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Indre-et-Loire

Musique et musiciens d’Église dans le département d'INDRE-ET-LOIRE autour de 1790

Sommaire

Url pérenne : http://philidor.cmbv.fr/musefrem/indre-et-loire

 

2-Pierre Antoine Demachy

Pierre Antoine Demachy, Vue panoramique de Tours, Huile sur toile 81, 5 x 154 cm, fin des années 1780, Musée des Beaux-Arts de Tours (Site musée des Beaux-Arts de Tours).

Le samedi 19 juin 1790, réunis dans la chambre de leur conseil à l’issue de la messe canoniale, les chanoines de la cathédrale Saint-Gatien de Tours prennent connaissance d’une lettre de la municipalité qui « demande un te deum sur les 7 h du soir à l’occasion de la formation du nouveau département dont l’opération vient de se terminer ». Sans discuter, ils ordonnent que ce Te Deum soit chanté. Ils ne prennent plus la peine d’écrire dans leur registre, comme le 12 février précédent lors d’une autre demande municipale, qu’ils ne consentent que « par déférence aux vœux de la ville dans cette occasion sans préjudicier à l’usage constant où ils sont de ne jamais faire aucune cérémonie extraordinaire dans leur Eglise que par ordre du Roi ou par un mandement de M. l’archevêque ». Leur délibération était suivie d’une obligation faite à chacun des chanoines de porter la soutane rouge ou violette d’usage pour de ce genre de service… un peu comme si les rouages capitulaires ancestraux devaient continuer à fonctionner en dépit des « vents mauvais ». Si en juin, le secrétaire ne mentionne plus cet usage, c’est sans doute parce que chacun sait que cela est devenu dérisoire. Tout va si vite, il ne peut que consigner allusivement les principales étapes de la dépossession qui aboutira au mois de décembre suivant à la mort d’un chapitre multiséculaire. Deux mondes se télescopent : dès le 28 juillet, le chapitre envoie quatre de ses représentants « pour faire visite et saluer au nom de la compagnie Mrs composant le département et le district dont l’organisation vient de se terminer », comme s’il passait le flambeau avant la visite des commissaires du district, prévue en septembre pour réaliser l’inventaire des biens capitulaires. Le 4 octobre, alors que la publication des décrets de l’Assemblée Nationale concernant la Constitution Civile du Clergé est imminente, les chanoines laissent un « témoignage de douleur » dans leur registre tout en demandant à pouvoir continuer le service divin. Ils parlent en leur nom mais leur démarche est probablement appuyée par la plupart de leurs dépendants qui vivent de l’institution capitulaire et parmi eux, les musiciens gagistes et les enfants de chœur. Tous savent depuis des mois qu’un changement radical va marquer leur existence. Les musiciens n’ont pas attendu l’annonce, le 20 septembre, de la suppression de la « musique en symphonie » le jour de la Saint-Maurice, l’une des grandes fêtes patronales de la cathédrale, pour comprendre la situation et essayer de s’y préparer. Les chanoines les épaulent d’ailleurs de leur mieux. Le 22 septembre, à la suite des requêtes successives des « évangélistes » (deux ecclésiastiques exerçant les fonctions de diacre et sous-diacre au chœur mais dont l’acte de fondation impose une épreuve de chant avant leur recrutement), des autres officiers du bas chœur et des enfants de chœur « qui prient la compagnie d’avoir des egards pour vis-à-vis le departement de cette ville dans les circonstances ou ils se trouvent et de bien vouloir leur faire delivrer à chacun l’extrait de l’acte capitulaire qui constate leur reception dans le chapitre et leur dotation. MM. ont autorisé le secrétaire a lever lesdits actes et a les garder chez lui pour les remettre a chacun d’eux lorsqu’ils en auront absolument besoin ». D’anciens enfants de chœur obtiennent également ces certificatscomme le maître de musique de la cathédrale d’Angoulême, Pierre RENARD.

Un cadre géographique et économique favorable

À Tours et dans plusieurs localités du tout nouveau département d’Indre-et-Loire, divisé en sept districts (Amboise, Château-Renault, Chinon, Langeais, Loches, Preuilly et Tours) des musiciens sont les victimes et les témoins (parfois les acteurs) d’un monde qui bascule, d’une société dite d’Ancien Régime qui s’écroule après les forts coups de boutoirs de l’année 89.

1-Carte des districts du département d’Indre-et-Loire

Carte des districts du département d’Indre-et-Loire en 1795 d’après Louis Marie Prudhomme, « La République française en LXXXVIII départemens », Paris, an III, 3e édition (collection de l’auteur). 

Le nouveau département s’étend sur la plus grande partie de l’ancienne province de Touraine, de petite taille mais très homogène par sa coutume datant du XVe siècle. S’il a perdu des parties non négligeables de ce territoire sur sa bordure orientale, le long des vallées du Cher, au profit des départements du Loir-et-Cher et de l’Indre, il s’est agrandi vers l’ouest en intégrant vingt-quatre paroisses du Haut-Anjou et de la région de Bourgueil et vers le sud, en annexant la région de Richelieu. Les anciennes limites des diocèses sont alors modifiées. Si l’enquête englobe quelques lieux de musique situés avant 1790 dans les diocèses de Poitiers et d’Angers, la très grande majorité des musiciens étudiés se trouvent dans le ressort de l’ancien diocèse de Tours (310 paroisses).

Comme le Loir-et-Cher voisin, l’Indre-et-Loire (270 000 habitants environ en 1801) est une terre de passage située à un important carrefour fluvial et terrestre. La ville principale, Tours, qui compte de 21 à 24 000 habitants en 1790, se situe au confluent de la Loire et du Cher, deux cours d’eau partiellement navigables dont le débouché naturel est le très actif port de Nantes. Des chalands et gabarres remontent le grand fleuve depuis l’estuaire, transportant des produits coloniaux vers la capitale et acheminant les denrées produites tout au long de l’axe ligérien dont les vins de Touraine. À Tours, on a récemment abattu les remparts, construit des quais et supprimé des îles afin d’ouvrir la ville sur le fleuve comme le montre le magnifique tableau de Demachy. L’ancienne route d’Espagne traverse Tours grâce aux grands travaux d’urbanisme menés dans les années 1770, qui sont vantés par Mrs Cradock en 1785. « Rien n’égale le coup d’œil du pont à l’entrée de la ville » écrit-elle dans son Journal. Elle s’extasie sur « la nouvelle rue [royale] qu’on vient d’achever, qui se prolonge en avenue même au-delà, dans la campagne ». Arthur Young a emprunté cette voie en 1787 et la dépeint comme « la plus belle route » qu’il ait vue dans le royaume grâce aux « admirables matériaux avec lesquels on l’a empierrée ». Ces aménagements s’inscrivent dans une politique de redressement, pensée et voulue par le Corps de Ville, institution dominée par les négociants, en étroit accord avec les intendants dans le cadre d’une politique de libéralisme économique (influence du courant physiocrate qui permet l’ouverture d’une société d’agriculture en 1766). On relance les activités de soierie (célèbre « gros de Tours » en particulier), établies par Louis XI mais qui avaient connu une grave crise au XVIIe siècle. En sus de la manufacture royale de Papion, il existe également d’autres fabriques disséminées dans la cité et ses environs, qui emploient douze mille ouvriers sous la direction de 150 soyeux (maîtres ouvriers en soie, marchands-fabricants et négociants). Ces derniers sont étroitement apparentés au puissant clergé local (plus de mille clercs et religieux), en particulier aux chanoines, et au monde de l’office (il n’y a pas de parlement à Tours, mais un bureau des finances, un présidial, une cour des monnaies, un grenier à sel, une élection, etc…). Afin de mieux faire connaître et exporter cette production, les échevins obtiennent en 1785 l’exemption du péage d’Ingrandes, plus en aval sur le fleuve puis, en 1782, la réouverture des anciennes foires. S’établit ainsi dans la première moitié des années 1780 une prospérité qui profite à de larges pans de la population ; le clergé lance ses propres chantiers ainsi les travaux de restauration de la cathédrale et de la collégiale Saint-Martin. Pour les musiciens du royaume, la ville de Tours est une destination de choix.

