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BODEREAU, Joseph (ca 1742-1792 ap.)
État civil
NOM : BODEREAU     Prénom(s) : Joseph     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : BORDEREAU
BORDERAU
BODREAU
BODROT
BAUDREAU
BAUDROT
Date(s) : 1742 ca  / 1792 ap.
Notes biographiques

Joseph BODEREAU / BAUDROT (et autres variantes orthographiques) est clairement attesté comme chantre de la cathédrale de Sens durant les toutes dernières années de l'Ancien Régime. Son itinéraire antérieur, foisonnant et marqué par la mobilité, reste encore partiellement à éclairer. Plusieurs des étapes documentées permettent toutefois de le suivre en pointillés du Mans à Sens, en passant par Angers, Nantes, Rennes, Troyes... et certainement plusieurs autres villes.

• [1749], Le Mans : Joseph BODEREAU est formé à la musique en tant qu'enfant de chœur à la cathédrale Saint-Julien, jusqu'au début de mai 1761. S'il est bien resté à la psallette durant les douze ans habituellement requis au Mans, on peut penser qu'il y était entré courant 1749 – et, donc, qu'il serait né vers 1742 environ. Les registres capitulaires sont perdus, ce qui rend toute certitude impossible. À partir de 1759, la principale source sur la musique de la cathédrale mancelle est le journal du chanoine Nepveu de La Manouillère (publié aux PUR en 2013). Durant toute la durée de son séjour à la psallette du Mans, son maître de musique a été Jean-Baptiste BOURGOIN.

• Mai 1761, Le Mans : BODEREAU, qui était grand enfant de chœur, sort de la psallette, où il est remplacé par André BRARD. Après quoi, il "reste comme musicien pendant six mois", note le chanoine Nepveu de La Manouillère, c'est-à-dire théoriquement jusqu'en octobre 1761. Peut-être son service a-t-il été ensuite à nouveau prolongé sans que le chanoine ait cru bon de le noter dans son journal.

• 16 juillet 1763, Le Mans : Le chapitre de la collégiale Saint-Pierre-la-Cour reçoit “en qualité de chapier en notre église Joseph BODEREAU aux gages de 20 sols par jour plus les petits points”.
• 10 septembre 1763 : Le chapitre collégial accorde une augmentation de deux sols par jour à Joseph BODEREAU "Basse Taille et chapier", qui passe donc à 400 livres / an.
• 22 octobre 1763 : Le chapitre de la collégiale Saint-Pierre accorde une avance de 30 livres à BODEREAU, musicien, à retenir sur ses appointements les quatre premières semaines. Puis il lui avance à nouveau 48 livres le 19 novembre suivant. Le jeune homme semble avoir du mal à vivre.

• 11 mars 1764, Le Mans : Le chapitre de la collégiale Saint-Pierre licencie deux de ses vicaires musiciens. “Nous congédions de notre service les nommés ARCHAMBAUD et BODEREAU nos vicaires et ordonnons que la bourse leur sera fermée à partir de ce jour”. Le motif de ce double renvoi n'est pas explicité. On observe que deux jours plus tard sont reçus François BRY, Louis HOUDAYER et René LEMERCIER
• 21 mai 1764, Angers : BODEREAU est reçu comme musicien à la cathédrale d'Angers, qui lui accorde des gages de 35 livres par mois "non en titre", soit 420 livres par an, somme fixe à laquelle s'ajouteront "les gains du chœur", non chiffrés. Le jeune homme reçoit six livres "pour son voyage", la faiblesse de cette somme confirme qu'il n'arrive pas de loin (Le Mans / Angers : moins de 90 km en itinéraire pédestre).
• 4 juillet 1764, Angers : Le chapitre de la cathédrale Saint-Maurice attribue une augmentation de cinq livres mensuelles au sieur BODEREAU psalteur. Il recevra désormais 40 livres par mois au lieu de 35 "le tout pareillement non en titre à commencer du 1er juillet". Ses gages annuels ont donc atteint 480 livres.
• 10 août 1764, Angers : Le chapitre décide qu'il sera versé 36 livres au sieur BODEREAU musicien "tant pour ses gages que pour gratification" et qu'il lui sera délivré une attestation de vie et mœurs… Il semble donc sur le départ.
On peut supposer qu'il a poursuivi son itinéraire – probablement par la navigation sur la Loire, très rapide –  directement vers Nantes, dont les registres capitulaires pour cette période-là sont également manquants.

• 9 avril 1766, Nantes  : Un sieur BODEREAU sans prénom indiqué est attesté comme musicien et psalteur à la cathédrale. En compagnie de LESCOT maître de musique, et des musiciens et psalteurs OGER, MÉTIVIER, TESTARD, DECLERCQ, et BERNIER, ainsi que GILLET joueur de basson, DELAVAUX joueur de serpent, FLORENTIN musicien faisant l'office de sous-chantre, il figure dans une liste des musiciens de la cathédrale non prêtres établie pour obtenir l'exemption de la milice.

