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CLICQUOT, François Henry (ca 1732-1790)
Date(s) : 1732 ca / 1790-5-24
François Henry CLICQUOT est sans conteste le membre le plus éminent de la dynastie des facteurs parisiens d'origine champenoise à avoir marqué l'histoire de la facture d'orgue dans la France de la fin de l'Ancien Régime. En dépit des nombreux travaux qui lui ont été consacrés, la recherche permet encore d'affiner sa biographie et de tisser des liens entre lui et tant d'instruments qui furent construits, entretenus, restaurés à Paris, dans un vaste bassin parisien voire au-delà. Sa réputation rayonnait à l'échelle du royaume (on le consulte depuis l'Alsace, ou on utilise son nom du côté d'Albi pour porter tort à un confrère). Il était connu même à l'étranger (Burney). Pendant une trentaine d'années (1760-1790), épaulé par de nombreux élèves qu'il forme avec exigence et qui se recommandent fièrement de lui (le plus célèbre étant François DALLERY), et d'une équipe d'ouvriers qui semble fonctionner de façon déjà très structurée et efficace, il multiplie les chantiers et densifie le réseau que lui avait transmis son père, Louis Alexandre CLICQUOT, facteur du roi à Versailles dont il avait pris la succession. Dans la gestion de toutes les tâches qui lui incombent, il est secondé par son épouse, Antoinette Jeanne Poinsellier. La presse ne tarit pas d'éloges sur ses réalisations et le tout-Paris se bouscule au moment de la réception de ses ouvrages comme en 1781 en l'église Saint-Sulpice : le public écoute "avec une espèce d'ivresse" les sons émis par l’orgue monumental. Il est difficile de résumer le flot de louanges portées sur son travail et tout ce qu'il a pu apporter à la facture d'orgue. Souvent, cela tourne autour de la qualité des sons, on écrit qu'il a un "respect pour les jeux de son" (il est l'inventeur du jeu de hautbois). On s'extasie aussi devant tout ce qu'il met en place pour simplifier le jeu. Il ne cesse d'inventer, de modifier, d'expérimenter. Le talent de CLICQUOT est très souvent associé à celui des grands organistes alors en poste dans la capitale, c'est particulièrement le cas d'Armand Louis COUPERIN dont on admire le jeu sur un instrument réalisé à sa mesure par François Henry à Saint-Gervais. À sa mort en mai 1790, il laisse en héritage une "théorie pratique de la facture d'orgue" élaborée à partir de sa vaste expérience et de merveilleux instruments dont un certain nombre périront pendant la période révolutionnaire, malgré la prise de conscience de son génie artistique et technique (comme le pointent les membres de la commission Molard), ou bien plus tard (le dernier en date victime d'un incendie criminel en 2020 à la cathédrale de Nantes).
• [1732] : François Henry CLICQUOT vient au monde. Il est le fils de Louis Alexandre CLICQUOT, facteur d'orgues du roi, et de Catherine Élisabeth Franchet (mariés en octobre 1761). Son grand-père Robert CLICQUOT, mort en 1719, est le fondateur de cette dynastie de facteur d'orgues qui couvre les XVIIe-XIXe siècles.
• 25 janvier 1760, Paris : Son père s'éteint dans sa maison de la rue Neuve Saint-Laurent, paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, qui appartient à l'Hôtel-Dieu. Dès le 30 janvier, on procède à un inventaire à la requête de sa veuve et des trois enfants majeurs dont François Henry. Ce dernier demeure toujours au domicile familial où se trouve l'atelier paternel ; il semble que Louis Alexandre paie la capitation de son fils en plus de la sienne et c'est sa mère qui règle les dépenses vestimentaires au moment du deuil). Deux collègues viennent épauler la personne responsable de la prisée afin de dresser une estimation "des marchandises et ustensiles de l'état et profession de facteur d'orgues", Robert RICHARD et Nicolas SOMER. Cette estimation s'élève à 1 652 livres 19 sols. C'est avec ce fonds que François Henry va débuter sa carrière personnelle. L'inventaire mentionne ensuite des chantiers commencés par le défunt, dans lesquels son fils l'épaulait probablement activement : Saint-Louis de Versailles qui débute à peine (1 046 livres de frais engagés déjà, 5 000 livres ont été versées mais on ignore le montant de ce marché) et la paroisse Saint-Paul (1 400 livres reçues sur un marché s'élevant à 5 000 livres). Les parties intéressées à l'inventaire se rendent même en ce dernier lieu afin de dresser un état de ce qui pourrait relever de la succession en termes de marchandises et outils (1 446 livres 8 sols). Lors de l'inventaire des papiers, la veuve précise un certain nombre de sommes reçues par le défunt sur des marchés signés mais pas tous commencés. Ainsi, on peut supposer que François Henry a certainement aidé son père pour les travaux menés à la paroisse Saint-Denis d'Argenteuil (1 200 livres reçues sur les 2 000 du marché), à la paroisse Saint-Pierre de Chaillot (1 000 livres reçues sur 1 200 livres de marché), aux dames religieuses de Sainte-Aure (1 200 livres sur un marché de 1 800 livres). Le défunt avait perçu également 450 livres d'un certain sieur Wolff pour un marché de 600 livres dont on ne précise pas la nature (le terme "buffet d'orgues" est rayé). Louis Alexandre CLICQUOT avait signé un marché avec la paroisse Saint-Roch mais sa veuve stipule que rien n'a été fait ni aucune somme reçue. C'est sans doute le fils du défunt qui mènera ce chantier. Les travaux sur l'orgue de l'abbaye royale Saint-Victor sont achevés et il reste apparemment 1 800 livres à percevoir. François Henry n'a pas dû travailler seul avec son père. Il est probable qu'il côtoie alors Florentin GRIMONT, qu'il chaperonnera peut-être quelque temps après la mort de Louis Alexandre [Michel Cocheril, Les facteurs d'orgues en Bretagne de 1600 à 1900, 1992]. Sans doute est-il a-t-il accompagné ou remplacé son père pour l'entretien d'un des instruments figurant parmi la trentaine d'établissement ecclésiastique mentionnés dans la partie "dettes actives" de l'inventaire parmi lesquels la Chapelle royale de Versailles, sept paroisses et une collégiale parisienne (Saint-Sépulcre), deux abbayes, trois établissements réguliers d'hommes et onze de femmes. On découvre que la moitié des gages perçus par Louis Alexandre CLICQUOT pour l'entretien de l'orgue des dames de Saint-Cyr à Versailles revient à son fils et il pourrait en être de même concernant la paroisse Saint-Louis-en-l'Île à Paris.
Selon Vincent Genvrin, auteur de L'orgue postclassique parisien (1733-1833), cette passation survient dans un contexte d'hécatombe des ateliers parisiens après les décès successifs de François THIERRY (1749), François Henri LESCLOP (1752), plus tard Claude FERRAND (1763), Louis BESSART (1764) et enfin Nicolas SOMER (1771). François Henry CLICQUOT ne semble plus craindre de concurrent et prend ses distances avec son beau-frère, le facteur Adrien LÉPINE. Rapidement, il monopolise l'activité parisienne, favorisé en cela par la refonte des règles corporatives (1776) qui limitaient le nombre d'ouvriers. L'atelier de CLICQUOT incarne une forme de "pré-industrialisation" de la facture d'orgue. À sa mort, l'inventaire qui est dressé évoque un "laboratoire" dans le grand bâtiment (c'est l'atelier principal), un atelier entre cour et jardin avec poêle de faïence ; dans le jardin un autre atelier vitré avec poêle de fonte ; sur ce qui reste d'espace, on relève "10 petits sièges de jardin en bois de tourneur monté en forme de pelle et dix petites caisses de différents arbustes à basse tige, le tout peint en vert". L'inventaire des "meubles, outils et marchandises de l'état dudit feu Clicquot", que l'on a pris le temps de regrouper au même endroit, est effectué par le priseur avec l'avis de "Louis Nicolas SOMMER demeurant rue de la Contrescarpe, paroisse Saint-Etienne-du-Mont et Pierre DALLERY, demeurant rue Coppeaux, paroisse Saint-Médard, tous deux maîtres facteurs d'orgues à Paris et ce présents comme experts". On peut relever ainsi la présence de 981 toises de bois chêne (Hollande, Champagne, Vosges), huit moules à bagues, 200 moules à bois "à usage tant des jeux, anches que des jeux de mutation", 1 400 os de clavier, 370 anches de diverses grandeurs, des languettes, rouleaux ou tables de cuivre, laiton, étain, des lingots de plomb et d'étain, de nombreuses parties de tuyaux d'orgue (prestant, grand cornet, trompette, une voix humaine...), un petit orgue de chambre dans sa monture de menuiserie (250 livres), une grande et une petite tables à fondre, un grand tour de bois, des fers à souder et à brûler, douze grands et moyens établis et leurs "valets en fer", cinq pots à colle, une machine à forger, deux sommiers de pianoforte, énormément d'outils "de l'état" (varlopes, rabots, cisailles, outils à manche...), douze douzaines de peaux de mouton et cinq douzaines de peaux d'agneau "passées et préparées", vingt livres de feuilles de parchemin et vingt livres de colle forte, etc.
• [1760], Paris : François Henry CLICQUOT remanie l'orgue de l'église jésuite Saint-Louis, un grand orgue de huit pieds, datant de 1643. C'est l'instrument que Dom Bedos choisira pour être mis à sa disposition pendant la composition de son grand ouvrage l'Art du facteur d'orgues (1766-1778).
• 1760, Senlis [Oise] : Il reconstruit l'orgue de l'abbaye Saint-Vincent, datant du XVIIe siècle et qui sera relevé quelques années plus tard par Pierre DALLERY. Cet orgue se trouve aujourd'hui en l'église Notre-Dame de Senlis [J. Martinod, Répertoire des travaux des facteurs d'orgues, 1970].
• 1760, Melun [Seine-et-Marne] : Il effectue des travaux sur l'orgue de l'église paroissiale Saint-Aspais [J. Martinod]. Il complète l’instrument datant de 1729 en y installant des jeux d'anches.
• 1761, Versailles : D'après "L'État de la musique du Roi sous les ordres de Messieurs les premiers gentilshommes de la Chambre de Sa Majesté" de 1785, c'est cette année-là, succédant à son père, que CLICQUOT a été nommé facteur du roi avec 600 livres de gages annuels. L'information est reprise dans chaque compte annuel jusqu'à son décès.
• 25 juin 1761, Paris : Les Affiches de Paris déclarent que les orgues de l'église paroissiale Saint-Paul "n'en reconnoissent plus de supérieures pour la force et […] n'en ont point d'égales pour la beauté de l'harmonie […]. Le jeu de bombarde [de pédale] est aussi éclatant qu'harmonieux ; les trompettes, les clairons, les fonds, les pleins jeux produisent le plus admirable effet. Les flutes sont parfaites, ainsi que la voix humaine et le hautbois [du positif], dont M. Clicquot est inventeur".
• 10 octobre 1761, Paris : François Henry CLICQUOT, "facteur d'orgues du Roy" demeurant chez sa mère, rue Neuve Saint-Laurent paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, contracte mariage. Il s'unit à Antoinette Jeanne Poinsellier, fille d'un marchand de vins de la paroisse Saint-Laurent. On relève également au pied du contrat les signatures de la veuve de Louis Alexandre CLICQUOT, et des deux sœurs du facteur, Marie Françoise, mariée au chirurgien Philibert Le Brun et Marie Catherine, mariée au facteur d'orgues Adrien LÉPINE. François Henry déclare la somme de 10 000 livres, montant du prix des "marchandises et ustensiles de sa profession", de l'argenterie, des habits et linge à son usage selon l'estimation faite à l'amiable entre les parties, et des dettes actives de sa profession, tant pour ouvrages d'orgues faits jusqu'à ce jour que pour accord et entretien d'orgues, "déduction faite de ce qui est par lui dû à différents marchands et fournisseurs et de quelques frais et honoraires aussi par lui dus à différents officiers", le tout montant à 2 624 livres. Par ailleurs, il déclare la somme de 1 931 livres 19 sols 9 deniers que sa mère lui a laissé en avancement de sa future succession suivant un accord passé devant le notaire Leclerc le 24 mars 1760. En outre, après la liquidation de la communauté de biens entre la veuve CLICQUOT et son mari, effectuée le 29 février [1760], et selon un acte de mars 1760, François Henry reconnaît être tenu de nourrir, blanchir, loger et éclairer sa mère ou bien de lui payer 300 livres de rente et pension viagère. Le père de la future, Gabriel Poinsellier, lui constitue une dot de 5 000 livres qui sera versée en plusieurs étapes, dont 4 000 livres en espèces et le reste en trousseau. Cette somme provient de ce qui revient à Antoinette après les décès de sa mère et de sa sœur et constitue une avance sur la succession future du père. Il entre dans la communauté la somme de 2 000 livres. Les époux se font une donation mutuelle de tous leurs biens meubles et immeubles sans exception qui bénéficiera au survivant mais à la condition qu'il n'y ait aucun enfant né ou survivant de leur mariage.
• 30 octobre 1761, Versailles : On inaugure l'orgue de l'église paroissiale Saint-Louis lors des vêpres de la veille de la Toussaint. L'instrument commencé en 1754 sur ordre du roi louis XV par son père a été achevé par ses soins après la mort de ce dernier.
• 4 novembre 1761, Paris : Le mariage a lieu en l'église paroissiale Saint-Laurent.