Le reste de la Touraine est marqué par la diversité de ses productions agricoles inégalement réparties entre des plateaux inter-fluviaux assez pauvres et de riches vallées fluviales où l’administration des « turcies et levées » essaie de prévenir les inondations. C’est dans ces vallées que sont situées les autres villes de quelque importance : Chinon et Amboise (5 700 habitants en 1793 chacune), Loches (4 800 habitants en 1793). Ce sont des centres administratifs et judiciaires. Chinon se distingue dans le commerce du sel sur la Vienne, Amboise par sa fabrique de draps de laine. Les autres villes regroupent toutes moins de 4 000 habitants. En 1785, si le corps de ville de Tours rappelle que la province jouit d’une réputation de fertilité et de beauté grâce à ses riantes vallées très cultivées et à ses coteaux couverts de vignobles, il nuance en précisant que ces régions dynamiques ne recouvrent que le cinquième de la superficie du territoire, le reste étant couvert de terres pauvres et ingrates faites de landes et de bruyères : ces forts contrastes ont été joliment soulignés en 1884 par le géographe Richer: « une robe de bure, avec des broderies d’or ».

Un pays où « on aime fort la musique »

Visiblement, ce sont les « broderies d’or » qui fascinent et servent même d’argument pour faire venir des musiciens dans la région. « Le pays est beau, charmant […]. On aime fort la musique en ce pays où il y a grand nombre de musiciens et fort bonne société », écrit en 1752 le maître de musique de la cathédrale de Tours à une haute-contre en poste à Bordeaux afin de la convaincre de venir chanter en Touraine. Le beau pays de Touraine, le « jardin de la France » vanté dans nombre de récits de voyage, a connu pourtant bien des vicissitudes depuis l’époque où les rois avaient l’habitude de venir y résider. François Lesure rappelle que le XVe siècle fut marqué par la présence de grands compositeurs de musique polyphonique, au premier rang desquels Jean de Ockeghem, trésorier de la collégiale Saint-Martin ou bien encore Antoine Busnois, clerc dans la même église. Au XVIIIe siècle, l’institution monarchique s’est éloignée des bords de Loire mais les principales autorités de la province s’intéressent toujours, à un titre ou à un autre, à l’activité musicale. L’archevêque métropolitain Joachim François Mamert de Conzié ne semble pas avoir été indifférent à la qualité de la musique qu’on jouait dans sa cathédrale. En novembre 1786, il correspond avec son confrère du Mans, Mgr de Gonsans, afin d’obtenir pour son chapitre le maître de musique de la cathédrale Saint-Julien, François MARC. La province est gouvernée par le comte d’Estaing. Son prédécesseur était le duc de Choiseul exilé dans son somptueux domaine de Chanteloup. En 1781, son épouse Louise Honorine Crozat du Châtel recommande un jeune garçon, Pierre Henry BESNARD, au chapitre Saint-Gatien afin qu’il soit reçu parmi les enfants de chœur. Les chanoines ne pouvaient qu’accepter mais s’en sépareront deux ans plus tard. Quant à l’intendant de la généralité de Tours (provinces de Touraine, Anjou et Maine), Marius d’Aine encore présent en 1790, il voit régulièrement passer les requêtes des deux grands chapitres tourangeaux qui s’insurgent que tel musicien ait été tiré au sort pour la milice ou inscrit sur le rôle de la capitation. En avril 1788, toutefois, il refuse une exemption de logement des gens de guerre à l’organiste de la collégiale Saint-Martin, Jean-Baptiste ALLAIN-DUPRÉ au motif que l’ordonnance de 1768 n’évoque pas la situation des personnes à gages attachées au service d’un chapitre.

Plus généralement, les élites tourangelles réservent à la musique une place de choix dans l’éducation qu’elles donnent à leurs enfants. Entre 1724 et 1731, une « académie de musique » ou « Concert » a activement fonctionné. Les membres donnent des opéras, sauf en période de Carême où l’on chante seulement des motets. Il y a des pensionnaires rétribués, qui sont des professionnels, et des amateurs qui chantent ou jouent d’un instrument. On évoque la présence d’une princesse du sang qui pourrait être l’abbesse de Beaumont, madame de Vermandois. L’expérience prendra fin pour des raisons financières. À la veille de la Révolution, les amateurs de musique sont toujours nombreux, certains chantant ou jouant lors de cérémonies liturgiques. Jean-Jacques Raverot, peintre à l’école de dessin de la ville, sera même choisi en 1792 pour siéger dans le jury auditionnant les candidats à la tribune d’orgue de la cathédrale. Place d’Aumont, en bordure du quartier canonial Saint-Martin, se trouve la salle de spectacle de Tours qui est très fréquentée même si les chapitres interdisent, pas toujours avec succès, à leurs musiciens de s’y produire. On y entend les opéras à la mode comme ceux de Grétry. Certains des musiciens en poste dans les églises tourangelles donnent des cours de musique et peut-être des concerts privés. Dans un inventaire dressé au moment du mariage de l’organiste Jean-Baptiste ALLAIN-DUPRE, on relève dix-huit chaises et un fauteuil disposés autour du clavecin dans ce qui semble être une salle d’études ; deux violons sont entreposés à proximité. Dans le contrat de mariage, il est précisé que 1 226 livres de l’apport de l’époux sont « dues par differents ecoliers pour leçons de clavecin ». À la mort de Louis MAÎTRE, ancien « moderator » de la collégiale Saint-Martin, en 1793, il apparaît que depuis sa démission en 1767, il n’a cessé de donner des leçons, surtout à des demoiselles de familles de notables, en particulier à celles qui étaient liées à des chanoines martiniens. Enfin, certains musiciens recrutés par les chapitres sont des maîtres de danse, parfois encore en activité, comme Augustin LECOMTE, longtemps symphoniste à Saint-Martin, qui meurt en 1789.

Qui étaient les musiciens d’Église en poste en Touraine ?

Au terme de cette enquête ont été recensés 22 lieux de musique, 76 musiciens (53 adultes et 23 enfants de chœur) identifiés et actifs en 1790 (dans quatre lieux, on ne sait qui touchait les orgues). Il faut relever l’extrême concentration des musiciens d’Église dans la capitale provinciale siège de l’archevêché, Tours, avec 54 musiciens et enfants de chœur répartis dans 9 lieux de musique ; la ville concentre sept musiciens et enfants de chœur sur dix en poste dans le ressort du département d’Indre-et-Loire en 1790. Deux établissements réunissent même à eux seuls 62% des effectifs départementaux : la cathédrale (25 musiciens) et la collégiale Saint-Martin de Tours (22 musiciens). Le troisième établissement par le nombre des musiciens est la collégiale Saint-Mexme de Chinon avec un bas-chœur de 9 membres, dont quatre enfants de chœur ; la collégiale d’Amboise rémunère 4 musiciens et des enfants de chœurs en nombre inconnu.

••• Ces données témoignent de la solidité de la structure musicale des églises du département mais restent lacunaires ou approximatives en raison de la destruction de sources (notamment les registres capitulaires des petites collégiales) ou de l’imprécision lexicale. Par exemple, sont encore inconnus à ce jour, les noms des trois enfants de chœur en poste à la collégiale de Loches. Dans la même ville, rien n’indique que les deux chantres rémunérés par la fabrique de la paroisse Saint-Ours chantent aussi à la collégiale, même si cela semble probable. S’il existe un maître de psallette identifié à la collégiale de Faye-la-Vineuse, les enfants de chœur ne sont pas connus. En règle générale, l’absence de la mention de «  chantre » dans les comptes ou les registres paroissiaux empêche d’établir exactement la composition des effectifs en rendant invisibles ceux qui étaient chargés du chant dans les paroisses. Il semble probable que les deux chantres et les deux enfants de chœur relevés dans les comptes de la vaste et très populeuse paroisse Notre-Dame la Riche à Tours pour l’année 1793 aient déjà été en place en 1790 aux côtés de l’organiste. Un musicien en poste dans le district de Loudun en 1790 évoque son début de carrière dans un « chapitre » [sic] de Richelieu mais les registres de fabrique de la paroisse n’en disent rien !

