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COUDAMY, Joseph, dit Brujat (ca 1749-1826)

COUDAMY, Joseph, dit Brujat (ca 1749-1826)

État civil
NOM : COUDAMY     Prénom(s) : Joseph     Sexe : M
Complément de nom : dit Brujat
Autre(s) forme(s) du nom : CONDAMY
COUDAMIE
CONDAMIE
BREGEAT
BURGAT
Date(s) : 1749 ca  / 1826-2-23 
Notes biographiques

Chantre et choriste, Joseph COUDAMY touche également l'orgue de la collégiale Saint-Pierre du Dorat [Haute-Vienne]. Son investissement au sein du chapitre ne semble pas lui offrir le temps de pratiquer avec profit son métier de tailleur d'habits. La Révolution et la suppression du chapitre vont obliger musicien à s'adonner pleinement à cette activité. Il n'abandonne pas pour autant la musique, et finit ses jours en qualité de chantre.

• [1749] : Joseph COUDAMY est le fils de Jean-Baptiste Coudamy, maçon, et de Marie Filloux. C'est certainement autour de l'année indiquée que le futur musicien voit le jour. Ses origines sociales et son âge sont donc très proches de ceux de  Jean-Baptiste BONNESSET, lui aussi fils de maçon.

• [1753-1759] : Si l'on se réfère à son temps d'exercice dans le chapitre indiqué en 1790 il semblerait que Joseph COUDAMY l'ait intégré comme enfant de chœur vers 1753, ce qui paraît bien jeune (il n'aurait eu alors que 4 ou 5 ans).
 
• 29 décembre 1759, Le Dorat : Joseph COUDAMY est reçu chantre et choriste à la collégiale Saint-Pierre en même temps que Jean-Baptiste BONNESSET. Il aurait alors dix ans, ce qui correspondrait plutôt à une étape dans son cursus d'enfant de chœur, peut-être l'âge auquel, les premiers apprentissages ayant été effectués, il commence à recevoir une légère indemnité du chapitre. Il rejoint le choriste Hubert FANCHON, le maître de psallette est alors François CHAZELAS de LAFOREST

• [1759-1769], Le Dorat : Outre le titre de chantre, l'on voit parfois la qualification d'organiste lui être attribuée. Sans doute a-t-il été initié à l'orgue par Étienne LAMONTAGNE, organiste au moins jusqu'en 1769. 

• 26 décembre 1770 et 25 avril 1771, Le Dorat : Joseph COUDAMY "organiste" est choisi comme parrain deux fois de suite assez rapprochées.

• 14 janvier 1771, Le Dorat : Joseph COUDAMY "organiste" épouse Françoise Champigny, fille d'un marchand. Il a donc succédé à Étienne LAMONTAGNE. Un chanoine de la collégiale les marie devant notamment un maître d'école et le choriste Hubert FANCHON. Au moins quatre enfants vont naître de ce mariage, Marguerite (dès le 6 mai 1771, soit moins de quatre mois après la célébration des noces), Jeanne (1774), Catherine (1777), et Léonard. 

• 6 octobre 1774, Le Dorat : Jeanne naît de l'union Coudamy/Champigny. Par "nécessité", elle a été ondoyée dans la demeure familiale par le maître de psallette François CHAZELAS de LAFOREST, puis la cérémonie de baptême eut lieu avec la présence de ses parrain et marraine. L'acte de baptême précise que le père du nouveau-né est choriste.

• 10 mai 1777, Le Dorat : La famille Coudamy accueille la naissance de Catherine. Le père dont la fonction d'organiste est mentionnée dans l'acte est absent au baptême. Les parrain et marraine signent le registre. 

• 1er février 1779, Le Dorat : Une sœur de Joseph CORDEAU se marie. Parmi les témoins l'on trouve l'oncle de celui-ci, Hubert FANCHON choriste et Joseph COUDAMY, déclaré à nouveau organiste

• 23 février 1784, Le Dorat : COUDAMY est témoin au mariage de Pierre Chauvet et Marie Bonnetil est cette fois qualifié de choriste.
• 21 juillet 1784, Saint-Benoît-du-Sault [Indre] : Joseph COUDAMY signe au mariage de François AUDIGUET. Entre Le Dorat et Saint-Benoît, il y a quelque 40 km par les chemins de traverse, soit environ huit heures de marche.

