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MALINES, Antoine Nicolas (1699-1768)
Autre(s) forme(s) du nom : MALINE
Date(s) : 1699-2-1 / 1768-11-10
Natif de Pontoise, formé dans la paroisse où il fut baptisé, Antoine-Nicolas MALINES est resté attaché jusque dans la mort à celle-ci, attachement qui se matérialise par le legs d'une somme importante. Après un passage par la cathédrale Notre-Dame de Paris puis la collégiale Saint-Martin de Tours, il a fait l'essentiel de sa carrière à la Sainte Chapelle de Paris où il est décédé en 1768, après trente ans de service. Il a connu une certaine notoriété au Concert spirituel, où sa voix de basse-taille a été plusieurs fois remarquée.
• 1er février 1699, Pontoise [Val d'Oise] : Antoine-Nicolas MALINES voit le jour à minuit. Il est le fils d'Antoine, marchand coutelier et de Marie Anne Flin [peu sûr]. Il est baptisé le surlendemain en l'église Saint-Maclou, son parrain est greffier en l'élection de la ville et sa marraine la fille d'un marchand.
• [vers 1706-vers 1716], Pontoise : Il est enfant de chœur de la paroisse Saint-Maclou, où il embrasse l'état ecclésiastique, après avoir appris le latin, ainsi que le plain-chant et la musique "qu'il possédait avec plus de perfection que les autres". On ne sait rien actuellement de son ou de ses premiers postes.
• 3 mai 1730, Paris : Laïc, originaire du diocèse de Rouen, il est reçu par le chapitre de la cathédrale Notre-Dame comme machicot [musicien, chantre].
• 2 juin 1730, Paris : On lui permet de se faire tonsurer. L'évêque de Lescar le tonsure trois jours plus tard.
• 9 septembre 1730, Paris : Les quatre ordres mineurs lui sont permis.
• 24 novembre 1731, Paris : Machicot de l’Église de Paris, il reçoit une gratification de 6 livres.
• 7 janvier 1737, Tours : Joseph AYRAULT NEUFVILLE, prêtre, maître de psallette de la riche et puissante collégiale Saint-Martin de cette ville et Antoine MALINES, chanoine semi-prébendé [musicien, chantre] de la même église signent comme témoins au bas de l'acte de mariage de Joseph Veillard, marchand. Il signe "Malines". Les registres capitulaires antérieurs à 1750 n'existent plus.
• 15 octobre 1738, Paris : MALINES est installé clerc à la Sainte Chapelle en la manière accoutumée. La Compagnie lui a accordé 100 francs de gratification par an qu'il recevra en distribution sous la prébende de M. Mercier. « Le 15 du present mois les srs Malines et Rocher ont été installez clercs par monsieur le Tresorier en la manière accoutumée et la compagnie a accordé au sr malines cent francs de gratification par an qu’il recevra en distributions, sçavoir malines sous la prebende de Mercier chanoine et Rocher sous celle de mr de Montigny ».
• 4 février 1739, Paris : Le chapitre de la Sainte Chapelle fait un don de 96 livres à MALINES "pour frais de son voyage de Tours à Paris pour demeurer à la Sainte-Chapelle en qualité de clerc".
• 26 août 1739, Paris : 9 livres à MALINES par forme de gratification.
• 10 janvier 1742, Paris : « Ce jour Mr le tresorier a dit que sur le legs fait par mr l’abbé de Champigni en faveur des chapelains et clercs, il avoit accordé aux sieurs Chalippe, Magnier, Ratillon, Paulin Meret Marie Duval Presneveau Malines et Biard six louis d’augmentation pour leurs assistances sçavoir deux sous à matines, deux sous à la messe et deux sous à vêpres".
• 13 janvier 1742 : « La Compagnie a accordé trente livres de gratification au sr Malines ». Le 22 juin suivant, il reçoit encore une gratification de 30 livres.
• 27 février 1743, Paris : La Compagnie a accordé à MALINES 200 livres par an pour se conformer aux engagements qu’elle avait contracté avec lui lorsqu’il est entré à la Sainte Chapelle.
• 12 février 1744, Paris : gratifications de 30 livres à MALINES.
• 16 décembre 1744, Paris : 96 livres à MALINES pour le soulager dans sa maladie.
