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BEAUCHEMIN, Simon René (1748-1810)
État civil
NOM : BEAUCHEMIN     Prénom(s) : Simon René     Sexe : M
Date(s) : 1748-5-24   / 1810-6-16 
Notes biographiques

Simon-René BEAUCHEMIN est né en Bretagne au milieu du XVIIIe siècle, dans une grande famille qui donna plusieurs musiciens d'Église exerçant leur art dans les cathédrales de Saint-Malo et de Saint-Brieuc. Mais il fut le seul à quitter sa province natale pour aller dérouler sa carrière dans le sud du Quercy, plus précisément à Montpezat-de-Quercy, une petite ville qui avait la chance d'être dotée d'une collégiale.

• 24 mai 1748, Saint-Brieuc : Simon-René est le huitième d'une fratrie d'au moins dix enfants, sept garçons et trois filles, tous mis au monde sur la paroisse Saint-Michel par Gilette Lécuyer [ou L'Écuyer], entre 1734 et 1754. Baptisé quelques heures après sa naissance, le nouveau-né reçoit pour parrain Simon DEPOIX, le maître de musique de la cathédrale, et pour marraine Renée-Françoise Godin qui lui transmet son second prénom. Et son père, Floriant ou Fleuriant Beauchemin, appose une signature aux lettres bien formées et très régulières. 

• [Vers 1755-1775], [Saint-Brieuc ?] : Où ce garçon a-t-il été scolarisé et qui l'a instruit dans le métier de musicien? La maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne présente une solution vraisemblable, d'autant plus qu'il existe des liens durables avec la famille Depoix, ce qu'attestent les choix des parrains et marraines lors de baptêmes des enfants et des petits-enfants. De plus, trois de ses frères, François-Paul, Jean-Marie et Pierre-François BEAUCHEMIN, qui ont successivement onze ans, neuf ans et cinq ans de plus que lui, sont déjà avancés dans cet apprentissage et lui montrent la voie.

• 18 juillet 1762, Saint-Brieuc : Il a 14 ans quand lui-même et sa fratrie perdent leur père. François-Paul BEAUCHEMIN, l'un des aînés, bien qu'il ne soit âgé que de 23 ans, signe l'acte d'inhumation.

• 30 mai 1766, Saint-Brieuc : Simon BEAUCHEMIN figure dans la composition du bas-chœur avec deux de ses frères, lors de "la distribution du quartier des choristes". Il perçoit 12L 10s comme "gages de musique". Certes, son second prénom, René, ne figure pas. Mais c'est habituel sur cette liste des bénéficiaires.

• 1er juin 1768, Saint-Brieuc : Simon-René assiste au mariage de son frère Jean-Marie BEAUCHEMIN, le futur organiste de la cathédrale Saint-Étienne dès 1772, avec Jeanne Helo. Nous le perdons ensuite de vue pendant plusieurs années.

• 13 juin 1775, Montpezat-de-Quercy [Tarn-et-Garonne] : BEAUCHEMIN, alors clerc tonsuré, est reçu comme maître de musique par les chanoines de la collégiale Saint-Martin, après que le doyen du chapitre l'ait admis à percevoir le bénéfice lié à cette fonction et que le notaire de la ville en ait dressé acte le matin même. Pour prendre immédiatement possession de cette place, le futur maître doit, par conséquent, se soumettre aux conditions requises. Ainsi a-t-il prononcé la "profession de foy", acquitté les droits liés au bénéfice accordé et promis de respecter l'ensemble des statuts du chapitre. Il succède à Étienne FAURY qui est décédé le 9 août de l'année précédente, à l'âge de 64 ans.

• 20 avril 1778, Montpezat-de-Quercy : Alors "maître de musique du dit chapitre",  Simon BEAUCHEMIN fait partie de l'assemblée constituée d'ecclésiastiques et de personnalités civiles qui est missionnée, dans l'église du couvent des Ursulines, pour assister à un événement encore fréquent dans ce diocèse, l'abjuration d'une jeune fille protestante dite "pensionnaire" de ces religieuses.

• 15 septembre 1784, Montpezat-de-Quercy :  Simon BEAUCHEMIN est présent au baptême du nouveau-né Henry Depeyre, le filleul du marquis de Lostanges qui est gouverneur de la province du Quercy, seigneur de Montauban et autres lieux, et titré de "patron fondateur de la présente église". La signature de BEAUCHEMIN apparaît au milieu des autres paraphes des chanoines qui officient à tour de rôle dans leur collégiale, mais elle s'est sérieusement enrichie car le maître de musique est maintenant prêtre.

• 26 janvier 1789 : Comme il procède parfois à des baptêmes et à des sépultures en tant que prêtre, c'est lui qui est désigné lors de l'inhumation d'un aubergiste de la ville. Sa signature atteste qu'il a été reçu chanoine et que son bénéfice de maître de musique s'est trouvé libéré.

• 1790, Montpezat de Quercy : Simon-René BEAUCHEMIN, prêtre et chanoine du chapitre collégial, est directeur de la maîtrise. Comme il est entré dans le corps des chanoines, sa prébende de maître de musique, qui apporte 800 livres par an, est détenue par Raymond RODOLOSSE, son successeur promu en titre à cette fonction. Le clerc Joseph BONNET est l'organiste.

• 1791 : BEAUCHEMIN, docteur en théologie et directeur de la maîtrise, doit prêter serment de fidélité à la Constitution en tant que prêtre. Il semble qu'il n'en prononce pas l'intégralité, comme d'ailleurs l'écrasante majorité des chanoines et des prébendés de la collégiale. Il est donc considéré comme réfractaire.

• été 1792,  ? : Il part en exil, plutôt que de se rendre à Cahors, le chef-lieu du Lot dont fait alors partie Montpezat-de-Quercy, et où les prêtres non-jureurs sont convoqués. Sans doute a-t-il ainsi évité la déportation en Espagne.

• 1801, Montpezat-de-Quercy : Il rentre d'exil au moment du Concordat, d'après Firmin Galabert, historien de Montpezat et de la collégiale. Il revient vivre à Montpezat et non dans sa ville natale. Mais nous ignorons quelles sont aussitôt ses activités.

• 29 mars 1809, Montpezat-de-Quercy : BEAUCHEMIN s'associe avec un ancien officier d'infanterie pour ouvrir une école élémentaire à leur domicile. Ils apprendront à lire pour un coût de deux francs par mois, à lire, écrire, compter et les premiers rudiments du latin pour la somme de quatre francs par élève. Ils recevaient, semble-t-il, une dizaine d'enfants.

• 16 juin 1810 : Simon-René, "prêtre et pensionnaire de l'État en qualité d'ex-chanoine", s'éteint à l'âge de 62 ans. Il résidait alors place Saint-Roch, dans la maison du jurisconsulte Marc-Antoine Pécoul.

L'officier de l'état civil ne fait aucune allusion à son long service de musicien et de responsable des enfants de chœur de la petite ville, une vingtaine d'années plus tôt.

Mis à jour : 15 décembre 2021

Sources
F Galabert, Montpezat-de-Quercy: sa collégiale..., 1918 ; F-Ad22/ BMS Saint-Brieuc, St-Michel ; F-Ad8/ BMS Montpezat-de-Quercy, Saint-Martin ; F-Ad82/ BMS Montepezat, Saint-Martin ; F-Ad82/ BMS Montpezat-de-Quercy, Saint-Martin ; F-Ad82/ BMS Montpezat-de-Quercy, St-Martin ; F-Ad82/ G 778 ; F-Ad82/ NMD, Montpezat

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