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FOURCHOTTE, Jean-Baptiste (1753-1811)
État civil
NOM : FOURCHOTTE     Prénom(s) : Jean-Baptiste     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : FOURCHOT

Date(s) : 1753-12-25   / 1811-12-5 
Notes biographiques

Jean-Baptiste FOURCHOTTE présente un profil atypique au sein du chœur de la collégiale Notre-Dame de Beaune : il y chante la basse contre, mais sans avoir la qualification suffisante pour "chanter à la musique" et monter à la tribune. Il doit essentiellement aider à la psalmodie en restant au niveau des stalles. Par ailleurs, il exerce le métier d'écrivain public et selon les sources son identité professionnelle oscille en permanence du chant à l'écriture.
 
• 25 décembre 1753, Commarin : Dans ce village proche de Pouilly-en-Auxois, Jean-Baptiste FOURCHOTTE naît le jour de noël 1753. Il est le premier enfant de Dominique Fourchot ou Fourchotte, "tixier de toille" et de Jeanne Bourgogne, qui s'étaient mariés dans la même paroisse le 14 novembre 1752. Une petite sœur, Marguerite, suivra le 3 mars 1756. Son prénom de baptême est Jean. Par la suite il utilise systématiquement le prénom double Jean-Baptiste.

• Il ne semble pas avoir été enfant de chœur à la collégiale de Beaune. On ignore tout de sa formation au chant – comme d'ailleurs à l'écriture. De Commarin à Beaune, il y a environ 36 km en droite ligne, soit environ 7 heures et demie de marche à pied.

• 18 janvier 1776, Beaune : Selon certains tableaux de 1790-1791, c'est à cette date du 18 janvier 1776 que Jean-Baptiste FOURCHOTTE serait entré au service de la collégiale Notre-Dame de Beaune comme basse contre. Il s'agit probablement d'une erreur, d'une tricherie ou d'une confusion, car le registre capitulaire enregistre clairement sa réception un an plus tard.

• 31 janvier 1777, Beaune : Le chapitre de la collégiale Notre-Dame reçoit FOURCHOTTE, "qui a chanté à la messe et peut être utile à la psalmodie". Il gagnera 20 sols par jour, un bichet de froment et un poinçon de vin gamay, et il est aussi "admis au casuel de la paroisse". C'est alors Lazare GOOSSENS qui fait fonction de maître de musique à la collégiale.

• 18 avril 1778, Beaune : Le chapitre de la collégiale Notre-Dame décide que désormais, lorsqu’il y aura musique à la tribune, comme pour Pâques le lendemain, "les nommés HOQUARD et FOURCHOTTE, basse contre, resteront dans leur stalles pour aider à la psalmodie". Est-ce l'indice d'un niveau jugé moindre que ceux qui sont dignes de monter à la tribune ? Cette décision est répétée au sujet de Fourchotte seul en avril 1790.

• 16 janvier 1779, Levernois : Dans ce village situé tout près de Beaune, à 5 km en droite ligne du centre de la ville, au sud-est, Jean-Baptiste FOURCHOTTE épouse Françoise Flocard, fille d'un maître charpentier et petite-fille d'un meunier. Le marié est dit "basse contre à la Collégiale de Beaune" et il est accompagné de son père, mais aussi des sieurs Jacques HOCQUARD, maître grammairien (et aussi basse contre à la collégiale), et Bernard MALLARD, maître écrivain à Beaune.
• 1er septembre 1779 : Deux musiciens de la collégiale obtiennent un congé de six jours. PERRIER est dit musicien haute taille, tandis que FOURCHOTTE est seulement qualifié de chantre.
• 15 décembre 1779 : FOURCHOTTE, chantre et gagiste, est malade depuis trois mois (il a de la fièvre et est "incommodé de la poitrine"). Le chapitre estime "qu’il n’y a pas d’espérance qu’il puisse désormais servir à la psalmodie" et prévoit de le renvoyer le 1er mai suivant. Un sursis lui est ensuite donné jusqu'au 1er août 1780.

• 19 juillet 1780 : Les chanoines, observant "que la voix dudit Fourchotte s’est fortifiée depuis quelque temps et qu’il y a espérance qu’il sera utile à la suite" décident de finalement le conserver à leur service.

• Du 7 mars 1780 au 17 février 1790, le couple Fourchotte / Flocard donne naissance à sept enfants, baptisés paroisse Notre-Dame. Le père est tantôt qualifié d'écrivain ou de maître écrivain, tantôt de chantre. Il est notamment dit "chantre en cette église" lors des baptêmes de 1788 et 1790. Aucun des parrains / marraines ne semble appartenir au milieu musical. Ils sont choisis d'abord dans la famille Flocard, puis dans le monde de l'artisanat urbain (maîtres tonnelier, menuisier, cordonnier… ou "marchands").

