Login
Menu et informations
GILLET, Jean (1724-1792)
État civil
NOM : GILLET     Prénom(s) : Jean     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : GILET
Date(s) : 1724-12-15   / 1792-7-10 
Notes biographiques

Le basson serpent Jean GILLET est originaire d'Angers et semble avoir exercé au Mans avant de s'installer à Nantes où il mène une carrière linéaire de 1756 à 1792. Toutefois cette stabilité permet de croiser deux générations de musiciens œuvrant dans une ville où musique d'église et de ville sont intimement mêlées.

• 15 décembre 1724, Angers [Maine-et-Loire] : Jean GILLET est porté sur les fonts baptismaux de La Trinité, paroisse agrégée à l'abbaye de femmes du Ronceray, quartier de la Doutre, outre-Maine. Son père, René Gillet, est vigneron tout comme son parrain. Sa mère se dénomme Jeanne Huberdeau. La marraine est une Gillet, tante originaire de la paroisse Saint-Maurille. Nul n'est apte à signer l'acte.

• La période de formation du jeune GILLET est encore indéterminée. Plusieurs lieux sont possibles à Angers de la psallette de la cathédrale Saint-Maurice, à la collégiale Saint-Maurille, voire La Trinité.

• Août 1753, Le Mans [Sarthe] : Un dénommé Jean GILLET, musicien, est impliqué dans une affaire de tapage liée "à une fille de mauvaise vie". Il vit paroisse du Crucifix et signe "J. Gillet". L'âge indiqué est de 28 ans ce qui peut correspondre avec la situation de notre homme. C'est le seul document relatif à son passage au Mans, probablement à la cathédrale dont les registres ont disparu.

• 17 mai 1756, Nantes [Loire-Atlantique] : Jean GILLET, basson et serpent, entre au service de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes. La Laurencie (La vie musicale en province... 1727-1767)  précise qu'il venait du Mans et que le chapitre l'avait dédommagé de ses frais de voyage. Son dossier de pension confirmera une réception "non en titre", avec des appointements de 500 lt fixes auxquelles s'ajoutent les distributions de chœur. L'activité de Jean GILLET ne s'arrêtait pas à l'église de Nantes puisqu'il jouait également à la Comédie au grand dam du chapitre. Son nom est souvent associé à celui de Guillaume Siméon DELAVAUX, serpent, recruté en 1757. Les deux hommes percevaient la même rémunération et les mêmes loisirs musicaux.

• 10 novembre 1757, Nantes : Paroisse St-Nicolas, Nicolas-Henri DEPOIX, "Me de musique du concert", signe au baptême de Geneviève-Adélaïde, fille du musicien Étienne MANGEAN. Sa femme, Geneviève-Hippolyte Clergé, est la marraine. Le parrain est Jean GILLET musicien de la cathédrale Saint-Pierre installé depuis peu à Nantes. La situation reflète le milieu de la musique, ses porosités récurrentes entre musique de ville et d'église.

• 27 novembre 1759, Nantes : Le sieur GILLET épouse Marie-Élizabeth Guitton en l'église paroissiale Sainte-Croix après publication d'un seul ban. La cérémonie est célébrée par le chanoine Soldini, chantre dignitaire de la cathédrale Saint-Pierre, une marque d'estime pour le musicien. La jeune femme est mineure, fille de feu Mathieu Guitton, maître boulanger, originaire de la même paroisse. Deux autres musiciens sont présents, Charles MATHIEU ainsi que Jean François DECLERCQ.

• Novembre 1764, Nantes : La Laurencie relate les sanctions et réprimandes infligées par le chapitre à LAVAUX et GILLET pour leur participation régulière au Concert et rappelle l'interdiction de "fréquenter ce lieu profane".

