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GARNIER, Jeanne Louise Marie (1756-1809)
État civil
NOM : GARNIER     Prénom(s) : Jeanne Louise Marie     Sexe : F
Date(s) : 1756-1-25  / 1809-4-11 
Notes biographiques

Jeanne GARNIER est, avec Marie-Anne HUET, la seule femme musicienne d'Église dont on ait trouvé trace en 1790 dans le nouveau département de la Vienne (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en avait pas d'autres…). Elle naît, reçoit sa formation musicale et exerce toute sa vie à Poitiers, comme organiste d'abord, comme "maîtresse de musique" ensuite.

• 25 janvier 1756, Poitiers : Louise Marie Jeanne GARNIER est baptisée paroisse Saint-Cybard de Poitiers. Elle est la fille de Louis-Georges Garnier et de Marie-Anne Laurandeau, qui s’étaient mariés à Poitiers, paroisse St-Michel, le 19 avril 1751. Le marié était alors dit “employé dans les fermes du roy”. Le parrain de Jeanne est Jacques Darbe le jeune, notaire royal à Poitiers, la marraine est Jeanne-Antoinette Laurandeau, épouse du sieur Guis, tout le monde sait signer. La fillette semble voir le jour dans un milieu de la petite bourgeoisie instruite. Si lors de son baptême elle est gratifiée de trois prénoms, seul celui de "Jeanne" sera, semble-t-il son prénom d'usage.

• On peut penser que la jeune fille a reçu sa formation musicale dans le cadre familial, avec des maîtres. À moins bien sûr qu'elle n'ait effectué un séjour dans un couvent. Comme souvent lorsqu'il s'agit des musiciennes, la période de leur jeunesse et les modalités de leur formation restent dans l'ombre.

• 21 avril 1775, Poitiers : À la suite du décès de Louis CABARET, une délibération capitulaire nomme Jeanne GARNIER organiste de la collégiale Sainte-Radegonde de Poitiers. Elle est aussi chargée de faire jouer de la basse, de manière à suppléer la fonction que CABARET remplissait aussi. Elle touchera par quartiers 140 livres de fixe et aussi sa portion (12 livres environ) dans les dîners, entrées de MM. les chanoines et dans les grandes antiennes "o, o, o" de l'Avent. La jeune fille a alors 19 ans.

• [Avant 1782] : Elle touche pendant un temps indéterminé les orgues du couvent des Dominicains (Jacobins).
 
• 25 avril 1782, Poitiers : Jeanne GARNIER commence à toucher l'orgue des Carmes de Poitiers. Elle y reçoit 96 livres par an. Peu après, elle doit abandonner les Jacobins, "ne parvenant pas à faire le service dans trois églises à la fois".

1790, Poitiers : Elle est toujours en exercice chez les Carmes de Poitiers, de même qu'elle est toujours l'organiste de la collégiale Sainte-Radegonde – où elle côtoyait Jean-François MEUNIERPierre GÂNIERHilaire LEVAYERLéonard ROY DE LAGRANGE et VARENNE. Ses revenus sont de 250 livres pour les Carmes et Sainte-Radegonde réunis.
• [Octobre-novembre 1790] : Jeanne GARNIER fait une demande de pension au directoire du département de la Vienne. Elle déclare exercer depuis sa plus tendre jeunesse la profession d'organiste, "à laquelle elle doit sa subsistance". Quatre mois de ses honoraires à Sainte-Radegonde lui sont dus.
• 25 octobre 1790 : Le chapitre Sainte-Radegonde lui délivre un certificat de service.
• 27 octobre 1790 : Le couvent des Carmes lui délivre à son tour un certificat de service.
• 9 novembre 1790 : Jeanne GARNIER demande une pension au directoire du département de la Vienne pour ses services d'organiste à la collégiale Sainte-Radegonde et au couvent des Carmes.
• 10 novembre 1790 : Le Directoire de la Vienne décide de lui verser 46 livres 13 sols 4 deniers pour ses quatre mois d'arriérés à Sainte-Radegonde. Le directoire lui demande de rédiger une autre requête pour la demande de pension.
• 15 novembre 1790 : Jeanne GARNIER, organiste de la collégiale Sainte-Radegonde de Poitiers, reçoit du directoire du département de la Vienne, un mandat de 46 livres 13 sols 4 deniers pour quatre mois de traitement restant dû.

• 12 mai 1791, Poitiers : Un certificat du curé de Sainte-Radegonde atteste que Jeanne GARNIER continue à jouer de l'orgue depuis le 1er janvier 1791, au service de l'église constitutionnelle (Sainte-Radegonde étant alors devenue église paroissiale). La fermeture du couvent des Carmes la prive de 96 livres. Le curé demande pour elle un traitement décent afin qu'elle puisse continuer à vivre de son état.
• 9 août 1791 : Un nouveau certificat du curé de Sainte-Radegonde atteste que Jeanne GARNIER continue toujours à jouer de l'orgue. Elle demande son quartier.

• 14 janvier 1792, Poitiers : Elle reçoit 37 livres 10 sols pour trois mois de ses services d'organiste. Son salaire annuel est donc alors de 150 livres.
 
• 17 avril 1793, Poitiers : La délivrance d'un extrait de délibération capitulaire de la ci-devant collégiale Sainte-Radegonde prouve qu'elle poursuit ses démarches en vue d'obtenir une pension.

• [1798-1799], Poitiers : Pensionnée de la République, elle prête serment à la République. Elle avait déjà prêté serment en 1792. Elle réside toujours à Poitiers. Son signalement la décrit ainsi : "Taille 4 pieds 8 pouces, cheveux chatains foncés et sourcils jaunes, yeux bleus, nez ordinaire, bouche moyenne et menton rond".

• 11 avril 1809, Poitiers : Jeanne GARNIER, "maîtresse de musique", meurt à huit heures du soir à son domicile du 798, rue et place Notre-Dame. Les deux "amis" qui le lendemain déclarent son décès (dont un avocat à la Cour d'appel de Poitiers) la disent âgée de 50 ans (elle en a en réalité 53) et née à Poitiers.

Mise à jour : 8 juillet 2019

Sources
F-Ad86/ 9E 229/ 133 ; F-Ad86/ G 1678 ; F-Ad86/ L 226 ; F-Ad86/ L 235 ; F-Ad86/ L 236 ; F-Ad86/ L 257 ; F-Ad86/ L 278 ; F-Ad86/ L 287 ; F-Ad86/ L236 ; F-Poitiers méd François-Mitterrand/ BP 403 Affiches du Poitou ; M.-R. Renon, "Promenade liturgique"…, 2007

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