• 8 février 1768, Nantes : BODEREAU reçoit 8 livres du chapitre de la cathédrale pour "leçons de musique" (aux enfants de chœur ?).

• 9 janvier 1773, Nantes : Son prénom, Joseph, est enfin donné lors d'une procédure initiée par quatre officiers du bas-chœur de la cathédrale de Nantes au sujet de la célébration des messes et anniversaire de la société de Saint-Guillaume. Joseph BODEREAU (ou Bordereau) est alors clerc tonsuré et sous-chantre de la cathédrale. Les trois autres, Charles CHAUVET, Pierre-Jean LE TROADEC, et Pierre FAUTOU sont maire-chapelains.

• 19 décembre 1777, Rennes : Les chanoines de la cathédrale Saint-Pierre reçoivent "le sieur BAUDREAU du Mans" pour choriste et musicien aux gages de 22 sols/jour, soit 400 livres / an, ce qui est un recul par rapport à ce qu'il gagnait à Angers. La semaine suivante, ils lui avancent la somme de 30 livres.

• 24 juillet 1778, Rennes : Le sieur "BAUDROT", choriste, reçoit 24 livres de gratification.
 • 22 septembre 1778  : Le sieur "BAUDROT", choriste de la cathédrale, obtient du chapitre un congé de quinze jours. Revenu, il demande une avance sur salaire, le chapitre lui accorde 48 livres le 23 octobre 1778.

• 5 février 1779, Rennes : Le sieur "BAUDRAU", choriste de la cathédrale, obtient du chapitre une augmentation de deux sols par jour, sujets à la pointe. Il atteint donc le niveau de 440 livres par an, ce qui reste faible.
• 12 avril 1779, Rennes : Le sieur BAUDREAU, choriste, obtient à nouveau une avance de 48 livres, dont il remboursera 6 livres par mois.
• 6 septembre 1779, Rennes : Le chapitre lui fait cadeau des 24 livres restant dues. On n'entend plus parler de lui ensuite dans le registre capitulaire. Sans doute a-t-il quitté Rennes peu de temps après.

• [Avant juin 1786], Troyes : Joseph BODEREAU exerce à la cathédrale de Troyes. Le 14 juin 1786, le secrétaire du chapitre lui délivre "des lettres" (sans doute des certificats de vie et mœurs et attestations de service).

• 20 juin 1786, Sens : Joseph BODEREAU, du diocèse du Mans, et précédemment en poste à "l'Église de Troyes en Champagne", est reçu chantre à la cathédrale Saint-Étienne de Sens, aux mêmes appointements que ses prédécesseurs. L'indication de son diocèse d'origine et de son prénom permet de l'identifier ici avec certitude.

• Le 4 février 1788, Jullien [sic : Joseph ?] BODEREAU est présent au mariage de Jean Parmentier, manœuvre, et d'Anne Robert, paroisse Sainte-Croix de Sens, en compagnie de Casimir LÉGER et Louis MADIN, tous trois étant chantres de la cathédrale, et de Joseph Ladmiral bedeau de la cathédrale.
• 14 octobre 1788 : Le chapitre accorde quinze jours de congé au nommé BODROT "cantor".

1790, Sens : Joseph "BORDERAU" figure parmi les chantres de la cathédrale Saint-Étienne qui signent la supplique envoyée au comité ecclésiastique où ils expliquent que « dès leur plus tendre enfance, ils sont attachés au service de l'église » et que leur éducation a été «consacrée uniquement pour un aussi respectable usage»… Il reçoit un traitement de 587 livres et 15 sols.

• 1791, Sens : Un tableau administratif, sans doute rempli un peu trop vite, où il figure juste en dessous de LÉGER, donné comme ayant 40 ans, lui donne à lui aussi 40 ans. En réalité, il en a plutôt 50. Le directoire du département de l'Yonne demande que lui soit accordée une année de gages en gratification, ce qui paraît peu au vu de son ancienneté, mais c'est parce que son poste est maintenu à la cathédrale constitutionnelle.

• 1792, Sens : Joseph BODEREAU figure toujours dans la liste des musiciens de la cathédrale, avec le serpent Pierre FERREGU et les chantres Pierre DUVAL, Casimir LÉGER, Louis MADIN, Pierre MARTINBlaise RÉMY et Claude-Alexis ROUSSEL. Il a donc continué son service à la cathédrale constitutionnelle.

Après quoi, on perd sa trace.

Mise à jour : 5 février 2019

Sources
F-Ad35/ 1G 700  ; F-Ad35/ 1G 701 ; F-Ad44/ G 189 ; F-Ad44/ G 89 ; F-Ad49 / G 268 ; F-Ad49/ G 268 ; F-Ad72/ G 508 ; F-Ad89/ BMS Ste-Croix de Sens ; F-Ad89/ G 681 ; F-Ad89/ L 685 ; F-An/ DXIX/092/790/06,14,15 ; Granger, Hubert, Taroni, Journal d'un chanoine du Mans…, 2013. ; M-Cl.Mussat, Musique et Société…, 1988

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