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TRUBLET, Ignace Hyacinthe (1737-1800)
État civil
NOM : TRUBLET     Prénom(s) : Ignace Hyacinthe     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : Hiacinthe
Hiacinte
Date(s) : 1737-3-29  / 1800-11-20 
Notes biographiques

L'organiste Ignace-Hyacinthe TRUBLET exerce d'abord à la collégiale de sa ville natale, Vitré, puis dans la principale église paroissiale, celle de Notre-Dame où il est rémunéré par la jouissance d'une prospère métairie située à Moutiers, à quelques lieux au sud de Vitré... Après la destruction de son orgue au paroxysme de la Terreur, en février 1794, il quitte Vitré pour Rennes où, semble-t-il, il poursuit une activité de musicien.

• 29 mars 1737, Vitré [Ille-et-Vilaine] : Selon les certificats joints à sa requête de l’an II, Ignace-Hyacinthe TRUBLET est né le 30 mars 1737. En réalité, il est né le 29 mars, et la date du 30 correspond à son baptême le lendemain à Notre-Dame de Vitré. Le curé de Notre-Dame gratifie ses parents, Mathurin Trublet et Marie-Mathurine Dollier, du titre d'"honorables personnes". L'enfant tient son premier prénom de son parrain, "Ecuyer Ignace François De Guillerme, officier de Cavallerie dans le régiment de Veauquer". Sa marraine est la demoiselle Marguerite Lequeu (qui signe "Julienne margueritte le queu"). Son père, dont le curé n'indique pas le métier, signe également l'acte avec aisance.

• 1753, Vitré : Le rôle de capitation de cette année-là montre pour la première fois Hiacinte TRUBLET en tant qu'organiste. Le jeune homme a alors 16 ans. Quoique habitant près de Notre-Dame, chez sa mère, il est probablement plutôt organiste de la collégiale de La Madeleine. En effet, c'est alors Joseph-Marie BERTRAND qui est organiste de la paroisse Notre-Dame.

• 7 juin 1754 : Lors de l'une de ses requêtes ultérieures, l'organiste explique que son "traitement étoit d’abord de 100 livres par an, il fut ensuite porté à 150 lt par délibération du chapitre" de la collégiale de La Madeleine en date du 7 juin 1754.

• 1755, Vitré : Hyacinthe TRUBLET est toujours attesté comme organiste de la collégiale de La Madeleine.

• 29 mai 1760, Vitré: "hiacente Trublet" signe l'acte de mariage du maître à danser angevin René-Théodore LA ROCHE avec la Vitréenne Angélique-Andrée Tizon.

• 9 juin 1761, Vitré : Hyacinthe TRUBLET devient organiste de l'église paroissiale Notre-Dame, où il prend la suite de Joseph-Marie BERTRAND, parti à la collégiale de Champeaux. Dans une requête de 1794, TRUBLET rappelle qu'il fut "nommé au concours pour toucher l’orgue de la paroisse de Notre Dame de la même ville, aux gages de 250 lt." La paroisse lui verse donc 100 livres de plus que ne le faisait le chapitre. Il explique aussi que "la concurrence des offices dans ces deux Eglises [le] força d’abord de quitter l’orgue de la Magdelaine". À la collégiale de la Madeleine, Jeanne-Marie BERTRAND lui succède le même jour, 9 juin 1761.

• 8 juillet 1765, Vitré : Trublet rédige un billet attestant avoir reçu du trésorier paroissial "la some de 2 livres pour une teste de loup pour époustair [épousseter] Lorgue de Notre Dame". Si son orthographe est fantaisiste, il signe avec élégance et maîtrise (beau "T" majuscule en particulier).

