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GAUTIER, Abraham Charles (1748-1807)
Autre(s) forme(s) du nom : GAUTHIER
Date(s) : 1748-4-24 / 1807-6-13
Abraham Charles GAUTIER (1748-1807) est d'abord signalé comme serpent à l'église paroissiale Saint-Nicolas-des-Champs, à Paris. En 1783, le chapitre de Saint-Louis-du-Louvre lui propose un premier poste de prestige. Celui de Saint-Honoré s'attache ses services cinq ans plus tard, sans doute en lui offrant une rémunération plus généreuse. En 1791, il sert la paroisse Saint-Augustin, mais les temps sont devenus difficiles pour les musiciens d'Église et le salaire est moins attractif. GAUTIER paraît avoir été considéré comme un expert dans le domaine de la facture de serpent : en témoigne la correspondance qu'il entretient avec un collègue de Saintes en 1784. Peut-être ce savoir-faire est-il lié à la profession qu'il exerce en parallèle, "metteur en œuvre" (sorte d'ouvrier orfèvre). Il était probablement aussi doué pour la musique : les chanoines de Saint-Honoré ne vont-ils pas jusqu'à lui accorder une prime de 100 livres pour qu'il trouve un logement plus proche de son lieu de travail ? Notons par ailleurs qu'il a remplacé un serpent particulièrement talentueux, parti à Notre-Dame, Nicolas PRÉVOST. Après la Révolution, il devient employé au Corps législatif.
• 24 avril 1748 : Abraham Charles GAUTIER naît à Paris. Le contrat de mariage de 1771 le dit fils mineur de Jean Abraham Gautier, cordonnier, demeurant à Paris, rue de la Savonnerie, paroisse Saint-Jacques-de-la-Boucherie, et de défunte Marguerite Victoire Marois.
• 9 janvier 1771, Paris : Un tuteur (Jean Raoul Morel, marchand orfèvre, cousin de l'intéressée) est désigné pour Anne Marguerite Faucon, 23 ans et demi suivant son extrait baptistaire du 15 février 1747 tiré des registres de la paroisse Saint-Jacques-de-la-Boucherie, fille de défunt Thomas Faucon, cuisinier, et d’Antoinette Huguet sa femme. Elle déclare être "recherchée en mariage par Abraham Charles Gautier qui est pour elle un party sortable et avantageux". Le contrat de mariage est signé le lendemain. GAUTIER, compagnon cordonnier, réside rue de la Savonnerie, paroisse Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Chacun apporte ses habits, linges et hardes, qui ne méritent pas d'estimation, selon le notaire. La future reçoit des administrateurs du bureau des pauvres et de l'hôpital de la Trinité une rente annuelle de 150 livres, constituée grâce à une fondation.
• 14 janvier 1771, Paris : Le couple se marie paroisse Saint-Jacques-de-la-Boucherie.
• 14 novembre 1776, Paris : Leur fils Noël François Gautier vient au monde.
• 14 décembre 1776, La Boissière [Eure] : Noël François Gautier est inhumé. Les parents demeurent paroisse Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Abraham Charles est qualifié de "metteur" dans l'acte de sépulture.
• 1780, Paris : Abraham Charles GAUTIER est serpent en l'église paroissiale Saint-Nicolas-des-Champs.
• 19 avril 1783, Paris : Abraham Charles GAUTIER, "metteur en œuvre de sa profession" (ouvrier chargé de monter des perles ou pierres fines), âgé de 35 ans, est reçu serpent à la collégiale Saint-Louis-du-Louvre à la place de GILBERT. Il percevra 400 livres de gages par an à dater du 16 avril et un logement lui sera fourni.
• 24 février 1784, Saintes [Charente-Maritime] : Le serpent de Jacques MERY est en réparation à Paris et c'est le sieur GAUTIER, "musicien à Paris" (très probablement Abraham Charles), qui lui écrit pour lui transmettre le coût de cette remise en état.
• 16 août 1784, Paris : Le chapitre lui prête 300 livres (par billet payable dans quatre mois) dans l'attente de recevoir un contrat de 6 000 livres qui lui est dû dans une succession afin de pouvoir donner un état à son fils et tenir des engagements.
• 17 décembre 1788, Paris : "Le sr Gauthier serpent de cette église nommé pour exercer la même fonction en l'église st Honoré est venu pour remercier la compagnie et s'engager vis a vis d'elle a lui payer chaque mois 9 livres a compte de 80 livres environ qu'il se trouvoit lui devoir, ce qui a été agrée par la compagnie, laquelle a indiqué concours pour la place de serpent au prochain jour de samedy après la messe".
