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DARGEIN, Joseph Louis, fils aîné (1756-1788 ap.)

DARGEIN, Joseph Louis, fils aîné (1756-1788 ap.)

État civil
NOM : DARGEIN     Prénom(s) : Joseph Louis     Sexe : M
Complément de nom : fils aîné
Autre(s) forme(s) du nom : DARGEINS
Louis-Joseph DARGEIN
Date(s) : 1756-1-20   / 1788-4-19 ap.
Notes biographiques

Joseph-Louis DARGEIN est originaire de Saint-Lizier, siège de l'évêché de l'ancien diocèse de Couserans, cet espace très montagneux du nord-ouest de l'actuel département de l'Ariège. Il appartient à cette grande famille de musiciens d'Église qui donna plusieurs organistes dans le sud-ouest de la France à partir du milieu du XVIIIe siècle et bien au-delà de Saint-Lizier. Cependant, bien que devenu organiste de la cathédrale de sa ville natale, le déroulement de sa vie n'est pas entièrement éclairci.

• 20 janvier 1756, Saint-Lizier [Ariège] : Joseph-Louis DARGEIN est baptisé à la cathédrale Notre-Dame-de-la-Sède, là où son père, François DARGEIN, exerce son métier d'organiste. Ce dernier y a épousé, deux ans plus tôt, Claude-Josèphe Nicolas, fille du maître d'hôtel de l'évêque. Quatorze enfants naîtront de cette union en dix-huit ans, de janvier 1755 à mars 1774. Joseph-Louis est l'aîné de la fratrie par le décès, à l'âge de cinq mois, d'une petite sœur. Au baptême, il a reçu, en second prénom, celui de son grand-père maternel; mais comme le premier sera le plus usité, le risque de confusion avec l'oncle paternel nommé Joseph Dargein, sera fréquent.

Où Joseph-Louis a-t-il reçu sa formation? Est-ce auprès de son père? Ou bien, tout simplement, au séminaire de Notre-Dame-de-la-Sède? L'absence d'archives empêche de répondre à cette question.

•  8 octobre 1779, Saint-Lizier : Le père de Joseph-Louis décède précocement: il n'a que 55 ans et laisse plusieurs enfants en bas âge. C'est lui, le fils aîné, qui lui succèdera sur l'orgue de la cathédrale.

• 20 mars 1780 : Joseph-Louis DARGEIN, sous-diacre et prébendier de la cathédrale, est malade et alité. Il fait venir Me Monroux, le notaire royal et apostolique qui lui rédige un acte: il sollicite du pape la résignation de sa prébende de vingt-quatre en faveur de son frère cadet Pierre DARGEIN, clerc tonsuré qui va sur ses dix-neuf ans et qui poursuit sa formation d'organiste. La famille rencontre sans doute des difficultés financières. En effet, une  semaine plus tard, le 28 mars, Claudine-Josèphe Nicolas, leur mère, veuve et "tutrice des personnes et biens de ses enfants", est assistée de Joseph-Louis et de son beau-frère, le prêtre prébendier Joseph Dargein, pour vendre des terres agricoles situées sur une paroisse voisine. 

• 20 février 1781 : Joseph-Louis DARGEIN, en compagnie de son oncle Joseph, assiste tout naturellement à la signature du contrat de mariage de Marie, sa soeur. Il est qualifié de "aussi prébendier du même chapitre". Rien ne fait allusion à son service d'organiste, poste pourtant important. Ce silence se poursuit l'année suivante quand il est parrain de sa cousine Josèphe-Marie Cointre et que le rédacteur de l'acte prend cependant la peine de noter son grade de sous-diacre

• 28 mai 1782 : Le jeune musicien, qualifié de prébendé et son oncle le prêtre Joseph Dargein, bien entendu prébendé lui aussi, achèvent une tâche  d'experts : vérifier que les travaux sur " les vases sacrés, ornements et autres objets des églises qui sont à la charge de l'évêché" ont bien été réalisés. Il leur est dû cent cinquante livres pour honoraires et divers autres frais. Joseph-Louis qui a reçu cette mission de son évêque semble impatient de percevoir la somme.

