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HOUZÉ, Amable Joseph (ca 1734-1787)
État civil
NOM : HOUZÉ     Prénom(s) : Amable Joseph     Sexe : M
Date(s) : 1734 ca  / 1787-11-7 
Notes biographiques

En dehors de son lieu de naissance, Tournai, on ignore presque tout des vingt-cinq premières années de la vie d'Amable-Joseph HOUZÉ, si ce n'est qu'il a été un moment en poste à Luçon. En revanche, à partir du moment où, en 1758, il devient maître à la collégiale Saint-Andoche de Saulieu, dans le diocèse d'Autun, il est bien éclairé, essentiellement grâce aux registres paroissiaux et surtout capitulaires. Ces derniers, en effet, ont enregistré en détail non seulement sa réception mais aussi et surtout sa fin de carrière, marquée par un conflit larvé entre un maître indolent qui semble peu assidu à ses devoirs, et un chapitre exaspéré mais qui hésite à s'en séparer.

• [1734], Tournai [Belgique actuelle] : Fils de maitre Simon Houzé, marchand, et de Marie-Francoise Rolland, Amable-Joseph HOUZÉ est baptisé paroisse Notre-Dame.

Son itinéraire de jeunesse reste à documenter. Il a pu être enfant de chœur à Tournai même.

• [avant juin 1758], Luçon [Vendée actuelle] : Amable-Joseph HOUZÉ exerce à la cathédrale de Luçon.

• 9 juin 1758, Saulieu [aujourd'hui département de la Côte-d'Or] : Le chapitre de la collégiale Saint-Andoche, dans le diocèse d'Autun, qui n'a plus de maître de musique depuis la fin du mois de février prend lecture d'un certificat émanant du chapitre de la cathédrale de Luçon, "qui constatte les bonnes vie et mœurs du Sr HOUZÉ" et décide de recevoir ce dernier. On lui promet "32 livres en argent et huit boisseaux de froment par mois et par avance", soit 384 livres / an et 96 boisseaux de froment (sur lesquels il devra nourrir les enfants de chœur). Le maître précédent, le jeune Edme ROSEROT, ne touchait que 28 livres et six boisseaux de froment par mois. Avec 4 livres et 2 boisseaux de plus chaque mois, Houzé a obtenu une belle revalorisation du poste. À l'exception de la rémunération, la délibération capitulaire se réfère "aux mêmes clauses et conditions que le sieur DAGUET", c'est-à-dire au contrat établi en 1746, sans établir, dans l'immédiat, un contrat en bonne et due forme au nouvel arrivant. Le chapitre se contente de lui faire signer la délibération de sa réception ("houzé").
Le jeune homme – il a 24 ans – s'installe ainsi à 420 km au sud de sa ville natale.

• 6 juillet 1759, Saulieu : Après avoir fait ses preuves durant une année, Amable-Joseph HOUZÉ obtient un contrat de maître de musique à la collégiale Saint-Andoche. Ce contrat relativement détaillé où ses obligations sont bien précisées, ressemble beaucoup à celui qui avait été fait pour Jean-Michel DAGUET en 1746. Le maître doit notamment s'occuper des enfants de chœur, leur apprendre "à chanter le plein chant et la musique et à jouer des instrumens selon leurs dispositions", assister à tous les offices de l’église, "porter la chappe aux jours qui lui seront marqués" et bien entendu composer : "tous les motets et autres pièces de musique tant pour la voix que pour les instruments" qu'il composera appartiendront en propre à la maîtrise, ce qui est habituel, ainsi que ceux "qu’il a cy-devant composés" [comprendre : depuis un an qu'il est maître de la collégiale], dont il sera fait inventaire. C'est sans doute là "le corps de musique" qu'on lui reprochera en 1768 de ne pas avoir fourni alors qu'il l'avait promis (voir ci-après). Ce contrat décrit succinctement la maison de la maîtrise et son jardin. Il semble n'y avoir que deux lits, l'un pour le maître, l'autre pour les deux enfants de chœur. Deux basses sont également mentionnées.

• 2 octobre 1759, Villargoix [Côte-d'Or] : Dans l'église paroissiale de ce village situé à 6 km en droite ligne à l'est de Saulieu, Amable-Joseph HOUZÉ, "actuellement maitre de musique à l'eglise collegiale de St Andoche de Saulieu, agé d'environ 25 ans", épouse demoiselle Françoise Personne, "fille majeure de deffunt maitre François Personne de son vivant marchand à Thaumirey paroisse de Villargoix". On remarque que le mariage est célébré par "Maître Pierre Bardot, prêtre et chanoine syndic du chapitre de l'église collégialle de Thil en Auxois", collégiale située à une douzaine de km au nord du village de Villargoix. Le marié est venu de Saulieu en compagnie de quatre amis, un marchand, un maître perruquier  et deux "cavaliers".