• 27 juillet 1746, Paris : 15 jours à MALINES pour rétablir sa santé.
• 2 août 1747, Paris : Avance de 400 livres au sieur MALINES.
• Décembre 1748, Paris : Au Concert spirituel on entend "Beati omnes, motet à deux voix de feu M. GAUMÉ, chanté par M. l'abbé MALINES et M. l'abbé GOGUET". Les comptes-rendus des concerts où il se produit permettent de savoir que MALINES chante la basse-taille.
• 10 janvier 1750, Paris : 72 livres de gratification à MALINES, clerc. Le 28 février suivant, "En raison de la cherté des vivres, on distribue 150 livres aux chanoines, 60 aux chapelains perpétuels, 50 aux chapelains et clercs ordinaire ainsi qu’au marguilliers" lit-on dans le registre capitulaire.
• 17 juillet 1751, Paris : Le chapitre accorde trois semaines de congé à MALINES pour aller prendre les eaux de Forges.
• 15 juillet 1752, Paris : Trois semaines de congé sont accordées à MALINES pour aller prendre les eaux à Forges.
• 7 mars 1753, Paris : 120 livres à MALINES pour gratification.
• 18 juillet 1753, Paris : Congé au sieur MALINES, clerc ordinaire, pour aller aux Eaux de Forges.
• 27 août 1755, Paris : Le chapitre accorde à MALINE, clerc la cave dont jouissait feu le sr Presnevot.
• 23 décembre 1761, Paris : « La compagnie pour temoigner de son contentement aux srs Bazon et Malines, clercs de MM, et les encourager leur a accordée unanimement la somme de quarante huit livres a chacun ».
• 10 mars 1762, Paris : « La compagnie a arrêté que durant le carême les jours de ferie, a commencer de samedy prochain il sera distribué outre la distribution ordinaire quatre sols a chacun des chapelains perpetuels et chapelains et clercs ordinaires qui assistent à l’office de complies et que l’on ne receveroit point d’excuses même pour compte de maladie par rapport a cette nouvelle distribution ».
• 1763 et 1768, Paris : Dans un "Etat des noms, surnoms de Messieurs les Tresorier, Chantre, Chanoines de la Sainte Chapelle Royalle de Paris, des chapellains perpetuels, chapellains ordinaires, clercs ordinaire, marguilliers, huissiers, appariteurs et autres officiers de ladite Sainte Chapelle que le Roy veut et entend jouir des privileges de commensaux de sa Maison", MALINES figure parmi les six clercs ordinaires.
• 24 août 1765, Paris : « Ce jour le sr Malines clerc de messieurs s’est presenté a la compagnie pour lui demander congé, l’affaire mise en délibération et sur la reflection qui a été faite qu’il y avoit plusiuers personnes absentes de l’office, la compagnie a accordé quinze jours au dit sr Malines a condition qu’il ne les prendra qu’apres le retour des sieurs Chalippe, Ratillon chapelains perpetuels et Gardinville clerc de Messieurs ».
• 19 avril 1766, Paris : Une lettre du trésorier de la Sainte Chapelle au comte de Saint-Florentin l'informe que son protégé Antoine Nicolas MALINES, choriste, n'a pas obtenu la vétérance qu'il demandait. Le même jour, le chanoine Thomas écrit au même pour lui indiquer que MALINES n'a pas été dispensé de matines malgré son talent et son assiduité, car cela aurait créé un précédent et la compagnie n'aurait cessé de recevoir de telles demandes.
• Mars 1767, Paris : Un placet est envoyé au comte de Saint-Florentin par Antoine Nicolas MALINES, 67 ans, clerc de la Sainte Chapelle depuis 36 ans (cela correspond plutôt à son entrée à Notre-Dame de Paris!). Il redemande la vétérance, que le trésorier serait selon lui prêt à lui accorder, mais pas les chanoines.
• 27 mars 1767 : Une lettre du comte de Saint-Florentin est envoyée aux chanoines de la Sainte Chapelle à ce sujet.