• 1er avril 1766 : Trublet rédige un billet attestant avoir reçu du trésorier paroissial 143 livres 10 sols "pour les derniers six mois de mes appointements pour toucher l’orgue qui ont fini le dimanche des Rameaux". Il recevait donc alors 287 livres par an en tant qu'organiste de Notre-Dame, soit 37 livres de plus que lors de son engagement.
• [1766], Vitré : TRUBLET explique que "quelque temps plus tard" il revient à la collégiale de La Madeleine (et va donc toucher les deux orgues). Ce n’est pas seulement parce que, comme il le dit, les horaires des offices ont été aménagés pour lui permettre ce cumul de postes, mais aussi et surtout parce que Jeanne-Marie BERTRAND a quitté Vitré pour un orgue monastique situé en Anjou.

• 7 janvier 1772, Rennes : Dans l'église paroissiale de Saint-Étienne est célébré le mariage de "Maitre" Ignace-Hyacinthe TRUBLET et de Dlle Jeanne-Marie-Rose Lanfray, fille majeure de feu Gabriel Lanfray, sieur de la Foucaudière, qui est originaire de Châteaugiron, paroisse située à une quinzaine de km au sud-est de Rennes. Le marié est dit "originaire de la paroisse de Notre-Dame de Vitré, et y domicilié". On remarque que le mariage est célébré par "Antoine Beaulieu religieux récolet demeurant actuellement à la communauté des Récolets de Vitré". Par l'itinéraire pédestre le plus direct, il y a un peu plus de 37 km entre Vitré et Rennes. Que ce religieux se soit déplacé de Vitré à Rennes pourrait être l'indice d'un autre poste alors occupé par TRUBLET : et s'il tenait aussi l'orgue des Récollets de Vitré ?
• Mars 1772, Vitré : Hyacinthe TRUBLET, organiste de la paroisse Notre-Dame, aussi chargé de l'accord de l'orgue, demande à la fabrique que lui soit accordé le bail de la métairie d'Épeigne, sur laquelle sont fondés les honoraires de l'organiste depuis le milieu du XVIIe siècle (fondation). Cette métairie est située à Moutiers, paroisse rurale, à une petite vingtaine de kilomètres au sud de Vitré. La fabrique donne son accord, et un long acte notarié s'ensuit, précisant les obligations et les droits de Trublet, qui prendront effet pour neuf ans à compter de La Toussaint 1774. Le montant du fermage est de 350 livres, mais l'organiste n'en versera que 63 à la fabrique, et retiendra 287 livres au titre de ses honoraires pour toucher l'orgue et l'accorder. À lui ensuite de faire exploiter la métairie afin qu'elle lui rapporte plus ou moins largement de quoi vivre. Les obligations du preneur, minutieusement détaillées, apportent beaucoup d'informations sur la gestion du paysage bocager.

• 17 juin 1773 et 7 septembre 1774, Vitré : Deux fils naissent et sont baptisés paroisse Notre-Dame, Hyacinthe-Gabriel puis Gabriel-François. Les parrains et marraines sont recrutés dans le cercle familial, tout le monde sait signer.

• 1785, Vitré : Le rôle de capitation pour l'année 1785 mentionne rue Notre-Dame, le sieur TRUBLET, organiste, capité à 16 livres (en 1784 il avait dû s'acquitter de 17 livres). Les époux Trublet ont un ou une domestique pour lequel ils payent une livre dix sols d'impôt.

• 1789, Vitré : Le rôle de capitation pour l'année 1789 montre le sieur TRUBLET, organiste, demeurant maintenant "Place neuve à gauche" et devant payer la somme de 16 livres (comme en 1788), à laquelle s'ajoute une somme d'une livre dix sols "pour un domestique".

1790 : Hyacinthe TRUBLET est toujours attesté comme organiste à Vitré. Dans l'une de ses suppliques, il affirme : "j’ai continué de toucher ces deux orgues [dont il vient de parler, donc les orgues de la paroisse Notre-Dame et de la collégiale de La Madeleine] jusqu’en 1789, et l’orgue de Notre Dame jusqu’au moment où il a été détruit" (c'est-à-dire jusqu'en février 1794). Il explique que "le traitement réunis des deux places dont je viens de parler s’élevaient à 400 lt", et précise que la fabrique de Notre Dame lui avait abandonné "la jouissance d’une métairie affectée aux dépenses de l’orgue, et cette jouissance surpassait considérablement la somme de 250 lt puisque la ditte métairie Depeigne située paroisse de Moutié est affermée quitte de toute imposition la somme de 900 lt".
Si son emploi à la paroisse Notre-Dame et sa rémunération par le biais de la métairie d'Épeigne ne souffrent aucune contestation, on peut en revanche avoir un doute concernant son emploi à la collégiale de La Madeleine puisque François LIZÉ y est organiste en 1790 "depuis sept à huit ans", soit depuis 1782 ou 1783 environ.