• 11 juin 1762, Versailles : Le nouvel orgue de l'église Saint-Louis est présenté à Louis XV pendant trois quarts d'heure par l'organiste PAULIN, qui s'en montre content. "C'est un instrument splendide, de 45 jeux et 2.880 tuyaux répartis sur quatre claviers de 50 touches et un pédalier de 32 marches. Abrité par un buffet remarquable qui force l'admiration, il s'intègre merveilleusement à l'architecture de la [future] cathédrale" (Orgues de l'Île-de-France, tome I : Inventaire des orgues des Yvelines et du Val d’Oise, ARIAM, 1988, p. 157). En 1796, Jean Louis BÊCHE estimera dans son rapport que "cet instrument a été fait entièrement par Cliquot le fils, il est de la même étendue que celui de Notre-Dame ; grand orgue, et positif à quatre claviers. La boiserie est d'une belle composition. Il est extrêmement estimé, et en très bon état. Il a couté 60 000 livres".
• 1762, Versailles [Yvelines] : Une inscription trouvée à l'intérieur du buffet permet de découvrir que l'orgue de la chapelle du château a été relevé "au mois de 7bre et 8bre par Monsieur François Henri Clicquot, Facteur d'orgue de l'orgue [sic], [qui a] fait la trompette de Récit. Cet orgue a été relevé par le Sieur Clicquot dont il a fait le sommier à neuf. Ces travaux ont consisté à refaire l'enchapage des sommiers, à recoller les porte-vents et regarnir de peau neuve tous les soufflets, l'orgue ayant été endommagé par la pluie trois ans auparavant, à débosseler et à nettoyer tous les tuyaux et à ressouder ceux qui étaient percés ou meurtris. Sont refaits à neuf le plein-jeu du grand-orgue et la trompette de récit. Les travaux durent du 15 août au premier novembre 1762 (Orgues de l'Île-de-France, op. cit.). En 1796, le citoyen BÊCHE ne tarit pas d'éloges au sujet de cet instrument et du travail de François Henry : "Ce bel ouvrage dont on est redevable à Cliquot le père, est, à juste titre regardé comme un chef d'œuvre, non seulement par la beauté de ses effets, mais encore relativement à la distribution intérieure, pour laquelle l'artiste a été extrêmement gené, relativement au peu d'espace qu'il avoit à sa disposition. La montre est composée de cinq tourelles, et quatre plate face. La boiserie est d'une belle composition, extrêmement décorée par la sculpture, et la dorure. Cet instrument doit être regardé comme un des meilleurs de la République, il est en très bon état ; et a coûté 50 000 livres".
• 11 juillet 1763, Versailles : L'Avant-Coureur, journal de la capitale, chronique la réalisation de l'orgue de Saint-Louis et n'est pas avare de louanges : "On a fait depuis peu la visite de l'orgue de l'église royale de S. Louis de Versailles, excellent instrument dont nous avons déjà parlé dans nos feuilles de l'année dernière. Ce buffet, l'un des plus complets que l'on connoisse, unit à la décoration extérieure & à la belle fabrique de ses jeux nombreux une harmonie brillante, où la force n'exclut point l'agréable. Les oreilles en sont pleinement satisfaites. C'est le sieur François-Henri Clicquot qui a construit l'orgue en question. Ce jeune & habile artiste, si connu par ses buffets d'orgues de S. Paul & de S. Roch, augmente encore sa célébrité par ce dernier ouvrage, & mérite, sans contredit, la palme de son art. Le jour de la réception de l'orgue de saint Louis, l'assemblée étoit nombreuse & composée d'auditeurs distingués. Feu M. le comte de Mouchi, qui avoit présidé aux embellissements de cette magnifique Eglise, a fait commencer le buffet d'orgues qui vient d'être terminé sous les ordres de M. l'évêque d'Orléans. Le célèbre M. d'Aquin, nommé par le roi pour examiner l'ouvrage, l'a reçu avec les éloges qui font dus à son auteur, en présence des maîtres de musique & des organistes de la chapelle de Sa Majesté. Nous aurons incessamment occasion d'entretenir encore le public du sieur Clicquot. Indépendamment de l'orgue de S. Germain-en-Laye [sic] que va reconstruire cet habile facteur, il vient d'imaginer un nouveau jeu qu'il perfectionne pour le présent, & qu'il mettra bientôt au jour. On sçait qu'il a déja trouvé le haut-bois dont il n'y avoit point d'exemple depuis que l'on connoît des orgues en France". Nous n'avons pas retrouvé trace d'une intervention de CLICQUOT à Saint-Germain-en-Laye, c'est François THIERRY, neveu d'Alexandre THIERRY (qui construisit l'instrument en 1698), qui fut chargé de l'agrandir en 1709.
• 9 septembre 1763, Versailles [Yvelines] : L'orgue est reçu par les organistes Louis Claude DAQUIN, Nicolas Hubert PAULIN, Pierre Claude FOUCQUET et Luc MARCHAND qui s'en montrent très satisfaits. François Henri CLICQUOT entretient l'instrument jusqu'à son décès, à la suite de son père.
• 4 décembre 1763, Paris : La fabrique de la paroisse Saint-Merry fixe avec lui le montant de "l'accord de l'orgue", soit 40 livres annuellement. Il en est encore de même en 1785-1786.
• 28 février 1764, Paris : Il est procédé devant le notaire parisien Leclerc au partage des biens de Catherine Élisabeth Franchet veuve de Louis Alexandre CLICQUOT entre les sieur François Henry CLICQUOT, Philibert dit Lebrun et Marie Françoise Clicquot son épouse et Adrien Picard LÉPINE, facteur d’orgues et Marie Catherine Clicquot son épouse, héritiers chacun pour un tiers de leur mère et belle-mère. Sa part s'élève à la somme de 2 470 livres 19 sols 8 deniers dans le restant net de la succession et 843 livres 7 sols 5 deniers pour dettes par lui payées en l’acquit de ladite succession. De ce fait, on lui accorde 1931 livres 19 sols 9 deniers par lui rapportées à la masse de la succession et la somme de 1312 livres 19 sols 6 deniers qu'il a reconnu avoir reçu en meubles, argenterie lors du partage, plus 69 livres 7 sols 10 deniers à prendre dans les loyers échus au décès de la dame veuve Clicquot d'une maison rue des Rosiers qui dépendait de sa succession (dont il percevra le tiers des loyers jusqu'à l'adjudication au couple Lebrun par sentence rendue au Châtelet de Paris).
• 28 mars 1764, Paris : CLICQUOT s'oblige envers COUPERIN par un acte sous seing privé "de faire différentes constructions d’orgues moyennant 2 000 livres que ledit sr COUPERIN s'est obligé de payer au sr Clicquot en deux versements égaux en février 1765 et février 1766". Un autre écrit signé le premier février 1769 précise qu'il "a été convenu entre les mêmes que les 1000 livres formant le second versement seront remboursables à la volonté du sr COUPERIN et en payera les intérêts d'année en année jusqu'au remboursement". Cette somme n'a toujours pas été remboursée au moment du décès de CLICQUOT (et aucun intérêt n'a été versé).
• 10 avril 1764, Paris : Par acte passé devant le notaire parisien Jairsin, le couple CLICQUOT constitue 400 livres de rente viagère au principal de 4 000 livres à Gabriel Poinsellier. Une convention précise que ce dernier restera en pension chez sa fille et beau-fils sur le pied de 300 livres par an qui seront retenus sur les aréages de la rente. S'il partait de chez eux, il emporterait tous les meubles, linges et hardes à son usage se trouvant dans la chambre qu'il occupe ; la liste des meubles et effets s'élève à 3137 livres.
• 1764, Paris : À la mort de Louis BESSART, le chantier de l'orgue de Saint-Gervais est confié à François Henri CLICQUOT. Selon V. Genvrin, "celui-ci modifie peu de choses au projet, mais ses initiatives sont essentielles et promises à un riche avenir. Il remplace la traditionnelle Trompette de Récit par un jeu déjà expérimenté à Saint-Paul, le Hautbois : ce registre ne quittera plus l'orgue français jusqu'à nos jours. L'écho est complètement repensé, recevant, au lieu et place de l'habituel Cornet, Flûte 8, Bourdon 8 et l'ancienne Trompette du Récit. L'orgue est reçu en 1768 par d'Aquin et Balbastre. Par la suite, Clicquot ajoutera encore un Clairon au Positif, sans doute pour compenser l'effet de la Bombarde manuelle". C'est ce programme que l'on retrouvera désormais dans les autres chantiers menés par le facteur.
• 17 février 1765, Paris : Son fils Claude François est baptisé en l'église Saint-Nicolas-des-Champs. Son parrain est Claude BALBASTRE, organiste de la cathédrale Notre-Dame. François Henry est présenté comme facteur d'orgues du Roi.
• 17 février 1765, Paris : CLICQUOT sera rémunéré par la fabrique de la cathédrale Notre-Dame "pour l'entretien de l'accord du grand orgue".
• 2 juillet 1765, Paris : Les chanoines de la collégiale du Saint-Sépulcre autorisent leurs commissaires désignés le 18 juin précédent "pour examiner l’État de l'orgue et faire faire le devis des reparations qui luy sont necessaires", après examen du devis, "a traiter avec le sieur Clicquot facteur d'orgue et convenir avec luy des arrangemens et termes les moins onereux au Chapitre pour, sur leur rapport etre arreté et statué par la compagnie ce qui conviendra". Le 30 juillet suivant, une délibération révèle que les réparations montent à "la somme de trois mille six cents livres y compris le buffet peint et placé". Le devis est approuvé et le chapitre décès de à la pluralité des voix à conclure un marché avec lui "moiennant la somme susdite de 3600# paiable en douze termes de trois cent livres chacun de six mois en six mois a commencer au mois d'avril prochain".
• 13 octobre 1765, Fontainebleau [Seine-et-Marne] : Pierre Claude FOUCQUET signe la réception des travaux de réparations effectués par François Henri CLICQUOT à l’orgue de la chapelle du château.
• 19 novembre 1765, Paris : Le chanoine Quignon, plus ancien prébendé du chapitre du Saint-Sépulcre participe par un don de 800 livres au financement de l'orgue et cette somme est aussitôt utilisée pour payer le facteur. Le 26 novembre suivant, la compagnie autorise le facteur FERRAND à placer son petit orgue dans l'église "attendu qu'aiant la facilité d'enlever notre vieil orgue, mr Cliquot seroit plutôt en etat d'achever le nouveau sans priver l'office de ce secours les jours auxquels ont doit le toucher". Cette délibération semble sous-entendre que CLICQUOT construit plutôt qu'il ne répare l'instrument.
• 1765, Paris : Avec dom Bedos de Celles, il réceptionne l'orgue construit par Pierre DALLERY dans l'église des Missionnaires de Saint-Lazare. C'est de cette époque que daterait leur association future.
• 1766, Versailles : François Henri CLICQUOT reprend l’instrument de « Tribiaux » [Julien TRIBUOT] comme nous l’apprend le rapport de BÊCHE rédigé en avril 1796. Selon ce dernier, « Les jeux de fond, faits par Tribiaux, et qui sont d’une qualité précieuse ont été entièrement conservés. Les jeux d’anches, c’est-à-dire de trompette, clairon et de cromorne, ont été presque entièrement refaits par Clicquot. Il a ajouté à cet orgue le jeu de Hautbois, dont il est l’inventeur. Il a fait des claviers neufs, et a changé en partie la distribution intérieure des jeux, ce qui facilite infiniment l’accord et les réparations, lorsqu’il y a lieu d’en faire. J’observe que le respect de Clicquot pour les jeux de son, ne permet pas de douter de leur rare bonté. Le grand talent de cet artiste en fait foi. »
• 20 février 1766, Paris : Il remplace FERRAND comme facteur de la paroisse des Saint-Innocents. Le 12 mars 1767, il demande et obtient un marché d'entretien et de fourniture annuel de 100 livres au lieu de 60 livres. Le 2 mai 1769, ce marché est revu à la baisse, à 70 livres par an. CLICQUOT est concerné par un vaste programme d'économies qui impacte particulièrement la musique dans cet établissement.
• 11 mars 1766, Paris : Le chapitre du Saint-Sépulcre décide que que "pour mettre le sieur Cliquot en etat d'accelerer la reparation de l'orgue on deroit en sorte d'en trouve un a louer et messieurs les réparateurs ont en consequence été autorisés a profiter du temps ou la tribune seroit vacante pour y faire faire des reparations nécessaires, flaire blanchir les murs et la partie de la voute qui repond a cette tribune, ainsi que de faire mettre en couleur de bois la menuiserie qui sert de balustre a ladite tribune".
• 27 avril 1766, Paris : Il est nommé par les marguilliers de la paroisse Saint-Laurent pour faire les réparations « qui conviennent faire à l’orgue ». Son devis s’élève à la somme de 4 500 livres. La compagnie nommera une personne pour faire la réception des ouvrages. Les marguilliers sont autorisés à prendre les mesures nécessaires pour ce paiement. Il sera épaulé par Pierre DALLERY. Le nouvel orgue compte 40 jeux répartis sur quatre claviers et pédales.
• 1er novembre 1766 au 1er novembre 1767, Paris : Le compte de fabrique de la paroisse Saint-Pierre de Chaillot mentionne le versement au sieur "CLICOT" de 30 livres pour "l'entretien annuel de l'orgue".