• 1er avril 1767, Paris : Les chanoines lisent une lettre du comte de Saint-Florentin : « Le sr abbé Malines fait messieurs de nouvelles instances pour etre admis a la veterance dans votre chapitre. Comme il y a longtems qu’il sert avec zele et assiduite et qu’il a dessein de continuer tant que sa santé lui permettra Sa Majesté ma chargé de vous marquer qu’il lui seroit agreable que vous eussiez egard a la demande du sr malines en faveur de ses bons et longs services, je suis tres parfaitement Messieurs votre tres humble et très obeissant serviteur ». Le trésorier a refusé de mettre l’affaire en délibération et s’est retiré. Sur quoi, le Chantre met l’affaire en délibération et il est décidé de délibérer une prochaine fois.
• 4 avril 1767, Paris : Le chapitre décide de réponde au ministre, « Le sr Malines auroit grand tort de se plaindre du traitement que lui a procuré l’honneur de votre protection, il a été dispensé des matines, ses vacances ne sont pas bornées et si durant le (illisible) de 1766 il a perdu calcul fait environ six francs, il doit imputer au pointeur cette legere perte. Voila Mgr de quelle manière le sr Malines est traité. Maintenant il demande la veterance, cette qualité est inconnue dans notre eglise et ne rendroit pas sa condition plus avantageuse. Ordonnés lui Mgr de s’expliquer avec la Compagnie et il nous sera facile de lui faire entendre qu’il est traité plus favorablement que ne le seroit un d’entre nous ou meme m le Tresorier, mais sil demande que par une deliberation couchée sur nos registres, il soit affranchi de tout office et ne soit plus employé sur les livres du point, jugés Mgr s’il merite d’etre ecouté et s’il convient a une eglise telle que la Ste Chapelle de secarter aussi ouvertement de ses usages et des reglements donnés par le Roy uniquement par complaisance pour un officier subalterne quelque meritant qu’il puisse etre. La protection Mgr dont vous honorés ledit sr malines redoublera notre attention en sa faveur. Permettez nous de saisir cette occasion pour reclamer vos bontés en faveur de la Ste Chapelle. Cette Eglise en a plus besoin que jamais , il y a longtemps qu’elle soupire après le retour de l’ordre et de la Paix. Il sera le fruit heureux du reglement general que vous avez bien voulu nous faire esperer, pour laccelerer accordés nous votre puissante protection auprès des commissaires nommés par Sa Majesté ».
• 29 avril 1767, Paris : MALINES demande copie de cette réponse à un chanoine mais on lui demande de venir le faire devant la compagnie. Le 5 août suivant, il n'obtient pas officiellement la vétérance, qualité "inconnue" dans le chapitre, mais il est "tenu présent" aux offices (il touche ses honoraires, même absent dans les faits).
• 12 novembre 1768, Paris : Les registres capitulaires de la Sainte Chapelle signalent l'enterrement d'Antoine Nicolas MALINES, clerc du diocèse de Rouen, mort le 10 novembre à 69 ans. Il a chanté à plusieurs reprises des parties de basse-taille de grands motets au Concert spirituel. « En execution de la deliberation prise le 10 du courant a l’issue de la messe l’enterrement du sr Malines l’un des clercs de Messieurs du diocese de Rouen agé d’environ 69 ans a été fait avec (illisible) a l’issue des complies, on a chanté les trois nocturnes avant la levée du corps et ensuite les laudes [corps présenté] ».