• 1761 à 1764, Saulieu : Les baptêmes de plusieurs enfants successifs (Marguerite-Françoise le 10 février 1761, Jean le 21 mars 1762, Pierre-Simon Philibert le 15 juillet 1764) attestent qu'Amable-Joseph HOUZÉ est toujours maître de musique de la collégiale Saint-Andoche. D'autres naissances suivront encore.

• 2 septembre 1764, Avallon [Yonne] : Le maître de Saulieu reçoit six livres du chapitre pour avoir participé à la musique de la Saint-Lazare sous la conduite de ROSEROT, entre temps devenu maître de la collégiale Saint-Lazare, en compagnie de "PRIEUR maitre de Nuits" et du maître de Vézelay dont le nom n'est pas donné (est-ce toujours DAGUET ?). Ont aussi chanté ou joué à cette fête trois musiciens recrutés localement, Jean PEUTAT le sacristain, FORESTIER et SERGENT, ainsi que les enfants de chœur.

• 9 novembre 1768, Saulieu : Le chapitre convoque son maître de musique et lui fait promettre d'observer une "plus grande exactitude, aux offices, et surtout aux Matines" et de verser les six livres qu'il doit à Claude BERTIER et à BAILLY, les deux musiciens habitués de la collégiale, sur la gratification de 72 livres accordée aux musiciens pour la St-Andoche dernière. Le 2 décembre suivant, on apprend que le maître de musique ne s'est toujours pas acquitté de cet engagement. C'est là l'enregistrement du début d'une longue suite d'incidents qui vont émailler les relations entre le maître de musique et son chapitre, sans que celui-ci ne se résolve jamais à le licencier.
• 25 novembre 1768 : L'un des chanoines propose au chapitre de ne pas verser au sieur HOUZÉ sa part de la gratification ordinaire de la sainte Cécile jusqu’à ce qu’il présente "le corps de musique dont il s’étoit chargé par ses soumissions".
• 30 décembre 1768 : Pour remplacer Philippe CHATELIN et SEGUIN, enfants de chœur sortants, le chapitre accepte de recevoir deux fils du sieur HOUZÉ Maître de musique, "l’un âgé de 7 ans environ, et l’autre d’environ 8". Ces âges indiqués par la délibération capitulaire sont sans doute approximatifs. Le fils d'environ 7 ans pourrait être Jean, né en mars 1762, qui a donc 6 ans et 9 mois.

• Août 1772 : Ce mois-là, alors que le maître de musique, Amable Joseph HOUZÉ, reçoit pour ses gages 32 livres en argent et 8 boisseaux de froment, Claude BERTIER, lui, reçoit la somme de 15 livres en argent et 2 boisseaux de froment, et le second habitué de la collégiale, qui est toujours Pierre BAILLY, reçoit la somme de 12 livres.
Le même mois, le chanoine Jarry proteste officiellement en chapitre contre les négligences du maître de musique dont les fils "reçus choristes depuis plusieurs années" s'avèrent incapables de remplir leurs devoirs d'enfants de chœur. Les autres chanoines temporisent : puisque Houzé "avoit promis qu’à la fête de St-Andoche prochaine [ses fils] seroient en état de commencer à chanter la Musique et de suivre, comme aussi de remplir les autres obligations de leur état", il faut attendre cette échéance.

• 12 novembre 1776, Saulieu : Avec Claude BERTIER, "chantre laïque" à la collégiale, le sieur Amable HOUZÉ, Maître de Musique de la collégiale, est témoin au mariage de Philippe CHÂTELIN lui aussi "chantre laïque" à la collégiale, avec Jeanne Henry, fille de Denis Henry recteur d'école. Tous deux sont dits "amis de l'époux".
• [Fin 1776] : Alors qu'à Saint-Andoche de Saulieu les enfants de chœur sont normalement reçus pour six ans, les fils du maître de musique sont restés huit ans à la maîtrise, donc jusque vers la fin de l'année 1776. Et pourtant, selon un chanoine en 1785, "ils sont sortis de la maîtrise après huit années sans sçavoir ni lire ni écrire et moins encore leur religion". Au point qu'ils sont comptés "dans la ville au nombre des libertins et des ignorans"...
Malgré ce constat, après la sortie des deux aînés, le chapitre reçoit encore un fils du sieur HOUZÉ à la maîtrise.

• 13 juin 1778, Saulieu : Au cimetière St-Saturnin est inhumée la petite Julie "qui mourut hier, âgée d'environ 9 ans, munie des sacrements de pénitence et extrême onction, fille du sieur Joseph HOUSEY Maître de Musique à la collégialle de cette ville, présent à l'inhumation".

• 24 avril 1781, Saulieu : Devenu veuf de Françoise Personne, le sieur Amable Joseph HOUZÉ, qualifié de "maitre de musique à Saulieu", se remarie en l'église de Saint-Andoche avec Demoiselle Anne Ligeret, fille d'un marchand défunt. Le premier témoin cité est Claude BERTIER, "habitué en l'église de St-Andoche".

