", c'est-à-dire des religieuses dominicaines, il publie un "divertissement en musique" intitulé "Le retour du printems" qui a été chanté par les "acteurs de l'Academie de Grenoble" en présence du marquis de Paulmy, secrétaire d’État à la Guerre". Il s'agit de Marc Pierre de Voyer de Paulmy d'Argenson fut secrétaire d’État entre 1743 et 1757.

• 17 février 1753, Grenoble : Leur Joseph Charles, fils est baptisé paroisse Saint-Hugues; son parrain est Joseph GAVAUDAN, maître de musique, qui a signé avec le père mentionné lui aussi comme maître de musique; sa marraine est la soeur de l'enfant Caroline, qui ne peut signer à cause de son bas-âge. Ce fils deviendra prêtre et bénéficier [chanoine?] de Castelnaudary (Aude), s'opposera aux idées révolutionnaires et sera déporté sur l'île de Ré.

• Novembre 1754, Moulins [Allier] : Les époux TORLEZ arrivent dans cette ville où Charles Joseph prendra les fonctions de maître de musique de l'académie de musique, leur voyage est payé comme le mentionne le "registre des délibérations tant générales que particulières de l’académie de musique établie par M. Pallu intendant de la généralité de Moulins".

• 1757-1761, Moulins [Allier] : Les revenus des époux TORLEZ s'élèvent entre 1 080 livres en 1757 à 800 livres en 1761 en passant par 600 livres en 1759.

• 1757, Moulins : Les époux Torlez perçoivent 1300 livres; 1080 livres, en 1757 ; 600 livres, en 1759, et 800 livres, en 1761

• 30 novembre 1758, Moulins : "Me Charles Joseph TORLES musicien de cette ville a été constitué procureur pour authoriser ledit Renet JANCOUX", également musicien en cette ville, à se marier.
Durant cette période (1758-1760) on relève aussi la présence de Nicolas Jean GUEUDRY, qui exerce avec lui au Concert et touche l'orgue de la collégiale Notre-Dame.

• 3 février 1759, Yzeure, près de Moulins : Charles Joseph TORLES maître de musique à l’Académie de musique de Moulins signe comme parrain, et son épouse comme marraine, de Caroline Élisabeth, fille de Georges GRANGEON, musicien.

• 5 avril 1759, Moulins : Les époux TORLEZ perçoivent 900 livres.

• 6 juillet 1759, Moulins : Charles Joseph est renvoyé "pour des raisons particulières de mécontentement autres néanmoins que celles qui regardent ses mœurs et ses talens dont certificat d’approbation lui sera offert"; il est réintégré le 9, "le président étant pleinement satisfait du repentir que luy a marqué le sieur Torles de son inconduite & des différentes inconsidérations par luy commises".

• 1762, Moulins : TORLEZ,  maître de musique de l’Académie, publie une cantatille pour voix et orchestre sur la Bataille de Friedberg [pour deux violons, une trompette, un contre-basse à cordes] dont la partition de 18 pages est actuellement conservée à la bibliothèque du château de Chantilly [Oise]. Le manuscrit autographe est dédié au prince de Condé [incipit : "Quels sons harmonieux éclatent dans les airs"]. Le prince remporta une bataille en Hesse [Nauheim ou Johannisberg] lors de la Guerre de Sept Ans, au mois d'août. Quelle est la nature des liens qui unissaient les deux personnages?

• 13 mars 1766, Paris : On lit dans le numéro 21 des Annonces, affiches et avis divers que "LE BOUQUET D'Eglé Cantatille, dédiées à mad. Le Normant d'Etioles, composée par M.Torlez" est en vente "chez Mad. Berault, Mde de musique, rue & à côté de la Comédie Françoise; & aux adresses ordinaires", au prix d'une livre 16 sols. Est-ce madame de Pompadour dont-il s'agit? Cela semble improbable, elle est morte deux ans auparavant et on lui aurait donné son titre. Il s'agit plus probablement de la seconde femme du mari de la favorite royale qui s'est mariée avec Charles Guillaume; Marie Anne Matha, une ancienne danseuse, également jadis maîtresse du roi.

