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BOUFFET, Jean-Baptiste Guislain (1770-1835)
Autre(s) forme(s) du nom : BOUFFER
BOUFLET
Date(s) : 1770-10-4 / 1835-1-19
Jean-Baptiste Guislain BOUFFET fait ses débuts à la cathédrale d'Amiens [Somme]. Il s'installe à Paris sous le Directoire et poursuit sa carrière comme compositeur et plus tard musicien de la chapelle impériale. Malgré la Révolution, il suit un itinéraire identique à plusieurs musiciens talentueux de l'Ancien Régime.
• 4 octobre 1770, Amiens : Jean-Baptiste Guislain BOUFFET naît. Il est le fils légitime d’Antoine, manouvrier, et de Marie Élisabeth Gorlier son épouse, domiciliés paroisse Saint-Leu, rue Motte. Il est baptisé le même jour en la paroisse Saint-Leu par un parrain ("Guillin" Pia) et une marraine analphabètes. C'est à tort que les biographies le prétendent né le 3 (date qui apparaît dans des listes de la Restauration. En 1825, lui-même se déclare né le 6).
• 12 février 1779, Amiens : Les chanoines de la cathédrale accordent à Jean-Baptiste Guislain ("Guilin") BOUFFET et à deux autres enfants l’expectative de la première place vacante de petit vicaire (enfant de chœur).
• 6 octobre 1779, Amiens : Jean-Baptiste "Guilin" BOUFFET ("Bouffer"), âgé de 8 ans, de la paroisse de Saint-Leu, est finalement choisi comme petit vicaire. Il devra demeurer 15 jours à la maîtrise pour vérifier s’il n'a pas "d’infirmités habituelles" (clause classique).
• 26 septembre 1780, Amiens : Il obtient du chapitre 3 livres de gratification, probablement pour avoir chanté à la saint Firmin. Son camarade MOREAU en reçoit de son côté 6.
• 27 septembre 1781, Amiens : BOUFFET, petit vicaire, obtient à nouveau 3 livres de gratification pour avoir chanté à la saint Firmin. Son camarade MOREAU en reçoit de son côté 6.
• 27 septembre 1782, Amiens : MOREAU, petit vicaire, obtient 9 livres de gratification, BOUFFET 6 livres, probablement pour le même motif.
• 1790, Amiens : Jean Baptiste Guislain BOUFFET est âgé de vingt ans. En l'état actuel de la recherche, on ne dispose pas de preuve d'activité musicale le concernant en 1790.
• 1791, Amiens : BOUFFET a rejoint les effectifs de la musique de la nouvelle paroisse cathédrale. Il perçoit à ce titre plusieurs mandats pour ses fonctions de sous-maître de musique de la cathédrale : 100 livres le 12 juillet 1791, 33 livres 6 sols 8 deniers le 11 août et 66 livres 13 sols 4 deniers le 11 octobre.
Le nouveau corps de musique de la cathédrale Notre-Dame est composé de BOUFFET (sous-maître et ancien petit vicaire), COCU (enfant de chœur), GAULIER puis CORNETTE (organiste), CAVILLON, CACHELIEVRE, MANCHUETTE, MARTIN, VARRÉ, DAVELUY, CHARTREL et TOULET (chantres).
• 1794, Paris : BOUFFET fait jouer au théâtre Montansier un opéra en un acte de sa composition intitulé L'Heureux prétexte ; l'ouvrage est bien accueilli par le public.
• 14 mai 1797, Amiens : Jean-Baptiste BOUFFET, domicilié cloître de l'Horloge, musicien de profession, âgé de 26 ans, taille de 5 pieds, cheveux et sourcils bruns, yeux bruns, nez large, bouche moyenne, menton long, front haut, visage ovale, obtient un laisser-passer pour aller à Paris.
• 9 décembre 1797, Paris : Pour se conformer à la loi, il adresse une pétition au ministre de la Police pour obtenir un droit de résidence à titre permanent. Il vous déclare qu'il a pris son domicile rue Saint-Pierre-Montmartre, n° 17, depuis six mois, ce qu'il propose de justifier par deux témoins et le passeport qu'il a fait viser en arrivant à Paris. Il demande une carte de sûreté en échange de son passeport.
• 1797 et années suivantes, Paris : Désormais installé dans la capitale, il devient l'élève de Florido TOMEONI pour le chant. "Il était doué d'une belle voix de ténor élevé, appelée en France haute-contre : cet avantage le fit rechercher dans le monde, et bientôt il devint un des professeurs de chant à la mode" (Fétis). Son ami Landrin évoque "une voix haute, fraîche, un timbre très-agréable et beaucoup de brillant dans l'exécution".
• 1803, Paris : BOUFFET, maître de chant, fait paraître La Romance et le Rondeau, mélodie avec piano, édité par Naderman.
• 1er février 1806, Paris : LESUEUR le fait admettre comme ténor à la Chapelle impériale.
• 1808, Paris : BOUFFET, "de la Chapelle de S. M. l'Empereur", fait éditer par Naderman Ossian sur la tombe de Malvina, scène avec cor et harpe.
• 27 décembre 1814, Paris : BOUFFET conserve son poste de ténor récitant lors de la Restauration, avec 2 000 francs d'appointements. Il est admis à la retraite à dater du 1er janvier 1829.
• 1830, Paris : Jean-Baptiste Guislain BOUFFET est frappé d'une paralysie du cerveau qui le prive de la mémoire et de la parole.
• 19 janvier 1835, Paris : Jean-Baptiste Guislain BOUFFET meurt à l'âge de 64 ans. Son ami Landrin publie sa nécrologie dans la Gazette musicale. Nostalgique, il se rappelle "la bonté de son caractère, son extrême complaisance et la douceur de ses mœurs". Il s'éteint à son domicile du 5, rue des Moineaux [disparue depuis le percement de l'avenue de l'Opéra], célibataire, "pensionnaire de la liste civile". Son testament, rédigé le 30 décembre 1831 est déposé le 20 janvier 1835 à l'étude de maître Lairtullier. Un acte de notoriété est dressé dans la même étude le 2 février suivant, et une déclaration le 5 juin1835. Sa légataire universelle est Gabrielle Hureau, épouse de Louis François Napoléon Hautefeuille, demeurant à Étampes [Essonne].
Il a publié environ 80 romances, chansons, rondeaux et nocturnes au début du XIXe siècle. Il a aussi laissé en manuscrit deux messes à quatre voix dont une avec orchestre, trois psaumes, trois Magnificat, deux Salve Regina et un Stabat à quatre voix, chœur et orchestre. Ses rondeaux les plus appréciés furent semble-t-il le Papillon et Tout finit, tout se renouvelle, dédié à son ami Naderman.
Mise à jour : 3 septembre 2025