••• À Tours, il semblerait que les fonctions cantorales soient avant tout assurées par les prêtres habitués qui ont reçu une formation dans le plain-chant. À la paroisse Saint-Hilaire, ils sont deux, selon les statuts, à devoir chanter « fort modestement » lors du service divin, pour les vêpres et les fondations pour 40 livres chacun annuellement. Parmi les tâches qui leur sont confiées, ils doivent préparer les livres de chant et faire répéter le plain-chant, sans doute aux fidèles assemblés. Ce constat n’écarte pas la possibilité que des chantres laïcs aient été plus ou moins longtemps et irrégulièrement au service des paroisses comme le prouve le cas d’Isaac VAZOU, chantre au service de la paroisse Saint-Symphorien de Tours en 1790. Il écrit dans sa requête « qu'il a servi en lad. qualité pendant 23 ans dans la dite Eglise et autres de Tours et demande une petite pension ». Il est à noter que certains lieux de musique encore actifs au milieu du XVIIIe siècle ne le sont plus à la veille de la Révolution comme la paroisse Saint-Saturnin de Tours, dotée d’un orgue que les fabriciers décident de détruire en 1785 en raison de sa vétusté. Deux chantres sont alors théoriquement établis pour l’embellissement du culte mais on n’en trouve nulle trace dans les registres. Après le décès de Jean Pierre THÉVENOT l’organiste de Saint-Pierre-le-Puellier en 1782, les comptes mentionnent « organista vacat » jusqu’en 1790.

12-Carte des lieux de musique dans Tours en 1790

Les lieux de musique d'Église documentés en 1790 dans Tours

Les lieux de musique à Tours

Le poids des deux grands chapitres tourangeaux

La concentration des musiciens d’Église autour de deux grands établissements prestigieux n’est pas spécifique à Tours même si elle n’est pas très répandue ; on peut relever de grandes similitudes à Bordeaux et Toulouse, mais aussi à Poitiers, Limoges, Dijon ou Bourges (jusqu’en 1757).

Ce phénomène s’explique par la grande puissance économique et financière de la collégiale Saint-Martin et par son intense rayonnement religieux. Depuis le Moyen Âge, l’ancienne abbaye bénédictine sécularisée au IXe siècle est devenue un sanctuaire fréquenté par les pèlerins de toute l’Europe venus vénérer les reliques du saint apôtre thaumaturge. Certes en 1790 ces flux se sont ralentis, mais les chanoines ont entrepris depuis une dizaine d’années de réaffirmer les « finalités capitulaires » selon l’expression de Philippe Loupès, pour justifier l’existence du chapitre auprès de l’opinion publique. Ils se lancent dans une vaste et coûteuse entreprise de restauration de leur collégiale grâce à un don de cent mille livres du roi Louis XVI, « abbé » de leur église, avec lequel ils cherchent à raviver les liens ancestraux. Ils s’appliquent également à redonner un lustre particulier à leurs cérémonies. La musique est l’un des domaines significatifs de cette politique de redressement. Le chapitre dispose de moyens qui le situent au même niveau financier que la cathédrale de Chartres. En 1760, le pouillé révèle que les revenus martiniens sont deux fois plus importants que ceux de la cathédrale Saint-Gatien et dix fois plus que ceux de la collégiale de Loches. En 1790 encore, la cathédrale déclare 202 000 livres de revenus et la collégiale près de 350 000 livres. Ces chiffres ont un sens au regard de l’inégale répartition spatiale des musiciens en 1790.

3-Détail du buffet d’orgues

Détail du buffet d’orgues de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, XVIe siècle (site de la paroisse Saint-Maurice de Tours)

••• La cathédrale Saint-Gatien de Tours, dont les tours en lanterne dominent la partie orientale de la cité tourangelle, possède un chapitre composé de huit dignitaires et 38 chanoines prébendés selon l’édition de La France Ecclésiastique de 1790. D’après cette source, il n’y a aucun musicien parmi les 11 officiers, les 16 vicaires et les chapelains qui peuplent le bas chœur car, contrairement à la situation qui a prévalu jusque dans la première moitié du XVIIIe siècle, peu de musiciens ont revêtu l’état ecclésiastique. Un quart des musiciens seulement est tonsuré, dont le maître de musique. La structure musicale s’articule ainsi : le maître de musique, Sulpice Philippe LEJAY, en poste seulement depuis 1787, dirige quatorze musiciens dont un joueur de serpent, Jacques Michel Pierre LERAT, un basson et serpent, Alexandre Antoine HARDY et douze chantres dont quatre basses-contre, Jean GALLIOT, Émery Henri LEFEBVRE (plus précisément basse récitante), Adrien François MALLET et Louis NOTTIN ; deux basses-tailles, Louis PLEUVRY et Louis PÉRIGORD une haute-taille, Jean Claude VERNIER, deux hautes-contre, Jean-Baptiste BROQUERIE et Jean LEFORESTIER et trois chantres à la tessiture non précisée, Louis Joseph BERTRÉE (qui remplit avec VERNIER les fonctions encore indéterminées de quartaire), René Marie COMPAGNON et Joseph LETANNEUR, évangélistes dont les fonctions de diacre et sous-diacre sont également cantorales d'après l'acte de leur fondation. Par ailleurs, le maître de musique forme, en compagnie d’un maître de grammaire, les enfants de chœur qui logent à la psallette. Lors de la fermeture du chapitre en décembre 1790, ils ne sont plus que neuf sur les dix de l’effectif théorique. Ces enfants sont par ordre d'ancienneté : Philippe DUVAU, Antoine DREUX, Pierre LOISEAU, Pierre JOUSSET, Pierre ALEXANDRE, Ambroise François CARELLE, Augustin SEGUIN, Mathurin BOECE et Étienne Jean Louis VERNIER. En outre, l'organiste Louis Antoine GUICHARD touche les orgues de la cathédrale depuis 1774. Le plus ancien musicien en poste est là depuis 1752, l’effectif s’est stabilisé depuis une dizaine d’années.

4-Maquette Saint-Martin de Tours

Maquette reconstituant l’ancienne collégiale Saint-Martin de Tours au XVe siècle, (Florent Pey).

••• La collégiale Saint-Martin de Tours, aujourd’hui presque entièrement disparue après avoir servi d’écurie aux armées de la République puis de carrière de pierres [son ancienne emprise au sol est aujourd’hui matérialisée par un pavage spécifique rue des Halles], dominait de toute sa masse puissante et de ses cinq clochers la partie orientale de la ville .

Selon La France ecclésiastique de 1790, son haut chœur comportait neuf dignitaires et 32 chanoines prébendés. En réalité, il y avait 43 canonicats effectifs et certains prébendés étaient également dignitaires ou prévôts. Ces prévôts étaient richement dotés dans une grande partie du royaume car le temporel de la collégiale s’étendait jusque dans le Limousin, la Brie ou la Bourgogne. Si La France ecclésiastique détaille nombre de privilèges de la collégiale comme son bureau des décimes particulier ou ses fonctions pittoresques telle celle du Pauper [le « Pauvre », placé en tête des processions, a pour fonction d’évoquer la scène du partage du manteau de saint Martin à Amiens, acte fondateur de la geste martinienne], fondé par le roi Louis XI, ancien bienfaiteur de la collégiale, elle ne mentionne pas la moindre présence musicienne dans le bas chœur. On relève huit chanoines semi-prébendés, 8 officiers perpétuels, 56 vicaires perpétuels, une dizaine d’autres petits officiers et des chapelains (en théorie 80 mais beaucoup de chapelles ont été annexées à la fabrique).

