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GAUDIER, Antoine (1735-1800)
État civil
NOM : GAUDIER     Prénom(s) : Antoine     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : GAUDIET
Date(s) : 1735-1-23  / 1800-10-9 
Notes biographiques

Sonneur, sacristain et chantre de la petite collégiale Saint-Jean l'Évangéliste de Grancey-le-Château dans le diocèse de Langres [actuellement en Côte-d'Or], Antoine GAUDIER est en même temps tisserand de toile.

• 23 janvier 1735, Grancey-le-Château : Fils de Nicolas Gaudier, laboureur à Grancey, et de Jeanne Ménétrier, Antoine GAUDIER est baptisé le jour de sa naissance, à l'église Saint-Germain. Ses parrain et marraine sont un oncle et une tante qui ne savent pas signer. Seuls signent le curé et le recteur d'école, Lejeune. Le bourg de Grancey est situé à une vingtaine de km au nord d'Is-sur-Tille, tout près de l'actuelle limite entre Côte-d'Or et Haute-Marne, à mi-chemin entre Dijon et Langres. Construit sur un éperon rocheux dominant la plaine, c'est un bourg fortifié enclos d'une muraille, serré autour de son château et de la collégiale.

• [1750], Grancey-le-Château : Selon la durée de service indiquée et répétée dans les dossiers des années 1790-1792, c'est vers 1750 que Antoine GAUDIER serait devenu sonneur, sacristain et chantre de la collégiale Saint-Jean l'Évangéliste de Grancey. Cette durée est confirmée par un certificat établi par les chanoines survivants en 1792. Aucun des nombreux documents le concernant ne prononce le mot "enfant de chœur" : le jeune garçon semble être entré directement au service du chapitre à l'âge d'environ quinze ans.
Notons qu'au début des années 1750, Antoine GAUDIER a nécessairement rencontré et sans doute fréquenté le jeune recteur d'école Vincent GARNIER qui appartient à la même génération que lui. Peu après, celui-ci partira chanter la basse-contre à la cathédrale d'Auxerre...

• 7 janvier 1767, Grancey-le-Château : En l'église paroissiale Saint-Germain est célébré le mariage d'Antoine GAUDIER, "sacristain de la Collégialle de Grancey", avec Nicolle Agneau, dont le père était "tissier en toile" dans le même village. Le marié signe "antoine Gaudier". La mère de la mariée, Nicolle Provencelle, "n'a pu étant malade assister à la Bénédiction" mais le curé et les témoins se déplacent à son domicile pour lui faire signer le registre.
 
• 7 février 1768 : Onze mois après le mariage naît leur première fille, prénommée Nicolle comme sa mère et sa grand-mère. Elle est baptisée le lendemain. Les parrain et marraine choisis sont, comme il se doit lorsque cela est possible, le grand-père paternel et la grand-mère maternelle. Tous deux signent l'acte, ainsi que le père ( "antoine Gaudier") et le recteur d'école du village, qui est maintenant Nicolas Garnier.
 
• Après quoi, les naissances s'enchaînent chez les Gaudier-Agneau. On repère notamment celles de Laurence le 12 décembre 1769, de Germain le 6 février 1772, de Benjamin le 25 juillet 1777, ce dernier mourant à l'âge d'un an et demi le 10 décembre 1778. Le père est presque toujours dit "sacristain de la collégialle Saint-Jean de Grancey", mais on surprend le célébrant à le dire une fois "tixier de toile à Grancey", ce qui trahit sa pluriactivité.

1790, Grancey-le-Château : Antoine GAUDIER est toujours sonneur, sacristain et chantre de la collégiale Saint-Jean l'Évangéliste de Grancey-le-Château. Il aurait 40 ans de service et recevrait des gages de 100 livres.
 
• 12 janvier 1791, Grancey-le-Château : Il adresse une supplique au Comité ecclésiastique, validée par le chapitre et la municipalité de Grancey. Il dit avoir passé la plus grande partie de sa vie à ce genre de travail qui lui donnait quelque facilité pour se procurer les aliments de première nécessité. Sa santé est faible, son âge avancé (55 ans !) et il est père de famille.
• 17 janvier 1791 : Le directoire du district d'Is-sur-Tille estime qu'il faut lui accorder une pension de 50 livres. Celle-ci ne lui sera point payée d'avance mais seulement au 1er janvier 1792 attendu que ses appointements de 1790 doivent lui être payés en entier (quid de l'année 1791 ?).
• 7 avril 1791 : Le directoire du département est plus généreux. Il est d'avis de lui accorder une pension de 80 livres dont lui seront versées 50 livres à titre de provision.

• 8 février 1792, Grancey-le-Château : Antoine GAUDIER rédige une nouvelle supplique, où il précise sa situation. Il se présente comme "chantre sacristain et sonneur de l'église collégialle du cy devant chapitre dudit Grancey" et affirme qu'il a "rempli seul depuis quarante ans ces trois places", précisant au passage que c'était "avec la plus grande exactitude à l'entière satisfaction de Messieurs les Chanoines et habitans dudit lieu". Il se dit chargé de famille, sans préciser le nombre de ses enfants, "qui sont beaucoup incommodé de la vie surtout Messieurs un garçon qui est imbecille".
Il est intéressant de voir que ce village excentré n'est nullement à l'écart de la circulation des informations : le chantre est choqué par l'inégalité de traitement entre lui et les autres, il sait que "tous les chapitres de ce royaume sont dans l'usage d'accorder aux chantres et serviteurs de leur église dès 20 ou 25 ans de service leur entier traitement en voulant se retirer" et espère que justice sera rendue à ses quarante ans d'exercice. Il tente de surévaluer ses revenus antérieurs, prétendant  qu'ils atteignaient à 200 livres, "tant en argent qu'en location d'une maison réception des seigneurs et des Chanoines".
• La question agite l'administration, au niveau du district comme du département. Quatre anciens chanoines, dont le ci-devant Doyen, signent une attestation confirmant que "le nommé Antoine GAUDIET a été employé plus de quarante ans au service de l'église collégiale dudit Grancey tant en qualité de sacristain qu'en celle de chantre et sonneur aux gages de 100 livres". Ils concèdent cependant qu'entre le casuel, le logement fourni et "trois ou quatre voitures de bois qu'on lui donnoit à couper au gré du Chapitre", il pouvait recevoir 130 livres en tout.
• Le District (le 25 septembre 1792) puis le Département (le 16 octobre) arrêtent que l'ancien chantre, quoique n'ayant pas encore 60 ans, doit recevoir une pension de 130 livres. La décision est rétroactive à partir du 1er janvier 1791.

• À partir de là, Antoine GAUDIER a dû vivre partiellement de sa pension et partiellement du tissage...

• 17 vendémiaire an IX (9 octobre 1800), Grancey : À 11 heures du matin survient le décès d'Antoine GAUDIER, tixier. Il est déclaré le lendemain par son gendre Jean Cornotet, maçon, 36 ans, et par son beau-frère Germain Agneau, journalier, 58 ans.

Mise à jour : 28 mai 2018

Sources
F-Ad21/ 1Q 747 ; F-Ad21/ BMS Grancey-le-Château en ligne ; F-Ad21/ NMD Grancey-le-Château en ligne ; F-An/ DXIX/093/820-2/03

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