• 16 avril 1767, Paris : L'Avant-Coureur du 20 [numéro 16] relate qu'au Concert Spirituel "on a exécuté, Dies irae, nouveau Motet à grand chœur de M.Torlès, bonne Musique de l'ancien genre". En mai, le Mercure de France précise que cette œuvre était "d'un genre simple & où il y a de vraies beautés".

• 29 juin 1767, Paris : L'Avant-Coureur [numéro 26] mentionne la parution chez madame Berault d'un "Quemadmodum, Motet à voix seule avec symphonie, dédié à MM. les chanoines de Tournai, par M. Torlez, ci-devant Maître de Musique des Académies de Clermont, Grenoble & Moulins". Il ne semble par conséquent pas encore en poste à Tours.

• 13 juillet 1767, Paris : "M.Torlez, bon compositeur de Musique, connu par plusieurs productions qui ont été goûtées du public, se propose d'enseigner cet art, d'en apprendre les regles, & d'en faire connoître le goût. Il vient de publier un petit Motet pour une haute-contre; une Ariette intitulée, la voix d'Eglé; & l'a, b,c,d, en Ariette, le tout avec symphonie. On trouvera ces nouvelles Musiques chez l'Auteur, à l'Hôtel de Touraine, rue Hautefeuille, & chez le sr Beraud, près la Comédie Française" lit-on dans L'Avant-Coureur [numéro 28]. Il semble que le projet de TORLEZ soit de se fixer dans la capitale pour y enseigner et y devenir peut-être "maître de goût du chant".

• 1er juillet 1768, Tours : On relève dans le chapitre de délibérations du chapitre de la collégiale Saint-Martin qu'une délégation a été envoyée auprès du maître de musique de la cathédrale Saint-Gatien Charles Joseph TORLEZ, afin de lui demander de venir diriger le chant et la musique le jour d'un des fêtes patronales de cette église, le 4 juillet, jour de la saint Martin d'été. Leur propre maître de musique, Nicolas SAVART, a été renvoyé le jour même. On lui versera le 6 juillet une somme de 48 livres pour cette direction. C'est la première mention de la présence en Touraine de TORLEZ. Les registres du chapitre Saint-Gatien antérieurs à 1771 ont été détruits à la Révolution.

• 7 octobre 1768, Tours : Le nouveau maître de musique, Adrien Quentin BUÉE, nommé ayant obtenu un délai jusqu'à Noël pour venir prendre son poste, les chanoines de Saint-Martin se tournent à nouveau vers lui pour diriger chant et musique à la saint Martin d'hiver, le onze novembre. On lui verse le 15 la somme de 60 livres.

• 24 novembre 1768, Tours : Deux chanoines martiniens sont chargés d'aller lui porter les remerciements du chapitre après qu'il lui ait offert son ouvrage intitulé "Methode pour apprendre la musique".

• 19 avril 1769, Paris : "Le sieur Torlez, ci devant Maître de Musique de différentes Académies et actuellement de la Métropole de Tours, offre à ceux qui désireront avoir des Messes, des Motets, des Divertissements de Musique ou des Cantatilles, des Ariettes, etc. sur quelque sujet que ce soit, en expliquant leurs intentions sur le nombre de parties, tant vocales qu'instrumentales qui devront y entrer, de leur en composer à un prix raisonnable, et de leur envoyer aux adresses qui lui seront indiquées" lit-on dans les Affiches, Annonces et Avis divers [d'après Georges Escoffier dans son article mais la date est erronée].

• 4 mai 1771, Tours : Le chapitre de la cathédrale lui verse 72 livres afin de le rembourser de la somme dépensée pour  "traiter "les musiciens externes qui ont chanté a la fete de st Gatien".

• 16 septembre 1772, Tours : Le chapitre lui rembourse 46 livres pour l'achat de six messes imprimées "qu'il a fait venir de Paris".