5-Sonates pour le clavecin

VI sonates pour le clavecin avec accompagnement d'un violon et violoncelle ad libitum.... Gravées par Mme la veuve Leclair. Œuvre Ier, Venier, Paris, 1773. BnF-Gallica.

Dans cette énumération, seuls trois musiciens sur les 22 en place sont indirectement évoqués. Ils figurent parmi les huit canonicats semi-prébendés créés par une bulle de Martin V (1417-1431), le pape du concile de Constance), afin de soutenir la splendeur de l’office divin par le chant. En 1745, trois autres semi-prébendes sont érigées par l’archevêque (et alors doyen de la collégiale] en annexant le temporel de certaines chapelles : « la collation appartiendroit au chapitre, qui ne pourra les conférer qu'a des Musiciens et a des personnes instruites dans le chant ». Depuis 1758, plus aucune semi-prébende n’a été conférée mais les revenus servent à alimenter une fabrique, avide de rentrées financières, notamment pour payer des musiciens professionnels.

En 1790, on trouve un corps de musique composé de dix musiciens sous la direction du « moderator » (terme usité dans cette église pour désigner le maître de musique ou de psallette) Julien Élie LEROY, en poste depuis 1785 : deux musiciens joueurs de serpent et basson, Louis PINSON et Louis Nicolas Bernard ANGO; un violoniste appelé pour les grandes occasions, Jean Charles JOUBERT; et sept chantres dont cinq basses-contre, Jean-Baptiste MANDREVILLE, Jean François VASSEUR, André Laurent GAILLOURDET, Jean François ROBERT, Jean-Baptiste Marie DESPAGNE; une basse-taille, Mathurin PAPIN et une haute-taille, Jean-Baptiste Simon THUILLIER. On notera l’absence de haute-contre, alors qu’il y en avait encore deux en 1787. Les dix enfants de chœur en fonction au moment de la fermeture de la psallette sont, dans l'ordre d'ancienneté Jean François LEGUAY, Pierre PERROTIN, François POITOU, René TÉNÈBRE, Philippe FOLIAU, Abraham Étienne TARDY, François LAVANDIER, Pierre DAVID et Jean André Laurent GAILLOURDET et Pierre BOUZIN. En outre, l'organiste Jean-Baptiste ALLAIN-DUPRÉ touche les orgues de la collégiale depuis 1761.

Les corps de musique des deux grands chapitres

En 1790, les conflits homériques du début du siècle entre compagnies capitulaires pour des questions de préséance semblent bien révolus. Les deux chapitres sont passés sous les fourches caudines de l’archevêque et ont perdu leurs privilèges les plus démesurés comme celui de l’exemption de l’ordinaire. La musique dans ces deux édifices n’est par conséquent pas perçue comme concurrente mais complémentaire. Il eût été inenvisageable quelques décennies plus tôt de confier au maître de musique de la cathédrale la direction de la musique dans le chœur de la collégiale lors des deux grandes fêtes patronales des 4 juillet (Saint-Martin d’été) et onze novembre (Saint-Martin d’hiver), c’est pourtant ce qui arrive en 1768, au moment de la longue vacance du poste martinien. En guise de remerciement, Charles Joseph TORLEZ offre aux chanoines… une « Methode pour apprendre la musique ».

On observe finalement peu de différences notables entre les deux corps de musique.

6-Antoine Merle, Motet

Antoine Merle, MotetEructavit cor meum Verbum bonum. ps. 44, partition, Tours, 1780. BnF-Gallica.

••• Au niveau de la structure musicale, les effectifs sont quasiment équivalents mais, depuis deux ans, il n’y a plus de haute-contre à Saint-Martin ; le nombre de basses-contre, cinq, semble en augmentation. On trouve la même base instrumentale, serpent, basson, orgue qui interdit la composition de musique à grand chœur sauf à faire venir des musiciens externes. En 1783, Jean François LESUEUR (futur maître de chapelle de Napoléon 1er), tout jeune maître de musique à Saint-Martin, alors âgé de 23 ans, met en place une musique avec symphonie ou à « grand orchestre » afin de rehausser la solennité des fêtes principales et patronales durant l’année liturgique. Il engage plusieurs instrumentistes et chantres dans l’esprit nouveau qui présidera également à sa gestion de la musique de Notre-Dame de Paris quelques mois plus tard – et comme il avait déjà tenté de le faire antérieurement, sans succès, à la cathédrale du Mans. Il souhaite mettre en place une « musique une, imitative et particulière à chaque solennité », mais cela représente un tel coût (dans la décennie 1780, le chapitre verse 18 000 livres par an pour l’entretien de sa psallette et de sa musique), que ce dernier met fin à l’expérience. Le chapitre revient alors aux procédés habituels avec le recours aux symphonistes gagistes qui peuvent jouer toutes sortes d’instruments (violoncelle, violon mais aussi flûte et clarinette), aux musiciens externes (ceux de la cathédrale par exemple) et aux amateurs.

À Saint-Gatien, on procède de la sorte, comme le montre cette délibération capitulaire du 22 septembre 1783 : « Quant à la symphonie des festes de S.Gatien et S.Maurice, le maître de musique continueroit d’y pourvoir lui-même et il choisiroit quelques musiciens et amateurs qui se tiennent decemment au chœur et que les accords ne se feront plus qu’a la psallette ». Lors de ces cérémonies extraordinaires célébrées en musique, la foule des fidèles se masse dans les lieux de culte pour voir, mais surtout entendre. Les maîtres composent le plus souvent. En 1776, Charles Joseph TORLEZ cède toutes ses partitions au chapitre de la cathédrale. Antoine MERLE et Adrien Quentin BUÉE ont joué leurs œuvres au Concert Spirituel à Paris, mais seules quelques rares partitions ont été conservées. MERLE a dressé avant son départ pour la paroisse Saint-Paul de Paris un catalogue de toutes ses œuvres composées entre 1778 et 1786 lorsqu’il était au service de la cathédrale Saint-Gatien : trente-et-une leçons de Ténèbres, quinze « motets en symphonies », six « messes en symphonies », dix « messes sans symphonie », quarante-huit « motets sans symphonie », trente-quatre « pièces de musique de 1, 2 ou 3 voix avec symphonies », et de neuf « pièces de musique à grand orchestre »). 

••• La plupart des musiciens ont été recrutés avec soin, souvent par l’intermédiaire de réseaux (filière épiscopale ou canoniale) ou de représentants des deux grands chapitres tourangeaux à Paris. Un commissaire capitulaire y réside sur de longues périodes pour défendre les intérêts de la compagnie devant le parlement ou à la Cour. Il s’adresse aux grands maîtres parisiens comme l’abbé DUGUÉ, maître de musique à Notre-Dame. 

En 1790, les musiciens de la cathédrale (maître de musique et organiste inclus) sont âgés en moyenne de 48,5 ans (49,8 sans les deux évangélistes) contre 46,1 ans à Saint-Martin ; on est donc plus proche de la situation relevée à la cathédrale de Chartres (44,1 ans) que de celle du Mans (36,4 ans) ou d’Évreux (32,3 ans) ; l’ancienneté dans le poste est de 17,8 ans à la cathédrale (19,8 sans les évangélistes) contre 19,5 à Saint-Martin ; à titre comparatif les musiciens de Saint-Julien du Mans ont une ancienneté de 8,7 ans (calcul effectué sur onze des douze musiciens). Enfin, l’âge moyen de nomination dans ces deux églises est respectivement de 29,4 ans (28,5 ans sans les évangélistes) à la cathédrale contre 24,8 ans à la collégiale pour les musiciens de la génération 1790.

