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COMPAGNON, René Marie (1760-1825)
État civil
NOM : COMPAGNON     Prénom(s) : René Marie     Sexe : M
Date(s) : 1760-8-15   / 1825-8-4 
Notes biographiques

Fils d'un aubergiste tourangeau, René Marie COMPAGNON entame une carrière ecclésiastique en devenant vicaire aux limites de la Touraine et du Blésois. En 1789, sans doute recommandé, il est reçu à la cathédrale de Tours comme prêtre évangéliste dans des fonctions qui l’éloignent du ministère mais lui accordent de solides revenus. Ce bénéfice nécessite de posséder des connaissances et des talents pour le chant. Il perd ce poste avantageux au bout d'une année à peine, mais proches des idées nouvelles, il prête le serment à la constitution civile du clergé et devient bientôt curé de Saint-Georges-sur-Cher jusqu'à la cessation du culte. Il est repéré à Saint-Aignan-sur-Cher lors de la Terreur où, mentionné comme "patriote reconnu", il gravite autour du comité de surveillance. En 1795, de retour en Touraine, il se marie et semble alors s'adonner à des activités commerciales. Sous le Consulat, il est toujours à Tours et travaille comme employé à la mairie. Nous perdons ensuite sa trace jusqu'à son décès, sous la Restauration, dans une humble bourgade berrichonne.

• 15 août 1760, Tours : René Marie COMPAGNON vient au monde et il est baptisé le même jour paroisse Saint-Symphorien. Il est le fils légitime d'Urbain, aubergiste du Croissant et de Marie Goisbault.

• 29 janvier 1785, Chissay-en-Touraine [Loir-et-Cher] : L'abbé COMPAGNON signe pour la première fois comme vicaire dans le registre de cette petite paroisse située alors dans le ressort du diocèse de Tours, près de la ville de Montrichard. Il semble succéder au vicaire Larousse.

• 1er mai 1789, Chissay-en-Touraine [Loir-et-Cher] : On relève pour sa dernière fois sa signature comme vicaire. Il est remplacé par l'abbé Raboteau des Plantes.
• 27 septembre 1789, Tours : Les chanoines de la cathédrale, réunis en chapitre " pour entendre le raport de mrs les chanoines prieurs sur le choix d'un sujet qui occupe dans cette Eglise la place d'Evangeliste vacante par la demission libre qu'en vient de faire M.GILLES l'un des pretres pourvus de cette place, ont approuvé la nomination qui a été faite du sieur René Marie COMPAGNON, prestre  de ce dioceze, vicaire de la paroisse de Chissai après l'avoir entendu chanter et trouvé capable de remplir les fonctions de cette ditte place conformement au titre de la fondation dans lequel sont expliqués tous les devoirs et fonctions que doivent remplir et auxquels sont tenus de se conformer Mrs les Evangelistes de cette Eglise". Il existe deux places d'évangélistes, liées aux fonctions de diacre et sous-diacre à l'autel dont les offices ont été fondés entre 1532 et 1538 par le chanoine Bataille. L'autre évangéliste est Joseph LETANNEUR.
En 1790, COMPAGNON expliquera que ce sont les chanoines qui le contactèrent en 1789, par l'entremise de l'abbé Fournès, leur confrère. "J'étais alors vicaire à Chissay sur Cher depuis cinq ans. L'avantage d'un revenu certain et d'une place inamobible, les esperances prochaines d'un sort plus avantageux encore, que les circonstances ont fait evanouir, et que mon patriotisme ne me permet pas de regretter, me déterminèrent à l'accepter sous la présentation des cinq prieurs de l'église et la collation du chapitre conformement au titre de fondation deposé aux archives".

