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HERMANT DE SAINT-BENOIST, Claude (1725-1802)

HERMANT DE SAINT-BENOIST, Claude (1725-1802)

État civil
NOM : HERMANT DE SAINT-BENOIST     Prénom(s) : Claude     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : HERMANT
HERMANT DE SAINT-BENOÎT
HERMAND
Date(s) : 1725-1-23  / 1802-3-21
Notes biographiques

En 1790, Claude HERMANT DE SAINT-BENOIST est un maître de musique et de psallette bien établi et respecté à Vannes [Morbihan]. Celui qui avait débuté comme enfant de chœur de la maîtrise de Notre-Dame de Paris avant d'occuper des postes de musicien dans plusieurs cathédrales a en effet été recruté par les chanoines de Saint-Pierre dès 1749. La parution de son Nouvel hymnaire parisien, à l'usage des quatre-vingt-quatre Départements de la République Française en 1793 est certainement le couronnement de sa longue carrière.

• 23 janvier 1725, Paris : Claude HERMANT naît sur la paroisse Saint-Merry (date mentionnée dans l'acte de décès, qui donne Saint-Martin comme paroisse de naissance ; l'acte de mariage, qui paraît plus fiable, indique Saint-Merry). Il est le fils de Jean-Claude Hermant, huissier au parlement de Paris, et de Marie-Geneviève Bonnement.

• 9 septembre 1731, Paris : Le chapitre cathédral de Notre-Dame de Paris le recrute comme enfant de chœur. Il aura Louis HOMET comme maître de musique à compter de 1734.

• 9 novembre 1736  : Après visa des quittances présentées à l'un des intendants de la maîtrise, le chapitre ordonne à son receveur de verser à sa mère la somme de 26 livres pour frais de soin et de garde pendant le temps de sa maladie où il est retourné chez elle.

• 4 août 1742 : À la suite de la requête présentée par la veuve Hermant, sa mère, le chapitre autorise la sortie anticipée de la maîtrise de cet enfant de chœur avec une gratification qui n'est pas précisée.

• 20 avril 1743, Paris : Claude HERMANT, "cy devant enfant de chœur et sorti avant son tems dans le mois d’aoust dernier", est accusé d'un vol commis à la maîtrise de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Les soupçons sont d'autant plus lourds qu'il pourrait bien être à court d'argent, ayant laissé entendre qu'il cherche à vendre sa basse de violon et son violon. L'audition des témoins des 24 avril et 2 mai nous fait de surcroît découvrir qu'il avait été antérieurement un enfant de chœur des plus dissipés sorti en catimini "plusieurs fois la nuit de la maîtrise pour aller se baigner".
En avril 1743, il enseigne la musique à un garçon de 16 ans, Louis-Antoine Guérin, "étudiant en musique et en latin demeurant cul de sac et paroisse Sainte-Marie", mais seulement pour suppléer les sieurs HARDOUIN l’ainé et BELLANGER qui pendant le Carême sont fort occupés. Le jeune homme semble loger avec sa mère dans le cloître de Notre-Dame.

• La période 1743-1749 reste inégalement documentée. Dans une requête antérieure au 11 avril 1794 adressée aux administrateurs du district de Vannes, il affirme qu'il a été "employé dans plusieurs chapitres supprimés" ; le 16 décembre 1790, il avait évoqué son passage par la cathédrale d'Orléans (dont les registres capitulaires des années 1740 ont été détruits dans l'incendie de 1940, ce qui interdit aujourd'hui toute vérification).
Une certitude : entre 1744 et 1746, il est musicien à Chartres.

• 10 juillet 1744, Chartres [Eure-et-Loir] : Après avoir semble-t-il refusé une proposition des chanoines de la cathédrale d'Albi, Claude HERMANT propose ses services au chapitre cathédral qui le recrute en tant que haute-taille. Le lendemain, les chanoines fixent ses gages à 10 livres par semaine.

• 22 octobre 1746, Chartres : Le chapitre prend acte du départ de son "heurier matinier" qui remonte à quelques jours.