• 1761-1778, Nantes : Une dizaine d'enfants viennent au monde au sein de la famille GILLET/Guitton, tous baptisés paroisse Sainte-Croix, également répartis entre filles et garçons. Les officiers du chapitre ou confrères musiciens présents aux baptêmes témoignent implicitement de l'aura du musicien parmi eux. Le chantre Soldini célèbre le baptême en 1763 de Jeanne-Victoire ; Urbain MABILLE ou Charles BADAUD, maires-chapelains, sont parrains respectivement d'Urbain en 1772 et Louise-Charles en 1773. Citons au gré des évènements les musiciens Charles MATHIEU, Claude César FLORENTIN, ou encore Eustache Benjamin LE NAOUR.

• 9 avril 1766, Nantes  :  LESCOT maître de musique, figure dans une liste des musiciens de la cathédrale non prêtres établie pour obtenir l'exemption de la milice en compagnie des musiciens et psalteurs OGER, MÉTIVIER, TESTARD, DECLERCQ, BODEREAU et BERNIER, ainsi que GILLET joueur de basson, DELAVAUX joueur de serpent, et FLORENTIN musicien faisant l'office de sous-chantre.

• 19 novembre 1777, Nantes : Mellinet rapporte le règlement mis en place par le chapitre pour l'exécution de la musique – serpent et basson. La partie des basses aux messes chantées sera désormais tenue par un seul serpent aidé d'un basson pour jouer la taille ou basse-taille. À toutes les fêtes épiscopales et jours de musique, Me DELAVAUX jouera du serpent et Me GILLET du basson. Par ailleurs la musique s'organisera en deux groupes : serpent et basses contres se rapprocheront du sous-chantre tandis que hautes-contres, tailles et basses tailles se grouperont du côté du maître de musique.

• 15 octobre 1782, Nantes : GILLET fait valoir en chapitre le mauvais état de son serpent dont "il se sert depuis environ 27 ans". Le prix des réparations équivalent à l'achat d'un instrument neuf, le chapitre alloue une gratification de 45 lt à son choriste le chargeant d'acheter un nouvel instrument.

• 1789, Nantes: Le rôle de capitation mentionne que le sieur GILLET, musicien, réside paroisse "Ste-Croix, Partie de L’Isle Faydeau en faisant le tour de la Sauzaie". Il est redevable de 3 lt. Une information plus troublante est mentionnée, concernant la présence de "son gendre et fe idem" et ce, alors que ses filles sont toutes célibataires lors de leurs décès respectifs. Est-ce à dire qu'il y aurait une autre enfant qui aurait échappé aux investigations ?

 En 1790, le corps de musique de la cathédrale Saint-Pierre, placé sous l’autorité du maître de musique François CAPPA-LESCOT, est constitué de deux haute-contre Vincent Pierre GAUTIER et François Jude MÉRY, une haute-taille Joseph JOLY, deux basse-taille Henry François DOUVILLE, Vincent LA MARRE, trois basse-contre, Étienne François PICARD et Jean-Baptiste DONON et Jean Victor HUBERT dit HUBERT, deux serpents/basse-taille Jean GILLET, Pierre RAGUENEAU – ce dernier jouant également du basson. Deux musiciens symphonistes sont employés régulièrement par le chapitre, à savoir les sieurs Vincent Anne JULIEN dit JULIEN et Laurent MARIE. L’organiste Denis JOUBERT est quant à lui maître de sa tribune.
Quatre maires-chapelains étoffent le chant, à savoir Urbain MABILLE, Charles CHAUVET, Pierre François CHEVREUIL et Jean Toussaint POIGNAND ainsi que deux sous-chantres Jean François VASSAL et Louis GODÉ. Le diacre Barthélémy BRIAND et le sous-diacre Jacques Joseph RIVIÈRE complètent la structure cantorale.
La psallette est composée de six enfants de chœur identifiés sur les huit qui dépendent du maître de musique aidé d’un maître de grammaire, le sieur Praud.
• 30 septembre 1790 : Les chantres, musiciens, organistes, officiers et serviteurs laïcs de la cathédrale et de la collégiale Notre-Dame sont autorisés à continuer leur service par le Directoire en attendant que leurs dossiers soient traités.
• 13 octobre 1790 : Le Directoire, considérant l'indiscipline des musiciens, leur fait un rappel à l'ordre et "enjoint aux chantres, musiciens, officiers et serviteurs laïcs de ladite église de se comporter avec décence et de garder la police du chœur."
• 29 octobre 1790 : Le Directoire ayant omis de verser à Jean GILLET les 120 lt  normalement dues aux musiciens, celui-ci adresse une requête dont l'issue est favorable.