• 1766, Soissons [Aisne] : Le chapitre de la cathédrale effectue un certain nombre de ventes et affecte la somme collectée, 10 000 livres, à de nouvelles réparations de son orgue. Le travail fut confié à François Henri CLICQUOT dont l’aïeul avait remanié l'instrument. Il est assisté de Pierre DALLERY.
• 5 mai 1767, Paris : "Ensuite Mr Cliquot facteur d'orgue est entré et a dit qu'il venoit proposer a la Compagnie d'ajouter a l'orgue neuf qu'il fait pour le chapitre en vertu du marché fait avec luy le 30 août 1765 cinq notes de pedales qui ne sont point comprise dans le devis mais qui completeroit cet instrument et le rendroit plus harmonieux pour l'execution du plain chant, que cet objet feroit une augmentattion de deux cents livres sur le marché convenu" lit-on dans le registre capitulaire de la collégiale du Saint-Sépulcre. Les chanoines répondent favorablement et chargent des commissaires de signer un "nouvel engagement" à la hauteur de 200 livres supplémentaires.
• 1767, Paris: Il reconstruit entièrement, tout en conservant le buffet et les tuyaux de bois, après les avoir remis en harmonie, l'orgue de l'église paroissiale Saint-Médard. Une inscription en parchemin, collée à l'intérieur du soufflet, est découvert en 1855 au cours d'une réparation effectuée par le facteur Henri Thibaut [Félix Raugel]. Cette inscription révèle les noms de ses principaux élèves, "En 1767 du règne de Louis quinze le Bien Aimé//Ce soufflet fut augmenté et les trois autres remis en Cuir neuf// L'instrument tout neuf à l'exception des Tuyaux de Bois qui ont été rétablie (sic). Le marché fut entrepris en 1776 [sic], et l'orgue fini en 1767 par François-Henri Clicquot facteur du Roy et de la ditte paroisse". Il s'agit de "M.Dallery, Lair, Laurent, Brachet, Isnard, Gillier ont travaillée chez moy dans ce temps et Cadet le Jeune aprentis".
• 28 janvier 1768, Paris : CLICQUOT ayant rempli son marché au sujet du rétablissement de l’orgue de Saint-Laurent, il faut le payer pour l’augmentation faite en sus de son marché ; la fabrique accepte et lui accorde 600 livres en forme de gratification. Par ailleurs, il est nommé pour effectuer l’entretien annuel de l’orgue moyennant 100 livres par an.
• 29 novembre 1768, Paris : Le chapitre du Saint-Sépulcre décide que l'on prendroit Mr Couperin pour recevoir l'orgue". Les chanoines lisent l'acte de réception de l'orgue, dont on ne connaît pas le détail, signé de "Mr Couperin, organiste du Roy" lors d'une assemblée, le 31 janvier 1769.
• 1768, Dammartin-en-Goële [Seine-et-Marne] : Selon Paul de Fleury [Dictionnaire biographique des facteurs d'orgues nés ou ayant travaillé en France, 1926], Simon Pierre MIOCQUE, qui avait commencé sa carrière comme menuisier à Meaux, là où demeurait CLICQUOT [sic], fut associé par ce dernier sur le chantier de l'orgue de la collégiale Notre-Dame. "Sur ce marché, CLICQUOT voulut que MIOCQUE touchât 279 livres à titre de participation". J. Martinod évoque des travaux et une expertise menés par CLICQUOT mais en 1776-1778. Ces dates et le type d'intervention méritent d'être précisés.
• 19 février 1769, Paris : Les marguilliers de l'église paroissiale Saint-Étienne-du-Mont "se sont transportés chez le sr CLICQUOT facteur d'orgue du Roy rue Neuve St Laurent pour le requerir de se transporter avec [eux] chez le sr SOMER, facteur d'orgue rue st Jacques, lequel a l'entreprise de la reconstruction de l'orgue de ladite paroisse st Etienne Dumont". Ce dernier n'a visiblement pas respecté tous ses engagements aux termes de son marché ; il y a dix-huit mois de retard sur les délais prévus. François Henri CLICQUOT "a dit auxdits srs Rotrou et Soufflet que ce memoire devoit etre regardé comme une pure defaitte de la part du sr SOMMER [sic], une derision, que le sr CLICQUOT a regardé que sa presence chez SOMMER etoit inutile attendu qu'il y avoit fort peu de choses fait a l'orgue meme aux termes du memoire de SOMMER, que d'après cette reponse du sr CLICQUOT, [les marguilliers] se sont transportés le lendemain chez SOMMER qui leur a fait voir une grande quantité de tables d'etain que SOMMER leur a declaré etre destinées pour la montre de l'orgue de st Etienne Dumon [...]. Finalement, les marguilliers reçoivent l'ordre de contraindre le facteur SOMER ou de le forcer à rendre l'étai et l'argent avancés par la paroisse.
• 1769-1771, Paris : L'orgue de l'église paroissiale Saint-Roch, déjà remanié par Louis Alexandre CLICQUOT (après 1753), est restauré et agrandi à 44 jeux par François Henri CLICQUOT.
• Février 1770, Versailles : Le "Mémoire des ouvrages faits et fournis par CLICQUOT pour l'orgue de la chapelle du roi de Versailles" rédigé le 2 février 1771 par Charles GAUZARGUES révèle l'utilisation de l'orgue pour accompagner le motet, et donne des informations précieuses sur l'accord et le tempérament de l'orgue [Y.Carbonnier]. Pour la somme de 200 livres, le facteur a "démonté le jeu de trompette du grand orgue pour prendre les mesures nécessaires de tous les ut dièse et sol dièse qui se trouvent dans toute l'étendue du clavier pour en substituer aux lieux et place un ré bémol et un la bémol lorsque le ton du motet l'exige. A cet effet, il a été fourni sept tuyaux d'étain fin garni de ses noyaux, anches, languettes, rasettes, coint et pieds d'étoffe; Avoir démonté le jeu de clairon du grand orgue pour y faire le même ouvrage, plus avoir fourni deux tuyaux d'étain de mutation qui sont coupés juste au ré dièse et la bémol pour prendre le ton, plus avoir fait et fourni à neuf quatorze emboîtures en étain fin pour les jeux de trompette et de clairon pour rapprocher tous les mi bémol et fa dièse de toute l'étendue du clavier dans le ton de C sol ut mineur".
• 6 mai 1770, Paris : Les fabriciers rappellent que l'organiste de l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, Joseph POUTEAU, dénonçant le mauvais état de l'orgue, "par le déffaut d’entretien du facteur", a fait visiter l'instrument par "Mrs BALBÂTRE et COUPERIN organistes, avec le Sr CLIQUOT facteur lesquels par leur rapport ont constatté que le mauvais état provenoit de la négligence du Sr SOMMER facteur ainsi que des gravois qui ont tombé dans les tuyaux dont plusieurs de ceux de la montre ont été [bosselés ?] par les échafauds qui a fallu établir pour la réparation faitte à la menuiserie en l’année 1767 et comme il devient indispensable de faire un nettoyage général et de relever les tuyaux de montre pour les redresser les Srs BALBÂTRE, COUPERIN et CLIQUOT estiment qu’il conviendroit de profiter de cette occasion pour augmenter une basse de clairon au positif, et un jeu de bombarde aux pedalles seulement de deux octaves pour répondre à la quantité de jeux d’anches du grand orgue et positif". SOMMER est néanmoins maintenu à son poste.
• Juin 1770, Paris : Le célèbre Charles Burney, lors de son passage dans la capitale, rencontre Claude BALBASTRE et Armand Louis COUPERIN. Il entend jouer ce dernier sur l'orgue de l'église paroissiale Saint-Gervais. On lit ce passage dans l'ouvrage qu'il a consacré à ses voyages [De l’état présent de la musique en France et en Italie [...],1809], "L’orgue de St-Gervais qui me paraît un fort bon instrument, est presque neuf. Il fut fait par M. Cliquard [CLICQUOT] qui a fait également celui de St-Roch. Les pédales ont trois octaves. Le ton haut de l’orgue est riche, plein et agréable, quand le mouvement est lent : mais dans les passages vifs, la répercussion est si forte dans ces grands édifices, que tous les sons ne se distinguent plus, ils se confondent".
• [1770], Laval [Mayenne] : CLICQUOT aurait reconstruit l'orgue de l'église paroissiale de la Sainte-Trinité [Martinod, 1970] mais ce point reste à davantage étayer. L'instrument sera détruit à la Révolution.
• 1770-1775, Meaux (Seine-et-Marne] : Avec Pierre DALLERY, il effectue un agrandissement de la partie instrumentale de l'orgue construit par Valéran DE HEMAN en 1627. L'instrument est porté à 38 jeux répartis sur quatre claviers et un pédalier.
• 3 février 1771, Paris : Leur fils Armand Louis vient au monde.
• 21 mars 1771, Paris : Les Annonces, affiches et avis divers n°23 avertissent que le 21 mars prochain "la réception de l'Orgue de la Ste.Chapelle du Palais se fera à 3 h. par M.Daquin, Organiste du Roi, conjointement avec M.Balbastre. Cet Orgue a été fait presque à neuf par le sieur Clicquot, Facteur d'Orgues du Roi". En 1790, le chanoine Morand rappelle dans son "Histoire de la Sainte-Chapelle royale du Palais", qu'"on voit au-dessus de la porte un grand Buffet d’Orgues qui remplit toute la largeur du vaisseau, & qui fut rétabli & perfectionné par le sieur Clicquot". Une note permet à l'auteur d'entrer plus en détail dans la description de l'instrument et de rendre hommage au facteur. "C’est un grand huit pieds bouché des plus complet (sic), à quatre claviers, à ravalement en haut, & ut dièze en bas. L’Artiste a trouvé le moyen de simplifier le mécanisme de l’Orgue, & de faciliter les jeux des claviers ; & si l’on doit lui savoir gré des recherches qu’il a faites pour rendre cette espèce d’instrument plus aisée à être réparée, & par conséquent moins à charge aux propriétaires. Il leur a d’ailleurs procuré un effet plus régulier ; en rendant les embouchures libres de tous côtés. De plus, ayant remarqué que les jeux faits en plomb, comme c’étoit l’usage, étoient sujets à éprouver des variations qui nuisoient à l’égalité & à la perfection de l’harmonie, il a changé cette méthode, & a fait en étain tous les jeux de cet instrument. L’Orgue des Religieux Jacobins est le premier dans lequel on ait opéré ce changement". Un rapport des années 1793-1794 effectué après l'installation, et quelques augmentations, de cet orgue en l'église Saint-Germain l’Auxerrois, mentionne DALLERY à la conduite des travaux sous la direction de CLICQUOT. L'auteur précise que cet instrument "est regardé par les plus célèbres artistes musiciens comme un des meilleurs dans cet art".
• 21 mai 1771, Paris : Avec Louis Nicolas SOMER, il expertise l'orgue du Concert Spirituel que les échevins désirent acheter aux héritiers de Joseph Nicolas Pancrace ROYER qui l'avait acheté à ses frais auparavant. Les deux facteurs ont été contactés après l'arrivée à la tête du Concert Spirituel d'Antoine DAUVERGNE et Pierre Montan BERTON au mois de janvier précédent.
• 1771, Paris : Il construit l'orgue de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois.
• [1771-1773] : CLICQUOT travaille sur l'orgue des Jacobins [ou des Dominicains] de la rue Saint-Dominique (dont l'église deviendra après la Révolution l'église paroissiale Saint-Thomas-d'Aquin]. En 1795, cet orgue sera proposé par la commission temporaire des arts au Comité d'Instruction publique comme le bon instrument à installer au Panthéon. Ce rapport, signé Molard et Fr. Rousseau, est daté du 29 germinal an III. « On a fait usage pour les fêtes qui ont été célébrées au Panthéon, d’un autre orgue qu’on y voit encore dans ce moment, mais dont la grandeur et la construction ne répondent point à la beauté de ce monument. L’orgue du Panthéon ne peut être médiocre ; il doit être aussi complet qu’il est possible de le faire aujourd’hui : c’est sous ce point de vue que les organistes l’ont envisagé en s’occupant du plan qu’ils ont présenté. Ils ont trouvé que l’orgue des Jacobins de la rue Dominique, construit par Clicquot, artiste renommé pour cette partie, pouvait avantageusement servir de base ; ils ont dressé l’état des jeux qu’il contient, et, en même temps ils ont formé un devis d’un grand orgue de 16 pieds. Ce devis indique les jeux qu’il convient de changer et embrasse ceux qu’il est nécessaire d’y ajouter pour le rendre le plus complet des instruments de ce genre (…) ». Le 2 août 1773, l'instrument construit est reçu par un jury composé notamment par Claude BALBASTRE et Dom BEDOS DE CELLES.
• 1771-1777, Paris : Après le décès de Nicolas SOMER le 21 juillet 1771, François Henry CLICQUOT, qui avait déjà été consulté en 1766 pour donner son avis avec DAQUIN sur le devis présenté par ce facteur, est désigné par la fabrique de la paroisse Saint Étienne-du-Mont, pour achever le chantier de la réparation de l'orgue. Ce dernier, construit par Pierre le PESCHEUR au XVIIe siècle, avait été endommagé lors d'un incendie en juillet 1760. CLICQUOT estima à 5 200 livres le montant des travaux restant à effectuer. La 10 juillet 1772, il fut officiellement chargé de les achever pour 3 000 livres. Il refit tous les jeux d’anches, mit un Hautbois au Positif, un autre au Récit à la place de la Trompette, et ajouta une Bombarde de 16’ à la Pédale. Ces travaux furent réceptionnés le 18 juin 1777 par Claude BALBASTRE et Jean-Jacques BEAUVARLET-CHARPENTIER.