• 3 juillet 1786 : Joseph-Louis se voit enfin apposée sa fonction d'organiste :  "bénéficier et organiste du vénérable chapitre". Mais ses honoraires sont l'objet d'une saisie. Et ce jour-là, à la suite d'une requête du collecteur des impositions royales de la ville, on lui remet un mandement exigeant d'acquitter la somme de cent trente-cinq livres  dix-neuf sols et dix deniers pour impositions royales de l'année en cours. Il refuse, n'ayant "argent pour payer". Le mandement est transféré entre les mains des représentants de ses employeurs, le cellerier des chanoines et le curé de la paroisse qui s'occupe des affaires de l'évêque. L'affaire concerne un bénéfice, celui d'organiste, pour laquelle des droits n'auraient pas été acquittés. Elle chemine depuis quatre années déjà, depuis que Bernard Gaudens de Rosès, chanoine et vicaire de ce chapitre cathédral,le 11 avril 1782, a obtenu, devant le sénéchal de Pamiers, d'imposer les héritiers de "feu François DARGEIN", tous "solidaires des fruits décimaux". Joseph-Louis se défend. Il affirme ne rien devoir à ce chanoine "vu que son père l'avoit payé de son vivant". Et il explique qu'il s'est déjà présenté devant le sénéchal de Pamiers pour proposer une médiation: puisque "les fruits de son bénéfice sont déjà saisis", il accepte tout, "sous la réserve d'une pension alimentaire suivant son état".

• 10 mai 1787 : Il obtient le versement de ses émoluments d'organiste. En effet, le frère du chanoine de Rosès, lui-même chanoine du même chapitre, met une main levée temporaire. Monsieur de Rosès consent à ce que "l'honoraire de l'orgue soit délivré à Mr DARGEIN organiste", mais "pour une année seulement". Nous ignorons ce que signifie cette restriction: Monsieur de Rosès refuse-t-il de verser les années antérieures de manière rétroactive? Ou bien, prévient-il qu'il n'acquittera pas le salaire de l'année à venir? De toute façon, le conflit semble s'être ensuite dénoué.

• 19 avril 1788, Le Mas d'Azil [Ariège] : DARGEIN est entré en Franc-maçonnerie.Le "Cher Frère l'Abbé Joseph-Louis DARGEINS", de Saint-Lizier, est reconnu "Apprenti Compagnon et Maître de la Loge" de L'Amitié Fervente du Mas d' Azil, une petite ville marquée par une présence très forte de protestants et située à trente-cinq kilomètres environ de Saint-Lizier. Le diplôme sur parchemin qui lui est remis est comme un passeport puisqu'il lui permettra de recevoir de "tous les frères éclairés, joie, satisfaction et bon accueil". Le prêtre Joseph Dargein, l'oncle dont il est si proche depuis le décès de son père en 1779, a été admis dans cette même Loge au mois de décembre précédent.

• (?) 1790 : Nous ignorons comment Joseph-Louis DARGEIN vit la suppression du chapitre cathédral, conjointement avec le joueur de serpent Guillaume DALMONT et deux enfants de chœur nommés Jean-Pierre Vignau et Jean-Pierre-Éloy Arouffe. Son oncle Joseph, le prêtre, participe activement aux premiers temps de la Révolution. Ainsi, il prononce le serment créé en 1790 et il devient ensuite greffier du tribunal et aumônier de la garde-nationale de la ville, avant d'être contraint à l'exil vers l'Espagne. Mais aucune demande de pension adressée par les musiciens de Saint-Lizier ne figure dans les archives départementales, alors qu'il n'y a pourtant aucune raison de penser que ces dossiers n'ont pas été constitués puisque l'instrumentiste DALMONT est qualifié de "pensionné" quand il meurt en 1827. Ainsi, pour Joseph-Louis DARGEIN, nous n'avons trouvé aucune autre information. Son frère Jean-Charles, celui qui était qualifié d'apprenti organiste en 1785, fait ses dernières apparitions dans le registres paroissial de 1791. Mais Joseph-Louis, alors âgé de 35 ans, en est déjà absent.

La recherche mérite d'être poursuivie. Est-il demeuré dans la Franc-Maçonnerie? A-t-il, comme son oncle, accueilli la Révolution avec enthousiasme avant de la fuir par la suite? Son frère Pierre DARGEIN, organiste à Layrac (Haute-Garonne) et bien intégré au sein des nouveaux responsables de la ville, lui aurait-t-il apporté son aide ? De plus, quel sens revêt le terme d'abbé qui lui est attribué sur son diplôme de franc-maçon? À plusieurs reprises, entre 1780 et 1785, on le dit sous-diacre. Mais nous ignorons s'il obtint ensuite des grades supérieurs.

Mise à jour : 24 mai 2020.

Sources
Ad09/ G 314 ; Ad09/ G314 ; E. Géraud et M. Hygounet, Histoire des Francs-Maçons ariégeois...,2004 ; F-Ad09/ G 15 ; F-Ad09/ G 314

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