• 13 juin 1749, Vannes [Morbihan] : Certainement méfiant après ses démêlés récents avec Denis LIEVIN, mais aussi intrigué par la personnalité de l'impétrant, c'est après "un mois d'épreuve" que le chapitre reçoit Claude HERMANT DE SAINT-BENOIST comme maître de musique et maître de psallette de la cathédrale "sans aucun bail avec la faculté de la congédier quand on le jugera à propos" et l'obligation de rémunérer LA VALLEE"musicien qui luy servira de sous maître".
• 23 janvier 1750 : Même si la précédente délibération capitulaire énumère ses obligations, il doit attendre cette date pour se voir proposer - à sa demande - un contrat de cinq ans par un chapitre décidément peu pressé de conclure. Il est tenu "de composer, psalmodier, chanter, et faire chanter la musique dans la dite Eglise cathedrale, et partout ailleurs tout et quantdefois quil sera requis". Il devra aussi s'occuper des enfants de chœur, les "nourrir et entretenir de robes et de chausses"  et bien sûr "faire la leçon aux dits enfans de chœur deux fois le jour et leur faire chanter la benediction de la table, et les conduire a la promenade une fois par semaine." Ses obligations comportent aussi la direction ("battre la mesure au plein chant les dimanches, et festes doubles") et la composition de la musique ("delivrer ... par chaque année une messe, des vespes, un te deum, et un mothet du st sacrement". Il est par ailleurs évidemment tenu "d’assister au chœur en habit d’eglise tous les dimanches, et festes, et generallement tous les jours ou il y aura musique imprimée ou autre". Pour tout cela, il recevra 1250 livres par an : 300 livres de gages, 100 livres de gain du chœur, 800 livres "pour la nourriture et entretien des enfans du chœur" et 50 livres de gratification.
• 9 octobre 1750 : Son sérieux est mis en cause par les chanoines qui le réprimandent fermement car il "s’absente fréquemment sans la permission du chapitre, et néglige l’instruction des enfants de chœur".

Il semble qu'après ce fâcheux incident, HERMANT se fasse apprécier du chapitre. En effet, son bail est renouvelé à plusieurs reprises (1766, 1779...), ses appointements sont augmentés et des gratifications lui sont régulièrement attribuées. Lui-même affirme dans une pétition au début de la Révolution avoir refusé des propositions des chanoines de Reims (en 1753) et de Rennes (en 1767 et 1771).

• 18 décembre 1761 : Il rédige un nouveau règlement pour les enfants de la psallette, beaucoup plus détaillé que le précédent, lequel remontait à décembre 1749.

• 25 janvier 1762 : Claude HERMANT DE SAINT-BENOIST, natif de la paroisse de "Mery" à Paris, domicilié en la paroisse Saint-Pierre où a lieu le mariage, épouse Marie-Françoise Lhoste de Théonne, native de la paroisse Saint-André-des-Arts à Paris, domiciliée en cette même paroisse, fille majeure et légitime d'Hugues-Désiré Lhoste de Théonne, docteur en médecine, et de demoiselle Madeleine Le Blanc. Ce mariage témoigne de la bonne insertion du maître de musique dans la société locale car son épouse appartient à l’une des familles les plus en vue et les plus riches de la petite ville bretonne.
• 20 avril 1764 : Leur première fille, Marie-Vincente-Guillemette, née le 20, est baptisée le 21 paroisse Saint-Pierre. Son parrain est le sieur Guillaume Hermant, sa marraine demoiselle Marie-Louise du Fausse.
• 17 janvier 1766 : Marie-Louise-Vincente naît et est baptisée ledit jour, même paroisse. Son parrain est Guillaume Hermant, clerc tonsuré, faisant pour monsieur Louis-Jean Hermant, secrétaire de légation ; sa marraine est dame Marie-Louise du Fausse, dame du Cosquer. Le père est qualifié de "noble homme".
• 3 février 1768 : Le couple HERMANT donne naissance, dans la même paroisse, à une troisième fille, Marie-Louise-Adélaïde, dont le parrain est l'écuyer Louis-Jean Hermant, conseiller des légations de Bavière, et la marraine dame Marie-Louise du Faussé du Cosquer. Le père, qualifié "d'écuyer" à partir de cet acte, est absent car malade.
• 6 août 1769 : Un fils, Hyacinthe-Vincent, vient agrandir la famille, toujours domiciliée paroisse Saint-Pierre. Son parrain est noble homme Jacques-Hyacinthe des Espinei du Fay, receveur des domaines à Vannes, et sa marraine demoiselle Marie-Vincente-Rose Nouvelle de Glavignac.