• 17 Février 1772, Paris : Les Annonces, affiches et avis divers n°14 préviennent que "l'Orgue des grands Augustins, rétabli par M. L.N Somer, sera arbitré par MM.Daquin, Ségent & Clicquot".
• 13 juillet 1772, Paris : La feuille hebdomadaire, L’Avant-coureur, évoque Te Deum qui a été donné en l'église paroissiale Saint-Gervais le 18 juin précédent, lors de la fête patronale. C'est Armand Louis COUPERIN qui touchait l'instrument. "Ce musicien faisait ses tutti sur le grand jeu, et les solo sur le Hautbois avec accompagnement de Nazard au positif. On croyait entendre un orchestre composé de divers instrumens très distincts et très reconnaissables, ce qui n’a pas fait moins d’honneur à M. Clicquot auteur de ce jeu qu’à M. Couperin qui sçait si bien s’en servir".
• 1772-1774, Paris : En compagnie de Pierre DALLERY, il restaure l'orgue de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés qui avait été construit au XVIIe siècle par Pierre et Alexandre THIERRY.
• 1772-1774, Fontainebleau : A la demande du roi Louis XV, CLICQUOT construit le nouvel orgue de la chapelle de la Trinité située dans le château. Il est placé dans une tribune aménagée à cet effet au premier étage à gauche du chœur afin d’accueillir des instrumentistes. Elle faisait face à la tribune des choristes. L’instrument n'est pas visible de la nef. Il comporte 15 jeux répartis sur trois claviers et un pédalier en tirasse. En 1786, CLICQUOT effectue un relevage et rehausse le diapason [site Orgues de France].
• 1772-1777, Paris : Après avoir reconstruit la soufflerie en 1765, François Henry CLICQUOT reconstruit entièrement l'orgue de l'église paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, celui de sa paroisse de résidence. "La partie instrumentale est reconstruite sur 5 claviers et 42 jeux, avec des sommiers neufs. L'alimentation en vent est assurée par dix soufflets. L'instrument reconstruit est officiellement reçu le 6 août 1777, par les organistes Claude BALBASTRE et Nicolas SÉJAN" [site de l'inventaire national des orgues]. Robert et Louis Alexandre avaient déjà procédé à des restaurations sur l'instrument reconstruit dans le premier tiers du XVIIe siècle auparavant.
• 1772, Paris : Dans le numéro de l'Année littéraire est publiée la longue lettre d'un correspondant anonyme [en réalité un certain Traversier qui a aussi publié sur le même sujet en 1772 dans Suite de la clef, ou journal historique sur les matieres du tems"] au sujet des "forte-Piano d’Angleterre, organisés par M. Clicquot, Facteur d’orgues du Roi". Il explique que la réputation des ces instruments organisés par CLICQUOT s'étend de plus en plus. "Il est rare de voir des nouveautés prendre avec autant de feu ; il faut avouer aussi que l’on n’en voit pas souvent d’aussi intéressantes", aussi ne faut-il pas les considérer comme des objets de mode. Les talents de CLICQUOT sont pointés avec ceux d'un certain ZUMPE, "auteur des forte piano anglais" et ils permettent de mieux appréhender l’attractivité de ces instruments "délicieux" qui rendent "toute partie chantante avec les agréments inséparables de la mélodie". Ils sont parfaits pour l'accompagnement." M. Clicquot est assurément bien louable des soins qu’il s’est donnés pour parvenir à faire naître de l’union de ces deux instruments [forte piano et flûte] des effets aussi essentiels & aussi séduisants". C'est BALBASTRE le premier qui envoya son forte-piano chez CLICQUOT, qui "s’occupa seul du soin de trouver le moyen d’identifier l’instrument à cordes avec l’instrument à vent. La réussite a couronné son travail, & l’empressement du Public est aujourd’hui le prix glorieux de son zèle". Ce fut aussitôt une succès public et la maison du facteur, rue des Enfants-Rouge fut prise d'assaut par les amateurs désirant entendre ces instruments organisés, même un prince du Sang se déplaça en la personne du prince de Conti. Simon SIMON," Maître de Clavecin de la Famille Royale, a été un des premiers à rendre justice au Forte-Piano organisé [...] s’est livré pendant quelques jours à cet instrument pour en acquérir l’habitude ; il s’est occupé du soin d’arranger & de composer des morceaux qui lui fussent propres". Il a fait porter à Versailles un forté-piano organisé "pour essayer le goût de la Cour sur cette nouveauté" et ce fut un large succès. Il y eu concert chez la comtesse de Provence, "la Famille Royale y était. M. Clicquot a eu le bonheur d’être témoin des suffrages que la Cour a bien voulu donner au nouvel instrument. Madame la Dauchine [Marie-Antoinette] a désiré un pareil Forte-Piano ; M. Clicquot a eu l’honneur de le lui livrer. Ce dernier Forte-Piano organisé a été admiré des connaisseurs ; la qualité de son de l’instrument à cordes est belle et nourrie ; la flûte est d’une force qui y est proportionnée ; leur réunion produit un effet admirable". Il en a été de même avec le duc de Chartres[futur Louis-Philippe]. De ce fait, "Le laboratoire de ce Facteur célèbre est encore aujourd’hui rempli de semblables instruments qui attendent leur tour pour être arrangés de même. Cet Artiste n’a rien négligé pour porter le Forte-Piano organisé à sa perfection". BALBASTRE a réfléchi à y ajouter un jeu de hautbois."Il en a conféré avec M. Clicquot ; mais, après y avoir bien réfléchi, ils sont demeurés d’accord que l’instrument à vent, en raison de la force qu’il acquerrait, couvrirait & absorberait totalement l’instrument à cordes, & par-là rendrait insensibles les doux et les forts qui sont tout le charme & le seul mérite du Forte-Piano organisé ; alors ils ont conclu qu’il était inutile d’en faire un orgue".
• 6 mai 1773, Paris : "Le sieur Clicquot, facteur d'orgues du Roi, rue des enfans-rouges, a reçu quantité de piano-forte d'Angleterre de différens Auteurs. Il en a d'organisés" selon les Annonces, affiches et avis divers, n°35.
• 20 mai 1773, Paris : " L'orgue des Bénédictins Anglois, fait à neuf par le sieur Clicquot, sera arbitré le 24 mai à 3 heures par MM. Couperin, Balbastre & Charpentier" lit-on dans les Annonces, affiches et avis divers, n°39.
• 21 décembre 1773, Paris : Leur fils Charles Antoine vient au monde.
• 1773-1774, Paris : CLICQUOT est rémunéré 100 livres dans le compte de cette année-là du séminaire "de la Sainte-Famille ou des Trente-Trois" pour "raccomodage de l'instrument".
• [1773-1774], Neuwiller-lès-Saverne [Bas-Rhin] : Au moment de la construction de l'orgue de l'église collégiale et paroissiale Saint-Pierre-Saint-Paul par le facteur lorrain Nicolas DUPONT, le chapitre semble avoir dépensé 12 florins pour "l'avis de M. CLicquot de Paris". Une plongée dans les sources semble nécessaire pour affiner cette démarche. Le facteur Jean André SILBERMANN rapportant les propos du prévôt de la collégiale aurait semblé affirmer au CLICQUOT avait eu une influence dans la composition de l'instrument.
• 13 octobre 1774, Paris : Les religieux Jacobins inscrivent dans leur registre avoir "donné a Mr CLICQUOT facteur d'orgues pour l'entier payement de celle qu'il a fait pour [leur] Eglise, 750 lt".
• 3 avril 1775, Paris : "Le 5 Avril à 3h., on fera la réception de l'ORGUE des Augustins du fauxb. S.G [ermain]. cet Orgue a été remis à neuf par M. Clicquot, facteur d'orgues du Roi" lit-on les Annonces, affiches et avis divers, n°27 de cette année-là. Il s'agit du couvent des Petits-Augustins.
• 31 août 1775, Paris : "Le sieur LE JEUNE, Facteur d'Orgues & de piano-forté organisés, rue Quicampoix, avertit que le 3 Sept. à l'issüe des vêpres, il sera arbitré un ORGUE de sa façon, en l'église paroissiale de Nogent-sur-Marne, par M.Charpentier, Organiste de S.Paul, & le sr Clicquot, Facteur d'orgues, dont il est le seul élève" relève-t-on dans Les Annonces & Avis divers. Cette affirmation semble bien péremptoire.
• 3 septembre 1775, Nogent-sur-Marne [Val-de-Marne] : Jean Jacques BEAUVARLET-CHARPENTIER arbitre le nouvel orgue de l’église paroissiale avec le facteur CLICQUOT.
• 1775-1788, Paris : CLICQUOT est mentionné comme le facteur qui entretient l'orgue de la collégiale du Saint-Sépulcre durant cette période. Il est rémunéré 120 livres le 1er juillet 1777 "pour deux années d'accord et de l'entretien de l'orgue". Il est très probable que CLICQUOT entretienne l'instrument depuis les travaux qu'il y a menés dans les années 1760. Il perçoit encore 60 livres annuellement le 30 juin 1786 pour son année et sans doute était-il encore payé en 1790 au moment de sa mort.
• 17 avril 1776, Paris : Il signe un marché de construction du nouvel orgue de l'église Saint-Sulpice avec les marguilliers en même temps que François Joseph Jadot, maître menuisier et François Joseph Duret, sculpteur et professeur à l'Académie de Saint-Luc qui ont reçu la commande du buffet; les trois hommes s'engagent "conformément au plan et dessins et état dressés par mr Chalgrin, architecte du Roi et de son académie royale [...], lequel plan ou dessin, ainsi que lesdit état au nombre de trois l'un la facture d'orgue, le second la menuiserie du buffet & le troisième la sculpture, sont demeurés". L'instrument sera placé au-dessus de la porte principale. Plus particulièrement, le facteur d'orgues s'oblige à " faire les ouvrages necessaires pour le jeu de l'orgue et de les disposer de la maniere mentionnée et détaillée tant audit état ci-annexé relatif à la facture qu'an plan ou dessin. Plus de faire bien parler les tuyaux dans leur propre caractere et dans leur véritable bonne, douce, juste, möeleuse et brillante harmonie, et les faire bien etoffées et bien dipasonnées chacun respectivement dans sa proportion et les poser solidement chacun en sa place et les accorder exactement tant séparés que dans le melange sans aucune alteration et les construire en étain fin à l'égard de cela ou l'état porte qu'ils seront en étain et n'employer dans toute la facture de l'orgue que des matières de meilleure qualité & de construire tous les sommiers dans leurs vraies proportions selon les regles de l'art sans aucun cornement emprunt affaiblissement de gravure ni échapement de vent et faire bien articuler la soufflerie et de l'en faire rendre un vent égal. Et rendre tous les registres faciles à pousser et à être retirés, garnis proprement & leurs pommette et étiquetes, les claviers doux". "Devis de l'orgue de l'Eglise Paroissiale de St Sulpice a Paris" est rédigé et signé dont les clauses sont distribuées en paragraphes, le premier étant "Premier clavier dit du Positif" [18 articles], puis "Second et Troisieme clavier" [23 articles], "Jeux du 3e clavier dit de bombarde" (5 articles], "Quatrieme Clavier dit du Recit" [8 articles], "Pédales" [12 articles]. Il est précisé que le tout (buffet et orgue) doit être en parfait état d’exécution au plus tard le le 1er janvier 1780. Le choix des arbitres, quant à la partie instrumentale, semble devoir reposer sur dom Bedos et la clause du non dépassement du prix proposé dans le devis a présidé aux choix des marguilliers. Le coût total s'élèvera à 76 000 livres dont 40 000 livres pour l'instrument ; la fabrique paiera en dix versements annuels identiques. Le 17 mai suivant, CLICQUOT signe au premier versement de 16 000 livres et le 16 juin 1781, il signe la quittance du dernier versement de 7 600 livres.
• 14 mai 1776, Paris : Leur fille Antoinette Agathe Louise vient au monde.
• 1776-1790, Paris : Depuis cette année-là, au moins, jusqu'à sa mort, CLICQUOT est rémunéré par la fabrique de l'église paroissiale Saint-Louis-en-Île. En 1790, il perçoit 60 livres par an pour l'entretien de l'orgue et on lui doit 500 livres, sans doute pour divers travaux sur l'instrument.
• 18 juin 1777, Paris : Jean Jacques BEAUVARLET-CHARPENTIER procède avec BALBASTRE à la vérification des travaux d’augmentation réalisés par CLICQUOT sur l’orgue de Saint-Étienne-du-Mont.
• 3 juillet 1777, Paris : Les Jacobins versent à Mr CLICQUOT facteur d'orgue pour le jeu d'une double bombarde ajoutée à notre orgue 1 000 lt plus pour une année de l'entretien de notre orgue 72 lt plus pour etrennes a ses ouvriers tant pour la ditte bombarde que pour un jeu de timbales que le Sr CLICQUOT a fait à ses frais a la ditte orgue 24 lt en tout 1096 lt".