• 27 juin 1774, Tours : "Le maître de musique a travaillé pour donner de la simphonie au service du Roy, MM. ont déclaré qu'il pouvoit inviter pour ledit jour tous les musiciens qui lui sont necessaires" lit-on dans le registre capitulaire. Il s'agit sur service funèbre célébré pour le repos de l'âme de Louis XV, mort le 10 mai précédent. Ce service a lieu le 25 juillet suivant en grande musique et symphonie. Les chanoines lui verseront peu après 120 livres pour le défrayer de ses dépenses pour avoir engager des musiciens externes.

• 9 juillet 1774, Tours : Le doyen de la cathédrale, l'abbé Guillaume Joseph d'Abzac de Mayac, se rend à lka psallette, accompagné d'un notaire, afin de "faire constater...un tableau déposé en la maison de la psalette de ladite Eglise de Tours dans lequel est renfermé un Reglement auquel sont assujetis les Enfants de chœur d'icelle Eglise en ce qui concerne seulement les honneurs qui sont dus et rendus à la dignité et à la personne de doyen par lesdits enfants de chœur lorsqu'il est au chœur de la ditte eglise". Charles Joseph TORLEZ est présent mais signale "que le même tableau n'est pas en sa disposition; mais bien en celle du maître de Grammaire des Enfants de Chœur, vû que lui seul est chargé par Messieurs du Chapitre de veiller à l'éxécution du même reglement en ce qui regarde les ceremonies du chœur de l'Eglise".

• 20 décembre 1775, Tours : En raison de son état de santé, il est déchargé des leçons de musique à donner aux enfants de chœur, c'est le musicien Jacques Michel Pierre LERAT qui en sera chargé.

• 15 septembre 1776, Tours : On annonce en chapitre le décès du maître de musique ce jour à trois heures et demie du matin. Les chanoines décident qu'il sera inhumé dans les galeries du préau à l'issue des vêpres du surlendemain. A sa mort, TORLEZ dirigeait dix chantres et musiciens, Jean-Baptiste BROQUERIE, Louis PLEUVRY, Jules Nicolas MOLLET, Jean François GALLIOT, Jean LEFORESTIER, Jacques Michel Pierre LERAT, Louis NOTTIN, Adrien François MALLET, Pierre RAGUENEAU et Émery Henri LEFEBVRE et dix enfants de chœur : Jacques PROUST, Pierre BERTIN, Pierre RENAULT, Jean AZAYE, [Jean François PRIMEAU] Louis PRIMO, Jean Hilaire PAVY, Louis PAIMPARÉ, François NORMANVILLE, Auguste Pierre SOMBRÉ et Étienne FAY. A la tribune d'orgues jouait Louis Antoine GUICHARD.

• 23 septembre 1776, Tours : Le chapitre rembourse à sa veuve 80 livres pour "avoir traité les musiciens externes qui ont chanté a la S.Maurice".

• 21 octobre 1776, Tours : On procède à l'inventaire de ses effets devant me Souchu "expédient en l'absence de mr le bailli de la justice de la prévôté quinte et châtellenie [...] des Bains" sur le territoire duquel se trouve la maison où il est décédé, cloître Saint-Gatien, apparemment la psallette. Sa veuve, dame Élisabeth Françoise Vanelly de Saint-Léger, est présente "en l'absence des enfants heritiers dudit deffunt". On procède d'ailleurs à l'inventaire "sous reserve des droits des dits enfants et heritiers absents". Le défunt occupé une grande salle et deux petits cabinets. Dans le premier de ces cabinet se trouvait une couchette à baldaquin, un fauteuil, une tenture de toile peinte, douze volumes de libres égrenés et dans le placard, l'argenterie qui consiste en 2 cuillères à ragoût, six cuillères, six fourchettes et un gobelet d'argent pesant "armoriés d'armoiries en lesquels sont la forme de deux poissons", le tout estimé à la somme de 216 livres environ. Dans un autre cabinet, "une couchette de bois noyer...une courtepointe d'indienne peignée avec sa housse de serge verte garnie de rubans jaunes fonds en dossier de pareille étoffe...le tout estimé 50#; 30 volumes de livres égrenés 3#; "treize livres de musique reliés en veau et quantité de papiers remplis de musique d’Église" estimes...1#10s". Dans la grande salle se trouve une grande armoire contenant du linge de table, des draps, "une doublure d'habit de poil de petit gris 6#; trois douzaines de chemises à l'usage du défunt de toile blanche à moitié usées garnies de mousseline estimées 40# [...], un habit de drap noir et une veste de ratine pareille couleur 6#; un habit de camelot de couleur  [?] doré et une veste de satin noire 9# [...]trois paires de bas de fil et trois autres paires de bas de coton 4#; un chapeau deux perruques un paire de souliers, une paire de boucles de souliers et une paire de boucles de jarretière 9#; douze mouchoirs; quatre bonnets brodés, quatre autre de coton blanc 4#; 18 mauvaises chemises de nuit 9#", et du café.