• 15 novembre 1768, Paris : Un inventaire après décès des biens de l'abbé MALINES est dressé devant le notaire Pierre Cordier dans l'appartement "au premier etage de la maison des Chapelains, clercs de ladite Ste Chapelle" dans laquelle il est décédé. Cet inventaire est effectué à la réquisition de son exécuteur testamentaire, Me Nicolas Antoine Gruet, prieur du prieuré des Alets, diocèse du Mans, demeurant à Paris et de Louis Claude Edme Paillard, avocat au parlement, procureur du roi au bailliage du Palais à Paris, comme stipulant pour tous les habilités à succéder et se dire héritiers dudit défunt. Le testament [à voir] a été déposé le 20 octobre précédent dans l'étude du même notaire. L'appartement se compose d'une cuisine, d'une petite pièce avec sa chaise d'aisance, de la chambre à coucher de l'abbé donnant rue de la Barillerie, une salle de compagnie donnant sur la cour du Palais et de deux caves. Dans ces caves, le défunt avait entreposé des centaines de "carafons" de vin rouge et blanc (estimés 510 livres). L'intérieur est cossu et bien décoré avec sa soixantaine d'estampes et même "un tableau peint sur taille représentant le défunt dans sa bordure de bois sculpté doré". La garde-robe du défunt, pourtant assez étoffée n'est estimée que 170 livres environ; la couleur qui domine est le noir et on retrouve toute la panoplie des habits de chœur dont un camail de drap noir, un bonnet carré et un manchon de martre de France, une aumusse. Dans un tiroir de commode, on trouve un "Saint Antoine en ivoire su son pied de bois" et dans une armoire "un petit pistolet fait par Pellegrin". Dans une autre armoire en bibliothèque, la prisée révèle la présence de "36 volumes de l'Histoire Ecclésiastique de l'abbé Fleury, 6 volumes de l'Histoire des Empereurs, 33 autres volumes dont l'Ancien Testament et le reste des sujets de dévotion, deux volumes in-folio dont la Bible de Mr de Sacy, le tout estimé 48 livres, un paquet de musique tant gravée que copiée à la main [3 livres]". L'argenterie est estimée à 2446 livres et les bijoux du défunt à 956 livres dont "une bague d'or de quatre brillants jaunes entourés de brillants blancs" [200 livres] et une boîte en or [400 livres]. On retrouve également la somme de 6 000 livres en "deniers comptants". Le total de la prisée monte à la somme de 12 542 livres 7 sols 15 deniers. Les deux domestiques du défunt sont chargés de la garde des effets, il s'agit de Jean-Baptiste Duchange (42 livres par an de gages) et de la veuve Malaisié (120 livres par an).
L'inventaire se poursuit avec celui des papiers dont plusieurs sont ramenés par maître Pierre Guiette [Guiet], procureur en la cour du Palais "qui a déclaré que le sieur abbé MALINES qui l'avait chargé de la poursuite de ses affaires". On trouve des constitutions de rente et tontine, des billets à ordre, des billets sous seing privé concernant des prêts d'argent [dont 1300 livres de rentes pour un principal de 18 000 livres prêtées à deux particuliers, près de 2600 livres de revenus liés à des tontines, et on relève un "billet des Fermes unis de France signé par le receveur général des Fermes le 19 janvier 1767 payable au 20 février 1769 de la somme de 5 000 livres, valeur reçue comptant de me Poujot"] ainsi que les pièces concernant la gestion du temporel de la chapelle Saint-Nicolas-de-la-Rivière à Thibouville en Normandie [près Bernay] dont l'abbé était titulaire [900 livres pour un bail à ferme de 9 ans et 350 livres de dîmes). D'autres papiers sont des actes, non datés, de nomination à plusieurs chapelles éparpillées dans le royaume : Notre-Dame "dans l'oratoire du roi au dessus de la Conciergerie" du Palais; Saint-Antoine desservie au château de Parabère [diocèse de Tarbes], obtenue du comte; Sainte-Catherine desservie en l'église de Gondrin [diocèse d'Auch], obtenue du duc d'Antin. MALINES en-est il toujours le titulaire en 1768?
• 20 mai 1770, Pontoise : La fabrique délibère à propos d'un legs de 8 000 livres fait à la fabrique par feu l'abbé MALINES (montant de la succession, dettes payées : 32 000 livres selon un testament du 20 octobre 1768). Ses héritiers veulent réduire le legs à 1 000 livres, ce à quoi la fabrique s'oppose. On lit cette délibération de la fabrique: « Le sieur Antoine-Nicolas Maline naquit en la paroisse de Saint-Maclou. Ses parents étant pauvres, il fut reçu enfant de chœur de cette paroisse. On lui donna les documens de la religion, on l'instruisit des devoirs de l'état ecclésiastique, qu'il embrassa, on lui apprit la langue latine, on lui enseigna le plein chant et la musique. Ces deux dernières connaissances, qu'il possédait avec plus de perfection que les autres, l'engagèrent à sortir de ce pays : il vint à Paris, il y obtint un bénéfice à la Sainte-Chapelle du Palais. Sa réputation singulière dans l'art de la musique lui mérita des faveurs et des grâces qui lui procureront une fortune assez honnête ».
Mise à jour : 9 août 2024