• 19 novembre 1784, Saulieu : Le chapitre fait le constat désolant "que depuis plusieurs années les enfants de chœur étoient malgré les représentations faites au sieur Maître de musique sans éducation ni chrétienne ni décente, ne scachant presque pas lire, sans musique et tenus très malproprement". Plutôt que d'admonester leur maître, les chanoines organisent une réforme de la maîtrise en externalisant l'entretien matériel des enfants. Sans doute savent-ils que HOUZÉ ne changera plus ... Mais ils n'évoquent pas non plus son renvoi. Ils précisent que "les petites sommes qui sont donnés à raison du casuel aux dits enfants leur seront propres", ce qui sous-entend que le maître détournait auparavant ces sommes.
• 29 novembre 1784 : Trois nouveaux enfants sont recrutés, Antoine BAILLI, François BUFFARD et François RENAUD. Ils demeureront chez leurs parents d’où ils viendront à tous les offices. Leur service est prévu pour durer 9 ans. Un seul ancien enfant de chœur est conservé, Louis CHATELAIN.

• 11 février 1785, Saulieu : Le chanoine Grozelier, Chantre du chapitre, dresse un réquisitoire impitoyable contre les négligences accumulées du maître de musique, rappelant les divers épisodes antérieurs. Les six chanoines présents reconnaissent "que le sieur HOUZÉ étoit inamendable". En conséquence ils décident unanimement "qu’il seroit remercié". Cette décision demandera pourtant encore plusieurs mois avant d'être appliquée.
• 3 juin 1785 : Le chapitre donne trois mois au maître "pour se pourveoir d’une place de Maître de musique ou autre ailleurs, et en conséquence vuider la maison de la maîtrise qu’il occupe".
• 30 septembre : Le Doyen lui-même s'implique dans l'affaire et rencontre le maître pour lui signifier que les trois mois sont échus. De HOUZÉ "il n’a tiré autre réponse, sinon qu’il ne sortiroit de la maison de la maîtrise qu’autant qu’il y seroit forcé". Le Doyen a donc chargé le  procureur dudit chapitre "de faire audit Houzé sommation de déguerpir de la dite maison dans huitaine". Les chanoines présents approuvent.
• 7 octobre : Une semaine plus tard, coup de théâtre ! Le chapitre se scinde en deux camps. D'un côté ceux qui veulent renvoyer le maître trop négligent et de l'autre ceux qui veulent garder au nom de l’humanité et de la charité cet "ancien serviteur de vingt-huit ans qui se trouve en ce moment attaqué de deux maladies qui l’empècheroient de trouver du service ailleurs, quoi qu’il puisse cependant continuer ses services en cette église"... Les chanoines habituellement absentéistes se mobilisent et l'emportent sur ceux qui assurent au quotidien le fonctionnement de l'institution. Ces derniers, outrés, quittent la séance, le Doyen à leur tête.
• Durant la semaine, un compromis est négocié entre les deux camps capitulaires, et adopté lors de la réunion du 14 octobre. HOUZÉ aura une pension alimentaire de 240 livres. De plus, " Messieurs par une suite de leur charité veulent bien encore lui accorder le reste du mois courant pour vuider la maison et le jardin de la maîtrise". Le maître refuse l'arrangement proposé par les chanoines, et répond à nouveau "qu’il ne voulait quitter la maîtrise que quand il y seroit forcé en justice".
• 20 octobre 1785 : Le chapitre cède et augmente de 60 livres sa pension alimentaire, qui sera donc de 300 livres par an. Le maître cette fois accepte l'arrangement.
• 29 octobre 1785 : Lazare PÉTOT, précédemment musicien a la cathédrale d'Autun, est reçu maître de musique de la collégiale Saint-Andoche.

• 24 avril 1787, Saulieu : Lorsque, dans l'église Saint-Andoche, sa fille Marguerite se marie avec Nicolas Sandrié maître perruquier à Saulieu, le sieur Amable HOUZÉ est dit "Maître de Musique en cette ville", sans précision de poste. À cette date-là, c'est toujours Lazare PÉTOT qui est le maître de musique de la collégiale Saint-Andoche. Deux des fils Houzé sont présents : Jean, qui est devenu "praticien" (c'est l'un des deux anciens enfants de chœur) et Joseph, dont rien n'est dit.
• 8 novembre 1787 : Dans le cimetière St-Saturnin, est inhumé le sieur Amable-Joseph HOUZÉ "Maître de Musique en cette ville", mort de la veille, muni des sacrements, à l'âge de 57 ans. Sont présents son gendre récent, Nicolas Sandrié, maître perruquier à Saulieu, et Claude Dupant, marchand. L'acte ne révèle aucune trace de l'éventuelle présence des musiciens ni des chanoines de Saint-Andoche.

Mise à jour : 14 octobre 2018

Sources
F-Ad21/ BMS Saulieu ; F-Ad21/ BMS Saulieu  ; F-Ad21/ BMS Saulieu en ligne ; F-Ad21/ BMS Villargoix ; F-Ad21/ G 3146 ; F-Ad21/ G 3147 ; F-Ad89/ G 2156

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