• 8 juillet 1772 : Claude HERMANT est appelé à témoigner devant le chapitre dans le cadre d'une affaire opposant le chanoine René-Athanase de Grimaudet de Coëtcanton à l'un des sous-chantres, Jean-Joseph PARE.

• 26 juin 1778 : Le chapitre lui accorde un congé de six semaines "pour aller a Paris poursuivre des affaires de famille".
• 2 juillet 1779 : HERMANT "reconnoist que la musique quil a composé depuis quil est au service de léglise, et dont il donnera un état à monsieur l’intendant de la psallette reviendra au chapitre, à sa mort". On sait par exemple qu'il est l'auteur d'un Office du Sacré-Coeur, composé avant 1758 à la demande de l'évêque de Vannes Charles-Jean de Bertin et joué le troisième dimanche de la Pentecôte.
• 21 avril 1780 : Il obtient confirmation du chapitre qu'il a bien la préséance sur tous les musiciens laïcs de la cathédrale.

• 5 septembre 1783 : Claude HERMANT obtient une augmentation de 200 livres à cause du "travail extraordinaire qu’a occasionné le changement de Breviaire".
• 2 avril 1784 : Le chapitre lui attribue 200 livres supplémentaires car le surcroît de travail engendré par l'adoption de la liturgie parisienne lui a "fait perdre plusieurs ecoliers" et "ses infirmités augmentent".

• 3 novembre 1786 : Ses bonnes relations avec les chanoines lui valent l’inimitié de certains, en particulier de Jacques-Adrien LAUNAY, archiprêtre et haute-contre. Cette animosité se manifeste particulièrement ce jour de la Saint-Gwenaël lorsque, à l'occasion d'une station et d'un motet devant la statue du saint, HERMANT remarque que l'archiprêtre "n’avoit pas sa partie". S'en suit un échange des plus vifs en présence de tout le chœur et des fidèles, conclu par un tonitruant "Beau fichu maitre de musique" de la part de LAUNAY. Ce dernier éprouvera bien des difficultés à présenter ses excuses au maître de musique puisqu'il ne s'exécutera que le 1er décembre. Cet épisode témoigne de l'opiniâtreté avec laquelle HERMANT défend son rang et les prérogatives de sa fonction au sein du bas-chœur.

• 19 septembre 1788 : Les chanoines lui confirment son droit – contesté par le même archiprêtre et son frère LAUNAY, basse-contre – de faire au bas-chœur toutes les distributions ne faisant pas partie du cuilibet.

1790, Vannes [Morbihan] : En tant que maître de musique et de psallette de la cathédrale de Vannes, Claude HERMANT touche 2 000 livres, dispose d'un logement de fonction, mais a la charge de nourrir les enfants de chœur, au nombre de six : François-Félix LE PRINCE, René-Jean-Vincent MOURET, François CHEVALIER, Pierre-Honoré SERVET, Jean-François-Vincent SEVENO et Pierre FICHER.
Il dirige les musiciens François-Joseph COUILLARD, Pierre-Marie COURET, Yves CURIERE, Yves GARREC, François-Augustin LE KER, Pierre LE ROY, LAUNAY et Pierre TABOURDET dont les activités sont soutenues par Jean-Charles GOURDIAT et son souffleur.
Par la suite, les autorités fixent sa pension à 2400 livres par an, dont 900 pour les enfants de chœur. Le 14 décembre, pour convaincre les autorités du district de Vannes de son talent et de la nécessité de lui accorder la pension demandée, il fait remarquer : "sans me flatter, le gout de la bonne musique est bien different à Vannes, de celuy que j'y ay trouvé en 1749".

• 1er février 1791 : HERMANT achète pour 1500 francs la maison de la psallette qu’il occupe rue des chanoines.
• 10 février 1791 : Il est l'un des tous premiers adhérents de la société des Amis de la Constitution de Vannes (dont il est élu secrétaire le 18 janvier 1793, le club étant devenu la Société des Amis de la Liberté et de l'égalité).
• 11 août-9 décembre 1791 : Absent, il est remplacé par DUMESNIL en tant que maître de musique.
• janvier 1792 : Son salaire passe de 2000 à 2400 livres.
• 24 juillet 1792 : Il prête serment, le même jour que son confrère Jean-Charles GOURDIAT, titulaire du grand orgue de la cathédrale.
•  10 décembre 1792 : HERMANT devient notable au sein de la municipalité de Vannes. Il quitte ses fonctions lors de la destitution de la commune par Prieur le 28 octobre.
• 31 décembre 1792 : Le directoire du district de Vannes arrête qu'il touchera 600 livres le 1er janvier 1793.

