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Pour citer Muséfrem
FOROT, Jacques (1759 av.-1783)
Autre(s) forme(s) du nom : FOREAU
FOROT DE COMBES
Date(s) : 1759-3-15 av. / 1783-5-17
Les origines et les débuts de la carrière de Jacques FOROT restent mystérieux. Arrivé dans la capitale depuis la ville de Lyon, il se fixe en 1764 à la Sainte-Chapelle du Palais où il chante au lutrin comme chapelain ordinaire jusqu'à son décès en 1783. À la fin des années 1760, il bataille contre le chapitre afin d'obtenir une augmentation, alors qu'il est assailli par ses créanciers.
• 15 mars 1759, Paris : Le chapitre de Saint-Louis-du-Louvre nomme pour chantre de son église le sieur FOREAU, prêtre du diocèse de Lyon, sur le pied et aux appointements des autres chantres.
• 1er février 1764, Paris : Il a été accordé par le chapitre de la Sainte-Chapelle au sieur Jacques FOROT, prêtre du diocèse de Lyon, un logement dans la maison commune des chantres en qualité de chapelain [chantre] de "Messieurs". Il a été reçu sous la prébende de l'abbé Le Gros. Ordre est donné de l'inscrire samedi prochain sur le livre de pointe.
• 17 mars 1764, Paris : Un congé de 15 jours est accordé au sieur FOROT, chapelain.
• 17 octobre 1764, Paris : Ce jour, sur ce qui a été représenté à la compagnie que le sieur FOROT, chapelain, ne descendait pas à l'aigle pour y chanter la musique et le plain-chant, le secrétaire a été prié de lui faire savoir qu'il devait descendre sous peine d'être "muleté".
• 1er octobre 1765, Paris : Le chapitre accorde six jours de congé à FOROT, chapelain.
• 23 mai 1766, Paris : Il obtient huit jours de congé.
• 31 mai 1766, Paris : Le sieur FOROT, chapelain, s'est présenté à la compagnie et lui a représenté que le congé par lui demandé mercredi dernier était pour aller à Rouen en raison d'affaires importantes et que le terme de huit jours était trop court pour faire ce voyage. Il supplie de le prolonger. Il obtient quinze jours au lieu de huit. Il a aussi représenté qu'il n'avait pas assisté aux secondes vêpres le jour du saint sacrement parce qu'il s'était malheureusement endormi et n'avait pas entendu sonner. Il supplie la compagnie de vouloir bien l'en excuser, ce qui lui a été accordé sans tirer à conséquence, notamment pour les jours et offices privilégiés.
• 18 juin 1766, Paris : Le chapitre se fait lire une lettre de FOROT, qui demande une prolongation de son congé pour terminer ses affaires. Cela lui est accordé jusqu'aux premiers jours de juillet.
• 9 mai 1767, Paris : Le sieur RATILLON, pointeur a représenté que le trésorier lui a dit qu'il avait envoyé au séminaire le sieur FOROT, chapelain, et qu'il demandait que ledit FOROT soit tenu présent aux offices pendant son séjour au séminaire, "sur quoi la compagnie a remis à délibérer sur ladite proposition jusqu'à ce que mondit sr le Trésorier se soit expliqué avec la compagnie ainsi qu'il a été pratiqué par ses prédécesseurs en pareil cas et notam[m]ent le 16 janvier 1694 [7 ?]".
• 6 juin 1767, Paris : FOROT reçoit 45 livres pour le secourir dans ses besoins.
• 1768, Versailles : On relève son nom parmi les clercs dans l'État des noms, surnoms de Messieurs les Trésorier, Chantre, Chanoines de la Sainte Chapelle Royalle de Paris, des chapellains perpétuels, chapellains ordinaires, clercs ordinaire, marguilliers, huissiers, appariteurs et autres officiers de ladite Sainte Chapelle que le Roy veut et entend jouir des privilèges de commensaux de sa Maison. Il est certifié que tous sont au service de la Sainte-Chapelle et que tous demeurent à Paris. Il est encore cité dans un semblable état de 1781.
