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LE FORESTIER, René Marie (1740-1807)
État civil
NOM : LE FORESTIER     Prénom(s) : René Marie     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : FORESTIER
LEFORESTIER
Date(s) : 1740-11-21   / 1807-12-3
Notes biographiques

Originaire d'Avranches en Normandie, René-Marie LE FORESTIER effectue sa carrière musicale au sein du bas chœur de la collégiale Saint-Aubin de Guérande [Loire-Atlantique] où, maître de musique durant près de quarante ans, il est en charge de l'éducation musicale de quatre enfants de chœur. Durant la période révolutionnaire, il conserve des fonctions cantorales au sein de l'édifice religieux qui l'a vu vieillir.

• 21 novembre 1740, Avranches [Manche] : C'est dans cette petite ville normande que René Marie LE FORESTIER voit le jour du mariage d'entre Charles Leforestier, marchand, et Marie-Adeline Lépine. L'enfant est baptisé le lendemain en l'église Saint-Gervais. Il reçoit son double prénom de son parrain, René-Marie Nicolas, sieur de Villeneuve. Sa marraine est "demoiselle Marie Richer". Parrain et marraine signent tous les deux. L'enfant grandit, semble-t-il, dans un milieu bien alphabétisé et éloigné de la misère.

• Quelle formation musicale a-t-il reçue ? On peut supposer qu'il a été enfant de chœur en la cathédrale Saint-André d'Avranches. Mais leurs archives ont été détruites, ce qui rend très difficile d'obtenir une certitude à ce sujet.

• De 1759 à 1765, Avranches : D'après une attestation fournie le 25 août 1792, René Marie LE FORESTIER a occupé les fonctions de musicien serpent en la cathédrale Saint-André et le chapitre lui versait 36 livres pour ses gages annuels (ce qui est très peu).

• 1er mai 1765, Guérande : Le chapitre de la collégiale Saint-Aubin reçoit René Marie LE FORESTIER comme chantre. Cette réception nous est uniquement connue par l'attestation délivrée par le maire de Guérande le 28 avril 1801 qui précise que les insurgés qui ont envahi la dite ville en mars 1793 ont détruit les papiers conservés au District, dont le registre de délibération de la collégiale.

• 26 octobre 1765, Guérande [Loire-Atlantique] : René-Marie LE FORESTIER se marie avec Claire-Joseph-Ursule Obé. Les deux époux demeurent sur le territoire de la paroisse Saint-Aubin. Le mariage est célébré "dans la chapelle saint-Jean de cette ville", signe sans doute de distinction. La cérémonie est présidée par le chanoine syndic de la collégiale Saint-Aubin.

• 23 septembre 1767, Guérande : Lors du baptême de Emmanuel-René seconde enfant du couple, René-Marie LE FORESTIER est encore qualifié de "bourgeois d'Avranches".

• 9 juillet 1768, Guérande : Le chapitre de la collégiale Saint-Aubin reçoit René-Marie LE FORESTIER comme maître de musique pour des gages annuels s'élevant à 400 livres. Cette information nous est connue par la délibération du directoire du département du 9 décembre 1791.

• Entre 1769 et 1784, Guérande : Les actes de baptêmes de ses enfants stipulent que René-Marie LE FORESTIER est maître de musique de la collégiale Saint-Aubin ou maître de psallette (actes de 1782 et 1784). Outre les signatures des membres de la famille, on remarque la signature de plusieurs musiciens du bas-chœur de la collégiale Saint-Aubin comme celle de Pierre SALIO (serpent), de Louis MASSÜE (sous-chantre) ou encore René GAUTIER (organiste). Certains des actes religieux sont présidés par un chanoine. Tout cela témoigne du réseau à la fois professionnel et amical qui unit musiciens et employeurs de la collégiale guérandaise.

• 1er novembre 1780 - 31 octobre 1781, Guérande : Les comptes de la psallette mentionne une dépense de "14 livres 4 sols payée audit Maitre de musique [René Marie LE FORESTIER] pour le contenu de son mémoire quittancé, papier, plumes, cordes, et raccommodage de la basse". Cette dépense permet d'émettre l'hypothèse d'un apprentissage instrumental au sein de la psallette.

• 11 novembre 1783, Guérande : René-Marie LE FORESTIER signe comme témoin, ainsi que plusieurs membres de sa famille, au mariage de Pierre SALIO – serpent de la collégiale – et de Françoise Genoix.

• 28 novembre 1787, Guérande : René-Marie LE FORESTIER signe, de nouveau, parmi les témoins lors du baptême de Marie-Renée, fille de son confrère serpent Pierre SALIO.