• 21 septembre 1777, Vitré [Ille-et-Vilaine] : le facteur d'orgues Florentin GRIMONT, alias frère Florentin de Sainte-Cécile, signe la quittance de 60 livres reçue pour avoir accordé les jeux de l'orgue de l'église paroissiale Notre-Dame. Il signe " Fr. florentin grimont religieux grand Carme élève de Mr Cliquot facteur d’orgue du roy".
• 1777-1790, Paris : D'après les comptes conservés sur cette période, CLICQUOT est rémunéré comme facteur entretenant l'orgue de la commanderie de Malte en l'église du Petit-Saint-Antoine avec 30 livres d'appointements annuels.
• 7 mai 1778, Paris : "Le sieur CLICQUOT, Facteur d'orgues du Roi, rue des Enfans Rouges. Désireroit scavoir par MM les banquiers dans quelle province de l'Angleterre, Miladie Barimaur ou Barrimord fait sa résidence. La veille de son départ, elle envoya audit sieur Clicquot son forté piano organisé pour l'emballer et le lui faire passer. Le domestique qui le conduisoit dit qu'il falloit l'envoyer en Angleterre et depuis ce tems, il n'est pas revenu" [Annonces, affiches et avis divers n°36].
• 26 septembre 1778, Tours : L'abbé Duperche, chanoine de la collégiale Saint-Martin est chargé d'écrire à Jean-Baptiste Nicolas LEFEBVRE, facteur rouennais qui a construit son célèbre orgue inauguré en 1761, de ne pas se déplacer comme initialement demandé pour effectuer des travaux car la compagnie a pris contact avec le facteur parisien CLICQUOT.
• 13 octobre 1778, Paris : Les chanoines réguliers de Saint-Victor, ordre de Saint-Augustin, font lecture en chapitre d'un mémoire estimatif des réparations à faire à l'orgue montant à 480 livres présenté par CLICQUOT. La compagnie accepte.
• 10 décembre 1778, Tours : Les Annonces, affiches et avis divers n°96 avertissent que "Le 14 Déc. à 3.h précises, on fera réception de l'ORGUE de S.Roch, réparé par M. Clicquot, Facteur d'Orgues du Roi. On a choisi pour arbitres MM. Couperin, Séjan & Charpentier".
• 1778-1782, Paris : François Henri Clicquot reconstruit et agrandit l’orgue de l'église Saint-Merry. Le marché a été signé avec le curé et les fabriciers le 19 septembre 1778 devant le notaire Jean Louis Jourdain [à voir]. Ce chantier est présenté comme le dernier mené en compagnie de Pierre DALLERY leur association ayant pris fin peu après.
• 22 mai 1779, Albi [Tarn] : Honoré GRINDA [Le s. Graind facteur d’orgue originaire de la ville de Nice"est le "garçon" du facteur Joseph ISNARD qui travaille à l'orgue de la cathédrale Sainte-Cécile. Pour une raison obscure, les deux homme se brouillent au point de s'affronter lors d'un procès, dont l'issue demeure inconnue [Youri Carbonnier]. Lors de la procédure, GRINDA raporte que ISNARD a voulu lui nuire par des procédés malhonnêtes, par exemple en écrivant à son père une lettre calomnieuse. Surtout, instruit que GRINDA se trouvait à Toulouse aux côtés de Grégoire RABINY, ISNARD aurait fabriqué "une lettre missive quil datta de Paris le 1er mai courant, il falsifia la signature du sieur Cliquot facteur dorgue du roi, au nom duquel il marqua au suppliant de venir le joindre à Paris pour travailler chez lui et se perfectionner dans sa profession, il le sollicite de partir à lettre vuë, et pour l’engager d’autant plus à se mettre en marche, il lui manda de faire un état de dépense, qu’il fairait dans sa route du montant de laquelle,il le rembourserait à son arrivée". Mais à peine "le suppliant eut reçu la lettre contresignée du nom de cliquot, qu’il crut qu’elle était sincère et véritable, il proposa au sieur Rabini de dissoudre leurs engagements, celui-ci s’y refusa, ce qui détermina le suppliant a subir sa condition portée par la police passée avec le sieur Rabiny, et à se disposer pour aller joindre le Sr Cliquot. Le suppliant était sur le point de partir lorsqu’il fut instruit que la lettre contresignée cliquot était falsifiée, il agit pour le découvrir et il ne lui fut pas difficile dy parvenir, par la confrontation des Écritures".
• 22 juin 1779, Tours : Le chapitre Saint-Martin verse au facteur CLIQUOT la somme de 7 839 livres pour les réparations qu'il a effectuées sur l'orgue pendant les cinq derniers mois.
• 1779, Paris : Selon Vincent Genvrin, CLICQUOT a travaillé [quel type d'intervention?] à l'orgue de l'église des Jacobins de la rue Saint-Honoré (en 1790, c'est toutefois l'un des frères SOMER qui entretient l'instrument].
• 29 mai 1780, Tours : Une délibération capitulaire mentionne qu'il a fait parvenir à la demande du chapitre de la cathédrale Saint-Gatien un petit jeu d’anches prix de dix louis. Il sera installé par le père COLARDEAU.
• 24 novembre 1780, Nantes [Loire-Atlantique] : L'organiste Denis JOUBERT ayant averti les chanoines de la cathédrale Saint-Pierre de l'urgence des réparations à effectuer sur l'orgue, ces derniers, après examen, décident de les engager et font appel, en 1781, au sieur CLICQUOT, moyennant 20 000 livres payables en quatre années.
• 1780-1789, Paris : Le compte de fabrique 1782-1783 de l'église paroissiale Saint-Paul mentionne, article 12, qu'il sera payé 180 livres au sieur CLICQUOT, facteur d’orgues dont 100 livres pour l’entretien annuel de l’orgue et 80 livres pour réparation énoncée dans le reçu. Ces gages annuels d'entretien sont déjà versés lors du compte 1780-1781 et encore dans celui de 1788-1789 (100 livres pour l'entretien).
• 1780, Saint-Ouen-l'Aumône [Val-d'Oise] : CLICQUOY est mentionné comme le facteur entretenant l'orgue de l'abbaye cistercienne de Maubuisson, construit à la fin du règne de Louis XIV.
• 13 février 1781, Paris : Jean Jacques BEAUVARLET-CHARPENTIER participe en tant qu’expert en facture, avec CLICQUOT, à la réception de l’orgue des pères de Nazareth, près du Temple, conçu par Jean Antoine SOMER le jeune, dont l’organiste est MARLÉ. Les arbitres pour le jeu sont trois des quatre organistes de Notre-Dame (LUCE n’est pas là).
• 15 et 16 mai 1781, Paris : Quatre illustres organistes parisiens réceptionnent l'instrument réalisé par François Henri CLICQUOT dans l'église Saint-Sulpice, en présence de l'organiste titulaire LUCE, et d'une foule nombreuse venue écouter le nouvel instrument. La presse se fait l'écho de cet événement en 1781 et 1782 (Annonces, Almanach musical, Mercure de France). Par exemple, l'Almanach musical de 1782 évoque la "distribution intérieure de ce magnifique instrument est on ne peut pas plus sagement répartie. Les tuyaux de cet orgue agissent sans effort, sans gêne. Aucune confusion ne peut contrarier les différents jeux dont il est formé.M. CLICQUOT a prévu tous les inconvénients auxquels cet orgue pouvait être sujet. On peut remédier aux accidents auxquels un nombre aussi considérable de ressorts peut donner lieu, sans déranger, sans toucher même les jeux qui ne seraient pas affectés par un dérangement momentané. Les sons produits par les instruments neufs, ont une raideur et une sécheresse que le temps assouplit, en les rendant plus liant. Dès les premiers jours que l’orgue de Saint-Sulpice a été joué, on a trouvé que les sons, dont il opérait l’émission, étaient d’une excellente qualité ; que l’harmonie qui résultait de leur intonation successive ou simultanée, était moelleuse, flexible et que la plénitude de l’expansion des sons, conservait la transparence propre à chacun d’eux.Le public a écouté, avec une espèce d’ivresse, tous les morceaux que Messieurs COUPERIN, BALBASTRE, SÉJAN & CHARPENTIER ont joués sur ce précieux instrument. Ce jour était une espèce de triomphe pour M. CLICQUOT. La critique n’a rien trouvé à relever dans son ouvrage : elle s’est retirée sans humeur d’une fête dont l’amour des arts a fait les honneurs, dans une des plus belles églises de Paris". L’orgue de Saint-Sulpice constitue, selon V.Genvrin, "le couronnement de son œuvre, avec ses claviers manuels munis d’un ravalement au la pour les anches et montant au mi, son Plein jeu avec Montre, son imposant clavier de Bombarde avec batterie complète et Cornet, sa Bombarde de Pédale portée au fa du ravalement, son vaste Echo à l’ut avec Trompette et Clairon et, au Positif, un nouveau jeu de Clarinette".
• Septembre 1781, Paris : Le Mercure de France célèbre à son tour, par la plume d'un certain Traversier, la réception de l'orgue à Saint-Sulpice, "Le buffet de cet orgue est piquant par sa nouveauté, et admirable par la richesse de son architecture. On avait craint que la forme nouvelle donnée à cet instrument ne fit tort à la mécanique intérieure. Cette forme sans doute eut gêné tout facteur qui n’eût connu que la routine de son art ; mais il n’est pas de difficultés invincibles pour un véritable artiste. M. CLICQUOT a combiné, étendu sa mécanique et multiplié ses mouvements en raison de la diversité des jeux qu’il avait à placer, et de l’espace immense qu’il avait à peupler de tuyaux et à soumettre à un seul point sous la main de l’organiste, aussi a t on admiré la distribution intérieure de ce bel instrument ; elle est si bien entendue et si bien ordonnée, que tous les effets s’opèrent sans gêne, sans confusion, et qu’il est possible, en cas du plus léger dérangement, de remédier à tout sans embarras au moment même, et sans nuire à aucune des partie de ce grand tout. Cette nouvelle distribution a donné à l’artiste l’occasion de prouver qu’il est aussi habile facteur-mécanicien que bon facteur-harmoniste. On a remarqué avec étonnement que la qualité du son de cet orgue, l’égalité de sa mélodie et la bonté de son harmonie étaient aussi finies et aussi moelleuses à ce premier essai que si l’instrument eût eu vingt ans d’exercice, degré de perfection que l’on n’obtient ordinairement qu’après un temps considérable. Cet avantage précieux n’est pas assez senti; les artistes lui préfèrent trop souvent un éclat bruyant qui fatigue l’oreille sans rien dire au cœur. Des connaisseurs prétendent que malgré l’effet de cet orgue, l’on ne jouit pas encore complètement de la qualité de son dont il est susceptible, non plus que de la plénitude de son harmonie ; ils en accusent les figures colossales dont est orné le buffet ; ils trouvent qu’elles voilent le son du grand orgue, si cela est, c’est un mal sans remède, au moins la vue est elle bien agréablement dédommagée des pertes que peut y faire l’autre sens. Mais en supposant que cet inconvénient existât réellement, il serait bien à désirer que MM. les architectes, que cette nouveauté pourrait séduire, se persuadassent bien de ce principe, que le buffet d’un orgue doit être absolument subordonné à sa facture".
• 1781-1785, Nantes : L'organiste Denis JOUBERT ayant convaincu les chanoines du chapitre Saint-Pierre de l'urgence à mener des réparations à l'orgue de la cathédrale l'année précédente, CLICQUOT est contacté et un marché est signé. Le montant de ces réparations s'élève à 20 000 livres payables en quatre années. En 1785, les dernières augmentations et réparations effectuées par CLICQUOT sont acceptées par la compagnie qui lui verser le solde, soit 5 000 livres. Le montant, les délais laissent penser que c’est une réfection totale de l’instrument. Pour aboutir à 52 jeux répartis sur 5 claviers manuels et un pédalier de 32 notes. L’orgue porte la marque de la facture CLICQUOT, la rondeur des jeux de fonds, scintillement des mixtures [Abbé Marcel Courtonne (1883-1954), L'orgue de la cathédrale de Nantes, s.d.]. Sur l'écusson du tuyau milieu de la plate-face gauche, on pouvait lire : "Clicquot, facteur du Roi, a refait cet orgue à neuf en 1784". L'instrument a été détruit lors d'un incendie criminel en 2020.
• 17 février 1782, Paris : Les fabriciers de l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie font à nouveau le constat du mauvais état de leur orgue dont de nombreux paroissiens se plaignent. Deux facteurs sont venus le visiter l'année précédente "qui ont donné chaqu’uns leurs devis estimatif de depence". Ces diverses réclamations de paroissiens "nous onts décidé à faire faire une nouvelle visitte dans l’orgue, par le Sr SOMER accompagne de Mr POUTEAU notre organiste, et le Sr SOMER nous a également donné son devis, ce qui en réunit trois. Le premier est du Sr FERRAND, qui avoit l’entretien, et monte à une somme de 10 800 livres. Le second est du Sr CLIQUOT, de 6 600 livres. Le troisième du Sr SOMER, de 9 500 livres". Le nom ne CLICQUOT n’apparaît plus dans la suite des délibérations.
• 17 juillet 1782, Pontoise [Val-d'Oise] : Les fabriciers de l'église paroissiale Saint-Maclou constatent la nécessité de faire réparer l'orgue. "Le sr CLICQUOT, facteur d'orgues à Paris, sera mandé". Le 11 août suivant, ce dernier présente un devis s'élevant à 6 400 livres. Un marché double est aussitôt dressé avec lui à raison de 1 200 livres par an.
