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VINCHON, Charles Henri (1753-1821)
État civil
NOM : VINCHON     Prénom(s) : Charles Henri     Sexe : M
Date(s) : 1753-1-11   / 1821-7-9 
Notes biographiques

Charles-Henri VINCHON, originaire de Saint-Quentin, est un musicien basse-taille et serpent qui a connu de nombreuses villes au cours de sa vie. En effet, après avoir été formé comme enfant de chœur à la collégiale de Saint-Quentin et y avoir exercé comme serpent, il effectue de courts séjours à Blois, à Angoulême, à Poitiers puis à Angers, avant d'être engagé à la cathédrale du Mans comme basse-taille. Puis, il part pour La Rochelle où il reste en poste à la cathédrale jusqu'en 1790. En 1791, il quitte La Rochelle pour des raisons de santé et revient à Angers où il essaye de devenir professeur de musique. On le retrouve à nouveau au Mans, au moins de 1794 à 1815 où il s'est reconverti comme marchand, cafetier, maître de pension. Il termine son itinéraire dans une commune située au sud du Mans, où il est devenu instituteur.

• 11 janvier 1753, Saint-Quentin [Aisne] : Charles-Henri VINCHON est baptisé en l'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste. Il est le fils de Pierre-Louis VINCHON, chantre à la collégiale de Saint-Quentin, et de Jeanne-Rose Thierry.

• [Vers 1760 probablement] : Charles-Henri est reçu enfant de chœur à la cathédrale de sa ville natale.

• 3 juin 1772, Saint-Quentin : Charles-Henri VINCHON, alors enfant de chœur, demande au chapitre la permission de suivre des cours de basson avec le musicien ROUILLON mais la compagnie désigne plutôt le maître d'instrument de la maîtrise, DUMONT. Le surlendemain, ce dernier se récuse et c'est bien ROUILLON qui formera le jeune VINCHON au basson, il sera rémunéré 12 livres. C'est Louis JOLLIEZ qui est alors le maître de musique de la collégiale.
• 15 juillet 1772 : Le chapitre fait l'acquisition, pour 48 livres 6 sols, d'un basson destiné à Charles-Henri VINCHON. Cette dépense est considérée comme une "avance sur ses honoraires lors de la sortie de la maîtrise".
• 28 octobre 1772 : Les chanoines accordent 4 setiers de blé à son père, Pierre-Louis VINCHON, "pour l’aider dans ses pressants besoins et a soutenir sa famille".

• 17 octobre 1774 : À sa sortie de la psallette [date indéterminée], le jeune VINCHON avait été reçu serpent [et basson] de la collégiale. Alors qu'il réclame une augmentation de ses gages, "messieurs, peu satisfait de ses talens, luy ont donné son congé absolu et luy ont accordé 48 livres en gratification pour luy procurer la facilité de se placer et ont prié les sieurs chantre et souschantre de se donner tous les soins nécessaires pour procurer a cette Eglise un bon serpent».
• 18 janvier 1775, Saint-Quentin : Le chapitre accorde un certificat de bonne vie et mœurs à VINCHON, ancien enfant de chœur et musicien de cette Église, qui est sur le départ ou qui est peut-être déjà parti.

• 28 avril 1775, Angoulême : Un sieur VINCHON musicien, dont le prénom n'est pas précisé, reçoit des chanoines de la cathédrale St-Pierre une gratification de 24 livres pour son voyage depuis Blois. Les conclusions capitulaires n'enregistrent pas son arrivée ni son départ. S'il s'agit de Charles-Henri VINCHON, cette nouvelle étape dans sa carrière traduit une succession très rapide dans les premiers postes qu'il occupe.

• 25 mars 1777, Poitiers : Exerçant à la collégiale Saint-Hilaire-le-Grand comme basse-taille depuis une date qui reste à préciser VINCHON est renvoyé. Le chapitre juge qu'il n'est pas assez bon musicien et le remercie, programmant son renvoi pour trois mois plus tard. 
 Il quitte le chapitre le 12 juillet 1777 et reçoit 36 livres "par forme de considération".

• 21 juillet 1777 - 22 septembre 1777, Angers : VINCHON est reçu à l'essai pour deux mois musicien basse-taille à la cathédrale Saint-Maurice, aux gages de 40 livres par mois. Il est alors dit "natif de St-Quentin en Picardie", et venant de Poitiers. Il reste en poste jusqu'à la Saint-Maurice soit le 22 septembre 1777. 