••• Dans le domaine des revenus, la situation des maîtres de musique, qui sont rémunérés l’un et l’autre autour de 4 000 livres au regard de leurs obligations à la psallette (entretien des enfants et des domestiques), celle des deux évangélistes de la cathédrale qui reçoivent une dotation en argent et un logement et celle du joueur de violoncelle de la collégiale qui n’intervient qu’épisodiquement et perçoit seulement 100 livres par an, est à différencier de celle des autres musiciens. Le chapitre Saint-Gatien rétribue ses musiciens en moyenne 750 livres par an alors que la collégiale octroie à ceux qui sont à son service 825 livres par an en moyenne. Il existe cependant de grandes variations financières entre les fonctions : le niveau de rémunération maximal est détenu, peut-être pour tout le royaume hors Paris, par la basse-contre MANDREVILLE, rémunérée 1200 livres annuellement. Pour ce dernier, c’est presque autant que le maitre de musique de la collégiale de Chinon qui doit, avec la somme de 1500 livres, faire vivre une année durant quatre enfants de chœur. Plus généralement, aucun autre établissement dans le département ne peut proposer des revenus équivalents ; les plus approchants sont ceux de l’organiste de Marmoutier, qui est nourri et logé, en sus de 500 livres annuelles.

Les deux établissements tourangeaux ne sont pas des postes de début de carrière même si quatre musiciens ont moins de vingt ans à leur nomination. L’accès n’est donc pas impossible à celui qui vient d’achever sa formation dans une psallette. La place est bonne, on y reste longtemps, d’autant plus que les deux compagnies capitulaires sont généreuses au niveau des salaires et des places en titre (moitié des gages assurée en cas de maladie ou de perte de voix) ou des avances financières. Cela explique le mode de recrutement : un musicien bien établi dans son église et satisfait de son sort recommande au chapitre des condisciples ou des proches afin qu’ils viennent s’agréger au corps de musique. À la cathédrale, en 1773, sur le bon rapport que leur fait la basse-taille DELAHAYE, les chanoines font venir la basse-contre MALLET qui était en poste avec lui à Notre-Dame de Paris deux ans auparavant. En 1787, à Saint-Martin, Jean François ROBERT fait venir son cousin André Laurent GAILLOURDET pour chanter la basse-contre, comme déjà, six années plus tôt, il lui avait ouvert la porte du chapitre du Mans. Les liens entre les deux hommes sont si forts qu’ils perdureront bien après la perte de leurs emplois tourangeaux, démarchant ensemble depuis Paris, sous le Consulat, afin d’obtenir du département d’Indre-et-Loire la totalité de la pension à laquelle ils avaient droit. 

7-Portrait de Lejay

Portrait de Philippe Sulpice LEJAY (reproduction d’un pastel fin du XVIIIe siècle publiée en N & B dans Bulletin de la Société archéologique de Touraine, 1915).

••• Des deux psallettes sont issus plusieurs musiciens, artistes ou enseignants de musique, indice qu’elles offraient aux enfants de chœur une formation de qualité. On peut citer par exemple à la cathédrale Pierre LOISEAU et Antoine DREUX, qui sont en place à la cathédrale Saint-Gatien en 1790. Michel Gatien BOISSE ou Étienne FAY, déjà partis à cette date. BOISSE a été formé à la composition par Charles Joseph TORLEZ. Pourtant titulaire d’une chapelle à Tours, il se lance dans un grand tour à travers le royaume et à l’étranger, chantant la haute-contre dans plusieurs cathédrales. En 1781 dans une petite annonce parue à Metz, il se dit curieusement « haute-contre de Paris, élève du Sieur RICHER, maître de musique & de goût des enfans de France »… Quant à FAY, Fétis consacrera quelques lignes à cet artiste et compositeur qui eut son heure de gloire sous l’Empire : « On a peine à comprendre qu'après avoir obtenu des succès comme compositeur, M. Fay ait renoncé jeune encore à une carrière qui n'avait rien eu de pénible pour lui. Il manquait de savoir, mais non de mélodie, ni d'un certain sentiment dramatique ». La collégiale Saint-Martin a formé des sujets brillants comme François POITOU ou Jean André Laurent GAILLOURDET, ce dernier fréquentant aussi pendant quelques années le conservatoire de musique de Paris.

••• Que sont devenus les musiciens après la perte de leur emploi ? Du point de vue de leur engagement politique, on constate que certains ont adhéré aux idées nouvelles par conviction ou par prudence. Jean-Baptiste ALLAIN-DUPRÉ devient l’un des membres les plus éminents du comité de surveillance de Tours et Louis PÉRIGORD, membre de la société populaire de Vouvray. La plupart prêtent les différents serments prescrits entre 1792 et 1798. Seul l’évangéliste LETANNEUR refuse de jurer et connaît la déportation puis l’exil alors que son confrère COMPAGNON, devient d’abord prêtre constitutionnel, puis se marie… Du point de vue de la carrière musicale, la suppression des chapitres n’a été qu’une vicissitude vite surmontée, même si la perte financière éprouvée semble avoir été notable. Près de la moitié de l’effectif parvient à se reconvertir dans les nouvelles structures paroissiales Saint-Gatien et Saint-Martin jusqu’à la fermeture de ces dernières en décembre 1793. Le lien avec la musique n’est rompu que par très peu d’anciens musiciens, cela semble être le cas des trois chanoines semi-prébendés martiniens, des deux évangélistes de la cathédrale. En attendant la réouverture des églises, certains exercent provisoirement un métier, comme l’imprimerie, c’est le cas d’Émery Henri LEFEBVRE, ou la menuiserie, comme le montre l’exemple de Jean François ROBERT, Après la signature du Concordat, en 1801, plus du tiers des musiciens et chantres qui étaient en poste en 1790 retrouvent une fonction à la cathédrale de Tours, même si cette fonction a parfois changé. L’ancien maître de musique, Julien Élie LEROY, se retrouve à jouer du serpent sous la direction de son ancien homologue métropolitain, Sulpice Philippe LEJAY. Ce dernier restera en place jusqu’en 1851 !

Les autres établissements tourangeaux

8-Abbaye de Marmoutier

« Veüe de l'Abbaye de Marmoustier Lez Tours, […] [dessin] / [Louis Boudan?] Aquarelle (XVIIe-XVIIIe) », BnF Gallica.

Les autres collégiales de la ville (Saint-Venant, Saint-Pierre-le-Puellier et Le Plessis) n’ont pas, ou plus, de musiciens en raison de leurs très médiocres finances. On trouve en revanche les indices d’une activité musicale dans neuf des vingt-trois établissements réguliers de la ville (mais des musiciens sont salariés dans seulement deux abbayes et un couvent) et dans deux paroisses sur quatorze. Chez les Dominicains, un chantre basse-contre de la cathédrale vient « tous les dimanches et fêtes les aider à chanter la messe et les vêpres » pour une rétribution annuelle de 50 livres. 

••• L’abbaye bénédictine de Marmoutier située sur la rive droite de la Loire, dans la paroisse Sainte-Radegonde, est le deuxième sanctuaire martinien. Étienne BOYER, lui-même élève de l’organiste de Saint-Martin, ALLAIN-DUPRÉ, touchait les orgues de l’abbaye et y jouait de la basse. Son frère, Michel BOYER, rédigera en 1847 une précieuse « Notice historique des orgues existant dans les églises de Tours avant 1789 ». Près d’une trentaine de moines chantaient encore l’office divin quotidiennement sous la houlette de dom d’Estaing ; quelques années auparavant, le cardinal de Rohan y avait séjourné après l’affaire du Collier de la Reine. Dans le chœur, en dehors de l’orgue et de la basse, deux joueurs de serpent et basson soutiennent les voix des frères : François MARCHALLE dit LORIN et Jacques GAUDEREAU. Le premier a refusé un poste de maître de musique dans une collégiale mancelle, le second a été formé à Saint-Martin. Ils sont rémunérés, logés, blanchis, chauffés. Michel BOYER rappelle dans son ouvrage « la douceur de vivre » qui prévalait alors. Ces « illusions d’un bonheur tranquille », sans doute magnifiées par la mémoire nostalgique du vieil homme, se sont volatilisées, comme le « bel orgue » et une grande partie du monastère, dépecé par les vendeurs de pierres.