• 28 juillet 1782, Paris : Les chanoines réguliers de l'abbaye de Saint-Victor lui versent la somme de 600 livres pour ses diverses réparations.
• 15 septembre 1782, Poissy [Yvelines] : Un nouvel orgue, acheté par l'intermédiaire de BALBASTRE (mais dont on ignore la provenance), a été installé dans la collégiale Notre-Dame. Il est reçu par LASCEUX, organiste de Saint-Étienne-du-Mont de Paris, et LIEDÉ, organiste de Poissy. Après l'avoir examiné et touché en présence de BALBASTRE, ils certifient que l'orgue est composé de 21 jeux, tous en bon état, et que les opérations faites par CLICQUOT, aussi présent, tant pour la monture que pour l'accord, étaient conformes aux règles de l'art. François Henri CLICQUOT a reçu 550 livres pour son travail.
• 1782-1786, Souvigny [Allier] : François Henri CLICQUOT construit l'orgue du prieuré bénédictin, riche de 28 jeux répartis sur 3 claviers et pédalier. Ce n'est qu'en 1963, à la faveur d'un relevage partiel réalisé par Philippe Hartmann, que deux inscriptions originales sont découvertes dans les sommiers de la pédale et du positif: l'une d'elles indique que « cet orgue a été fait à neuf par François-Henri Clicquot, facteur d'orgue du Roy, en 1783 du règne de Louis 16 et du trianat de Dom La Croix, Prieur de Souvigny ». Les sources qui auraient permis l'étude de la construction de cet instrument n'existent plus.
• 9 septembre 1783, Paris : L'organiste de l’École royale militaire demande la réparation de l'orgue dont il estime la dépense à 1414 livres. Le 13 septembre suivant, l'expertise du facteur d'orgues CLICQUOT est requise.
• 17 novembre 1783, Paris : Le chapitre de la cathédrale Notre-Dame constate le mauvais état de son orgue "dont le déperissement dejà reconnu depuis plusieurs années augmentoit considerablement et exigeoit une prompte réparation, avoit mis sous les yeux de Messieurs de la chambre un plan et un devis relatifs à cet objet; que ces plans et devis avoient été dressés par le sr Clicquot, facteur d'orgues sous les yeux des quatre organistes de l'Eglise et que le devis en particulier, signé du sr Clicquot, se montoit pour ses travaux personnels à la somme de vingt mille livres. Que le reste des ouvrages tant en menuiserie pour la partie de l'orgue appelée le positif que pour la sculpture dud. positif, la charpente, serrurerie et peinture pour tout le corps de l'orgue monteroit a environ la somme de neuf mille trois cent livres. Que du reste, led. sr Clicquot offroit au chapitre toutes facilités pour le payement". Les chanoines, suivant l'avis de leurs commissaires, décident d'accepter le devis et les propositions de CLICQUOT et le choisissent pour effectuer le travail. Ce dernier propose de passer le marché devant un notaire si cela convient à la compagnie. Enfin, il est décidé que les intendants de la fabrique surveilleront le chantier "conjointement avec le sr Couperin, l'ancien des organistes". Une autre délibération, tenue le 12 janvier 1784, valide les décisions prises.
• 1783-1790, Paris : Les religieuses dominicaine du couvent de la Croix, rue de Charonne, versent chaque année à CLICUOT 40 livres pour "l'accord de l'orgue". En 1790, c'est sa veuve qui reçoit la somme pour l'échéance 1789-1790 venue à terme le 19 juin 1790.
• 17 juillet 1784, Paris : Le chapitre de la collégiale Saint-Benoît autorise « de plus à donner douze livres aux ouvriers qui ont travaillé au retablissement de l’orgue par forme de gratification, quoi que le chapitre ne soit tenu en aucune manière d’entrer pour quelque chose dans cette depense ». C'est la fabrique de l'église paroissiale Saint-Benoît qui a financé la réfection de l'orgue de la fin du XVIe siècle, déjà fortement remanié à plusieurs reprises. CLICQUOT a repris le chantier après le décès de Nicolas SOMER, "en deux étapes qui mènent à un orgue virtuellement neuf : réfection du grand sommier, ajout d'un cinquième clavier de Bombarde, claviers agrandis, passage en 8' de la Montre du Positif" [site Inventaire des orgues].
• 18 juillet 1784, Pontoise : CLICQUOT intervient pour réparer l'orgue de l'église paroissiale Notre-Dame.
• 13 octobre 1784, Pontoise : L'orgue de la paroisse Saint-Maclou sur lequel CLICQUOT a travaillé est reçu en grande pompe par BALBASTRE et CHARPENTIER, le premier organiste de Monsieur, frère du roi, et des églises de Notre-Dame de Paris et Saint-Roch, le second organiste de Notre-Dame de Paris et de Saint-Paul, en présence de Mlle DUBAC, organiste de la paroisse. Les clauses du marché du 11 août 1782 sont remplies. Les deux organistes préconisent l'ajout d'un 7e soufflet et de jeux d'écho.
• 14 décembre 1784, Tours : Les chanoines de la collégiale Saint-Martin entérinent les décisions prises au sujet des travaux à mener sur leur orgue, ainsi que de leur prix, après discussion avec CLICQUOT. Ce dernier, qui se trouvait à Nantes, s'est arrêté en Touraine à la demande du chapitre qui lui avait écrit le 27 novembre précédent. Le 8 septembre 1785, la fabrique capitulaire lui verse la somme de 480 livres pour accordage de l'orgue de la collégiale. Michel BOYER ["Notice historique sur les orgues existant dans les églises de Tours avant 1789 [...], 1848], rappelle que "l'orgue fut réparé, quelques années avant la Révolution, par le célèbre facteur CHIQUOT [sic], auteur du superbe orgue de Saint-Sulpice de Paris, qui l'enrichit d'un basson et d'un hautbois délicieux [...]".
• 1784-1785, Paris : La fabrique paroissiale de Saint-Sauveur verse à CLICQUOT la somme de 120 livres " a quoy il s'est moderé pour la destruction e notre buffet d'orgue", ainsi que 6 livres à ses garçons et 3 livres pour de la braise à Grégoire souffleur d'orgues.
• 30 janvier 1785, Paris : La fabrique de l'église paroissiale Saint-Sulpice signe un marché d'entretien de l'orgue avec François Henri CLICQUOT [marché qui sera repris en 1790 par son fils Claude François].
• Décembre 1785, Le Mans : Michel BOYER a touché quelques mois l'orgue de la cathédrale Saint-Julien mais il quitte le service du chapitre pour retourner auprès de son premier employeur, le chapitre de Saint-Pierre-la-Cour, dont l'orgue Parizot lui convient mieux. Il évoque dans ses souvenirs rédigés dans les années 1840, le "bel orgue" de la cathédrale dont l'état nécessitait pour "vingt mille francs" de travaux. Il avait été chargé dans un premier temps de "de traiter de sa réparation avec le premier facteur de Paris" mais finalement les chanoines reculèrent devant le montant de la dépense. BOYER ajoute en note qu'"on ne saurait trop regretter que cette réparation du plus beau monument de ce genre qui soit en France, n’ait pas été faite alors par le célèbre Clicquot, qui venait de construire l’orgue de St-Sulpice, car il aurait corrigé le défaut radical d’un instrument qui depuis cette époque a subi trois réparations plus coûteuses sans avoir remédié au mal".
• 1785, Paris : Reçoit 40 livres pour accorder l'orgue de l'église paroissiale de Saint-Merry.
• 1785, Nantes : A la suite d'un rapport du chanoine Hercé, les augmentations et réparations que le sieur CLICQUOT a faites à l'orgue, "sont approuvées de tous points, et les dernières 5 000 livres qui restent dues au facteur lui sont comptées".
• 15 mars 1786, Pontoise : Le premier marguiller autorisé depuis février à trouver le remplaçant de l'organiste démissionnaire de la paroisse Notre-Dame, CARTON DE MINCOURT, "a ecrit a M. Cliquot pour Le prier de chercher un sujet, qu'après des recherches il en a trouvé un que Lui a procuré M. Després organiste, que D'après Les temoignages de ces deux Personnes le sujet paroit convenir à La Paroisse". Il s'agit de Jean Louis CHÉZEAU.
• 14 juillet 1786, Paris : L'orgue de l'abbaye Saint-Victor est reçu par les chanoines réguliers après lecture du procès-verbal de visite dressé la veille, "Nous soussignés Nicolas Philippe DUPRES, organiste a St Nicolas des Champs, St Merry & et Éloi Nicolas Marie MIROIR, organiste a l'abbaye royale de st Germain des prés & arbitres nommés pour proceder a la reception de l'orgue [...], après avoir examiné l'orgue [...) et d'après le marché fait [...) non seulement Mr CLICQUOT a rempli ses engagements mais il a ajouté de son propre mouvement et pour sa gloire que doit mettre un homme aussi superieur dans son etat que l'est mr CLICQUOT, plusieurs jeux qui ne sont point compris dans son marché".
• 2 août 1786, Évreux [Eure] : Les chanoines de la cathédrale Notre-Dame font le point sur les dettes de leur fabrique à l'issue d'une décennie consacrée aux réparations et à l'embellissement de leur église. Or, "la nécessité de pourvoir aux dettes contractées est néanmoins d’autant plus urgente qu’il faudra payer sous 10 jours au sieur CLIQUOT 1.800# pour le repassage de l’orgue lit-on dans le registre capitulaire. Ils songent par conséquent à demander de l'aide à l'évêque. J.Martinod évoque des réparation menées par le facteur mais dans les années 1780-1781.
• 1er septembre 1786, Paris : Il reçoit 50 livres pour une année d'entretien de l'orgue de l'abbaye Saint-Antoine-des-Champs; l'instrument est sans doute touché par l'une des religieuses.
• 8 novembre 1786, Pontoise : Les fabriciers de la paroisse Saint-Maclou signent avec CLICQUOT un traité pour l'entretien de l'orgue pour 80 livres par an.
• 1786, Paris : La fabrique de l'église paroissiale Saint-Gervais verse 100 livres à M. Clicquot, facteur, pour entretien de l’orgue.
• 1786, Fontainebleau : Il reconstruit l'orgue de l'église paroissiale Saint-Louis. Le instrument avait été construit par Gabriel Bunel entre 166 et 1670. A son décès, le facteur n'avait pas encore été rémunéré de la totalité du montant prévu ; on mentionne 1875 livres encore à percevoir du prix du marché.
• 8 janvier 1787, Paris : Les chanoines de la cathédrale Notre-Dame se réunissent pour prendre connaissance du rapport établi par l'un des intendant de la fabrique. Il les informe que « le sr CLICQUOT facteur d'orgues du Roy et chargé de réparer celui de l'Eglise de Paris lui avoit ecrit pour le prier d'exposer à Messieurs qu'il lui étoit impossible de mettre ledit orgue en etat d'être touché en son entier avant le 15 aoust de la présente année, qu'ayant vendu le petit orgue qu'il avoit placé dans la gallerie au dessus du maître autel pour suppléer au grand orgue, il etoit dans la necessité de livrer incessamment ledit petit orgue ; que pour apprécier son travail sur ledit grand orgue, il etoit necessaire qu'on ne l'entendit que quand il seroit parfait ; qu'en consequence, il supplioit Messieurs de permettre qu'il n'y ait point d'orgue pendant l'office divin a l'assomption prochaine ». Le chapitre accorde ce délai « à condition que ledit grand orgue sera parfait et en etat d'être touché dans son entier aux premières vespres de l'assomption prochaine ».
• 18 avril 1787, Poitiers [Vienne] : Un écrit est signé sous seing privé [mentionné lors de l'inventaire de 1790], contenant devis et marché entre les commissaires nommés par délibération du chapitre de la cathédrale et CLICQUOT, pour l’établissement d’un orgue moyennant la somme de 34 000 livres, somme payée en différents termes [26 000 livres seront déjà payés au moment du décès du facteur]. C'est son fils Claude François qui achèvera le chantier. Lors du relevage effectué en 1996, il a été découvert la signature de Clicquot à deux endroits, dans les layes des sommiers. « Clicquot facteur d’orgues………..au marais A Paris », « Cette orgue a été fait à …. en… 178 ?.....Clicquot facteur d’orgues du Roy. Et l’aide pour finir…..Claude françois Son fils ainé agé de 25 ans qui a travaillé avec luy a cet instrument qui a été finy avec la…. Du Seigneur en 1790. Ces deux années sont celles des plus grandes révolutions de toute la France du règne de louis 16 le bien aimé de son peuple. » [Benoît Cattiaux, La facture parisienne à travers la dynastie des Clicquot, site Les orgues de Paris].
• 13 septembre 1787, Paris : Un acte passé sous seing privé entre CLICQUOT, le curé et les fabriciers de l’église paroissiale de Saint-Nicolas du Chardonnet précise le montant du "devis et marché devis et marché des ouvrages que le sieur Clicquot s’est obligé de faire à l’orgue de ladite église moyennant la somme de 9 500 livres payées en différents termes" [double mentionné lors de l'inventaire de 1790].
• 1787-1788, Paris : Il est l'un des syndics "de la communauté des maîtres tabletiers, luthiers, évantailliers" charges des comptes et il en a reçu quittance à la fin de son temps [il semble avoir été nommé adjoint du syndic le 5 octobre 1786]. L'inventaire de 1790 mentionne ses "lettres de maîtrise" mais ces dernières ne sont pas décrites avec précision.
