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GAILLOURDET, André Laurent (1755-1832)
État civil
NOM : GAILLOURDET     Prénom(s) : André Laurent     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : GALLIOURDET
Date(s) : 1755-4-7  / 1832-11-11 
Notes biographiques

Il reste des zones d'ombre dans l'itinéraire de vie d'André Laurent GAILLOURDET. Il occupe néanmoins une place de choix dans l'historiographie du sujet en tant que membre d'un "réseau" de quatre chantres de la génération 1790, tous nés dans le même village, près de Paris, et tous chantant la basse contre dans diverses églises en 1790. Son destin est indissociable de ceux de Martin Antoine ARNOULT, André Louis CLAUSE et Jean François ROBERT.C'est avec ce dernier musicien qu'il a tissé les liens les plus profonds et durables, puisque c'est lui qui le fait venir à Saint-Martin de Tours puis il luttent tous les deux contre la machine administrative pour faire reconnaître leurs droits à une pension. Sous l'Empire, ils chantent encore de conserve à l'église Saint-Eustache de Paris.

• 7 avril 1755, Houilles [Yvelines] : Fils d'un vigneron, André Laurent GAILLOURDET, futur musicien basse-contre, naît dans ce village viticole, niché dans une boucle de la Seine, à quinze km – et deux passages de bac – à l’ouest des tours de Notre-Dame, et à dix-sept km au nord de Versailles. Les liens entre le village et Paris sont faciles et intenses (mise en nourrice de petits Parisiens dans un sens, fourniture de vin dans l'autre…). Son parrain est André DESPREZ, le maître d'école du village, qui assiste régulièrement le curé pour les sépultures et est donc aussi chantre de la paroisse.

• [Au cours des années 1760] : On ignore actuellement où André-Laurent GAILLOURDET a reçu sa formation au chant ecclésiastique (formation au village même ou bien intégration à une maîtrise parisienne ?).

• 7 avril 1770, Paris : Il devient clerc du diocèse de Paris. Il a quinze ans.

• 3 juillet 1773, Houilles : André Laurent GAILLOURDET est le parrain d'un fils d'André DESPRÉS. Le jeune homme, 18 ans, est dit "clerc tonsuré du diocèse de Paris". On retrouve le même type d'indication le 9 octobre 1774, toujours à Houilles. Le fait qu'il ait été tonsuré peut laisser penser qu'il sort d'une formation en tant qu'enfant de chœur dans une maîtrise du diocèse. Toutefois les documents actuellement disponibles n'y font aucune allusion (contrairement à la plupart des requêtes des musiciens de 1790).

• [Dates imprécises, vers le milieu de 1777], Paris : Il sert quatre mois comme chantre à la Madeleine de La Ville-l'Évêque. Le curé de la Madeleine dit qu'il est parti "pour occuper une place plus avantageuse ailleurs".

• 8 juillet 1778, Chartres : M. GAILLOURDET, musicien basse contre, "reçu depuis peu" à la cathédrale, est pourvu d'un canonicat de Saint-Piat. A cette époque , le maître de musique de la cathédrale est Michel DELALANDE, ancien enfant de chœur de Saint-Martin de Tours.

• 27 février 1779, Chartres : Mtre GAILLOURDET, musicien basse contre, demande 48 livres d'avance sur son canonicat "pour ses besoins". Le 24 avril 1779, il obtient 8 jours de congé.

• 28 août 1780, Chartres : GAILLOURDET, musicien basse contre, demande un certificat et quitte le bas-chœur de la cathédrale. En effet, à Chartres, les chantres doivent être célibataires. Or le jeune homme est engagé dans un projet de mariage.
• 21 septembre 1780,  Dammarie (diocèse de Chartres) : André Laurent GAILLOURDET, demeurant à Chartres paroisse Saint-Saturnin, épouse Anne Louise Madeleine Beaussier, fille mineure du notaire royal de Dammarie, qui est enceinte de trois mois. Il est accompagné de Jean CAILLOT, que l'on connait comme musicien de Notre-Dame de Chartres, ainsi que de Nicolas Giraudet et Henry Jean-Baptiste Chevard, qui restent à identifier.