••• L’abbaye bénédictine Saint-Julien, située à mi-chemin entre les deux principales églises tourangelles est un établissement en déclin avec seulement cinq religieux dans les stalles en 1790. L’établissement rémunère et loge un serpent, BERAULT LATOUR. Il possédait encore « un joli orgue à deux claviers, mais n'ayant qu'un seul buffet, placé au bas de la nef », touché par Joseph JOUBERT, le frère du violoniste de Saint-Martin, pittoresque personnage surnommé « Pape » car « il se croyait pape, et on lui en donnait le surnom ». Selon Michel Boyer, « Son talent ne se ressentait point de cette aberration d'esprit ; son jeu sur l'orgue était net, égal sans être brillant ». 

Toujours d’après BOYER, il y avait des orgues de chœur à l’abbaye des bénédictines de Beaumont, dans le couvent des religieuses de l’Union-Chrétienne et dans trois établissements d’hommes, chez les Augustins, les Cordeliers et les Minimes ainsi qu’au collège tenu par les Oratoriens. Joseph JOUBERT venait jouer chez les Augustins et au couvent de l’Union-Chrétienne. L’inventaire de novembre 1790 ne mentionne pas l’orgue de Beaumont, en revanche il pointe la présence d’un clavecin dans la salle du noviciat.

••• L’église paroissiale de Notre-Dame-la-Riche possédait également des orgues, et les comptes de fabrique permettent de connaître les noms des organistes successifs depuis 1686. Dès 1783, c’est une femme qui tient la tribune les dimanches et fêtes, la seule de notre corpus départemental ! Il s’agit de Jeanne PIEGAY, née JOUBERT, sœur de plusieurs musiciens tourangeaux en poste dans les grands établissements de la ville et à la cathédrale de Nantes, tous fille et fils d’un violoniste réputé. « Le principal talent de cette artiste remarquable se faisait admirer sur le violon. Je l'ai entendue conduire très bien un joli concert établi chez elle, et qu'animait son coup d'archet et l'expression de son exécution brillante » (BOYER).

Ailleurs en Touraine

En dehors de la ville de Tours, on trouve des musiciens dans six des douze petites collégiales encore en activité en 1790 dans le diocèse de Tours, auxquelles il faut ajouter les deux qui se trouvaient alors dans l’ancien diocèse de Poitiers.
La plupart des autres collégiales sont de véritables églises « crottées » selon l’expression usitée pour l’évêché de Luçon sous Richelieu. La collégiale des Roches-Tranchelion n’a plus que 400 livres de revenus en 1760 et les petits établissements de Bueil, Montrésor, Langeais survivent comme par miracle, pauvres rescapés d’une époque ou rois et grands seigneurs créaient des fondations pour sauver l’âme les défunts de leur famille par la prière. Ainsi, sous le règne de François 1er, les seigneurs de Montrésor, Imbert puis René de Bastarnay, érigent l’église Saint-Jean-Baptiste dotée d’un collège de cinq chanoines prébendés. Ils seront tenus d'y « chanter quotidiennement à notes » une grande messe et les heures canoniales, avec deux jeunes enfants instruits à lire et à chanter (1521). Plus tard sont créées les fonctions d’un chantre-chanoine et de deux choristes semi-prébendés (1533). En 1780, la collégiale du Grand-Pressigny est supprimée par ordre de l’archevêque de Tours sur la demande du baron de Pressigny, Pierre Gilbert de Voisins, président au parlement de Paris, qui avait acheté la terre quatre ans plus tôt. Elle avait été fondée en 1552 et dotée de six chanoines. En 1780, ses revenus sont unis à ceux de la cure.

••• Le chapitre Saint-Mexme de Chinon, fort d’une douzaine de chanoines prébendés sous la conduite du chevecier est le seul établissement ecclésiastique du département à presque atteindre les dix musiciens et enfants de chœur : en 1790 on y relève en effet un organiste, Pierre François DELANOIX, installé depuis 1777, un maître de psallette en poste depuis plus de vingt ans, Pierre Jean François BOUCHER, qui dirige quatre enfants de chœur (les deux frères Jacques et Charles Augustin MECHINEAU, René GENDRON et Charles RANDON), et trois chantres : Louis JUETTE, Jean COULLON et Jean Alexis MEREL dit DELISLE. Certains d’entre eux trouveront une place dans l’une ou l’autre des paroisses de la ville après 1790 paroisses pour lesquelles il ne subsiste aucune information sur l’activité cantorale avant la Révolution. À la génération précédente, la collégiale Saint-Mexme avait eu une renommée suffisante pour attirer un jeune serpent venu de Sées, Pierre ÉLIE.

9-Amboise

Amboise. [Vue de l'intérieur de la cour du château], Dessin à la plume et lavis à l'encre de Chine, avant 1754. BnF-Gallica.

••• Le chapitre de la collégiale Saint-Florentin d’Amboise est composé selon La France ecclésiastique de 1790 de deux dignitaires et huit chanoines prébendés. C’est un chapitre noble. L’édifice se trouvait à l’intérieur du château et a été détruit sous l’Empire. En 1790, on y trouve un organiste, François MENONVILLE, depuis 1785, trois chantres identifiés mais encore mal connus : René CHARLOT, Antoine FOUCHAULT et François GITTON, et des enfants de chœur dont on ne connaît pas encore le nombre. La destruction des sources freine considérablement l’approche du fonctionnement de ce petit corps de musique. La présence du duc de Choiseul, dans son château de Chanteloup, jusqu’en mai 1785, puis du duc de Penthièvre a-t-elle pu jouer un rôle dans le choix des musiciens, en particulier de l’organiste ? L’itinéraire de celui-ci avant d’arriver à Amboise l’avait en effet fait passer par Paris et Saint-Germain-en-Laye.

••• Le chapitre de la collégiale Notre-Dame de Loches, située dans le château, veille sur le tombeau d’Agnès Sorel. D’après un état envoyé au comité ecclésiastique en 1790, ce chapitre est composé d’un doyen et de dix chanoines, ainsi que de huit bénéficiers et des enfants de chœur. Un de ces bénéficiers, Pierre AUROUX, maître de psallette depuis 1783, s’occupe de l’éducation de trois enfants de chœur dont les noms restent inconnus, le seul registre capitulaire conservé s’arrêtant à l’année 1783. Peu avant la prise de fonction d’AUROUX, le chapitre a rétabli un troisième enfant sur les quatre prévus par l’acte de fondation mais « que le malheur des temps et la detresse des affaires ont necessairement forcé le chapitre a reduire à trois et à deux ». Cette mesure a été adoptée de justesse par cinq voix contre quatre en chapitre. Dès 1636, on trouve la mention de ce maître des enfants de chœur dans les comptes capitulaires mais aussi d’une basse-contre et d’un organiste. On sait que la collégiale possédait encore au XVIIIe siècle des orgues, réparées à plusieurs reprises par Jean-Baptiste Isnard, avec lequel un traité est signé en 1779 en présence de l’organiste Jacques ARNAULT, aussi bénéficier du chapitre et dont les gages seront augmentés en 1781. On ne peut encore prouver s’il est toujours en place en 1790. La question se pose aussi de savoir si les chantres et le serpent rémunérés à la paroisse Saint-Ours, petite église située en contrebas du château et détruite sous la Révolution, peuvent être pris en compte dans les effectifs de la collégiale. Rien ne le confirme actuellement et nous distinguerons par conséquent les deux lieux de musique. Comme musicien paroissial, on peut citer de façon certaine le chantre ALLOUARD.