• 5 mai 1788, Paris : Le chapitre nomme les quatre organistes de l’Église de Paris, COUPERIN, BALBASTRE, SEJAN et CHARPENTIER, « pour visiter l'orgue de ladite Eglise reparé de nouveau, conforme aux devis et marché faits avec le sr CLICQUOT le 12 janvier 1784 et en vertu de la conclusion du 17 novembre 1783, examiner l'etat présent dusd. Orgue et s'il est conforme auxd. Devis et marché tant pour la facture que pour la méchanique que pour l'harmonie et autres conditions necessaires et d'en dresser P.V, lequel sera présenté au chapitre pour etre déliberé ce qu'il appartiendra ». Le 9 mai suivant, on reconnaît que CLICQUOT « a parfaitement satisfait auxdits devis et marché et même qu'il a outrepassé ses obligations pour la plus grande perfection de l'instrument ». On lui fait don d'un petit orgue portatif « dont on se servoit anciennement dans la musique au chœur et à la chapelle de la Vierge ». Il perçoit un premier acompte de 3 000 livres.
• 22 mai 1788, Angers [Maine-et-Loire : "Le Sr de NYSSEN, élève de M. CLICQUOT, facteur d’orgue du Roi, vient de se fixer en cette Ville ; il fait et vend des forte piano. Il demeure rue St Aubin, chez M. Godichaux" lit-on dans les Affiches d'Angers. Il s'agit de Christien Gille NYSSEN, originaire de Liège.
• 1788, Paris : "Le fameux CLICQUOT facteur d'orgue du roi, [...] fit un orgue de Saint-Leu à Paris en 1786 et fini pour la fête saint Leu en 1788, et reçu le 10 décembre susdite année. Cet orgue fut le tombeau de CLICQUOT, il commença celui de Saint-Nicolas du Chardonnet, à Paris, que son fils a fini. Il mourut aux fêtes de Pentecôte 1790 et fut enterré dans l'église Saint-Nicolas des Champs le mardi de la Pentecôte" (Ferdinand Albert GAUTIER, Mémoires).
• 1788, Paris : La fabrique de la collégiale Saint-Honoré accorde 450 livres à MIROIR, organiste, et à CLIQUOT, facteur d'orgues, savoir 100 livres à l'un, 350 à l'autre.
• 1788-1790, Paris : Dans le livre des comptes des Bénédictines de l’Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement de l’Autel, dites Filles du Saint-Sacrement, il est mentionné à la date du 16 janvier 1790 « La somme de 60# à Monsieur Clicot facteur d’orgues pour l’entretient de notre [orgue] pour les années 1788 et 1789". Il en est de même le 11 mars 1791 pour l'année 1790 (30 livres).
• 1788, Paris : CLICQUOT travaille à l'orgue de l'église paroissiale Saint-Leu-Saint-Gilles. "Le meuble de positif de dos est entièrement reconstruit et le grand corps est agrandi par l’ajout de deux retours latéraux concaves afin de permettre plus d'espace pour le matériel sonore" [site de 'inventaire national des orgues].
• 1788, Ville-sous-La-Ferté [Haute-Marne] : CLICQUOT effectue le relevage de l'orgue de l'abbaye cistercienne de Clairvaux construit par Jacques COCHU (1731-1736).
• 22 juin 1789, Paris : Lors de l'inventaire effectué après le décès d'Armand Louis COUPERIN, CLICQUOT, facteur d’orgue du roi, demeurant rue des enfants Rouges, paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, qui vient faire la prisée des instruments de musique, pour l'orgue et la régale. C'est Pascal TASKIN, facteur de clavecins, demeurant paroisse Saint-Merry qui est chargée de faire la prisée pour les autres instruments.
• 7 octobre 1789, Paris : Il reconnait avoir reçu de la dépositaire des dames religieuses de l'abbaye de Montmartre la somme de 70 livres "pour une année d'acord de l'orgues échut le premier de ce mois ". Son fils, qui lui a très probablement succédé à son décès, signera la même quittance à la date du 6 octobre 1790.
• 1789, Paris : Une Théorie-pratique de la facture de l'orgue d'après l'expérience de M. Cliquot, facteur d'orgue, dessinée et mis en ordre sur ses modèles en l'année 1789 semble avoir été rédigée cette année-là [connues par des publications en 1968 et 1985].
• 1790, Paris : Un mémoire de facture d'orgue, non daté, du premier semestre récapitule les travaux effectués par CLICQUOT en mai 1789, à Versailles. Avec le sieur Richard, mécanicien, il a réparé le "secrétaire organisé du cabinet du roi", a démonté le cylindre de tous les jeux, a réparé le soufflet; le tout pour 144 livres. Le 10 novembre 1789, il s'est encore rendu à Versailles avec deux ouvriers pour "démonter l’orgue de Madame Victoire pour être transporté à la chapelle des Tuileries, lequel instrument a été démonté avec précaution, jeu par jeu, et les avoir emballés ; pour six hommes forts pour le transport du corps du buffet de l’appartement jusqu’au vestibule du passage de la cour Royale où était la voiture. Précautions pour le déballage aux Tuileries. Remise en place des jeux, réglage, partition, accord. Réparation du sommier abîmé par les secousses de la voiture et le démontage 256 livres".
• 5 janvier 1790, Versailles : La fabrique de la paroisse Notre-Dame lui verse 150 livres pour une année de l'accord et entretien de l'orgue.
• 7 janvier 1790, Paris : Le livre des dépenses du couvent des Bénédictins Anglais mentionne la somme de 33 livres versée à M. Clicquot facteur d'orgues pour ses honoraires de 1789 [dont 3 livres "pour son aide"].
• 20 février 1790, Paris : Le couvent des Carmes-Billettes, dans sa déclaration des revenus et charge rappelle qu'il a une dette de 200 livres à l'encontre du sieur CLICQUOT pour réparations à son orgue.
• 6 avril 1790, Paris : Michel CORRETTE, "Organiste de Mr le grand prieur de France" certifie que " l’orgue de Ste Marie Magdeleine du Temple, a été accordé et entretenu dans le courant de l’année mil sept cent quatre-vingt-neuf par le sr Clicquot facteur d’orgues du Roy et du Temple et ce à raison de quarante livres par année pour le dit entretien". D'autres certificats signés de sa main assurent que CLICQUOT a fait de même en 1787 et 1788.
• 2 mai 1790, Paris : Maître Candon de Jarry, procureur au Châtelet demeurant paroisse Saint-Merry, signe une quittance de 350 livres pour le paiement de neuf mois de la pension de son fils [lequel?] échue le 1er avril précédent sur le pied de 500 livres par an. L'un de ses fils semble avoir été mis en apprentissage auprès du procureur. Le même a été chargé par CLICQUOT de recouvrer "la somme de 2 400 livres qui lui était due par mr deneuville, principal du collège de Grassins pour le prix de vente d’un orgue qu’il lui avait fait suivant l’écrit passé entre eux le 18 décembre 1777". Déjà 651 livres avaient été recouvrées en plusieurs versements suite à un accord passé avec les créanciers de mr Deneuville. Il faut noter que CLICQUOT est également connu pour son ingéniosité en matière de construction ou d'arrangements d'instruments autres que l'orgue. Jean Benjamin de La Borde dans son Essai sur la musique ancienne et moderne (tome 3), paru en 1780 écrit qu'on devait à l'organiste Claude BALBASTRE "la perfection donnée à l’instrument appellé Forté-piano ; qu’il a imaginé de faire organiser, ainsi que l’idée d’ajouter un jeu de buffle au clavecin ; ce que MM. Cliquot, Facteur d’orgues du Roi, & Pascal, Facteur de clavecin, ont exécuté avec la plus grande perfection".
• 24 mai 1790, Paris : François Henri CLICQUOT s'éteint à son domicile de la rue des Enfants-Rouges, paroisse Saint-Nicolas-des-Champs [rue du quartier du Temple aujourd'hui comprise dans la rue des Archives] et il est probablement inhumé en cette paroisse. Les frais funéraires (crieurs, convoi, cire..) s'élèvent à 363 livres outre 281 livres de dépenses liées aux fournitures et habits de deuil.
L'inventaire des papiers permet d'établir qu'à cette date, il était rémunéré entre 30 et 600 livres par année par 44 établissements religieux dont trois dans l'actuel Val-d'Oise pour l'accord annuel de l'orgue ( la cathédrale de Paris, la Sainte-Chapelle de Paris, la Chapelle-Royale de Versailles, une collégiale, vingt-et-une paroisses [dont trois sont aussi des collégiales], sept abbayes, deux monastères, huit couvents, deux prieurés). Cette énumération s'avère très précieuse car un nombre non négligeable de marchés ne nous sont pas connus (sources disparues ou pas encore traitées]. Cette liste ne semble pas exhaustive car d'autres sources permettent d'ajouter au moins une voire deux autres églises paroissiales : Saint-Louis-en-l'Île (60 livres par an en 1790) et Saint-Jacques-du-Haut-Pas (30 livres encore en avril 1789)
| Établissements (si hors Paris, c'est précisé) | Gages annuels |
| Abbaye des Bénédictins Anglais Couvent des Bénédictines du Saint-Sacrement, rue Saint-Louis-du-Marais Couvent du Petit-Saint-Antoine Couvent des Prémontrés réformés de la rue du Cherche-Midi Église paroissiale Saint-Côme-et-Saint-Damien Monastère des Bénédictines dites Filles-Dieu Prieuré Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie | 30 livres |
| Couvent des Carmes-Billettes Couvent des Petits-Augustins | 36 livres |
| Couvent de la Charité, rue des Saints-Pères Couvent des Dominicaines de la Croix, rue de Charonne Église paroissiale Saint-Leu-Saint-Gilles Église paroissiale Saint-Merry Église paroissiale Sainte-Marie-du-Temple Monastère des Filles de Saint-Joseph ou de la Providence | 40 livres |
| Église paroissiale Saint-Nicolas-du-Chardonnet | 45 livres |
| Abbaye Saint-Antoine-des-Champs Église paroissiale des Quinze-Vingt [de l’Hôpital] ………………. Église paroissiale Notre-Dame de Pontoise (Val-d’Oise) | 50 livres |
| Abbaye Sainte-Geneviève Abbaye Saint-Victor Église paroissiale Saint-Benoît Prieuré Saint-Louis de la Culture-Sainte-Catherine Collégiale du Saint-Sépulcre …………………………………………………. Abbaye de Maubuisson, paroisse de Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d‘Oise) | 60 livres |
| Abbaye Saint-Pierre de Montmartre | 70 livres |
| Couvent des Dominicains de la rue du Bac, faubourg Saint-Germain | 72 livres |
| Église paroissiale Saint-Étienne-du-Mont Église paroissiale Saint-Eustache Sainte-Chapelle ……………………………… Église paroissiale Saint-Maclou de Pontoise (Val-d’Oise) | 80 livres |
| Abbaye Saint-Germain-des-Prés Église paroissiale Saint-Gervais Église paroissiale Saint-Honoré Église paroissiale Saint-Laurent Église paroissiale Saint-Paul Église paroissiale Saint-Roch | 100 livres |
| Cathédrale Notre-Dame Église paroissiale Saint-Louis-des-Invalides Église paroissiale Saint-Nicolas-des-Champs | 120 livres |
| Église paroissiale Notre-Dame de Versailles Église paroissiale Saint-Louis de Versailles | 150 livres |
| Église paroissiale Saint-Sulpice | 300 livres |
| Chapelle royale de Versailles | 600 livres |
Par ailleurs, il reste des sommes à recouvrer suite à l'engagement de plusieurs chantiers : en ce qui concerne l'orgue de la cathédrale de Poitiers, la veuve Clicquot mentionne qu'il reste 8 000 livres à percevoir au moment de la réception de l'instrument, « qu’il reste a faire pour completer ledit orgue et le mettre en etat d’etre reçu plusieurs ouvrages de main d’œuvre pour raison desquelles ledit sr Clicquot a loué en la ville de Poitiers un appartement de quatre cents livres et envoyé deux ouvriers ; qu’il etoit du a ces ouvriers los du décès dud. St Clicquot la somme de cent dix livres plus les loyers dud. Appartement depuis le premier janvier mil sept cent quatre vint dix, ensemble les differentes fournitures faites par les menuisiers et serruriers demeurant à Poitiers ; [...] il n’existe dans led. appartement aucuns meubles et effets dependant de ladite communauté et succession mais seulement quelques outils qui ont été inventoriés et prisés ci-devant ». Au sujet d'une liasse de dix pièces "qui sont différents devis et marchés pour établissements ou réparations d’orgues faits entre le sieur CLICQUOT et les Carmes Billettes à Paris, l’église de Fontainebleau, la chapelle du Roy à Versailles, Notre Dame de Paris et l’église de St Louis en l’Île de Paris", la veuve précise que ces "ouvrages sont entièrement terminés mais dont il reste a payer les differents religieux des prix desd. Marchés". Un peu plus loin dans l'inventaire, la veuve Clicquot mentionne qu'il reste à percevoir 2 400 livres pour le prix d'un marché passé avec la paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, 200 livres pour le restant du prix du marché passé avec les Carmes-Billettes, 1 875 livres pour même raison avec l'église paroissiale de Fontainebleau, 1 200 livres pour le prix restant du marché fait pour le rétablissement de l'orgue à la Chapelle-Royale de Versailles, 2 600 livres pour même cause par le chapitre de Notre-Dame de Paris, 500 livres par la paroisse de Saint-Louis-en-l’Île pour pareille cause et enfin 6 500 livres pour le restant du prix du marché passé avec paroisse de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Le montant total des sommes à recouvrer ici est de 15 275 livres.