• Le 8 janvier 1779, Le Mans : Un sieur VINCHON (dont le prénom n'est pas donné) reçoit du chapitre cathédral la petite somme qui correspond à l'aide au logement attribuée aux musiciens. Les comptes des deux années précédentes comme les registres capitulaires ont disparu, ce qui empêche de savoir depuis quand il est au service de la cathédrale. Peut-être y est-il arrivé directement après son séjour à Angers ? Il touche ensuite le même type de somme régulièrement jusqu'en 1788 inclus.
• Le 29 janvier 1781: M. VINCHON, musicien basse taille de la cathédrale, met en vente par une annonce dans Les Affiches un clavecin à deux claviers. Peut-être sert-il seulement de correspondant pour cette vente à André Pierre ÉLIE, organiste, qui a quitté Le Mans pour Mayenne.

• Le 14 février 1785, Le Mans : "M. VINCHON, musicien de la cathédrale" met en vente "un serpent et 2 pupitres à orchestre" (Affiches).

• En 1788, VINCHON est toujours au service de la cathédrale Saint-Julien du Mans et en reçoit toujours une petite aide pour payer son loyer.

• [date à préciser], La Rochelle : Charles-Henri VINCHON est reçu musicien de la cathédrale Saint-Louis de La Rochelle. Il le reste jusqu'en 1790.

• Le 14 mai 1790La Rochelle :  VINCHON et ses collègues musiciens de la cathédrale, CROUZET (maître de musique), CHARMOY, VATTIER, MAUGÉ, BOUYER, AUBRY, MAUROY, PERRIN, PAUVERT, GAUDRION et BURDELOT adressent une pétition collective au Comité ecclésiastique afin d'obtenir des secours.  

• Le 21 mars 1791 : Musicien de la cathédrale Saint-Louis de La Rochelle au moment de la fermeture du chapitre, Charles-Henri VINCHON rédige une supplique faisant état de ses difficultés financière et de ses sentiments. Il exprime une certaine rancune envers les chapitres en général, affirmant que "tous les musiciens de la France diront dans l'oraison dominicale 'délivré nous seigneur du mal comme vous nous avez délivré de la tirrannie et de l'esclavage des chapitres ainsi soit il'…".
Le district fixe son traitement à 300 livres pour l'année et il reçoit le paiement de son troisième trimestre le 30 juillet 1791.
• Le 4 avril 1791, Angers : Charles-Henri VINCHON rédige une supplique depuis Angers, où il réside chez un musicien de la cathédrale, Guillaume ROSÉ. Dans cette supplique il explique qu'il a quitté La Rochelle pour des raisons de santé, "Dans cette ville il lui a pris une maladie très considérable, et à la suite il a vomi le sang avec quantité de pus pendant un an consécutive sans manquer à remplir ses devoirs à l'église." et il ajoute "il vous prie d'observer qu'il n'a quitté la ville de La Rochelle qu'à cause de sa maladie, que l'air de la mer était un obstacle à son rétablissement et qu'il ne l'a quittée qu'avec l'agrément de son chapitre qui était encore en activité", on apprend donc que Charles-Henri VINCHON était très malade lors de sa dernière année à La Rochelle et qu'il a quitté la ville un peu avant la fermeture du chapitre (novembre 1790), en instituant son collègue BURDELOT comme procureur pour le représenter dans les démarches administratives.
Installé à Angers, il cherche à enseigner la musique vocale et fait passer une annonce en décembre 1791. Il explique "avoir fait de bonnes élèves, à la Rochelle, qu’il n’a quitté qu’à cause que l’air de la mer étoit contraire à sa santé".
• Le 4 septembre 1791, Charles-Henri VINCHON effectue une réclamation concernant le paiement de la somme de 56 livres 13 sols 4 deniers, "qu'il prétend lui être due pour complément de ses appointements des mois de septembre et octobre dernier", sa demande est rejetée par le district.

• En 1792, La Rochelle : BURDELOT, ancien musicien de la cathédrale Saint-Louis, est chargé de la procuration de Charles-Henri VINCHON, qui ne réside plus à La Rochelle, afin d'obtenir le paiement de la gratification à laquelle il a le droit en vertu de la loi du 1er juillet 1792 et qui lui a été accordée en novembre, soit la somme de 795 livres.