• 13 mai 1781, Beaune : Jean-Baptiste FOURCHOTTE, "écrivain", est le parrain du fils d'Amable BAS.

• 24 septembre 1782 et 2 octobre 1782 : Les époux Fouchotte-Flocard sont frappés coup sur coup par la mort de deux enfants, Joseph à l'âge de 4 mois et demi, et Jean-Baptiste à l'âge de 18 mois. L'inhumation a lieu le lendemain de leur décès en présence, pour le premier de Jean-Louis LEVESQUE, musicien à la collégiale, et pour le second du sieur Joseph JIGNARD, maitre écrivain à Beaune. Jean-Baptiste FOURCHOTTE est dans les deux cas dit "maître écrivain".

• 16 août 1783, Beaune : En compagnie de Jean-Louis LEVESQUE, Jean-Baptiste FOURCHOTTE assiste à une sépulture et signe l'acte dans le registre de la paroisse Notre-Dame de Beaune. Tous deux sont dits "musiciens à la collégiale".

• 24 août 1787 : Le chapitre de la collégiale accepte d'avancer 90 livres au sieur BALONCHARD et 36 au sieur FOURCHOTTE "dont ils avoient besoin pour l’arrangement de leurs affaires". Il se remboursera en retenant 15 livres par mois au premier et 6 au second.

• 11 avril 1788, Beaune : Jean-Baptiste FOURCHOTTE "chantre à l'insigne église collégiale de Beaune" est le parrain du premier enfant né à Beaune du nouveau chantre de l'église paroissiale Saint-Martin de Beaune, Jean GIBOULOT, lequel arrive de Savigny, à 5 km de la ville, et succède à François LABOUREAU. Il signe "Fourchotte Chantre".

• 17 février 1790, Beaune : Lors du baptême de sa fille Anne, en l'église Notre-Dame, Jean-Baptiste FOURCHOTTE est dit "chantre en cette église". La marraine est Anne Gossot, "fille, demeurante chez Mr Berbis de Corcelles, chanoine de Beaune", où elle est probablement domestique.
• 3 avril 1790 : Les chanoines demandent au sieur FOURCHOTTE "d’être plus décent au chœur à l’avenir qu’il ne l’a été jusqu’à présent, de ne point anticiper sur les autres et de s’abstenir de monter à la tribune lorsqu’il y a musique extraordinaire, n’y étant point nécessaire". Cette dernière consigne confirme celle d'avril 1778.
• 22 août 1790 : Sur la demande du sieur FOURCHOTTE "chantre de cette église", les chanoines lui accordent huit jours "pour vacquer à ses affaires", et la délibération précise "pendant lequel temps il sera tenu présent", c'est-à-dire qu'il sera compté comme étant présent au chœur et en touchera donc les distributions.
• Novembre 1790, Beaune : Jusqu'à la suppression du chapitre collégial, Jean-Baptiste FOURCHOTTE a chanté la basse contre à Notre-Dame, tout en étant en parallèle écrivain public en ville. Au chœur de Notre-Dame de Beaune, il chante sous la direction du maître de musique ÉVRARD, aux côtés de Léonard BALONCHARD, Philibert JOROTJean-Louis LEVESQUE, MÉRANDON et Gaspard SAUSSET. À cet effectif s'ajoutent l'organiste Jean-Nicolas MORISSET, un certain nombre "d'habitués" comme Pierre DESFORGES, Jacques DROUHIN et François DURAND, ainsi que d'anciens enfants de chœur ayant le statut de "chorial" et mobilisés les dimanches et fêtes comme Claude TRUCHEUR ou Jacques-François CHAMPEAUX.
 
• 1790-1791 : Le district de Beaune estime que FOURCHOTTE doit toucher une pension de 300 livres au nom de la durée de ses services à l'église.