Le défunt louait un appartement à Versailles afin de disposer d'un pied-à-terre. Le 4 avril 1790, il payait encore pour son terme [trimestre?] 35 livres à METOYEN qui lui louait [il s'agit de Jean-Baptiste Jacques METOYEN, ordinaire de la Musique du Roi]. Les meubles qui s'y trouvaient ont été ramené à Paris pour l'inventaire (215 livres).
• 7 juin 1790, Paris : Une assemblée de parents et amis de la famille Clicquot se réunit devant Antoine Omer Talon, lieutenant civil au Châtelet de Paris afin de fixer la tutelle des enfants mineurs "de défunt François Henry CLICQUOT, facteur d 'orgues du Roi et de dame Antoinette Jeanne Poinsellier". Il s'agit de Armand Louis Clicquot, né le 3 février 1771, Charles Antoine Clicquot, né le 21 décembre 1773, Antoinette Agathe Louise Clicquot, née le 14 mai 1776. Cette assemblée st composée de la mère des enfants, de leur frère aîné, Claude François CLICQUOT, "bourgeois de Paris", Jean François Sain, entrepreneur des bâtiments du Roi, cousin paternel des mineurs, Nicolas Heurtault, bourgeois de Paris, cousin paternel des mineurs à cause de dame Marguerite Lépine son épouse, Louis Ruelle, bourgeois de Paris, cousin germain maternel, Achille Jean Bosse, architecte à Paris, cousin germain paternel à cause de dame Françoise Jeanne Brun son épouse, Jean-Baptiste Jacques METOYEN, ordinaire de la Musique du Roi, Pierre Pillieux et Charles Berthault, marchands tabletiers, les trois derniers, amis du couple CLICQUOT. La veuve est nommée tutrice de ses trois enfants à l'effet de régir leurs personnes et biens et Claude François CLICQUOT est subrogé tuteur ad hoc pour le cas où les mineurs auraient des intérêts différents de ceux de leur mère. Il est autorisé à faire procéder à l’inventaire des biens et effets dépendants de la succession de leur père.
• 9 juin 1790, Paris : L'inventaire après décès du défunt est effectué par le notaire Toussaint Nicolas Garnier à la requête et en la présence de sa veuve et tutrice de ses trois enfants mineurs et en la présence de Claude François CLICQUOT. Le couple louait cette maison sur deux étages [on ne mentionne pas le rez-de-chaussée mais il y a une cave et jardin, avec un atelier édifié sur une partie de cet espace] aux dames religieuses Augustines de Saint-Magloire pour 1 200 livres par an [dernier bail passé le 10 avril 1788 devant me Fourchy]. Il est précisé que les glaces, boiseries et ornements se trouvant dans les différents lieux de l’appartement relèvent de la communauté entre les époux. Au premier étage se trouvaient la cuisine, la salle à manger, le petit salon, la chambre des époux avec son alcôve et son cabinet de garde-robe ; au second étage, il y avait quatre chambres dont celles des enfants, chacun la sienne ; la cuisinière Aimée Thibert dort avec Antoine Agathe Louise. Au second étage, toujours, on mentionne l'appartement de Claude François CLICQUOT composé de sa chambre, d'une chambre d'ami, d'une salle à manger et de la chambre de l'autre domestique de la maison, Jean-Baptiste Paris. Parmi les effets notables, relevons la présence dans la salle à manger du premier étage d'un "forte piano neuf signé Sébastien ERARD et frères à Paris dans sa boîte en bois d'acajou avec pied canulé" [200 livres], deux "estampes sous verre de profil et élévation de buffet d'orgue dans leurs bordures de bois chêne" [2 livres] et quatre tableaux "pastels" sous verre dans leurs bordures de bois représentant lesdits les époux Clicquot et les aïeux de la famille [pas prisés]. Dans le petit salon, on note la présence encore de trois tableaux peints à l'huile "représentant les portraits desdits sieur et dame Clicquot et du sieur Clicquot fils". Dans la chambre du couple, à côté d'un tableau au-dessus de la porte présentant une baigneuse dans un paysage ont été placés "deux dessins sous verre sujets de projets de façade d'orgue dans leur cadre de bois doré" [12 livres]. Dans la chambre d'Armand Louis Clicquot, on relève la présence d'un "petit piano forte de Christophe[r] Ganer à Londres en 1780 dans sa boîte de bois acajou sur pied cannelé" [150 livres]. Les garde-robes de monsieur [503 livres] et de madame [1 674 livres avec ses bijoux] sont bien fournies. François Henri possède des vêtements anciens mais aussi récents, on notera le nombre important de "surtouts" et d'habits de couleurs très contrastées, noire, grise mais aussi vert lilas, giroflée, feuille morte, violette, cerise, etc... On déclare également pour 408 livres de bijoux à son nom dont une canne garnie d'une pomme d'or, une ancienne épée à garde d'argent, une bague ronde, une ancienne montre de chez Goret à Paris, des paires de boucles de souliers, une paire de boutons de manchette, quatre tabatières représentants l'Amour, Henri IV, un pinson, un paysage. Ses souliers sont en peau de chevreau. Le couple possédait pour 2 166 livres d'argenterie, poinçon de Paris, dont 104 "jetons de jeu marqués à différents coins d’argent".
Le montant total de l'inventaire s'élève à 18 385 livres dont 6565 livres de "meubles, outils et marchandises" à l'usage de l'état de facteur et 2760 livres "en louis d’or écus de six livres, de trois livres, menue monnaie et billets de la caisse d’escompte". Lors de l'inventaire (cote Quinze ), il est mentionné un "registre relié couvert de parchemin jaune sur lequel le sieur CLICQUOT ou plutôt son épouse inscrivaient jour par jour article par article d’un côté la recette et de l’autre la dépense tant relatif à l’état dudit sieur Clicquot qu’au ménage, le côté qui concerne la recette commencé au premier feuillet par un article de recette du 23 mai 1786 concernant l’administration de St Jacques [...]", la partie dépense commence au 22 mai 1786. Cette mention souligne le rôle important joué par Antoinette Jeanne Poinsellier dans la carrière de son mari. Elle l'épaule et connaît parfaitement tout ce qui concerne les chantiers en cours et les sommes à recouvrer. Elle déclare par ailleurs la somme de 4 368 livres de dettes passives dont il faudra s'acquitter auprès de fournisseurs (marchand de fer, marchand peaussier), artisans, leurs deux domestiques, chirurgien, apothicaire, "aux ouvriers de Paris pour journées d'ouvrage" (77 livres 5 sols); il faut rembourser avant le 5 octobre une lettre de change de 1600 livres signée Mr Flamarin.
• 14 juin 1790, Paris : Les fabriciers de la paroisse Saint-Laurent désignent son fils Claude François comme nouveau facteur d'orgues à sa place.
• 1er août 1790, Versailles : Les fabriciers de la paroisse Saint-Louis prennent la plume pour annoncer à Claude François CLICQUOT qu'il sera continué dans les fonctions de son père, au prix de 150 livres par an.
• 2 novembre 1790, Paris : Dans la "Déclaration du chapitre Saint-Honoré en exécution des décrets de l’Assemblée nationale sur le traitement du clergé actuel", on relève parmi les dépenses la mention suivante, "M. Clicquot, facteur d’orgue : 100 lt". Est-ce François Henri ou son fils ? Si c'est ce dernier, sans doute a-t-il succédé à son père.
• 17 décembre 1790, Pontoise : La fabrique de la paroisse Notre-Dame verse, sur présentation de la dernière quittance (les autres datent des 4 avril et 7 août précédents), la somme de 200 livres à sa veuve.
• 1790, Paris : CLICQUOT s'est acquitté dans les premiers mois de cette année-là de sa capitation de 1789 « en sa qualité d’ordinaire de la musique du Roy » de la somme de 9 livres; de celle de 11 livres 6 deniers pour la capitation de ses domestiques et enfin de celle de 99 livres 15 sols pour l'acquittement de la capitation "au bureau de la communauté des maîtres et marchands tabletiers, luthiers pour l’année 1790".
• 4 janvier 1791, Versailles : La fabrique de la paroisse Notre-Dame verse "150 livres à Mme Veuve Clicquot pour l'accord de l'orgue en 1790".
• 12 janvier 1791, Paris : Sa veuve reconnait "avoir recue de Monsieur Le procureur des Benedictains Anglais La Somme de trente Livres pour Une année d'acord de L'orgue Echut Le premier de ce mois dont quittance".
• 1794-1795, Paris : On trouve en note d'un rapport récapitulant les "Noms et adresses des organistes et facteurs d’orgues qui ont fait l’examen de tous les orgues du département de la Seine commune de Paris" [Archives et manuscrits du Conservatoire national des arts et métiers] une précision sur "l’orgue des jacobins rue Dominique transporté au panthéon. Cet orgue construit par Clicquot ne peut être remonté que par Dallerye qui étoit son premier ouvrier, puisqu’il s’agit d’en augmenter le nombre des jeux un facteur expert doit connoître la quantité d’etain qui entre dans un orgue dont il connoit la composition". Une fois encore, le talent de CLICQUOT est reconnu, et l'on cherche à le retrouver chez les élèves qu'il a formés.
• 15 décembre 1796, Paris : L'"Etat des orgues du deuxième et du troisième ordre séance du 26 frimaire an 5e" [Archives et manuscrits du Conservatoire national des arts et métiers. Paris] veille à bien préciser le facteur qui a construit [et/ou entretenu] les orgues mentionnés. Ainsi "feu Clicquot" est-il présenté comme le facteur des orgues de la "Maison des ci-devant Petits Augustins" et de l'"Église ci-devant conventuelle de Popincourt". Le lendemain, c'est au tour de "l’inventaire des orgues du premier ordre, avec les noms des organistes, facteurs et gardiens, la composition de chaque orgue, la date de visite et des remarques" d'être mis par écrit. On relève au sujet de l'orgue de Notre-Dame que "Clicquot était le facteur, mais depuis sa mort sa veuve en a confié le soin au citoyen Dallery fils son filleul, ainsi que pour tous ceux qu’il accordoit". Quant à l'orgue de l'église Saint-Sulpice, "Clicquot étoit le facteur, à sa mort le Citoyen Séjean en a donné le soin au Citoyen Somer le jeune ". CLICQUOT était aussi le facteur de l'orgue "démonté ci-devant des Jacobins", placé ensuite en dépôt sous la garde de Somer jeune. Il entretenait aussi l'orgue de la paroisse Saint-Gilles-Saint-Leu mais après son décès c'est DALLERY (Pierre sans doute] qui lui a succédé "d’après l’agrément de la veuve". Enfin, on précise que l'orgue "qui étoit autrefois chez les Benedictins anglois est maintenant au Pantheon par ordre du comité d’instruction publique" avait comme facteur CLICQUOT "du temps des Bénédictins anglais".
• 2 février 1808, Roufach [Haut-Rhin] : François CALLINET, facteur d'orgues écrit à Labourot président du conseil de fabrique de Vesoul. Un passage de ce courrier évoque, près de vingt ans après sa mort, la mémoire de François Henri, qui l'a formé avec d'autres facteurs renommés." Si vos Messieurs étoit décidé à faire réparer le 16 pieds de votre église et qu’il juge à propos de m’honorer de leur confiance, je peut leur assurer la réussite d’un bon instrument, de très mauvais qu’il a toujours été, c’est le premier ouvrage d’un facteur auquel je suis attaché à qui il manquoit l’expérience nécessaire ; et si on ne s’adresse pas à un homme consommé dans son art, il courrerront encore de grand risque ; on ne peut conter que quatre bon facteur en France. La Révolution ayant empêché que cet art ne soit cultivé et tout les bons facteurs comme les CLICQUOT, L’ÉPINE, qui ont été mes maîtres où j’ai fait mon apprentissage à Paris ou j’ai resté dix ans. De même Mr SILBREMANN [sic], DUPONT, LEFÈVRE etc sont morts, le peu qu’il reste sont tous sexagénaires et septuagénaire et au-delà, je me trouve le plus jeune, ayant cependant mes 53 ans".
En dépit des recherches menées depuis tant d'années par les musicologues et historiens, reste à documenter plus concrètement certaines affirmations ou supposions qu'on peut relever ici et là, et corriger sans doute aussi des erreurs : dans son précieux ouvrage, Jean Martinod mentionne CLICQUOT comme étant à la manœuvre pour les orgues de la cathédrale de Sarlat (construction en 1770, sans doute une erreur), de celle de Narbonne (proposition d'un devis en 1770 à retrouver), de l'église paroissiale de Gisors en Normandie (expertise en 1774, sans doute sur les nouvelles orgues achevées par le facteur rouennais Jean-Baptiste Nicolas LEFEBVRE à la fin de cette année-là), de l'église Saint-Pierre de Caen (restauration en 1785 mais c'est LEFEBVRE qui a reconstruit un nouvel instrument à partir de 1783, inauguré en 1787), de l'église des Bénédictins d'Argenteuil [travaux non datés, qui semble confirmés dans son manuscrit par l'organiste de Saint-Denis, Ferdinand Albert GAUTIER et enfin de l'église Saint-Étienne des Tonneliers de Rouen (travaux menés à une date inconnue).
Mise à jour : 28 juin 2025