• 24 mai 1789, Guérande : Lors du baptême de Céleste Joséphine fille de Pierre SALIO, René Marie LE FORESTIER signe l'acte de baptême parmi les témoins au côté de Joseph GAUTIER, organiste de la collégiale Saint-Aubin et parrain de l'enfant.

• 1789, Guérande : René-Marie LE FORESTIER, maître de la psallette, paie 1 livre 12 sols et deniers pour la capitation.

1790, Guérande : René-Marie LE FORESTIER occupe la place de maître de musique de la collégiale Saint-Aubin et a en charge l'éducation de 4 enfants : Guillaume SEVÊTRE ou SEVESTRE, Pierre LE BRETON et Donatien Rogatien MONTFORT, la quatrième place étant vacante. Ses gages annuels s'élèvent toujours à la somme de 400 livres. Il côtoie également au chœur de la collégiale Pierre SALIO qui cumule les fonctions de chantre et de serpent, le sieur CHARITÉ qui est chantre ainsi que l'organiste Joseph GAUTIER. Cette même année, René-Marie LE FORESTIER paie 3 livres 4 sols et 6 deniers pour la capitation.

• 11 novembre 1790, Guérande : René-Marie LE FORESTIER signe comme témoin lors de l'inhumation de Marie-Jeanne Robinard, seconde épouse de son confrère Pierre SALIO, décédée la veille à l'âge de 27 ans.

• 14 janvier 1791, Guérande : Lors du baptême de son fils Jean-Baptiste-Marie-Jérôme, René-Marie LE FORESTIER est qualifié de "maître de musique de cette église" ce qui indique qu'il a conservé ses fonctions musicales alors que la collégiale est supprimée en novembre 1790.

• 15 janvier 1791, Nantes : Le directoire du département délibère sur une requête du sieur LE FORESTIER, maître de musique de la collégiale de Guérande, et est d'avis d'accorder à ce dernier une pension de retraite s'élevant annuellement à 200 livres attendu qu'il a plus de 26 ans de service au sein du dit édifice.
• 11 octobre 1791, Guérande : Le directoire du district de Guérande rend un avis sur la pension à faire au citoyen LE FORESTIER.
• 9 décembre 1791, Nantes : Le directoire du département, attendu que le sieur LE FORESTIER remplit toutes les conditions de la loi du 26 août 1791, est d'avis d'arrêter sa pension à 200 livres par an, soit la moitié de ses gages comme maître de musique. L'avis est transmis au "Comité des pensions près l'assemblée nationale qui est priée de les prendre en prompte considération, vu l'état de détresse ou est le dit sieur FORESTIER".

• [avant le 22 avril 1792], Guérande : René-Marie LE FORESTIER rédige une pétition dans laquelle il rappelle que le directoire du département lui a octroyé 400 livres pour ses fonctions de maître de musique et demande que son logement lui soit accordé afin qu'il puisse y loger avec les enfants de chœur et leur gouvernante – une dame Hemery – afin de "veiller sur la conduitte des dits enfants de chœur et de leur donner l'éducation".
• 22 avril 1792, Guérande : Statuant sur la requête ci-dessus, le conseil municipal accorde annuellement à René-Marie LE FORESTIER une somme de 50 livres qui lui sera payée par le trésorier de la paroisse, pour "tenir lieu de logement" et prendre soin des enfants de chœur qu'il loge en sa maison et de leur gouvernante.
• 11 mai 1792, Guérande : Délibérant sur la pétition de René-Marie LE FORESTIER – chantre et responsable des enfants de chœur –, le directoire du district  refuse d'octroyer à ce dernier une somme équivalente à son loyer arguant que le pétitionnaire perçoit déjà 50 livres de plus que les autres chantres de l'église paroissiale Saint-Aubin pour "prendre soin des enfants de chœur [et] que cet excédant a été estimé être la valeur de son loyer".

• [vers août 1792], Guérande : René Marie LE FORESTIER prête le serment de Liberté-Egalité

• 19 mars 1793, Guérande : Une insurrection détruit tous les registres et les papiers du district de Guérande dont le dossier de René-Marie LE FORESTIER.
• 18 juillet 1793, Nantes : Le directoire du département fixe à 400 livres la pension annuelle de René Marie LE FORESTIER, maître de musique, et l'inscrit au "tableau des chantres et musiciens supprimés des cy devant chapitres existants sous le ressort de ce district". De plus, le directoire du département lui accorde 433 livres 6 sols et 8 deniers au titre de sa pension pour les 13 mois échus au 1er novembre 1792.

• 1794, Guérande : D'après un tableau présentant l'état des ex-employés de la collégiale Saint-Aubin, René-Marie LE FORESTIER – ex-maître de musique – perçoit une pension de 400 livres.