• Début 1791, Beaune : Jean-Baptiste FOURCHOTTE évince Jacques SIROT du poste de recteur d'école de la paroisse de La Madeleine, qu'il occupait depuis près de vingt ans. FOURCHOTTE s'impose durant le premier trimestre de l'année 1791 et assiste très régulièrement aux sépultures. À noter : plusieurs fois, bien que le curé le qualifie de "recteur d’école" dans l'acte, il signe "fourchotte chantre" ce qui, une fois de plus, manifeste l'étroite intrication des deux fonctions.
Dès le mois de  juillet 1791, FOURCHOTTE quitte l'école de La Madeleine où il est remplacé par Pierre GRIVOT.
• 20 juin 1791, Beaune : Une première sépulture de la paroisse Notre-Dame est célébrée en présence de Jean-Baptiste FOURCHOTTE "chantre de la paroisse". Jusqu'à la fin de l'année 1791, il est présent à presque toutes les sépultures de la paroisse Notre-Dame, toujours désigné dans les actes comme "chantre de la paroisse", souvent en compagnie de Jean-Louis LEVESQUE, lui aussi chantre de la paroisse.

• 2 pluviôse an II (21 janvier 1794), Beaune : En compagnie de Nicolas Daunas, Jean-Baptiste FOURCHOTTE "écrivain à Beaune", sert de témoin à une déclaration de naissance. L'acte le dit "natif de Commarin district d'Arnay sur Arroux, âgé de 40 ans", double indication qui a été précieuse pour découvrir son baptême. Cet acte indique par ailleurs que, le chapitre collégial disparu, l'école et le lutrin de la Madeleine abandonnés, le culte suspendu partout, FOURCHOTTE s'est replié sur son autre métier, écrivain public et maître d'écriture.

• [1795], Argilly : Jean-Baptiste FOURCHOTTE et sa famille s'installent dans ce village situé à 16 km à l’est de Beaune en itinéraire pédestre. Le choix d'Argilly n'est pas lié au hasard : c'est là que son ancien collègue au chœur de la collégiale de Beaune Gaspard SAUSSET est devenu "greffier de la justice de paix du canton d'Argilly", puis cultivateur et officier municipal. FOURCHOTTE, lui, devient l'instituteur du village.
Dans les années qui suivent, il sert de temps à autre de témoin pour certains actes d'état-civil, au bas duquel on retrouve sa fameuse signature "fourchotte" entourée d’un grand paraphe bouclé, terminé par deux ou trois cœurs emboîtés…, sans toutefois que sa présence soit régulière ni très fréquente. On ne discerne pas s'il a ou non repris une activité cantorale à la ré-ouverture du culte, il faudrait pour le savoir consulter les archives de la fabrique paroissiale.

• 7 octobre 1810, Argilly : Françoise Flocard épouse de Jean-Baptiste FOURCHOTTE, âgée de 55 ans, s'éteint "en son domicile au dit Argilly". Son mari est dit "Bourgeois à Argilly". Leur fils Claude, âgé de 25 ans, est là, "sergent dans l'infanterie de ligne aux armés de l'empire français du présent par congé de semestre au dit Argilly".

• 5 décembre 1811, Gerland : À trois heures après midi, Jean-Baptiste FOURCHOTTE meurt "de mort subite en son domicile". Les deux voisins qui déclarent le décès le lendemain, un vigneron et "François Guillot instituteur à Gerland, 62 ans", disent que le défunt était "écrivain au dit Gerland".
Gerland est situé à 18 km au nord-est de Beaune en itinéraire direct, et à 3 km au nord d'Argilly, précédent domicile de Fourchotte. Il avait donc déménagé après la mort de son épouse et avait repris une activité professionnelle (même si sous les termes de "bourgeois à Argilly"  en 1810 se cachait peut-être toujours son métier d'écrivain public).

• 4 décembre 1814, Beaune : Son fils Claude Fourchotte, 30 ans, sous-lieutenant en congé militaire, épouse Jeanne Bricker, 23 ans, "fille majeure de Jacques BRICKER organiste". Bien que les deux pères soient décédés antérieurement, on peut faire l'hypothèse que les deux jeunes gens avaient lié connaissance par le biais d'une sociabilité amicale articulée autour de la musique...

Mise à jour : 14 mars 2018

Sources
Ad21/ G 2554/2 ; F-Ad21/ BMS Commarin en ligne ; F-Ad21/ BMS La Madeleine de Beaune en ligne ; F-Ad21/ BMS Levernois ; F-Ad21/ BMS Notre-Dame ; F-Ad21/ BMS Notre-Dame de Beaune en ligne ; F-Ad21/ BMS St-Martin de Beaune ; F-Ad21/ G 2552 ; F-Ad21/ G 2553 ; F-Ad21/ G 2554 ; F-Ad21/ L 1381 ; F-Ad21/ NMD Argilly en ligne ; F-Ad21/ NMD Beaune en ligne ; F-Ad21/ NMD Gerland en ligne ; F-An/ DXIX/091/773/21

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