• Le 30 mai et le 2 juin 1794, Le Mans : Charles-Henry VINCHON, marchand, 42 ans, assiste à la signature du contrat puis à la célébration du mariage de Jean-Baptiste CARTIER, musicien (en réalité ancien serpent de la cathédrale du Mans), avec la filleule du ci-devant chanoine du Mans Nepveu de La Manouillère… le diariste. VINCHON est dit "ami des parties" et demeure au Mans, section de l’Égalité.

• 1er thermidor an VI (18 juillet 1798), Le Mans : Le citoyen Charles-Henry VINCHON, marchand, âgé de 45 ans, accompagne Jean BARILLET, musicien, à la mairie pour déclarer la naissance de sa fille Amélie Justine. Il signe.

• Au moins de 1799 à 1809, Le Mans : VINCHON est marchand cafetier rue de la Barillerie, au centre du Mans, au pied du centre historique. En mars 1803, il a pris à bail devant notaire pour 1 400 livres par an en numéraire, un local comportant salon à manger, salon de compagnie avec grandes glaces, nombreux cabinets avec tapisseries et tentures…

• 1er janvier 1808, Le Mans : VINCHON (probablement Charles-Henri) figure dans la liste des musiciens de la Garde nationale. Il joue du serpent, de même que Louis FOURNIOLS. Il y côtoie aussi quelques anciens enfants de chœur ou musiciens d'Église comme Pierre Baudille FARIN, Jean[-Baptiste] CARTIER ou René-Jacques LEMERCIER.

• En mars 1809 : Selon une petite annonce publiée dans Les Affiches VINCHON est maintenant cafetier rue du Doyenné, c'est-à-dire au sein de la ville close, alors encore très vivante et active.
• Lors du recensement de 1814, VINCHON est maître de pension rue du Doyenné. Il ne figure plus dans la liste des musiciens de la Garde nationale établie en janvier 1814.
• Le 4 décembre 1815 : Les Affiches annoncent sa vente rue du Doyenné, et la maison est mise en location au 1er mai 1816.

C'est probablement à ce moment-là que Charles-Henri VINCHON a quitté la ville du Mans pour aller s'établir quelque 25 km plus au sud, dans le bourg de Foulletourte, situé sur la grand'route qui va du Mans à La Flèche puis au delà vers Angers. Il y devient instituteur. On peut noter la présence dans le voisinage d'un autre chantre appartenant à la 'génération 1790', le célèbre mémorialiste villageois Louis SIMON, qui habite à quelques kilomètres plus au sud.

• 9 juillet 1821, Cérans-Foulletourte (Sarthe) : À deux heures du matin, en son domicile au bourg de Foulletourte, décède Charles-Henry VINCHON, garçon (c'est-à-dire célibataire), âgé de 68 ans, instituteur. Les deux gendarmes à cheval qui déclarent le décès ne savent ni où il était né ni qui étaient ses parents.

Mise à jour : 11 avril 2018

Sources
F-Ad02 / BMS Saint-Jean ; F-Ad02/ G819 ; F-Ad16/ G337/ 21 ; F-Ad17/ L 309 ; F-Ad17/ L 319 ; F-Ad17/ L 394 ; F-Ad17/ L 398 ; F-Ad49 / G269 ; F-Ad49/ Affiches d'Angers ; F-Ad72/ 4E 47/5 ; F-Ad72/ G 30 ; F-Ad72/ G 31 ; F-Ad72/ NMD Cérans-Foulletourte en ligne ; F-Ad72/ S Chapitre St-Julien ; F-Ad72/ état civil en ligne ; F-Ad86/ G568 ; F-An/ C*/II/14 ; F-An/ DXIX/056/196/02 ; F-An/ DXIX/091/765/01-02 ; F-An/ DXIX/091/778/01 ; F-BM Le Mans/ Affiches du Maine ; G.Durand, Notice historique sur la musique municipale du Mans, 1899 ; S.Granger, Les Métiers de la musique…, thèse, 1997.
Module MUSEFREM : situation en 1790
Période :  1788 ca  / 1790
Lieux :  Cathédrale Saint-Louis (LA ROCHELLE)  
Fonction :  musicien (Église)  
Formation ? :  Non
Formation maîtrisienne attestée : oui    
Ecclesiastique ? : non renseigné    
Situation maritale : célibataire    

Il était vraisemblablement clerc tonsuré.


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