• 3 mai 1790, Tours : Il est cité comme chapelain de Saint-Jean-Baptiste lors de l'évocation générale des bénéficiers.
• 9 décembre 1790, Tours : Au moment de la cessation de l'activité canoniale, il est toujours évangéliste. Le maître de musique de la cathédrale est alors Sulpice Philippe LEJAY. Un mémoire rédigé peu après à destination du directoire du district fait l'inventaire des revenus à attachés à cette place: 800 livres en argent, 100 livres équivalent au loyer "d'une jolie petite maison canonialle que j'occupe", 304 livres 4 sols pour l'acquittement des messes liées en partie à son titre bénéficial, 17 livres comme vicaire à la cathédrale; en outre, COMPAGNON était vicaire perpétuel à la collégiale saint-martin pour un revenu de 227 livres. L'ensemble s'élève à 1382 livres 1 sol.

• 16 janvier 1791, Tours : A l'issue de la messe paroissiale en la cathédrale Saint-Gatien, des membres de municipalité conduits par le maire Jean Prudent Bruley viennent recevoir de la part de certains ecclésiastiques le serment d'obéissance à la constitution civile du clergé. L'abbé COMPAGNON, second desservant le prête aux pieds de l'autel en levant la main droite et en disant "je le jure".
• 22 avril 1791, Saint-Georges-sur-Cher [Loir-et-Cher] : COMPAGNON est devenu curé constitutionnel de cette paroisse qui se trouve en face de Chissay-en-Touraine sur la rive sud de la Loire.On relève pour la première fois sa signature sous un acte de sépulture.

• 2 mai 1792, Tours : Le directoire du département fixe sa pension à 1139 livres 11 sols 3 deniers (minimum de 1000 livres plus moitié de l’excédent dudit minimum); le directoire retient une somme de départ de 1279 livres 2 sols 7 deniers.
• 21 octobre 1792, Saint-Georges-sur-Cher : Il prête le serment de liberté-égalité devant la municipalité réunie. Il est toujours curé de la paroisse.

• 4 février 1793, Saint-Georges-sur-Cher : Dans le dernier acte du registre de 1793, on relève encore sa signature comme curé.
• 7 décembre 1793, Saint-Aignan-sur-Cher [Loir-et-Cher] : René Marie COMPAGNON fait partie des "patriotes reconnus" qui épaulent le comité de surveillance du district, il est toujours mentionné comme prêtre. Il signe au bas d'un ordre du comité décrétant l'arrestation de plusieurs suspects et leur détention à la maison d'arrêt des Bernardines.

• 10 août 1795, Tours : Négociant demeurant alors à Châteauroux [Indre], il épouse Françoise Félicité Chauveau, fille d'un teinturier tourangeau en présence de son frère Jean Compagnon-Duchâtel, également négociant mais résidant à Langeais.

• 27 juin 1798, Tours : Présenté comme "pensionné", René Marie COMPAGNON signe au bas d'un certificat de résidence et non émigration dans lequel il est dit qu"il a habité depuis trois années sans interruption à Tours, rue de l'Armée du Nord dans la maison du citoyen Verger.
• 12 septembre 1798, Tours : Le citoyen René Marie COMPAGNON, "pretre marié", domicilié en cette commune, section de l'Arsenal, prête à la municipalité le serment conçu en ces termes, " je jure haine a la royauté et à l'anarchie, attachement et fidélité a la republique et à la constitution de l'an trois".

• 19 avril 1802, Tours : Avec son collègue Henry Bardet, René Marie COMPAGNON, employé à la mairie, signe comme témoin l'acte de naissance de Laure Balzac, fille de Bernard François, propriétaire et sœur d'Honoré.

• 5 août 1825, Néons-sur-Creuse [Indre] : René Marie COMPAGNON s'éteint à son domicile du "village de Mallet" où il habitait encore avec son épouse. L'acte de décès le présente comme ex-négociant mais il touchait toujours sa pension ecclésiastique, soit 267 francs par an.

Dernière mise à jour : 2 septembre 2017.

Sources
F-Ad36/ 3E137/ 007-8 ; F-Ad37/ 6NUM6/ 239/ 024 ; F-Ad37/ 6NUM8/ 261/ 013 ; F-Ad37/ 6NUM8/ 261/ 036 ; F-Ad37/ L 616 ; F-Ad37/ L 630 ; F-Ad37/ L 637 ; F-Ad41/ 4E051/58 et 62 ; F-Ad41/ 4E211/ 49 et 50 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1398 ; Filae.com

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