• 24 pluviôse II [12 février 1794], Vitré : Cette date est celle que l'administration retient dans le dossier de TRUBLET comme étant l'"époque de la suppression de ses fonctions". C'est, écrit-il, le "jour où l’orgue a été détruit" :  cette date coïncide avec le paroxysme de la Terreur.
• 7 germinal II [27 mars 1794] : L'organiste rédige une supplique de deux pages et demie, où il relate sa carrière passée. Il ajoute que "la modique fortune" dont il jouit est insuffisante pour le faire vivre avec sa famille et précise : "elle appartient d’ailleurs à ma femme, sa mort me laisserait dans le dénûment".
Quant à ses deux fils, l'un, "l’aîné est dans les armées, à la défense de la patrie", tandis que le plus jeune après avoir été "fait prisonnier l’année dernière par les insurgés de la Vendée", est maintenant "en réquisition en qualité de Chirurgien".

• [À une date qui reste à préciser, à partir du printemps 1794], les époux Trublet-Lanfray quittent Vitré pour Rennes.

• 30 frimaire an VII [20 décembre 1798] : Ils sont présents à Vitré pour le mariage de leur second fils, Gabriel, avec une Vitréenne. Ce fils habite alors à Rennes où il est "propriétaire". Leur autre fils, Hyacinthe, témoin de son frère, est devenu "entrepreneur des subsistances militaires", lui aussi à Rennes. Il est donc très probable que les époux Trublet-Lanfray demeurent alors également à Rennes (mais l'acte du mariage de Gabriel ne le dit pas explicitement).

• 29 brumaire an IX [20 novembre 1800], Rennes : Ignace Hyacinte TRUBLET, "musicien", décède à sept heures du matin, rue St-Georges.

• Sa veuve lui survit durant 28 ans.
• Le 6 juin 1828, à Rennes, est enregistré le décès de Dame Jeanne-Marie-Roze Lanfray, 82 ans, veuve de Mr Ignace Hiacinthe TRUBLET, née à Chateaugiron, décédée en sa demeure rue St-François le matin même, à sept heures et demie.

• 16 mars 1838, Rennes : Leur fils Hyacinthe-Gabriel, âgé de 64 ans, ancien archiviste à la préfecture, décède à l'hospice de Saint-Méen, à Rennes.

Mise à jour : 1er septembre 2020

Sources
F-Ad35/ 2G 120-64 ; F-Ad35/ 2G 378/58 ; F-Ad35/ 2G378-12 ; F-Ad35/ BMS Notre-Dame de Vitré ; F-Ad35/ BMS Vitré, Notre-Dame ; F-Ad35/ C 4005 ; F-Ad35/ C 4008 ; F-Ad35/ C 4011 ; F-Ad35/ C 4014 ; F-Ad35/ C 4017 ; F-Ad35/ C 4019 ; F-Ad35/ C 4026 ; F-Ad35/ C 4027 ; F-Ad35/ C 4030 ; F-Ad35/ C 4057 ; F-Ad35/ C 4065 ; F-Ad35/ L 1030 ; F-Ad35/ L 1063 ; F-Ad35/ L 6216 ; F-Ad35/ NMD Vitré ; F-Am Rennes/ BMS Rennes, St-Étienne ; F-Am Rennes/ NMD Rennes ; F-Am Rennes/ NMD Rennes 1828 ; F-Am Rennes/ NMD Rennes an IX

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