C'est tout ce qui dépend de la communauté dans ladite maison de la psallette. Sa veuve déclare que lors du décès de son mari, il ne s'est trouvé que la somme de 30 livres qu'elle a employée à ses besoins, "que l'argent qu'elle a reçu du receveur du chapitre chaque mois depuis le deceds de son mary a été employé a l'entretien et nourriture des enfants de la psalette". Elle mentionne également des dettes passives : 600 livres "restantes de 1200 dues par la dite succession au sieur Le Normand d'Etiolles, ancien fermier général des postes demeurant à Paris suivant une reconnaissance qu'il a entre les mains" ; 200 livres dues par le défunt "à la veuve Fore son imprimeuse et libraire demeurant à Moulin en Bourbonnais suivant la reconnaissance qu'elle doit en avoir"; 165 livres au marchand de bois pour fournitures des années 1774-1775, le prix des "cuissons de pain de l'année courantte a compter du mois de fevrier dernier" au boulanger ; au marchand Cabarat le prix d'un poinçon de vin acheté en 1775, "plus le prix d'une robe de chambre de molleton et sa doublure et les vêtements de deuil que ledit sr Cabarat lui a fournis et dont il donnera mémoire" ; 211 livres à l'épicière pour marchandises fournies jusqu'en septembre dernier ; 41 livres au pâtissier pour fournitures jusqu'en septembre ; 12 livres au barbier pour une année de barbe et 10 livres au barbier de la psallette "pour avoir rasé les enfants de chœur pendant le cours de l'année dernière" ; 48 livres au sieur LERAT, musicien suivant la reconnaissance du défunt et de sa veuve ; plus à Louise (illisible), domestique de la maison 63 livres pour 18 mois de gages depuis le mois d'avril 75 au décès de TORLEZ.

Enfin, La dite veuve remontre qu'il lui est dû personnellement comme légataire universelle de feu sieur Duval, bourgeois de Reims plusieurs parties de rentes constituées dont les titres "sont entre les mains de mr Malfilâtre conseiller au présidial de Reims qui en fait le recouvrement" (difficile de calculer le principal, il n'est précisé qu"à deux occasions], le revenu tourne autour de 190 livres seulement.

• 30 décembre 1776, Tours : Le chapitre accorde à sa veuve une gratification de 500 livres.

• 3 mars 1777, Tours : "Sur proposition de mr Saisy, Mrs ont deliberé qu'ils n'avoient accordé a mde Ve Torlés une gratification de cinq cent livres qu'a la condition qu'elle laisseroit sa  musique a la psallette". Il ne reste plus rien de ces partitions, sans doute détruites après la suppression du chapitre. Un inventaire non daté mais postérieur à 1739, établi lors de la prise de possession par le sieur FABOULIEZ de la maîtrise de la cathédrale Notre-Dame de Cambrai [Nord] mentionne la présence dans ce riche "Etat des musiques" de trois Magnificat composés par le sieur TORLEZ.Tout laisse à penser qu"il s'agit de Charles Joseph. Enfin, un "Catalogue général des manuscrits de la bibliothèque de Tours", publié en 1905, indique le manuscrit 157 contenant les partitions des psaumes CXXXI et CXXXVII [177 feuillets], dont la paternité est attribuée à TORLES par Pierre BERTIN. Ce dernier écrit en 1815 qu'il "en reconnoit non-seulement la copie, l'écriture et même le stile (sic), le faire de ce maître". Le psaume 138 a été de très nombreuse fois mis en musique, il commence par "Super flumina Babylonis...".

