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DENYS, Michel, dit DUJARDIN (ca 1750-1795)

DENYS, Michel, dit DUJARDIN (ca 1750-1795)

État civil
NOM : DENYS     Prénom(s) : Michel     Sexe : M
Complément de nom : dit DUJARDIN
Autre(s) forme(s) du nom : DENIS
DENI
DENY
Yrieix
Date(s) : 1750 ca  / 1795-5-28 
Notes biographiques

Fils d'aubergiste et frère d'un vicaire de la cathédrale de Limoges, Michel DENYS dit DUJARDIN devient organiste à la cathédrale de Limoges puis entre au service de la collégiale de St-Junien dans le Haut-Limousin. Gendre de François ROY, maître de musique du chapitre, il se retrouve propulsé à cette fonction à la mort de son beau père.

• [1750], [Limoges] : Si l'on en croit l'âge déclaré en 1790, Michel DENYS serait né autour de l'année 1750. Son acte de décès le dit natif de Limoges. Il est issu du second mariage de son père, Yrieix Denis, marchand aubergiste, avec Catherine Devaux. Lors de son remariage en 1745, le père habitait Aixe-sur-Vienne, mais il a pu venir s'installer à Limoges avec sa nouvelle épouse.  Il y a moins de 12 km entre le bourg d'Aixe et la cathédrale de Limoges. L'utilisation du patronyme "Dujardin", que l'on retrouve parfois sur la signature du futur musicien, est emprunté au nom de jeune fille de sa grand-mère maternelle.

• [1757]-[1767], [Limoges] : Michel DENYS a-t-il fait son apprentissage d'enfant de chœur à Limoges ? Tant que les registres capitulaires de Limoges n'auront pas été minutieusement dépouillés, il sera difficile de répondre catégoriquement à cette question, nous savons seulement qu'au moment de son mariage il était organiste à Limoges, mais rien ne prouve qu'il demeurait dans cette ville auparavant, bien qu'il soit fort probable qu'il ait été formé au même lieu.

• 23 novembre 1772, Limoges : Michel DENYS obtient un "congé de mariage" délivré par le curé de la paroisse où il réside, celle de St-Julien–St-Affre, pour aller se marier en dehors. Cet acte est précieux car il délivre plus de détails que l'acte de mariage lui-même, il précise en particulier que le jeune homme est organiste à la cathédrale de Limoges
• 24 novembre 1772, Saint-Junien : Le mariage de Michel DENYS et d'Anne Roy, la fille de François ROY, le maître de musique de la collégiale, est célébré dans l'église Notre-Dame. Le métier du jeune homme n'est pas précisé, en revanche l'acte rappelle que son père est marchand aubergiste. La jeune mariée n'a encore que 16 ans. Tous les témoins signent auprès des mariés. Remarquons que 25 km séparent Saint-Junien du bourg d'Aix et 32 du centre de Limoges : où les deux jeunes gens se sont-ils rencontrés ?

• 24 novembre 1773, Saint-Junien : La jeune épouse de Michel DENYS "musicien", met au monde des jumeaux, qui sont baptisés le lendemain, François-Junien et Joseph-Amand. François ROY, maître de musique de la collégiale St-Junien, et grand-père maternel des nouveaux-nés, est parrain de François-Junien. Dix jours plus tard, il assiste à l'inhumation de l'un des bébés, Joseph-Amand. Le père n'est mentionné comme présent ni aux baptême ni à l'inhumation. Il est probable qu'il soit toujours à son poste d'organiste à la cathédrale de Limoges.

• [1775] : Leur fils Léonard naît cette année-là. 

• 13 août 1778, St-JunienFrançois ROY, maître de musique du chapitre de la ville et beau-père de DENYS, rend l'âme, il était âgé d'environ 70 ans. 