• 22 décembre 1788, Paris : Abraham Charles GAUTIER, né à Paris, est reçu second serpent à la collégiale Saint-Honoré au lieu de Nicolas PRÉVOST.
• 6 juillet 1789, Paris : La compagnie accorde 100 livres au sieur GAUTIER, second serpent, en sus de ses gages, pour qu'il se procure un logement plus proche de l'église et soit ainsi mieux à même de remplir les devoirs et fonctions de sa place.
• 1790, Paris : Abraham Charles GAUTIER, second serpent de la collégiale Saint-Honoré, touche 700 livres de gages par an. Les autres musiciens sont les vicaires de chœur Nicolas WATBLED, Désiré Nicolas GODEAU et Henri Joseph Edme BURAT, le maître des enfants de chœur et premier serpent Pierre Antoine BARDIN et les chantres Jean PINSON, Jean Alexis POUTREL et Jean François GILLET.
• 26 juillet 1791, Paris : Abraham Charles GAUTIER, serpent de la paroisse Saint-Augustin, touche 125 livres pour son quartier d'avril à juillet 1791.
• Août 1791, Paris : Le directoire du Département estime qu'il y a lieu de lui accorder une gratification de 1 400 livres pour ses années de service à Saint-Louis du Louvre et à Saint-Honoré (il n'a probablement pas touché une telle somme).
• [Juillet 1792], Paris : Pierre Antoine BARDIN, ancien maître de musique du chapitre Saint-Honoré, ayant pouvoir d'Abraham Charles GAUTIER, demande à l'administration des biens nationaux la délivrance d'extraits d'actes de réception de ce dernier à Saint-Louis-du-Louvre et à Saint-Honoré.
• 16 juillet 1792, Paris : La demande est agréée par le sieur Burel (il est noté qu'elle a été satisfaite).
• 27 juin 1793, Paris : Abraham Charles GAUTIER est toujours serpent de la paroisse Saint-Augustin.
• 23 mai 1794, Paris : Devenu portier de l'ancien notaire Moreau, au n° 518, rue Saint-Honoré, Abraham Charles GAUTIER témoigne devant le Tribunal révolutionnaire au sujet de la tentative d'assassinat perpétrée contre Jean Marie Collot d'Herbois, membre du Comité de salut public (affaire dite des "Chemises rouges").
• 30 fructidor an VII (16 septembre 1799), dixième arrondissement de Paris : Abraham Charles GAUTIER, veuf d'Anne Marguerite Faucon, épouse Marie Pichot, née à Paris le 26 mars 1753, fille d'Antoine Pichot et de Marie Anne Porat.
• 5 messidor an IX (24 juin 1801), Paris : GAUTIER et Marie Pichot divorcent.
• 4 messidor an X (23 juin 1802), Paris : Un inventaire après décès est rédigé à la suite de la mort d'Anne Marguerite Faucon (probablement décédée en 1798 ou 1799).
• 7 thermidor an X (26 juillet 1802), Paris : Abraham Charles GAUTIER, veuf d'Anne Marguerite Faucon, épouse Jeanne Nicole Duseuil, fille de Jean Nicolas Duseuil et de Françoise Champenois.
• 13 thermidor an XI (2 août 1803), Paris : Abraham Charles GAUTIER s'unit par contrat de mariage à Marie Maître, domiciliée rue d'Orléans-Saint-Honoré, n° 17, fille majeure de Christophe Maître et de Jeanne Brossart son épouse, résidant à Lyon. Le futur, employé au Corps législatif, demeure au palais du Corps législatif. Veuf en premières noces avec deux enfants nommés Anne Geneviève Gautier et Antoine François Gautier de Marguerite Faucon, et en troisièmes noces de Jeanne Nicole Duseuil, il apporte 2 000 francs en effets mobiliers, habits, linge et hardes à son usage et deniers comptants, suivant une estimation à l'amiable. La future apporte de son côté 600 francs.
• 13 juin 1807, Paris : Abraham Charles GAUTIER, garçon de bureau au palais du Corps législatif, décède en son logement dépendant du palais, rue de l’Université. De son mariage avec Anne Marguerite Faucon, il laisse deux enfants encore en vie, Anne Geneviève et Antoine François. De son union avec Marie Maître sont issues deux filles, Jeanne Marie et Louise.
• 26 juin 1807, Paris : La prisée de ses meubles et effets trouvés à son domicile s'élève à la somme de 413 francs. Il vivait chichement (absence d'argenterie et de bijoux) et ne pouvait semble-t-il compter que sur ses appointements de garçon de bureau (1 000 francs par an) pour faire subsister sa famille. Plus rien, chez lui, ne rappelle qu'il a été musicien dans une église collégiale.
Mise à jour : 18 juillet 2024