• [Vers septembre 1780], Orléans : Son passage non daté à Orléans évoqué dans sa reconstitution de carrière se place peut-être, brièvement, à ce moment. En effet Orléans est relativement proche de Chartres (70 km en droite ligne, à pied ou à cheval) et surtout son compatriote de Houilles, Jean François ROBERT, y chante depuis la fin de juin 1780.
• [Durant l'automne 1780 ou au plus tard début 1781], Le Mans : André Laurent GAILLOURDET est reçu à la cathédrale Saint-Julien pour y chanter la basse contre. Il occupe probablement le poste libéré par Jean François ROBERT, lors de son départ pour Orléans à la fin de juin 1780. On peut penser que c'était par son intermédiaire que Gaillourdet était arrivé à Saint-Julien du Mans. Le maître de musique est alors René LEMERCIER.

• 24 mars 1781, Le Mans : Un premier enfant Gaillourdet voit le jour, six mois après le mariage. Le parrain est Jean François ROBERT, tout juste revenu d'Orléans, et qui est dit "cousin de l'enfant".
• 17 décembre 1781 : M. GAILLOURDET, "basse contre et musicien de l'Église Cathédrale du Mans", publie une annonce dans Les Affiches du Mans pour mettre en vente "deux bons violons, une jolie vielle et une optique excellente avec les estampes très bien gravées". Il demeure alors "aux Pans de Goron", c'est-à-dire le long de l'escalier qui part du parvis ouest de la cathédrale et descend vers la rivière. Violon, vielle : jouait-il de ces instruments ?

• 1782-1783, Le Mans : GAILLOURDET et ROBERT chantent tous deux sous la direction de Jean François LESUEUR durant sa brève période à la tête du chœur de la cathédrale du Mans (de mi-mai 1782 à début février 1783), puis sous la direction de François MARC.

• 10 décembre 1782, Le Mans : Avec le  haute-contre Jean BARILLET, le  serpent-basson Antoine Firmin DURANT et l’organiste Louis Jacques MALLET, Gaillourdet est présent et signe à la sépulture, paroisse du Crucifix, de la jeune épouse  morte en couches de Louis PRIMO, chantre musicien de la cathédrale.

• Novembre 1787, Le Mans : La présence au Mans de la famille Gaillourdet est toujours attestée [baptême d'un 4ème enfant]. Sur les 8 parrains et marraines dont elle a eu besoin durant ses années au Mans, 4 sont directement liés à la musique de la cathédrale (Jean François ROBERT, l'épouse de Pierre VILLETTE, Jean-Baptiste Dominique SNOUCK et Guillaume COURIOT).
Le cousin Jean-François ROBERT est parti pour St-Martin de Tours durant l'été 1787. Il est aussitôt remplacé au Mans par Martin Antoine ARNOULT, de Houilles, jeune cousin de Gaillourdet.
Pendant vingt mois les deux hommes chantent de concert au chœur de la cathédrale du Mans.

• 24 février 1789, Tours : Le chapitre de la collégiale Saint-Martin désigne le chanoine Moulin pour s'entendre avec GAILLOURDET au sujet de ses frais de voyage ; le principe de sa venue à Tours semble déjà acté. Évoquant ce moment-là fin 1790, Gaillourdet écrira : "l’on m’a sollicité de venir". On peut penser que Jean-François ROBERT a joué un rôle dans ce recrutement.
• 7 mars 1789, Tours : GAILLOURDET est reçu comme basse-contre à la collégiale Saint-Martin aux gages de 1000 livres par an, somme particulièrement élevée que peu d'établissements ecclésiastiques peuvent se permettre d'offrir. Cette somme laisse également à penser que la voix de GAILLOURDET était particulièrement belle.
• 12 mars 1789, Tours : Il reçoit 24 livres de frais de voyage.
• 28 avril 1789, Tours : Son fils André Jean Laurent est reçu enfant de chœur à la psallette de la collégiale. Il est fort possible que cette réception ait été négociée en même temps que celle du père.
• 14 novembre 1789, Tours : La compagnie décide lors du chapitre général d'hiver de lui accorder en titre perpétuel 700 livres par an, les 300 autres sont "ad nutum", c'est-à-dire au bon plaisir du chapitre. GAILLOURDET semble avoir pris la décision de se fixer durablement à Tours. À la Toussaint 1789, Gaillourdet a été remplacé au Mans par André Louis CLAUSE, lui aussi venu de Houilles.

1790Tours : Toujours basse-contre à la collégiale Saint-Martin de Tours, GAILLOURDET déclare des revenus de 1 000 livres (700 en titre et 300 révocables). Il a chanté un an et demi sous la direction du maître de musique Julien Élie LEROY. Il a 4 enfants et "un autre prêt à venir".