• 28 novembre 1779, St-Junien : "Léonard fils de sr Michel DENYS mtre de musique du chapitre de cette ville et d'Anne Roy" a été inhumé, à la paroisse Notre-Dame du Moustier. Il était âgé d'environ quatre ans. Étaient présents à son enterrement Pierre HITIER et Amand JOUVY. Il semble que Michel DENYS ait remplacé l'ancien maître de musique rapidement après son décès. C'est probablement alors que son frère Jean-Baptiste lui a succédé à la tribune de l'orgue de Saint-Étienne de Limoges.

• 24 septembre 1783, St-Junien : Michel DENYS est parrain d'une fillette de la ville. L'acte paroissial précise qu'il est maître de musique, ce qu'il atteste par sa signature "Denys Dujardin mtre de musique". 

• 1790Saint-Junien : Michel DENYS DUJARDIN a 40 ans, il est marié, père de famille, et dirige la psallette de la collégiale St-Junien-des-Neiges. Il a sous son autorité les musiciens Étienne et Antoine LAVOUTE, père et fils, Jean Baptiste COMPAING, le serpent Pierre Joseph HITIER, et l'organiste Amand JOUVY, assisté de son fils Vincent. Parmi les enfants de chœur, l'on trouve deux fils de Pierre HITIER, dont les prénoms sont inconnus ainsi qu'un dénommé MERIGUET
Les revenus du maître de musique s'élèvent à 900 livres par an.
• 14 décembre 1790, Limoges : Léonard Denys, cordonnier et frère de Michel DENYS, se marie à St-Maurice de Limoges. Le document précise que Michel DENYS, présent au mariage, est maître de musique à St-Junien. Sa signature est agrémentée d'un paraphe double, avec deux points entre les deux traits du paraphe. Un autre frère est également témoin, il s'agit de Jean-Baptiste DENYS, qui est quant à lui "clerc et grand vicaire de la cathédrale" de Limoges. On le retrouve qualifié également d'organiste dans d'autres documents datant de la même période.

• 15 avril 1791 : Michel DENYS envoie une pétition dans l'idée de faire valoir l'article 13 du décret de la loi du 24 juillet 1790 sur le traitement du clergé actuel. Le directoire du district délibère sur sa demande, "certain de la bonne conduite du sieur Denis Dujardin dans l'employ de maître de psallette et connaissant l'etat déplorable ou la perte dudit employ le réduit, sans avoir égard à la fixation exagérée de la semy prébende dont il jouissoit". Il propose qu'il lui soit accordé un traitement annuel de 200 livres.
• 1791 : Il adresse avec les autres musiciens d'Église du département de la Haute-Vienne une demande de pension au directoire du département qui lui accorde une pension annuelle de 360 livres.

• 31 mars 1794, Limoges : Il adresse une supplique au directoire du district de Limoges afin de réclamer le paiement de sa pension comme maître de musique avant de partir "pour la Vendée".

• 11 messidor an III (29 juin 1795), Limoges : L'officier public chargé de l'état civil recopie sur son registre une lettre reçue le matin même de Niort. Celle-ci l'informe "que le citoyen Michel DENIS, gendarme de la gendarmerie organisée à Tours, dixième compagnie, natif de ta commune, est décédé à l'hospice de Niort le 9 prairial dernier [28 mai 1795] à la suite d'une blessure".
Michel DENYS a donc trouvé la mort dans les affrontements sanglants de la guerre civile, destin comparable à celui d'autres musiciens d'Église qui se sont engagés au service de la Révolution, tels par exemple Louis JANNOT organiste en Anjou, tué le 19 septembre 1793.

Mise à jour : 7 septembre 2018

Sources
F-Ad87/ BMS Limoges ; F-Ad87/ BMS Limoges, St-Maurice de la Cité ; F-Ad87/ BMS St-Julien St-Affre, Limoges ; F-Ad87/ BMS St-Junien ; F-Ad87/ L 433 ; F-Ad87/ NMD Limoges

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