On trouve sur Gallica la partition de "L'incertitude, cantatille pour une basse-taille par Mr TORLEZ, Maître de Musique de la Métropole de Tours, Prix 1# 16 s, A Paris, chez Madame Berault Marchande de Musique rue et à côté de la comédie Françoise au Dieu de l'harmonie et aux Adresses ordinaires" mais non datée. [elle commence ainsi : "Tendrement par un baiser ravi sur les lèvres d'Iris de ma fidèle ardeur j'ai dérobé le prix..."]. A la deuxième page , on peut lire un grand tableau intitulé "Catalogue des ouvrages qui se vendent chez Madame Berault [...] où l'on trouve à la même adresse un assortiment général de toute sorte de Musique Françoise et Italienne"; dans certaines cartouches sont mentionnées les œuvres de TORLEZ dont "Cantatille de mr Torlez et autre". [chaque partition est à 1#16s] : L'Amour couronné, Le bouquet d'Eglé, Les Talens et les Graces, Goliath, Thémire, Esther"; et six motets qui lui sont bien tous attribués: "Beati qui habitant 3#; Deus canticum 1# 15 s; Confitebo r2# 8 s; Quemad modum 1#15 s; Miserater 2# 8 s; Ad te levavi 2# 8 s".

F.J Fétis lui consacrera une notice dans sa "Biographie universelle des musiciens et bibliographie generale de la musique" (1844) mais elle est presque intégralement copiée de celle parue dans le "Dictionnaire historique des musiciens, artistes et amateurs morts" (1811) de Choron et Fayolle : "TORLEZ, maître de musique aux académies de Grenoble et de Moulins , en 1767, publia vers cette époque, à Paris: Cinq motets à voix seule avec symphonie. En 1783, il parut encore de lui six duos pour flûte et violon, op. 1 ; mais il semble qu'ils sont plutôt d'un autre Torlez, qui depuis 1788, était violoniste à l'orchestre du Théâtre Italien."

Mise à jour : 22 novembre 2018

Sources
A.-E. Folliet, Les volontaires de la Savoie, 1792-1799, 1887 ; A.-M. de Franclieu, La persécution religieuse dans le département de l'Isère [...], 1905 ; Annonces, affiches et avis divers [de Paris] ; Antoine Sabarthès, Histoire du Clergé de l'Aude de 1789 à 1803 [...), 1939 ; Archives nationales, salle des inventaires virtuelle ; Catalogue des Fonds Musicaux Anciens conservés en Picardie ; Catalogue général des manuscrits de la bibliothèque de Tours, 1905, ; Dictionnaire portatif des théatres [...], 1754 ; F-AE Belgique/ état-civil Walcourt ; F-Ad03/ 2MI EC 321 8 ; F-Ad03/ état civil en ligne ; F-Ad37/ 2B34 ; F-Ad37/ 3E8/ 1141 ; F-Ad37/ 6NUM6/ 261/ 310 ; F-Ad38/ 9NUM/ 5E186/ 20/ 5 ; F-Ad59/ 4G 1985 ; F-Ad63/ 3E500 419 ; F-Ad63/ 5 E 16 (125) ; F-Adio.Tours/ registre capitulaire St-Martin n°16 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1380 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1381 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1383 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1384 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1385 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1386 ; F-AmMoulins/ 400 ; F-BArsenal/ Manuscrit 3057, 1752 ; F.J. Fétis, Biographie universelle des musiciens [...], 1844 ; G.Escoffier, « Formes institutionnelles [...], RM, 2001 ; L'Avant coureur, avril 1767 ; L'Avant coureur, juillet 1767 ; L'Avant-Coureur, juin 1767 ; Mercure Français [...], 1742 ; Mercure de France, mai 1767 ; V. Pierre, La déportation ecclésiastique sous le Directoire [...], 1896 ; gallica.bnf.fr

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