• 7 février 1791, Nantes : Le directoire du district de Nantes après étude de la requête des chantres musiciens et officiers laïcs de la cathédrale de Nantes, est d’avis qu’ils reçoivent leurs traitements comme par le passé jusqu’à ce que l’Assemblée nationale ait pris position et fait provisionner les fonds pour janvier, ainsi que pour les mois suivants. Le dossier est transmis au département.

• Juin-octobre 1792, Nantes : Les anciens musiciens de la cathédrale Saint-Pierre à l'initiative de Joseph JOLY envoient une requête collective au directoire du district afin d'être payés de leurs pensions respectives dues et non versées, à savoir CAPPA dit LESCOT, Jean GILLET, Jean DONON, Vincent François LA MARRE, Étienne François PICARD. Ils sont tous titulaires d’une rente viagère accordée par le chapitre. Le directoire reprend les dossiers, s'en remet finalement au Département de Loire-Inférieure qui statue.

• 10 juillet 1792, Nantes : Le corps du  sieur Jean GILET, musicien de l'église cathédrale et paroissiale de Saint-Pierre, est inhumé paroisse Sainte-Croix. Il demeurait rue de la Saulaie. Sa veuve, ainsi que leur fille majeure Jeanne-Victoire, entreprennent des démarches afin de bénéficier d'une pension de réversion.
La succession de Jean GILLET comporte un volet professionnel concernant son remplacement au chœur, l'autre familial concernant sa pension reversée à sa veuve.
• 26 août 1792 : Le "général" de la paroisse épiscopale, ci-devant cathédrale Saint-Pierre, prend acte du décès de Jean GILLET serpent et entérine son remplacement. Mr CAMUS est reçu aux mêmes conditions que GILLET.
• 4 octobre 1792 : L'article 6 du délibéré du Directoire de Nantes solde le dossier du sieur GILLET et héritiers. Vu le récapitulatif de sa carrière, 20 ans de service, son âge, plus de 60 ans, ses appointements fixes de 500 lt, il aurait fait partie de la seconde classe et toucherait 400 lt de pension. Cette pension est donc à verser  à ses héritiers pour la période allant de la suppression de son service à son décès.
 

Mise à jour : 27 juin 2020

Sources
An- F/XIX/1128 ; C. Mellinet, De la musique à Nantes..., 1837 ; F-AD49/ BMS Angers, La Trinité ; F-Ad44/ BMS Nantes, St-Nicolas ; F-Ad44/ BMS Nantes, Ste-Croix ; F-Ad44/ BMS St-Similien, St-Nicolas ; F-Ad44/ G 89 ; F-Ad44/ L 1046 ; F-Ad44/ L 1099 ; F-Ad44/ L 1100 ; F-Ad44/ L 43 ; F-Ad44/ Q 555 ; F-Ad44/ Rôles de capitation de Nantes ; F-Ad72/ 111 AC 86 ; F-An/ DXIX/073/522/17 ; F-An/ F19/1128 ; Granges de Surgères, Les Artistes nantais... 1898. ; H. Librec, La Franc-maçonnerie..., 1948 ; La Laurencie, La vie musicale...,1906  ; P. Grégoire, Etat du diocèse de Nantes en 1790, 1882

<<<< retour <<<<