• 16 janvier 1768, Paris : La compagnie a examiné une sommation de FOROT, chapelain. Elle répond que 1° lors de la réception du sieur FOROT en cette qualité, elle ne lui avait promis aucune augmentation de gages. Elle ignore si certains ont contracté avec lui un engagement à cet égard, au reste si quelqu'un lui a fait quelque promesse, il peut en réclamer contre eux l'exécution ; 2° depuis la réception de FOROT, dont la conduite a pu engager la compagnie à lui faire quelque gratification ou augmentation de gages, il peut se rappeler qu'il a mis le trésorier dans le cas de l'envoyer au séminaire pour y prendre "l'esprit de son état et de prononcer contre lui quelques autres peines" ; 3° la somme de 100 livres qu'il réclame comme devant lui être payée chaque année, ainsi qu'elle l'est au sieur FREMEAUX, ne fait point partie des revenus attachés aux places de chapelains et clercs, ce qui est si vrai que du nombre des chapelains et clercs de la Sainte-Chapelle, il n'y en a que quatre, savoir les sieurs MALINES, LACROIX, GARDINVILLE et FREMEAUX qui la reçoivent par des considérations particulières ; 4° la compagnie fait remettre exactement selon l'usage entre les mains du receveur ou distributeur tout ce qui peut revenir au sieur FOROT en sa qualité de chapelain et, loin de mettre obstacle à la délivrance de ses revenus, elle lui a accordé ses distributions quoiqu'au séminaire pour le mettre à portée d'avoir une attitude conforme à son état, en payant sa pension ; 5° les contestations du sieur FOROT avec l'abbé Thomas ou autres étant étrangères à la compagnie, elle n'entend y prendre aucune part.
• 4 février 1768, Paris : Les chanoines prennent connaissance d'une assignation faite à la compagnie par le sieur FOROT par laquelle il réclame 100 livres de plus sous forme de gratification ou d'augmentation de gages et "qu'il lui soit pourvu d'une provision alimentaire en attendant qu'il ait été statué sur la demande en main levée des saisies faites par ses créanciers entre les mains de M. l'abbé Thomas receveur". Le procureur du chapitre au Parlement n'est chargé de répondre que sur la demande provisoire et une défenses en cinq points est mise en place. Pour résumer, il est réaffirmé que la compagnie "a remis exactement entre les mains de Mr le receveur chaque samedi pour être distribué au sr Forot ce qui pouroit lui appartenir [cela peut monter à 12 livres la semaine] ainsi qu'il est justifié par le livre du point et par les feuilles arrêtées par la compagnie, ce qui n'est point contesté par le sr Forot". Elle se déclare étrangère aux saisies engagées par les créanciers, affirme qu'elle ne s'oppose pas à une provision alimentaire à verser au sieur FOROT et même que si ce dernier perçoit de nouveaux gains au chœur, il pourra les percevoir directement si la justice consent. Quant à la revendication des 100 livres, une assemblée présidée par le Trésorier, avec l'ancien du chapitre, devra être convoquée, comme les statuts le prévoient en pareil cas.
• 23 mars 1768, Paris : L'abbé Thomas signale qu'ayant appris dimanche dernier que le sieur FOROT, chapelain, était malade, il a fait remettre au sieur FREMEAUX, son confrère, la somme de 36 livres pour être employée aux besoins dudit FOROT, "sur quoy la compagnie a arrêté que lad. somme sera passée a compte à M. l'abbé Thomas, et le prie de continuer de veiller à ce que led. Sr Forot ne manque d'aucun des secours nécessaires".
• 30 mars 1768, Paris : L’abbé Thomas présente un mémoire des déboursés faits par le chapitre dans l'affaire contre FOROT. Les dépenses s'élèvent à 159 livres.