• 1791, Tours : Il fait une demande de pension au Comité ecclésiastique. Le district de Tours propose de lui accorder un traitement de 500 livres, ramené à 300 livres par le département. Ultérieurement, la reconnaissance de son titre de 700 livres lui assurera une pension du même montant.

• Il reste à Tours au moins jusqu'en janvier 1793 (naissance d'un fils), après quoi, à une date qui reste à préciser, il part pour Paris où il chante à nouveau après la Révolution, avec son cousin Martin-Antoine ARNOULT, non sans être revenu provisoirement à Tours entre temps puisqu'il fait partie du chœur de musique de la cathédrale de Tours du 26 décembre 1802 au 26 avril 1803.

• 5 avril 1805, Paris : André Laurent GAILLOURDET, basse-contre à l'église Saint-Eustache, demande l'admission de son fils André-Jean-Laurent GAILLOURDET à l'Académie impériale de musique. Il fait état de ses liens avec LESUEUR, "ayant été sous lui". La requête est repoussée au motif que son fils est chasseur dans un régiment à cheval et ne peut bénéficier de la loi sur le remplacement des conscrits.

• André Laurent GAILLOURDET est basse-contre à Notre-Dame de Paris au moins de 1808 à son décès, survenu en novembre 1832. Le chapitre de Notre-Dame fait une cérémonie solennelle pour la sépulture de son "doyen des basses-contre".

  • Durant sa période d'activité à Notre-Dame de Paris, GAILLOURDET apparaît comme basse chantante ou basse taille dans les états d'émargement pour l'exécution de nombreux Te Deum à grand-orchestre chantés en actions de grâces pour l'anniversaire du sacre de Napoléon et d'Austerlitz le 4 décembre 1808 et à une autre date non spécifiée, pour la Saint Napoléon les 15 août 1809, 1812 et 1813, ainsi que pour diverses victoires de l'armée impériale le 7 mai 1809 (prise de Ratisbonne), 28 mai 1809 (prise de Vienne), 23 juillet 1809 (victoire d'Enzersdorf et de Wagram), 4 octobre 1812 ("dernières victoires"), 19 septembre 1813 (victoire de Dresde) et « au sujet de son Altesse Royale frère de Sa Majesté » le 14 avril 1814.
  • Il est mentionné parmi le personnel de cathédrale (côté droit) dans l'Indicateur de la Cour de France (1825 et 1829).

• • • Bibliographie :
        Sylvie Granger, « Itinéraires de quatre chantres ordinaires dans la base de données Muséfrem 1790 », La circulation de la musique et des musiciens d’Église (France, XVIe-XVIIIe siècle), X. Bisaro, G. Clément et F. Thoraval (dir.), Paris, Garnier, collection Musicologie, 2017, 396 pages, p. 325 à 341.

Mise à jour : 13 novembre 2017

Sources
F-Ad28/ BMS Dammarie ; F-Ad28/ G 331 ; F-Ad28/ G 332 ; F-Ad28/ G 552 ; F-Ad28/ G 553 ; F-Ad37/ 1Q 534 ; F-Ad37/ 2L 285 ; F-Ad37/ 2L 803 ; F-Ad37/ 6 NUM6/ 261/ 707 ; F-Ad37/ 6 NUM6/ 261/ 821 ; F-Ad37/ 6NUM6/ 261/ 005 ; F-Ad37/ 6NUM6/ 261/ 529  ; F-Ad37/ G 590 ; F-Ad37/ G 606 ; F-Ad37/ L 171 ; F-Ad37/ L 607 ; F-Ad37/ L 624 ; F-Ad72/ BMS Crucifix ; F-Ad72/ BMS Le Mans ; F-Ad72/ G 30 ; F-Ad72/ G 31 ; F-Ad75/ 5 Mi 1 2035 ; F-Ad78/ BMS Houilles ; F-Adio.Tours/ registre capitulaire St-Martin n°37 ; F-An/ AJ/13/64 ; F-An/ DXIX/090/754/14-16 ; F-An/ DXIX/090/756/03 ; F-An/ DXIX/090/756/16 ; F-An/ F19 7048 ; F-An/ F19 7049 ; F-An/ F19/3931 ; F-An/ LH/1056/43 ; F-BM Le Mans/ Affiches et Annonces du Mans ; F-Pan/ F19/7049 ; F-Sacristie ND Paris/ registres chapitre ; F-Sacristie ND Paris/ registres chapitre  ; F-Sacristie Notre-Dame/ délibérations chapitre ; Indicateur de la Cour de France

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