••• Le chapitre de la collégiale Saint-Martin de Candes est situé à l’extrémité occidentale du diocèse de Tours, en bordure de l’actuel Maine-et-Loire, au confluent de la Loire et de la Vienne. Au Moyen Âge, ce fut un centre actif de pèlerinages car Martin de Tours y mourut, selon la Tradition. En 1790, dix chanoines prébendés, dont deux dignitaires et le curé, s’occupent du petit sanctuaire et déclarent 19 800 livres de revenus. On y trouve seulement deux psalteurs, selon la terminologie angevine, c’est-à-dire des chantres. Il s’agit de Louis LIGEARD et François RAGUENEAU.

10-Champigny

Veüe de la Saincte-Chapelle de // Champigny // en Poictou bastie l'an 1543par Louis de Bourbon Prince de la Roche sur yon // 1699 : [dessin] / [Louis Boudan?] - 1543. BNF-Gallica.

Enfin dans la partie du diocèse de Poitiers qui se trouvera incluse en 1790 au sein du département de l’Indre-et-Loire, se trouvaient deux autres petites collégiales.

••• Le chapitre de la collégiale Saint-Georges de Faye-la-Vineuse, est situé à quelques kilomètres de Richelieu, à la limite de l’actuel département de la Vienne. Avec ses onze chanoines prébendés et ses 2

11-Vue de Loches et de Beaulieu

Veüe des villes et chasteau de Loches et de Beaulieu, en Touraine, sur la rivière d'Indre, à neuf lieües de Tours et à cinq de Cormerie// 1699 : [dessin] / [Louis Boudan?]. BNF-Gallica.

850 livres de revenus en 1760, la compagnie salarie un maître de psallette, René Alexis LE TONNELIER et un choriste qui fait également office de sacristain, Vincent BEAUCHESNE. On ignore le nombre d’enfants de chœur qui participaient au service divin.

••• Le chapitre de la Sainte-Chapelle ou collégiale Saint-Louis de Champigny-sur-Veude a été institué pour prier pour le salut de l’âme de la famille des Bourbon-Montpensier. Louis 1er de Bourbon-Vendôme était à l’origine de la construction du château (rasé par Richelieu) et de l’église dont les vitraux attribués à Robert Pinaigrier et à ses élèves illustrent l’épopée de Saint Louis. Un seul chantre fait résonner les voûtes en 1790, il s’agit de François AUDESSON, lequel explique dans sa requête « qu’il luy est impossible de faire aucun autre métier, à raison d’une infirmité qui le prive de l’usage de ses deux bras » ; cette requête est signée par les cinq chanoines encore en activité. 

••• Les derniers musiciens d’église en activité en 1790 en dehors de la ville de Tours sont en poste dans trois abbayes bénédictines : à Cormery, à 20 kilomètres au sud-est de la capitale tourangelle, avec cinq moines seulement. Un serpent vient y jouer certains jours, Jean-Baptiste GIROUARD le Jeune, mais l’existence de plusieurs homonymes ne permet pas de l’identifier avec certitude. À Beaulieu-Lès-Loches, se dresse l’abbaye de la Trinité (cinq religieux en 1790) dont le titulaire des orgues, Ours Joseph MICHEAU, est mort l’année précédente. Seul reste le serpent Michel Félix GOUBEAU. Lors de l’inventaire des biens, il est fait mention des souliers des enfants de sacristie mais ces derniers ne peuvent être mis au rang d’enfants de chœur.

Reste le cas de l’abbaye Saint-Pierre de Bourgueil, située dans l’ancien diocèse d’Angers. Il semble très probable que le serpent Jean BARON, qui pétitionne aux côtés de l’archiviste de l’abbaye en 1791 auprès du district de Langeais, soit au service de cet établissement même si rien dans les sources ne le mentionne explicitement.

Les inventaires effectués lors des années 1790 et 1791 révèlent par de menus indices la présence d’une activité musicale et cantorale dans certaines abbayes. Un « orgue de quatre pieds » a été cité lors de l’inventaire de juillet 1790 dans le chœur de l’église des chanoinesses augustines de Beaulieu-Lès-Loches, plus connues sous le nom de dames Viantaises. Quarante-deux religieuses recevaient des jeunes filles de bonne famille dans le pensionnat qu’elles avaient ouvert. Il est mentionné des aubes et des surplis de « choristes » à l’abbaye de la Clarté-Dieu ; et des robes d’enfants de chœur et des « bonnets quarrés » à celle de Villeloin. Des enfants de sacristie sont également évoqués ici et là, comme à l’abbaye de Bourgueil, mais leur tâche n’étant pas musicale, leurs noms n’ont pas été retenus.

Dans un certain nombre de cas, à Tours comme dans le reste du département, ces musiciens de petites structures ne sont pas au service exclusif de l’établissement qui les emploie. La modicité des gages versés impose l’exercice d’une double activité professionnelle. Certains sont ainsi cordonniers comme LIGEARD à Candes et d’autres cumulent des fonctions internes à l’église, sacristain ou archiviste capitulaire (JUETTE à Chinon). Après la perte de leur emploi, plusieurs d’entre eux deviendront instituteurs.

• • •

Cette enquête a permis d’enrichir et d’affiner ce que nous savions de la présence musicale dans les églises du département d’Indre-et-Loire en 1790. Les deux grands chapitres de la ville de Tours dominent largement. Ils ont à leur service de nombreux musiciens, instrumentistes et chanteurs pour l’entretien desquels ils dépensent des sommes très importantes. Ils sont capables de recruter loin afin de choisir les meilleurs éléments. Ils choisissent des maîtres de musique déjà réputés pour leurs talents de compositeur, capables de faire jouer de la musique à grand chœur lors des fêtes liturgiques principales. A cette occasion, les effectifs sont renforcés par des musiciens amateurs, issus pour la plupart du monde des élites. Enfin, les deux psallettes offrent d‘importantes perspectives de carrière musicale aux enfants de chœur grâce à l’excellence de la formation qui y est prodiguée. La situation géographique de la ville de Tours, l’amélioration de sa situation économique au milieu des années 1780 et la richesse des établissements concernés permettent cette largesse et expliquent le rayonnement des deux compagnies canoniales. En revanche, dans les autres églises du département, l’univers musical semble plus étriqué, parfois en crise, voire en recul, essentiellement pour des raisons financières. Nul doute que le niveau devait être bien inférieur à celui des deux grands chapitres tourangeaux. Il reste deux questionnements, la présence cantorale dans les paroisses et l’identification des enfants de chœur attestés dans plusieurs collégiales et paroisses.

Dorment peut-être encore, dans des archives, les traces d’autres musiciens de cette génération 1790 qu’il reste à identifier et à faire revivre sous la forme de notices biographiques. Plaise au lecteur nous aider dans ce long travail de reconnaissance...

Christophe MAILLARD (chercheur associé au laboratoire Temps, Mondes, Sociétés, TEMOS-CNRS FRE 2015)
et Édith MAROIS (chercheuse associée au laboratoire Interactions Culturelles et Discursives, ICD-EA 6297, Tours)
(mars 2018)

Le travail sur les musiciens de ce département a bénéficié des apports de, notamment :
Jean-Marie Auradou, François Caillou, Bernard Dompnier, Sylvie Granger, Isabelle Langlois.
Nous tenons à remercier également les responsables et le personnel des archives départementales d’Indre-et-Loire et des archives municipales de Tours, le responsable des archives diocésaines de Tours et tous les membres du bureau de la Société Archéologique de Touraine.

>>> Si vous disposez de documents ou d’informations permettant de compléter la connaissance des musiciens anciens de ce département, vous pouvez signaler tout élément intéressant ICI. Nous vous en remercions à l’avance.
L’amélioration permanente de cette base de données bénéficiera à tous.

Les lieux de musique dans le département d'Indre-et-Loire en 1790

Les lieux de musique documentés pour 1790 dans le département sont présentés par catégories d’établissements : cathédrale, collégiales, abbayes, monastères et couvents, autres établissements (par exemple d’enseignement, de charité…), paroisses (ces dernières selon l’ordre alphabétique de la localité au sein de chaque diocèse).