1790, Le Dorat : Cela fait 37 ans que Joseph COUDAMY, musicien choriste et organiste, travaille au service de la collégiale Saint-Pierre. Outre les 12 septiers seigle et 68 francs en argent qu'il percevait, il bénéficie également d'un logement "fort honnette" fourni par le chapitre. Il est maintenant placé sous la direction de François AUDIGUET, jeune maître de psallette, et exerce en compagnie de Jean-Baptiste BONNESSET, Joseph CORDEAU, musiciens choristes comme lui, ainsi que quatre enfants de chœur dont son fils Léonard COUDAMY, Jacques BONNESSET, Joseph BOUCQUET et Antoine DUPEYROUX. La consultation des registres paroissiaux du Dorat montre la présence quasi systématique de COUDAMY aux sépultures (particulièrement en 1789). Cela laisse penser qu'il était chargé de chanter le Requiem

• 5 décembre 1790, Le Dorat : Les membres du chapitre du Dorat font une demande de pension au Comité ecclésiastique. COUDAMY déclare avoir une femme et quatre enfants "sans bien et sans état", et qu'on "ne peut prudemment compter pour aider à sa subsistance et à celle de sa famille sur son métier de tailleur qu'il n'a jamais su, qu'il est hors d'âge d'apprendre et pour lequel il n'a jamais eu de pratique". Il semble exagérer son ignorance du métier de tailleur puisque peu de temps après il en fera vivre sa famille ! Chacun des membres du bas chœur décline d'ailleurs le même argument : ils ont bien un autre métier, mais ils n'ont jamais pu le développer et construire leur clientèle à cause des interruptions incessantes qu'occasionnait le service du chapitre.
Le directoire du département entend sa requête et propose une pension annuelle de 100 livres. 

• 5 janvier 1792 : Une nouvelle pétition de Joseph COUDAMY (également appelé "Brujat", parfois "Brugat") et de Jean-Baptiste BONNESSET est envoyée. Ils réclament tous deux une pension viagère de 200 livres "attendu qu'ils ont servi le chapitre en qualité de choriste et musicien l'espace de 35 ans quoique ne soient âgé que de 45 ans". 
• 13 janvier 1792 : Par arrêté du département du 13 janvier 1792, le directoire du district leur accorde la somme de 200 livres chacun conformément à l'article 11 de la loi du 26 août précédent.

• 16 décembre 1793, Le Dorat : Joseph COUDAMY, qualifié de marchand, figure parmi les 12 membres d'un "nouveau comité de surveillance [révolutionnaire] au district du Dorat".

• 24 janvier 1794, Le Dorat : COUDAMY et BONNESSET entreprennent de nouvelles réclamations auprès des administrateurs du district.  Alors qu'ils espéraient une pension viagère de 200 livres par an chacun, ils se sont vu attribuer ce montant seulement en tant que gratification. Ils demandent donc une révision, du fait de la loi du 1er juillet 1792 qui stipule que les musiciens ayant moins de 50 ans mais 25 années de service minimum pourront toucher une pension de la moitié de leurs gages, cette dernière ne devant pas excéder 200 livres. COUDAMY joint donc à sa réclamation une attestation du chapitre de Saint-Pierre sur ses 37 années de service. Il ajoute à cela qu'un de ses fils est mort en défendant la patrie, et de ce fait, la famille a perdu une partie de ses ressources pour subvenir à ses besoins. 
Le directoire du district juge cette demande raisonnable et accorde au "bon citoyen" qu'est COUDAMY une pension de 200 livres et "qu'elle lui soit payée depuis le 1er janvier 1792".
8 novembre1794, Le Dorat : Ordre est donné par le district à la municipalité ''de faire démonter le buffet d'orgue qui est dans la ci-devant église de cette commune. Nous vous invitons à vous y conformer''.

• 1797, Le Dorat : COUDAMY, "ex-choriste" sollicite un certificat de résidence auprès de la municipalité du Dorat.

• 16 août 1801, Le Dorat : Sa fille Catherine a 24 ans, elle épouse un boulanger. Le père de la mariée est qualifié de "tailleur d'habit", sa mère est décédée. Parmi les témoins l'on trouve un voisin de l'époux, un boulanger, deux oncles de la mariée côté maternel dont l'un est "propriétaire", l'autre boucher. Tous signent le registre.

• 24 janvier 1804, Le Dorat :  C'est au tour de Jeanne de se marier, elle épouse François Bonnet, un maçon originaire du Dorat. Le père du marié exerce la même profession que Joseph COUDAMY, il est tailleur d'habits. Parmi les témoins, seul l'oncle de la mariée signe avec les époux et le maire. 

• 23 février 1826, Le Dorat :  C'est dans la maison de sa fille et de son gendre François Bonnet que Joseph COUDAMY rend l'âme. Sur l'acte de décès, il est précisé que le défunt était chantre. Parallèlement à son métier de tailleur d'habits, il avait donc recommencé à chanter aux offices religieux, peut-être dès le Concordat.

Mise à jour : 13 septembre 2018

Sources
F-Ad36/ BMS St-Benoît-du-Sault ; F-Ad87/ BMS Le Dorat ; F-Ad87/ BMS St-Pierre du Dorat ; F-Ad87/ L 363 (1792) ; F-Ad87/ L 363 (1793) ; F-Ad87/ L 559 ; F-Ad87/ NMD Le Dorat ; F-Ad87/ NMD le Dorat ; F-An/ DXIX/091/776/02,04 ; F-An/ DXIX/103/776/03 ; R. Martin, Orgues du Limousin...,, 1993

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