• Vers septembre 1797, [Guérande ?] : D'après l'attestation délivrée par le maire de Guérande en date du 28 avril 1801, René-Marie LE FORESTIER prête le serment de Haine à la royauté.

• 29 août 1798, Guérande : La municipalité dresse à René-Marie LE FORESTIER une attestation de résidence dans laquelle il est qualifié de chantre exerçant en l'église paroissiale Saint-Aubin, ancienne collégiale de la ville, et de pensionnaire de la patrie. De plus, cette attestation comporte une description physique de notre homme : "taille de 5 pieds, cheveux et sourcils chatains, portant perruque, yeux bleus, nez long et pointu, bouche petite, menton fourchu, front haut, visage ovale".
• 14 novembre 1798, Guérande : René-Marie LE FORESTIER atteste qu'il a prêté tous les serments à la République. Cette attestation est certifiée conforme, le lendemain, par la municipalité.

• 27 octobre 1801, Paris : Harmand, directeur du Bureau des pensions ecclésiastiques, dresse une attestation prouvant que René-Marie LE FORESTIER perçoit une pension annuelle de 200 francs en qualité d'ex-maître de musique et ce depuis le 22 mars 1800.

• 22 juillet 1802, Guérande : René-Marie LE FORESTIER adresse au citoyen du Beauchet - membre du conseil de la Préfecture de Loire Inférieure - une pétition demandant le rétablissement du montant de sa pension en qualité d'ex Maître de musique de la collégiale de Guérande. Cette pension, fixée à 400 livres par délibération du Directoire du département le 18 juillet 1793, a été amputée de 200 francs à partir de l'an II (entre octobre 1800 et 1801). René-Marie LE FORESTIER précise que sa pension lui est payée par semestre et qu'elle lui est nécessaire car il se trouve sans état et en charge de famille. Il termine sa supplique en mentionnant qu'il "a perdû un de ses enfants au service de la République dont il n'a été nullement dédommagé".

• 7 juin 1805, Nantes : Monseigneur Jean-Baptiste Duvoisin, évêque de Nantes, délivre une attestation prouvant que René-Marie LE FORESTIER, "maître de musique de l'ex-collégiale de Guérande", a signé l'adhésion au Concordat.
• 12 juillet 1805, Guérande : René Marie LE FORESTIER, ex-maître de musique de l'ancienne collégiale Saint-Aubin, écrit au préfet de la Loire-Inférieure [aujourd'hui Loire-Atlantique] pour demander le rétablissement de sa pension annuelle de 400 livres qu'il perçoit depuis 1793. En effet, depuis 1800, cette pension "déjà fort modique pour un père de famille infirme et hors d’age de se procurer un autre état" lui a été diminuée de moitié et sur cette moitié "il n’a touché, comme tous les autres pensionnaires de la Republique, que le tiers en numeraire faisant 66 francs 66 centimes". La réclamation de René-Marie LE FORESTIER est contresignée par Chottard, maire de Guérande.
• 13 juillet 1805, Guérande : La mairie délivre à René-Marie LE FORESTIER une attestation de résidence où il est qualifié d'ex-chantre de l'église collégiale et paroissiale Saint-Aubin. Parmi les trois témoins nécessaires à l'établissement de cette attestation figure Pierre SALIO – ancien confrère au sein du bas chœur de la collégiale Saint-Aubin où il tenait les fonctions de serpent et de sous-chantre – devenu garde champêtre. L'attestation comprend également une description physique de René-Marie LE FORESTIER : "Taille d'un mètre 62 centimètres, cheveux gris, portant perruque, sourcils blonds, front large et haut, yeux bleus, nez long et gros, bouche moyenne, menton rond, visage ovale".

• 3 décembre 1807, Guérande : À son décès, René-Marie LE FORESTIER est qualifié, sans plus de précisions, de musicien. Son décès est déclaré le lendemain par Joseph-Eugène Giraudeau, receveur de l'enregistrement et par Jean-Baptiste Morel.

Mise à jour : 3 mars 2021

Sources
F-Ad44/ Q 555 ; A. Lallié, Le Diocèse de Nantes..., 1893  ; F-Ad44/ BMS Guérande, St-Aubin ; F-Ad44/ G 307 ; F-Ad44/ NMD Guérande ; F-Ad44/ Q 555 ; F-Ad44/ Q 556 ; F-Ad44/ Rôles de capitation de Guérande ; F-Ad50/ BMS Avranches, St-Gervais ; F-An/ F19/1128 ; La musique dans la presqu'île guérandaise... 1989 ; P. Grégoire, Etat du diocèse de Nantes en 1790, 1882 ; Société archéologique et historique..., 1845

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