13-Carte des lieux de musique dans le département d'Indre-et-Loire en 1790

Les lieux de musique d'Église documentés en 1790 dans le département d'Indre-et-Loire

Diocèse d’Angers

Diocèse de Tours 

Diocèse de Poitiers

Pour en savoir plus : indications bibliographiques

  • François LESURE, Dictionnaire musical des villes de province, Paris, Klincksieck, 1999, 367 p. [ville de Tours, p. 299-302].
  • Claude ANDRAULT-SCHMITT, La cathédrale de Tours, Geste Editions, 2010, 291 p.
  • Abbé BARDET, L’église collégiale de Notre-Dame du château de Loches, maintenant église paroissiale de Saint-Ours, son histoire et son culte, Bousrez, Tours, 1862, 140 pages.
  • Béatrice BAUMIER, Tours entre Lumières et Révolution, pouvoir municipal et métamorphoses d’une ville [1577-1790], Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2007, 548 p.
  • Manuel BERGER, Le patrimoine et les revenus du chapitre de Saint-Mexme au XVIIIe siècle, maîtrise d’histoire, B. Maillard (dir.), Université François Rabelais, Tours, 1994. 
  • Jean-Marie BIENVENU (dir.), Histoire religieuse de la Touraine, Paris, C.L.D, Normand et Cie, 1975, 323 p.
  • Jean-Jacques BOURASSÉ, « Notice historique et archéologique sur Faye-La-Vineuse et sur l’ancienne collégiale de Saint-Georges » , Mémoires de la Société Archéologique de Touraine, 1846, p. 161-175.
  • Michel BOYER, « Notice historique sur les orgues existant dans les églises de Tours avant 1789, et sur les organistes qui les desservaient », Congrès scientifique de France, 15e session, septembre 1847, tome second, Tours et Paris, août 1848, p. 436-447.
  • Candes Saint-Martin au cours des âges, Les Amis de Candes-Saint-Martin, Chambray-lès-Tours : Éd. C.L.D, 1994, 62 p.
  • Claude CROUBOIS, L’Indre-et-Loire, la Touraine des origines à nos jours, Saint-Jean-d’Angély, éditions Bordessoules, 1986, 470 p.
  • Muriel DUGAY, L’Abbaye Saint-Julien de Tours aux XVIIe et XVIIIe siècles, maîtrise d’histoire, R. Sauzet (dir.), Université François Rabelais, Tours, 1991, 269 p.
  • Olivier FOUGÈRE, L’administration du district de Tours (juillet 1790-juin 1791), maîtrise d’histoire, Cl. Petitfrère (dir.), Université François Rabelais, Tours, 1992, 159 p.
  • Édouard GATIAN DE CLÉRAMBAULT, « Les processions de la Fête-Dieu à Tours pendant les quatre derniers siècles », Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, tome XVIII, 1911-1912, p.117-128.
  • Eugène GIRAUDET, « Les artistes tourangeaux », Mémoires de la Société Archéologique de Touraine, tome XXXIII, Tours, 1885, 419 p. 
  • Jean-Michel GORRY, Alain CAMBOURIAN, Les orgues d’Indre-et-Loire, Inventaire national des Orgues, Région Centre, Editions Comp’act, 1997, 485 p.
  • Sylvie GRANGER, « Tours et détours des musiciens d’Église dans la France du Sud-Ouest aux XVIIe et XVIIIe siècles », Maîtrises et chapelles aux XVIIe et XVIIIe siècles. Des institutions au service de Dieu, B. Dompnier (dir.), Clermont-Ferrand, Presses Universitaire Blaise-Pascal, 2003, p.291-314.
  • Sylvie GRANGER, « Itinéraires de quatre chantres ordinaires dans la base de données Muséfrem 1790 », La circulation de la musique et des musiciens d’Église (France, XVI -XVIIIe siècle), X. Bisaro, G. Clément et F. Thoraval (dir.), Paris, Garnier, collection Musicologie, 2017, 396 pages, p. 325 à 341.
  • Bertrand GUILLAUMIN, Les chanoines du chapitre de l’Eglise métropolitaine de Tours aux XVIIe et XVIIIe siècles, D.E.A d’histoire, Cl. Petitfrère (dir.), Université François Rabelais, Tours, 1996, 188 p.
  • Anne HERBET, Fêtes et divertissements à Tours à la fin du règne de Louis XV (1754-1774), maîtrise d’histoire, J. Maillard (dir.), Université François Rabelais, Tours, 1988, 286 p.
  • Eugène JARRY, « Le chapitre de Saint-Martin aux XVIIe et XVIIIe siècles », Revue d’Histoire de l’Église de France, t. XLVII, 1961, p.117-149.
  • « Journal d’un habitant de Tours au XVIIIe siècle », Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, tome X, 1895-1896, p.141-190.
  • Alain LECOTTE, L'Oratoire à Tours (1618-1792), maîtrise d’histoire, R. Sauzet (dir.), Université François Rabelais, Tours, 1972, 137 p.
  • Pierre LEVEEL, « Le partage de la Généralité de Touraine et la délimitation du département d’Indre-et-Loire (1787-1790) », Mémoires de la Société Archéologique de Touraine, tome 57, Tours, 1964, 176 p.
  • Pierre LEVEEL, Histoire de Touraine et d’Indre-et-Loire, Chambray-lès-Tours, C.L.D, 1988, 991 p.
  • Philippe LOUPÈS, Chapitres et chanoines de Guyenne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, 1985, 592 p.
  • Brigitte MAILLARD, Les campagnes de Touraine au XVIIIe siècle. Structure agraire et économie rurale, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 1998, 500 p.
  • Christophe MAILLARD, Le chapitre et les chanoines de la « Noble et insigne Église Saint-Martin de Tours » au XVIIIe siècle, Bordeaux-3, 2007, 3 volumes, 2 164 p. [chapitre concernant la musique et la psallette, p. 803-842]. 
  • Christophe MAILLARD, « La Fête de la Saint-Martin d’Hiver à Saint-Martin de Tours au XVIIIe siècle : le maintien d’une liturgie particulière dans le plus illustre chapitre collégial de France », Les Cérémonies extraordinaires du catholicisme baroque, B. DOMPNIER (dir.), Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2009, p. 525-544. 
  • Christophe MAILLARD, « Musique et musiciens d’Église à Tours à la fin de l’Ancien Régime », Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, tome LXI, 2015, p.207-216.
  • Olivier MARCAULT, « Les psallettes dans le diocèse de Tours avant la Révolution », Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, t. XVIII, 1911-1912, p.251-265.
  • Olivier MARCAULT, Le diocèse de Tours, sa vie morale, intellectuelle et religieuse depuis saint Martin jusqu’à nos jours, Tours, Marcel Cattier éditeur, 1918, 3 volumes.
  • Catherine MARCHON-MARCEAU, Les fêtes à Tours, 1770-1799, maîtrise d’histoire, Cl. Petitfrère (dir.), Université François Rabelais, Tours, 1985. 
  • Hélène MARIANI, Les Tourangeaux en 1790, maîtrise d’histoire, Cl. Petitfrère (dir.), Université François Rabelais, Tours, 1993. 
  • Valérie MAURET-CRIBELLIER, « L’abbaye bénédictine Saint-Paul de Cormery », Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, 1994, p. 119-144. 
  • Jean MONGRÉDIEN, Jean-François Le Sueur, Contribution à l’étude d’un demi-siècle de musique française (1780-1830), Peter Lang, 1980, 2 volumes, 1204 p.
  • Guy-Marie OURY, Histoire religieuse de la Touraine, Tours, CLD, Normand et Compagnie éditeurs, 1975, 326 p.
  • Claude PETITFRÈRE, Béatrice BAUMIER, François CAILLOU, Christophe MAILLARD, Les élites urbaines sous l’Ancien régime, l’exemple de Tours, à paraître.

Bibliographie élaborée par Christophe Maillard et Édith Marois
(février 2018)

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