• 9 avril 1768, Paris : Le receveur annonce avoir remis à FREMEAUX la somme de 24 livres, outre celle de 36 livres "que la Compagnie lui avoit passé en compte". FREMEAUX vient d'annoncer que l'abbé FOROT s'est retiré à l'Hôtel-Dieu. La compagnie délibère que "qu'attendu que par les Reglemens de la Ste Chapelle nul ne peut être tenu présent s'il ne pernocte dans la cour du palais, le sr Forot ne sera pas compris sur le livre du point, néantmoins que Mr l'abbé Thomas seroit authorisé à pourvoir à ses besoins s'il avoit lieu, ce dont la compagnie le prie de s'informer".
• 4 juin 1768, Paris : Jacques FOROT a repris ses fonctions depuis quelques jours sans être inquiété par le Trésorier "pour les excès dont il s'est rendu coupable envers la compagnie, notamment la distribution d'un mémoire imprimé supprimé par arrêt du Parlement en date du 19 mars dernier. M. le chantre et M. l'abbé Thomas ont été priés de voir à ce sujet le Trésorier pour lui représenter que FOROT était dans le cas d'être congédié du service de la Sainte-Chapelle et que la compagnie le priait de faire usage de l'autorité que lui donnent les règlements".
• 11 juin 1768, Paris : Le chantre et le receveur font état de leur visite au trésorier, "qu'ils l'avaient trouvé dans la disposition de faire usage de l'autorité que lui donnent les règlements, mais qu'il leur avait dit qu'il en parlerait à son conseil et qu'il croyait nécessaire de lui remettre copie des délibérations prises à ce sujet. Sur quoi la compagnie a prié M. l'abbé d'Hargicourt de voir M. le Trésorier et de lui communiquer les pièces contenues dans le dossier de l'affaire concernant le sieur FOROT, le mémoire imprimé de ce dernier, l'arrêt qui est intervenu et les délibérations prises dans ladite affaire".
• 26 septembre 1769, Paris : Les chanoines font verser la somme de 12 livres à FOROT, malade.
• 1er juillet 1773, Paris : FOROT est l'un des cinq chapelains ordinaires présents à l'Assemblée générale. Il ne vient plus qu'exceptionnellement à ces assemblées.
• 1775, Paris : La compagnie lui fait verser 30 livres pour le soulager dans sa maladie.
• 24 avril 1776, Paris : L'abbé Dombreval, un des chanoines, rend compte à ses confrères que lundi dernier, pendant nonne, alors qu'il était président du chœur, il a entendu le sieur FOROT parler plus fort que ceux qui chantaient l'office. Il l'a regardé et lui a fait signe de cesser. FOROT s'est levé et lui a demandé ce qu'il voulait. Le chanoine l'a prié de se taire. FOROT lui a répondu qu'il n'avait à faire de lui, qu'il "n'étoit rien dans l'Église" et qu'il se moquait de lui. En conséquence, l'abbé Dombreval réclame que l'insulte qui lui a été faite au chœur soit prise en considération. La compagnie prive FOROT d'un jour entier de ses distributions pour cette fois. Le 24 mai suivant, l'abbé FOROT appelle comme d'abus de la délibération du 24 avril. L'acte est remis au procureur de la compagnie au parlement, Bourdin de Fréville.
• 12 février 1781, Paris : Jacques FOROT DE COMBES, chapelain de la Sainte-Chapelle, demeurant Cour du Palais, est l'un des signataires au bas d'un acte de mise en tutelle des enfants mineurs de feu Jean Le Clerc, marchand de vins en gros à Paris et de Marie Jeanne Françoise Desmarets.
• 17 mai 1783, Paris : Le registre capitulaire rapporte que le sieur Jacques FOROT, chapelain, s'est constitué malade à l'insu de la compagnie, "aussitôt qu'elle en a été informée, Messieurs Morand et de Montal se sont chargés d'aller le visiter et lui ont donné des secours". FOROT étant décédé, la compagnie l'a fait transporter à son logement à la communauté et a arrêté qu'il serait inhumé ce jour à l'issue de l'office de chœur. Il est mort à l'Hôtel-Dieu. On ignore son âge.
Mise à jour : 11 novembre 2024