• 1793 : Paraît son ouvrage intitulé Nouvel hymnaire parisien, à l'usage des quatre-vingt-quatre Départements de la République Française. Y figurent les attestations de François-Robert DORIOT, Etienne MEUNIER D'HAUDIMONT, LE SUEUR "ci-devant maître de musique de Notre-Dame de Paris", Claude BALBASTRE, Philippe-Antoine DESPREZ, Gervais-François COUPERIN, VILLAUTEAU [sic] l'aîné, Jean-Jacques BEAUVARLET et Nicolas SEJAN.
• 1er juillet 1793, Vannes : Toujours maître de musique de la cathédrale constitutionnelle, il est nommé en sus taille, la place étant vacante. Ses émoluments sont fixés à 3000 livres (2400 comme maître de musique ; 600 comme taille).
•  19 mars 1794 : Les autorités du district de Vannes informe HERMANT de la suppression de sa place, la cathédrale étant devenu le Temple de la Raison depuis le 28 janvier.
• 11 avril 1794 : Les administrateurs du district de Vannes "considerant les longs services du petionnaire pour la cy devant cathédralle et pour les jeunes eleves qu'il a constemment éduqués dans le ressort du district" accordent à HERMANT une pension de 1200 livres par an.
• 11 mai 1794 : Les autorités du district de Vannes le nomment (en compagnie de quatre autres personnes de confiance) commissaire en charge de l'inventaire des "livres et autres objets qui peuvent servir aux Arts, aux Sciences et à l’enseignement et pour établir le Museum de ce district".
• 15 juillet 1794 : Il obtient un bel éloge de la part des autorités du district : « Il a fait imprimer à ses frais des odes patriotiques par lui composées et dans lesquelles on a reconnu l’amour de la Patrie qui l’a toujours animé et finalement qu’il enseigne à plusieurs élèves gratuitement ».
• 7 mars 1795 : Nommé instituteur, il se voit attribuer l'ancien presbytère de la paroisse Saint-Patern de Vannes pour dispenser ses leçons.

• 20 mars 1798 : On relève sa présence à la Fête de la Souveraineté du Peuple célébrée à Vannes.

• 21 mars 1802, Vannes : Claude HERMANT décède rue de l’Égalité, âgé de 77 ans (aucune profession n'est donnée).

Mise à jour : 22 juillet 2019

Sources
Ad-56/ 53 G 7 ; Bertrand Frélaut, Les bleus de Vannes (1791-1796)..., 1991 ; F-Ad/ L 1488 ; F-Ad28/ G302 ; F-Ad28/ G306 ; F-Ad56/ 47 G 6 ; F-Ad56/ 47 G 7 ; F-Ad56/ 81 G 10 ; F-Ad56/ 81 G 12 ; F-Ad56/ BMS Saint-Pierre de Vannes ; F-Ad56/ BMS St-Pierre de Vannes ; F-Ad56/ L 1488 ; F-Ad56/ L 1490 ; F-Ad56/ L 1492 ; F-Ad56/ L 1995 ; F-Ad56/ L 881 ; F-Ad56/ L 882 ; F-Ad56/ NMD Vannes ; F-An/ DXIX/017/260-2/06 ; F-An/ F19/1388/2 ; F-An/ LL/ 232/ 17 ; F-An/ LL/ 232/ 20 ; F-An/ Z/2/ 3117 ; F. Lesure, Dictionnaire musical des villes de province, 1999, Vannes, p. 310-311. ; G. Bourligueux, "La maîtrise de la cathédrale de Vannes au XVIIIe siècle », SHAB, 1969-1970 ; G. Bourligueux, Bull. Soc. polym. du Morbihan ; G. Bourligueux, Société polymathique du Morbihan, 1967-68, p. 71-80 ; M.-Cl. Mussat, "Un groupe social méconnu…", 1989 ; Nouvel hymnaire parisien, 1793

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